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Dernière modification: 2007-12-01
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svEdouard Schuré
Catégorie: Naissance en 1841 Décès en 1929 Écrivain français Ésotérisme anthroposophie

Édouard Schuré

Edouard Schuré (1841-1929) est un écrivain français, né le 21 janvier 1841 à Strasbourg. Il est écrivain, philosophe et musicologue, auteur de romans, de pièces de théatre, d'écrits historiques, poétiques, et philosophiques. Il est surtout populairement et mondialement connu pour son ouvrage « Les Grands Initiés » dont le succès ne s'est jamais démenti et qui est constamment réédité dans de nombreuses langues.

Marguerite Albana, le grand amour de sa vie, le décrit ainsi:

« Il est blond, grand et beau. Ses traits sont menus et mobiles. Son front est large et blanc; le galbe de son visage est délicat et charmant. Ses yeux brillent d'une lumière chaude. Le corps est souple et fort comme celui d'une panthère dont il a parfois le mouvement onduleux. Tour à tour indolent et fougueux, doux et violent, il a la colère léonine, et le regard serein d'un ange d'amour dans ses moments d'inspiration. Toujours à l'affût des impressions, dévoré par sa passion de vivre, assoiffé d'émotions, il se laisse parfois entraîner par le délire des sens. C'est alors l'incarnation du jeune Bacchus, c'est Dionysos qui brûle en lui de toutes ses flammes et de tous ses délires. Ces états sont suivis, en lui de longs et cruels désespoirs.»

C'est ainsi un être idéaliste, romantique, passionné qui passe par des phases d'exaltation suivies de phases de dépression.

1 Eléments biographiques
2 Publications
3 Ouvrages sur Edouard Schuré

Eléments biographiques

Il est né dans une famille protestante. Orphelin de mère à l'âge de 5 ans et de père à l'âge de 14 ans, il vécut ensuite chez son professeur d'histoire au Gymnase Jean Sturm jusque l'âge de 20 ans. Après son baccalauréat, Edouard Schuré s'inscrit à la Faculté de Droit pour faire plaisir à son grand-père maternel qui en est le doyen; mais cette discipline l'ennuie considérablement. Il passe la plupart de ses après-midi à la Faculté de Lettres où il sympathise avec de jeunes étudiants et artistes épris comme lui de littérature et d'art. Parmi eux son ami musicien Victor Nessler, dont il épousera la sœur Mathilde, et l’historien Rudolf Reuss. Tout en terminant ses études de droit, il décide de se vouer à la poésie. En 1861, il obtint cependant sa licence en droit. Il étudia les philosophes avec grand intérêt, notamment Descartes, Spinoza, Kant, Hegel, Schelling, Fichte, Schopenhauer, Nietzsche. Intuitivement, il était attiré par les mystères antiques et lut avec passion la Symbolique de Creuzer, un livre qui contient une description détaillée des Mystères d'Eleusis, lequel fit sur lui une grande impression. A la mort de son grand-père, il hérite suffisamment que pour vivre de ses possessions et rentes et aller où bon lui semble. Il abandonna bien vite le droit et partit pour l'Allemagne dans le but d'écrire une histoire du Lied qu'il avait déjà entreprise sous la direction d'un de ses professeurs du Gymnase, Albert Grün, un réfugié politique allemand, qui l'initia à la littérature allemande et à la philosophie de Hegel. Alsacien, Edouard Schuré possède une double culture ce qui lui donne un esprit ouvert, voire universel qui s'élargira encore suite à sa rencontre avec Marguerite Albana. En 1866, Schuré est encore à Berlin, il fréquente assidûment les salons littéraires qui le passionnent. Le 18 octobre 1866, il épouse Mathilde Nessler (1866-1922) et le couple s'établit à Paris. Schuré y publie son Histoire du Lied, ce qui l'introduit dans les milieux littéraires. Il est reçu dans les salons de la Comtesse d'Agoult, et y fait la connaissance, entre autres, de Renan, Michelet, Taine, Jules Ferry.

Il dira de lui-même, comme le souligne G. Jeanclaude dans son ouvrage sur Schuré:

« Trois grandes personnalités ont agi d'une manière souveraine sur ma vie: Richard Wagner, Marguerite Albana et Rudolf Steiner. Si je pouvais sonder le mystère de ces trois personnalités et en faire la synthèse, j'aurais résolu le problème de ma vie. » (Dans son Journal en 1910).

La période Wagner

Enthousiasmé et exhalté par les œuvres de Wagner, il lui écrivit. Ce dernier, âgé de 52 ans, invita le jeune poète. Ils se revirent plusieurs fois par la suite et une correspondance amicale s'établit entre-eux. Il fut profondément marqué par l'œuvre de Wagner. La guerre de 1870, n'interrompra pas leurs relations, malgré la virulence anti-française de Wagner. Par ses articles et ses conférences, Schuré tente cependant d'initier les Français à cette musique dont la portée est si profondément universelle. En 1875, Edouard Schuré publie Histoire du Drame musical où il analyse chaque drame wagnérien. Il reçut une chaleureuse approbation de Wagner. Il rencontra Wagner pour la dernière fois à Bayreuth en 1876; par la suite il ne répondit plus aux invitations du Maître à venir le rejoindre dans une de ses demeures. Schuré admirait l'œuvre grandiose de Wagner et son caractère universel, mais supportait de moins en moins les attaques de Wagner contre la France, son nationalisme outrancier, son chauvinisme prussien. Il écrit dans une lettre: « Wagner, qui avec son génie colossal a tous les défauts des Allemands au centuple degré, plus les siens qui sont légion, Wagner qui est insolent comme un manant, vindicatif comme une harpie et méchant comme un démon, avait déjà tout fait pour se rendre impossible en France.» La passion que Wagner suscita chez Schuré est très révélatrice de son âme. Par la suite, Schuré s'intéressa passionément au Celtisme, à propos duquel il écrira plusieurs ouvrages, dont un drame sur Vercingétorix.

La période Maguerite Albana Mignaty

Marguerite d’Albana Mignaty dirigeait un salon littéraire à Florence où Edouard Schuré passa quelque temps après la guerre de 1870. Schuré tomba éperdument amoureux de cette Grecque originaire de Corfou; idylle qui durera pratiquement de 1870 à la mort de Marguerite en septembre 1887. Elle sera pour lui, la femme inspiratrice par excellence. Le fait d'avoir été privé, dans son enfance, de tendresse féminine, le conduisit à attribuer une valeur particulièrement élevée à l'influence de la femme sur la destinée de l'homme, et il fit sien le vieux thème de l'Eternel-Féminin.
Il écrit : « Par une attraction magnétique instantanée le coup de foudre était sur nous ». Marguerite devait sa séduction à sa grande beauté, à ses origines grecques, à son éducation anglaise, son expérience indienne, notamment dans l'ésotérisme, et à son goût pour l’art et la littérature, ainsi qu'au fait qu'elle pratique de manière courante l'anglais, l'italien et le français. Schuré a écrit environ 9000 lettres qui se trouvent actuellement aux archives de Strasbourg, dont une grande partie lui sont adressées témoignant de leur grand amour. Subjugué par cette femme remarquable, intuitive, dominatrice, à la personnalité aussi riche, qu'il la compara d'abord à un sphinx. Cette relation eut une grande importance sur la créativité de Schuré qui s'en trouva décuplée. Au point que l'on peut dire que sans Marguerite Albana, Édouard Schuré n'aurait pas écrit Les Grands Initiés.

La période Rudolf Steiner

Les Enfants de Lucifer, publié en 1900 avec La Sœur gardienne, attira l'attention de Mademoiselle Marie de Sivers, une théosophe, qui sans connaître Schuré, proposa de traduire cette œuvre en allemand. Une correspondance entre eux commença, et par son intermédiaire il fit la connaissance de Rudolf Steiner. Steiner et Marie de Sivers organisèrent ultérieurement une représentation de cette pièce.
En 1906, Rudolf Steiner, qui était alors secrétaire général de la section allemande de la Société théosophique, vint à Paris pour donner un cycle de 18 exposés ésotériques. Il prit des notes très complètes qu'il publia à la Librairie Académique Perrin précédée d'une importante introduction. Les cours notés par Schuré furent aussi publiés dans la revue anthroposophique «La Science Spirituelle» sous le titre « Esquisse d'une Cosmogonie psychologique » et rassemblées ultérieurement dans un livre « L'ésotérisme chrétien ». Il devint membre de la Société théosophique en 1907 et démissiona en 1913, soutenant le point de vue de Steiner au sujet du rôle universel du Christ et l'impossibilité d'une nouvelle incarnation de ce dernier en la personne d'Alcyone, comme le soutenaient Annie Besant et Leadbeater.
En septembre 1907, il invita Steiner et Marie de Sivers pour un séjour chez lui à Barr. Il questionna inlassablement Steiner sur toutes sortes de sujets. A sa demande, Steiner rédigea une courte esquisse autobiographique, connue sous le nom de « Document de Barr».
Schuré accepta, que son drame « Les Mystères d'Eleusis » soit joué au Congrès théosophique de Munich en 1907. « Les Enfants de Lucifer » furent joués à Munich à plusieurs reprises à partir de 1909. Jusqu'en 1914, Schuré retournera chaque été à Munich, où il retrouvait joie et confiance et inspiration au contact de Steiner, puis rentrait à Barr plein d'enthousiasme et plein de projets. La guerre déclarée, s'il admirait toujours Steiner, il le considérait comme trop entouré d'influences pangermaniques, il démissionna de la Société anthroposophique malgré sa profonde affection et vénération pour lui. Ce qu'il considèra comme un acte tragique, mais nécessaire. La rupture avec celui qu'il considérait comme son maître spirituel fut une souffrance qui ne s'apaisa pas. Finalement, Schuré se réconciliera avec Steiner aux Semaines françaises au Goetheanum à Dornach en 1921.

Il meurt à Paris le 7 avril 1929, 4 ans après Steiner. Il laisse derrière lui une œuvre importante mais qui a quelque peu sombré dans l'oubli après sa mort. Il y a toutefois un regain d'intérêt de nos jours. Par contre « Les Grands Initiés », œuvre dont il dira lui-même :

« Je ne laisse qu'une seule œuvre: Les Grands Initiés. Les autres sont des essais, des tentatives d'écolier

a constamment été réédité et fut et est encore un succès mondial.

Certaines de ses œuvres ont été rééditées, notamment aux Editions du Rocher, L'Evolution divine du Sphinx au Christ  et la Prétresse d'Isis, en 1981, et plus récemment aux Editions Novalis en 1993 Le Drame sacré d'Eleusis, Les Enfants de Lucifer en 2005, Aux Editions Triades en 2003, Le Double, l'Ange et la Sphinge, Femmes inspiratrices et également La Prêtresse d'Isis, Richard Wagner, sa Vie et son Œuvre.

Publications

  • Histoire du Lied - 1868
  • L'Alsace et les prétentions prussiennes - 1870
  • Les chants de la Montagne - poèmes, 1877
  • Histoire du Drame musical - 1875
  • Mélidona - Roman, 1879
  • Les grandes légendes d'Alsace - 1884
  • L'ange et la sphinge - Roman, 1897
  • Les Grands Initiés - 1889
  • Le drame sacré d'Éleusis - Théâtre, 1890
  • La vie mystique - Poèmes, 1893
  • Les grandes légendes de France - 1893
  • Sanctuaires d'Orient - 1898
  • Le Double - Roman, 1899
  • La Sœur gardienne - Théâtre, 1900
  • Les enfants de Lucifer - Théâtre, 1900
  • La Roussalka - Théâtre, 1902
  • L'Ange et la Sphynge - théâtre, 1902
  • Précurseurs et révoltés - 1904
  • Léonard de Vinci - Théâtre, 1905
  • Rève élusinien à Taormina - Théâtre, 1905
  • La Prêtresse d'Isis (Légende de Pompéi) - Roman, 1907
  • Femmes inspiratrices et poètes annonciateurs, 1908
  • L'âme des temps nouveaux (poèmes) - 1909
  • Vercingétorix - Théâtre
  • L'évolution divine du sphinx au Christ - 1912
  • La Druidesse - Théâtre, 1913
  • L'Alsace française - 1916
  • Les Prophètes de la Renaissance - 1920
  • L'Âme celtique et le génie de la France - 1920
  • Merlin l'enchanteur - 1921
  • La genèse de la tragédie - 1925
  • Le Rêve d'une vie -autobiographie, 1928
  • Lettres à un combattant, d'Edouard Schuré, publiée par Alphonse Roux, Lib. Ac. Perrin, Paris, 1921

Ouvrages sur Edouard Schuré

  • L'Œuvre d'Edouard Schuré, par Alphonse Roux et Robert Veyssié, Lib. Ac. Perrin, Paris, 1914
  • Un celte d'Alsace, vie et pensée d'Edouard Schuré, par Jean Dornis, 1923 - Lib. Ac. Perrin
  • Edouard Schuré - Sa vie - Son œuvre - G. Jeanclaude - Ed. Fischbacher - Paris, 1968
  • In memoriam Edouard Schuré, par Alphonse Roux, Lib. Ac. Perrin, Paris.






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