Biographie
Il fait ses études secondaires à
Dijon, puis ses études de médecine à Paris, de
1849 à
1859. De
1869 à
1904, il est professeur au
Collège de France, où il est titulaire de la chaire d'histoire naturelle des corps organisés. En
1878, il devient membre de l'
Académie des sciences. Son intérêt se porte sur l'étude du mouvement chez les êtres vivants. Aussi, après la découverte des travaux de
Muybridge, qu'il rencontre en
1881, il va utiliser la photographie comme outil pour ses recherches.
Œuvre
Première période : La méthode graphique (vers 1859)
Cette première partie, cherchant à enregistrer les mouvements humains, animaux, mais aussi des fluides (circulation sanguine), ne concerne que peu la photographie, car principalement réalisée à l'aide de capteurs reliés à un ou plusieurs styles, principalement capteurs pneumatiques. De cette époque datent le sphygmographe, le cardiographe, le
polygraphe.
En 1874, la Société de linguistique de Paris vient consulter Marey dans le but d’appliquer la méthode graphique aux mouvements de la parole. Cette collaboration marque les débuts de la phonétique expérimentale. Par la suite, c'est Jean-Pierre Rousselot qui fera l’adaptation la plus achevée de la méthode graphique à la production de la parole.
Seconde période : La chronophotographie (vers 1882)

Pelican volant, photographié par Marey vers 1882. Il trouva un moyen de saisir plusieurs mouvements en une seule photographie
En 1874, l'astronome
Jules Janssen invente le pistolet photographique, destiné à enregistrer le mouvement des astres. Marey s'en inspire et met au point, en
1882, le
fusil photographique qui lui permet de photographier « sur nature » un être en mouvement sur douze poses. Cette « caméra » a l'avantage d'être légère et mobile. Il ne l'utilise que quelques mois, mais l'invention est restée célèbre.
En 1882, Marey crée également la Station physiologique du Bois de Boulogne, subventionnée par l'État français : le ministère de la Guerre s'était intéressé aux travaux de Marey sur la « méthode de marche » de l'armée allemande, vainqueur en 1870.
La même année, il invente la chronophotographie à plaque fixe (au gélatinobromure) : à l'aide d'un seul objectif — contrairement à la méthode de Muybridge qui utilisait plusieurs objectifs — et avec des sujets clairs sur fond noir, une plaque photographique est exposée plusieurs fois par un obturateur rotatif.
En 1889, Marey abandonne la plaque de verre et passe au film celluloïd, qui vient d'être introduit en France. Il invente alors un mécanisme astucieux capable de faire avancer le film en synchro avec l'ouverture de la fente de l'obturateur. Il s'agit donc bien des premières images de « cinéma », mais le film n'étant pas perforé, de gros problèmes d'équidistance des clichés se posent.
Ses autres travaux
Si le nom de Marey est bien connu dans l'histoire du cinéma pour ses recherches dans la prise de vue du mouvement, il n'en reste pas moins un scientifique dans plusieurs autres domaines :
- la décharge électrique du poisson torpille
- hydrodynamique : il inventa une soufflerie aérodynamique pour visualiser, à l'aide de fumée, les flux d'air qui rencontrent un obstacle
- dynamique des fluides
Marey, touche-à-tout génial, a influencé la médecine, la photographie, a ouvert la voie au cinéma, a travaillé sur les fluides et contribué à l'aéronautique.
Ses travaux furent mis en image par Cédric Klapisch en 1989, dans le court-métrage humoristique intitulé Ce qui me meut.
Marey et l'art
Les résultats de ses travaux sur le mouvement, ses chronophotographies parfois abstraites, ont influencé des artistes du :
Publications
Liens externes