Définitions
Dans le domaine de validité de la
mécanique newtonienne, la notion d'énergie cinétique peut être facilement mise en évidence, pour un corps considéré comme ponctuel (ou
point matériel) de masse
m constante.
En effet la relation fondamentale de la dynamique s'écrit :
,
avec somme des forces appliquées au point matériel de masse m (y compris les 'forces d'inertie' dans le cas d'un référentiel non galiléen).
En prenant le produit scalaire membre à membre par la vitesse du corps, il vient :
, or ,
il vient ainsi :
.
On met en évidence dans le membre de gauche la quantité appelée énergie cinétique du point matériel, dont la variation est égale à la somme des puissancess des forces appliquées au corps (théorème de l'énergie cinétique, forme 'instantanée').
On peut obtenir une expression plus générale en considérant que l'on a donc , puisque . En introduisant la variation infinitésimale de la quantité de mouvement du corps, , il vient au final l'expression :
.
Cas d'un système de points
Dans le cas d'un corps que l'on ne peut considérer ponctuel, il est possible de l'assimiler à un système (d'une infinité) de points matériels de masses avec masse totale du corps.
L'énergie cinétique du système de points peut être alors simplement définie comme la somme des énergies cinétiques associées aux points matériels constituant le système : , (1). Cette expression est générale et ne préjuge pas de la nature du système, déformable ou pas.
Remarque : en considérant la limite des milieux continus on a , M étant un point courant du système (S).
Unité
L'unité légale est le joule. Les calculs s'effectuent avec les masses en Kg et les vitesses en mètres par seconde.
L'expression (1) n'est guère utilisable directement, bien que générale. Il est possible de la réécrire sous une autre forme, dont l'interprétation physique est plus aisée.
Enoncé
Ce théorème se
démontre en faisant intervenir le
référentiel barycentrique
(R*) lié au
centre d'inertie G du système, et en mouvement de translation par rapport au
référentiel d'étude
(R). Il s'écrit:
.
L'énergie cinétique d'un système est alors la somme de deux termes: l'énergie cinétique du centre de masse de (S) affectée de sa masse totale M, , et l'énergie cinétique propre du système dans (R*), .
Application à un solide
Un
solide est un système de points tels que les distances entre deux points quelconques de (S) sont constantes. Il s'agit d'une idéalisation d'un solide réel, considéré comme absolument rigide.
Cas général : axe instantané de rotation
Dans ce cas le mouvement du solide peut être décomposé en un mouvement de son
centre de masse G dans (R) et un mouvement de rotation autour d'un axe instantané (Δ) dans le référentiel barycentrique (R
*).
Plus précisément, pour un solide on peut écrire le champ des vitesses dans le référentiel barycentrique (R*) sous la forme , étant le vecteur rotation instantané du solide dans (R*) [ou (R), puisque les deux référentielss sont en translation]. Son énergie cinétique propre s'exprime alors
- ,
puisque
,
moment cinétique du solide par rapport à G, égal au moment cinétique propre
(voir
théorèmes de König).
D'après le théorème de König, l’énergie cinétique totale d’un solide s'écrit donc ainsi:
,
que l'on peut considérer comme la somme d’une énergie cinétique 'de translation' et d’une énergie cinétique de rotation, aussi appelée énergie cinétique angulaire.
Cas de la rotation autour d'un axe fixe
Si de surcroît il y a rotation autour d'un axe (Δ)
fixe dans (R), le
moment cinétique par rapport à
G du solide s'écrit
, où
est le
moment d'inertie du solide par rapport à l'axe de rotation (Δ). Son
énergie cinétique de rotation se mettra ainsi sous la forme:
- .
En mécanique relativiste
Dans la théorie de la relativité d’Einstein (utilisée principalement pour les vitesses proches de la vitesse de la lumière), l’énergie cinétique est :
-
= \left( \frac{1}{\sqrt{1- v^2/c^2 }} - 1 \right ) m c^2
- Ec l’énergie cinétique du corps
- v est la vitesse du corps
- m est sa masse au repos
- c est la vitesse de la lumière dans le vide
- γmc2 est l’énergie totale du corps
- mc2; est l’énergie au repos (90 pétajoules par kilogramme) exprimée en unités conventionnelles
La théorie de la relativité affirme que l’énergie cinétique d’un objet tend vers l’infini quand sa vitesse s’approche de la vitesse de la lumière et que, par conséquent, il est impossible d’
accélérer un objet jusqu’à cette vitesse.
On peut montrer que le rapport de l’énergie cinétique relativiste sur l’énergie cinétique newtonienne tend vers 1 quand la vitesse v tend vers 0, i.e.,
Ce résultat peut être obtenu par un
développement limité au premier ordre du rapport. Le terme de second ordre est 0.375 mv
4/c², c’est-à-dire que pour une vitesse de 10 km/s il vaut 0,04 J/kg, pour une vitesse de 100 km/s il vaut 40 J/kg, etc.
Quand la gravité est faible et que l’objet se déplace à des vitesses très inférieures à la vitesse de la lumière (c’est le cas de la plupart des phénomènes observés sur Terre), la formule de la mécanique newtonienne est une excellente approximation de l’énergie cinétique relativiste.
Théorème
Ce théorème, valable uniquement dans le cadre de la mécanique newtonienne, permet de lier l’énergie cinétique d’un système au travailss des force auxquelles celui-ci est soumis.
Énoncé
Dans un
référentiel galiléen, pour un corps ponctuel de
masse m constante parcourant un chemin reliant un point A à un point B, la variation d’énergie cinétique est égale à la somme
W des travaux des forces extérieures qui s’exercent sur le solide en question :
-
où E
cA et E
cB sont respectivement l’énergie cinétique du solide aux points A et B.
Démonstration
D’après la 2 loi de Newton, l’
accélération du
centre de gravité est liée aux forces qui s’exercent sur le solide par la relation suivante :
-
Pendant une durée
dt, le solide se déplace de
où
est la vitesse du solide. On en déduit le travail élémentaire des forces :
-
Si le solide parcourt un chemin d’un point A à un point B, alors le travail total s’obtient en faisant une intégrale le long du chemin :
-
étant une
différentielle totale, l’intégrale ne dépend pas du chemin suivi entre A et B et peut donc être obtenue explicitement :
CQFD
Théorème de la puissance cinétique
Dans un référentiel galiléen, la puissance des forces s'appliquant au point M est égale à la dérivée par rapport au temps de l'énergie cinétique.
L’énergie thermique en tant qu’énergie cinétique
L’énergie thermique est une forme d’énergie due à l’énergie cinétique totale des
moléculess et des
atome qui forment la matière. La relation entre la chaleur, la
température et l’énergie cinétique des atomes et des molécules est l’objet de la
mécanique statistique et de la
thermodynamique.
De nature quantique, l’énergie thermique se transforme en énergie électromagnétique par le phénomène de rayonnement du corps noir.
La chaleur, qui représente un échange d’énergie thermique, est aussi analogue à un travail dans le sens où elle représente une variation de l’énergie interne du système. L’énergie représentée par la chaleur fait directement référence à l’énergie associée à l’agitation moléculaire. La conservation de la chaleur et de l’énergie mécanique est l’objet du premier principe de la thermodynamique.
Voir aussi