Différents emplois de l'accusatif
En allemand
En
allemand, l'accusatif s'emploie principalement pour indiquer le complément d'objet direct et son attribut, mais aussi obligatoirement après certaines prépositions (
bis, durch, für, gegen, ohne, per, pro, um, wider) ou avec la postposition
entlang (ex :
den Fluss entlang = le long du fleuve).
Il sert aussi dans l'opposition entre les compléments de lieu locatifs et directifs après les préposition « mixtes » exprimant une position (an, auf, hinter, in, neben, über, unter, vor, zwischen) : l'accusatif s'emploie pour marquer le directif (le lieu où l'on va ; question wohin ?) tandis que l'emploi du datif exprime un locatif (lieu où l'on est ; question wo ?).
Exemple [Grammaire allemande Harrap's ] :
- Sie klebte das Foto an die Tür (accusatif) : Elle a collé la photo sur la porte.
- Das Foto klebt an der Tür (datif) : La photo est collée sur la porte.
Il est aussi employé pour désigner une durée :
- Er hat den ganzen Tag gelesen : Il a lu toute la journée.
Formellement, l'accusatif ne se distingue du nominatif qu'au masculin singulier.
En anglais
L'anglais moderne n'a plus de déclinaisons, mais conserve quelques traces d'un ancien accusatif dans les pronoms :
whom est l'accusatif de
who (qui),
him est l'accusatif de
he (il, lui), et
her de
she (elle). Ces formes servant également de
datif, on les range parfois sous la dénomination de cas oblique.
- He is back. Did you see him ? Yes, I gave him the book. (Il est de retour. L’avez-vous vu ? Oui, je lui ai donné le livre).
- The man whom I wanted to see was away. (L'homme que je voulais voir était parti).
- The boy with whom she fell in love left her. (Le garçon dont [litt. avec qui] elle était tombée amoureuse la quitta).
Toutefois, en anglais parlé, on a tendance à utiliser
who ou
that au lieu de
whom, ou à supprimer le pronom :
- The man who/that I wanted to see ; the man I wanted to see.
En espéranto
L'
espéranto a fait le choix d'admettre le
nominatif et l'accusatif comme seuls cas ; l'accusatif y est marqué par la désinence
-n. Ceci semble peut sembler une complication inutile aux personnes dont la langue maternelle ignore les cas, mais cet accusatif s'avère parfois précieux à l'usage
[Christiane de Vleminck & Emile van Damme, Grammaire ABC d'expéranto, Ass. belge pour l'espéranto, 1990 ] :
- Frukton manĝas Marko : C'est un fruit que mange Marc (COD)
- Marko konas tiun kiun vi serĉas : Marc connaît celui que vous cherchez (COD)
- Bonan tagon ! Bonjour ! (verbe sous-entendu deziri = souhaiter ; comme en allemand)
- Li mortis la morton de la herooj : Il mourut de la mort des héros (accusatif interne)
- Mi iras Parizon : Je vais à Paris (acc. de mouvement)
- Mi estis tri paŝojn de via domo : J'étais à trois pas de ta/votre maison (acc. de mesure)
- Li restis plurajn horojn : Il resta plusieurs heures (acc. de durée)
- Mi venos lundon : Je viendrai lundi (acc. indiquant le moment)
- La kato saltas sur la divano # La kato saltas sur la divanon : Le chat saute sur le divan (1 forme : fait des bonds sur le divan, pas d'accusatif ; 2 forme : saute en direction du divan, acc.)
En espéranto, les adverbes dérivés peuvent se mettre à l'accusatif :
- Mi revenos hejmen : Je reviendrai à la maison (allemand : nach Hause, russe : домой)
- Antaŭen ! : En avant ! (verbe aller sous-entendu)
En latin
En
latin, il s'utilise aussi pour marquer l'attribut du COD, il est obligatoire après certaines prépositions, il sert à exprimer le lieu où l'on va, la durée, et il peut s'employer de façon exclamative.
Exemples [Bernard Bortolussi, La grammaire du latin, Hatier (Bescherelle),1999 ]:
- (...) divitias suas vincere nequeunt (Salluste) : ils ne peuvent venir à bout de (litt. « vaincre ») leurs richesses (COD)
- Unum te sapientem et appellant et existimant (Cicéron) : Tu es le seul qu'ils appellent et estiment sage (attribut du COD)
- Terra dies duodequadraginta movit (Tite-Live) : La terre trembla pendant trente-huit jours (durée).
- Cum Caesar in Galliam venit... (César) : Lorsque César arriva en Gaule... (lieu avec mouvement)
- L. Paulum (...) quem civem ! quem virum ! (Cicéron) : Lucius Paulus, quel citoyen ! quel homme ! (exclamation)
- Sciebam me genuisse mortalem (Cicéron) : Je savais que j’avais engendré un mortel (sujet d'une proposition infinitive).
- Os umerosque deo similis (Virgile) : Semblable à un dieu par son visage et ses épaules (accusatif dit grec, imitation d'une construction grecque).
Certains verbes admettent une construction dite du
double accusatif :
- Face quod te rogamus (Plaute) : Fais ce que nous te demandons.
En russe
En
russe, comme dans la plupart des langues slaves, l'accusatif est le cas du complément d'objet direct.
- Я хочу купить билет : Je voudrais acheter un billet.
L'accusatif des langues slaves hésite souvent entre des formes semblables au nominatif ou au génitif. L'accusatif est généralement identique au nominatif pour les noms masculins inanimés (
билет (billet) et les noms neutres, alors qu'il se calque sur le génitif pour les noms masculins animés (
человек, (homme) à l'accusatif
человека). Le féminin singulier a une forme propre :
роза (rose) donnera
розу.
Cette règle est compliquée par, parfois, le remplacement de l'accusatif par le génitif dans un sens négatif et/ou partitif.
- Я понятия не имею : Je n'en ai aucune idée.
Il s'emploie également après certaines prépositions telles que
в et
на (dans, à, sur) avec idée de mouvement ou de direction.
- Я иду на вокзал : Je vais à la gare.
Notes et références