Histoire de l’écriture hébraïque
L’
archéologie montre que l’écriture hébraïque ancienne est proche de l’
écriture phénicienne qui s’est répandue au
Moyen-Orient à la fin du
avant l’ère chrétienne. Pendant l’
exil au
avant l’ère chrétienne, les
juifs en ont emprunté une forme plus moderne aux Juifs
babyloniensnsns qui en avaient hérité eux-mêmes des Juifs
assyrie. C’était l’alphabet
carré qui est encore utilisé aujourd’hui.
Selon la tradition juive, leur écriture était formée à l’époque de Moïse, bien que le rôle d’Esdras soit reconnu pour sa contribution à l’écriture carrée. Du fait que la notation du calcul se faisait avec des lettres, comme en grec, les lettres hébraïques ont une valeur numérique, symbolique et mystique qui est abondamment illustrée par la Kabbale. Il est vraisemblable que si la forme des 22 lettres a évolué, leur rang dans l'ordre alphabétique est resté fixe depuis une origine très ancienne. Voir Alphabet ougaritique.
Malgré le déclin de l’hébreu et de l’araméen comme langues parlées, l’écriture hébraïque s’est maintenue dans l’enseignement religieux et comme véhicule du yiddish et du judéo-espagnol, les langues de la diaspora.
L’écriture fut remise à l’honneur (en tant que support naturel de langues vivantes) lors de la renaissance de la conscience nationale et de la langue hébraïques à la fin du et la reconnaissance de la langue hébreue comme langue officielle depuis la création de l’État d’Israël en 1948 (où les autres langues hébraïques ou variétés vernaculaires de la langue hébreue sont également parlées aujourd’hui par des communautés aujourd’hui très vivantes, et qui entretiennent des relations culturelles très importantes avec la diaspora dans le reste du Monde).
Principes généraux de l’écriture avec l’alphabet hébreu
Quelques lettres connaissent une
variante contextuelle en fin de mot. C'est un procédé semblable à celui qu'on rencontre pour l'
alphabet arabe, bien que beaucoup plus simple. Toutefois, ces variantes ont parfois été utilisées pour noter des différences phonétiques et orthographiques, ou conservées par tradition dans des mots composés. Pour ces raisons, les textes en écriture hébreue ne doivent pas faire l'objet d'une variation contextuelle automatique entre les formes finales et normales. L’écriture hébreue doit donc être traitée comme si les formes finales étaient des lettres distinctes au plan orthographique, complétant l’alphabet de base. Ce n'est pas nécessairement le cas des autres variations utilisant les diacritiques consonantaux notés dans le tableau ci-dessous.
L'hébreu classique ne note bien sûr pas les voyelles, puisque c'est un abjads. Des signes diacritique, points ou nikkud, ont cependant été ajoutés pour faciliter l'enseignement et la lecture des textes sacrés. Il existe également des signes de cantillation et des ornements propres à la Torah. De même, l'utilisation des matres lectionis simplifie la lecture, en transformant l’abjad classique en alphabet (sans utiliser aucune autre voyelle diacritique).
Ainsi, quatre lettres de base de l’alphabet (א aleph, ה hé, ו waw ou י yodh) sont des semi-consonnes (ou semi-voyelles selon le point de vue), ce qui signifie qu’elles sont employées comme des consonnes dans l’écriture de base, mais le sont aussi occasionnellement comme voyelles (mater lectionis) dans certaines orthographes simplifiées de la langue hébreue ; dans l’écriture hébreue normale d’autres langues, comme le yiddish (ou judéo-allemand) et le jéddischdaitsch (ou judéo-alsacien), elles sont employées directement pour la transcription (nettement simplifiée) de leurs voyelles, sans forcément faire appel aux diacritiques voyelles de l’écriture hébreue (cela nécessite l’usage de ligatures spécifiques à ces langues pour permettre certaines distinctions orthographiques entre les usages vocaliques et consonnantaux).
Ces quatre semi-consonnes en langue hébreue ont aussi une lecture contextuelle très fréquemment différente, et un comportement particulier relatif au placement des diacritiques voyelles qui peuvent aussi les précéder (et qui normalement complètent les lettres de base précédentes). Ces groupements sont alors nommés différemment pour qualifier cet usage vocalique particulier en liaison avec les autres « véritables » voyelles diacritiques hébreues (pas toujours notées même si elles sont implicites).
Alphabet consonnantal de base ou étendu (abjad) et valeurs phonétiques
Ne sont listées ci-dessous que les lettres de bases nécessaires pour la transcription de l’hébreu moderne ou classique, ainsi que leurs variantes consonnantales (y compris les ligatures spécifiques à la transcription du
yiddish), à l'exclusion des autres
diacritiques hébreux (points vocaliques et marques de cantillation) qui ne sont utilisés que dans l’écriture hébreue pointée.
La plupart des lettres de base de l’hébreu ont des variantes phonétiques représentées avec des diacritiques permettant de les distinguer phonétiquement. Le diacritique daguesh (appelé mapiq quand il porte sur une semi-voyelle) est le plus courant et peut être ajouté au milieu de la plupart des lettres, mais il existe aussi des diacritiques plus rares (tel le rāp̄eh ou rafe pour noter la variante fricative avec un petit tiret en chef en opposition au daguesh central qui note la variante occlusive, et le varyika en yiddish très similaire au daguesh mais note une articulation déplacée de l’occlusive) pour ajouter des distinctions supplémentaires nécessaires à la transcription de variétés plus anciennes de la langue hébreue ou celle d’autres langues.
D’autre part, certaines lettres peuvent former des ligatures entre elles ; ces ligatures (dont trois d’entre elles sont utilisées en yiddish) peuvent être considérées comme des lettres supplémentaires (distinctes des lettres qui les composent en théorie) car elles sont parfois nécessaires à certaines distinctions orthographiques.
Enfin, les lettres peuvent aussi avoir des formes graphiques légèrement différentes, telles que la forme alternative de la lettre ayin (dont la jambe descendante devient horizontale) ou les formes élargies de certaines lettres (par exemple aleph), destinées à faciliter le placement de diacritiques (en général cela ne modifie pas la sémantique de la lettre elle-même, ni l’orthographe du mot par rapport à son écriture non diacritiquée).
| Lettre de base
| Lettre modifiée
|
| Nom
| Sens
| Graphies[Chaque caractère est représenté deux fois, la deuxième fois (à gauche) avec une police Times new Roman,David,Palatino Linotype.]
| Phonèmes[Transcription phonologique selon l’alphabet phonétique international, selon l’hébreu moderne standard ; ces phonologies peuvent toutefois varier avec certaines variétés de l’hébreu (notamment sépharades, tibériennes ou yéménites) ou dans d’autres langues (comme le yiddish).]
| Variantes
| Graphies
|
| finale
| normale
| finale
| normale
|
aleph[Cette lettre de base possède également une variante glyphique élargie, permettant de positionner davantage de diacritiques.]
| bœuf
| א א
| //
| //
| mapiq[La prononciation peut varier légèrement selon la présence ou l’absence du mapiq, un point similaire au daguesh mais placé entre les jambes de la lettre.]
| אּ אּ
|
| //
| ligature[Cette forme alternative est une ligature à caractère orthographique.] aleph-lamed
| ﭏ ﭏ
|
| beth ou bèt
| maison
| ב ב
| //
| //
| daguesh doux[La prononciation varie selon la présence ou l’absence du daguesh, un point placé au milieu de la lettre. Le dagesh doux mute généralement une consonne.]
| בּ בּ
|
| gimel ou guimel ou ghimel
| chameau
| ג ג
| //
| //
| daguesh doux
| גּ גּ
|
dalet ou dalèt ou daleth
| porte
| ד ד
| //
| //
| daguesh doux
| דּ דּ
|
he ou hè
| louange
| ה ה
| //
| mapiq
| הּ הּ
|
| vav ou waw
| clou
| ו ו
| //
| //
| daguesh doux
| וּ וּ
|
| //
| ligature double-waw[Utilisée en yiddish.]
| װ װ
|
| //
| ligature waw-yod
| ױ ױ
|
| zayin ou zaïn
| arme
| ז ז
| //
| daguesh dur[La prononciation peut varier selon la présence ou l’absence du daguesh. Le daguesh dur gémine généralement une consonne guturale mais peut parfois être transcrit aussi par le doublement de la consonne de base.]
| זּ זּ
|
| het ou 'hèt
| barrière
| ח ח
| //
|
|
| tet ou tèt
| bouclier
| ט ט
| //
| daguesh dur
| טּ טּ
|
| yod ou youd
| main
| י י
| //
| //
| daguesh dur
| יּ יּ
|
| //
| ligature double-yod
| ײ ײ
|
kaf ou khaf ou kaph
| paume
| ך ך
| כ כ
| //
| //
| daguesh doux
| ךּ ךּ
| כּ כּ
|
lamed ou lamèd
| bâton
| ל ל
| //
| daguesh dur
| לּ לּ
|
mem ou mèm
| eaux
| ם ם
| מ מ
| //
| daguesh dur
|
| מּ מּ
|
| nun ou noun
| serpent
| ן ן
| נ נ
| //
| daguesh dur
|
| נּ נּ
|
| samech ou samèkh
| appui
| ס ס
| //
| daguesh dur
| סּ סּ
|
| ayin ou aïn
| œil
| ע ע
| //
| alternative[La prononciation peut légèrement varier et être marquée par la forme alternative de la lettre.]
| ﬠ ﬠ
|
| pe ou pé
| bouche
| ף ף
| פ פ
| //
| // ou //
| daguesh doux
| ףּ ףּ
| פּ פּ
|
| tsade ou tsadé
| hameçon
| ץ ץ
| צ צ
| //
| daguesh dur
|
| צּ צּ
|
| qof ou qoph
| nuque
| ק ק
| //
| daguesh dur
| קּ קּ
|
resh ou rèch
| tête
| ר ר
| //
| daguesh dur
| רּ רּ
|
shin ou chine[La prononciation varie selon que le point diacritique placé au dessus, normalement nécessaire, est placé sur la branche gauche (point shin) ou droite (point sin) de la lettre.]
| dent
| ש ש
| // ou //
| daguesh dur
| שּ שּ
|
| שׁ שׁ
| //
| point shin, daguesh dur
| שּׁ שּׁ
|
| שׂ שׂ
| //
| point sin, daguesh dur
| שּׂ שּׂ
|
tav
| croix
| ת ת
| //
| // ou //
| daguesh doux
| תּ תּ
|
Glyphes
Voici des versions agrandies des glyphes de chacune des 22 lettres de l’alphabet de base et de leurs variantes finales, dans un style traditionnel et dans un style moderne simplifié. Les noms donnés ici aux lettres indiquent à la
translittération latine recommandée pour les écritures sémitiques, suivis de l’orthographe la plus commune du français.
Image:Hebrew letter alef.png| א () – Aleph
Image:Hebrew letter bet.png| ב () – Beth
Image:Hebrew letter gimel.png| ג () – Gimel
Image:Hebrew letter dalet.png| ד () – Dalet
Image:Hebrew letter he.png| ה () – He
Image:Hebrew letter vav.png| ו () – Vav
Image:Hebrew letter zayin.png| ז () – Zayin
Image:Hebrew letter het.png| ח () – Het
Image:Hebrew letter tet.png| ט () – Tet
Image:Hebrew letter yod.png| י () – Yod
Image:Hebrew letter kaf.png| כ () – Kaf
Image:Hebrew letter final kaf.png| ך () – Kaf final
Image:Hebrew letter lamed.png| ל () – Lamed
Image:Hebrew letter mem.png| מ () – Mem
Image:Hebrew letter final mem.png| ם () – Mem final
Image:Hebrew letter nun.png| נ () – Nun
Image:Hebrew letter final nun.png| ן () – Nun final
Image:Hebrew letter samekh.png| ס () – Samech
Image:Hebrew letter ayin.png| ע () – Ayin
Image:Hebrew letter pe.png| פ () – Pe
Image:Hebrew letter final pe.png| ף () – Pe final
Image:Hebrew letter tsadi.png| צ () – Tsadi
Image:Hebrew letter final tsadi.png| ץ () – Tsadi final
Image:Hebrew letter qof.png| ק () – Qof
Image:Hebrew letter resh.png| ר () – Resh
Image:Hebrew letter shin.png| ש () – Shin
Image:Hebrew letter tav.png| ת () – Tav
Transcriptions de l’hébreu dans d’autres écritures
On transcrit traditionnellement l’alphabet hébreu en écriture latine, grecque ou cyrillique selon les convention de transcription des
langues sémitiques, à l’aide des diacritiques usuels propres à ces
alphabetss, tout en faisant un usage normal des lettres
voyelle dont ces alphabets disposent : les diacritiques vocaliques hébreux deviennent donc le plus souvent des voyelles simples, et les diacritiques consonnantaux hébreux disparaissent souvent des consonnes transcrites (notamment dans les transcriptions simplifiées adaptées aux langues à écriture latine où l’on fait alors un usage fréquent des digraphes).
Les marques de cantillation hébreues (sans valeur phonologique réelle) ne sont généralement pas transcrites, sauf parfois si elles marquent une caractère important au plan sémantique (tel qu’une emphase, qui peut être transcrite éventuellement par une marque de ton, une capitale ou plus souvent la ponctuations) ou dans les transcriptions purement phonétique.
On peut noter que l’alphabet hébreu de base n’a pas toujours été employé pour écrire la langue hébreue : certains anciens écrits massorétiques ont parfois remplacé les lettres de base de l’alphabet hébreu par les lettres de base et ligatures de l’alphabet arabe ou d’autres écritures sémitiques (tout en conservant tous les autres diacritiques vocaliques et de cantillation qu’ils ont créé pour l’alphabet hébreu !) pour la transcription cursive de textes sacrés de langue hébreue.
Voir aussi
Notes et références
Bibliographie
- L’hébreu : 3000 ans d'histoire, Mireille Hadas-Lebel, 1992, Albin-Michel (collection présences du Judaïsme), Paris.
- Les mystères de l'alphabet, Marc-Alain Ouaknin, 1997, Éditions Assouline, Paris, 1997.
- L'écriture hébraïque, alphabet, styles et calligraphie, Gabriele Mandel, 2001, Flammarion, Paris.
Liens externes
Apprendre l’hébreu
Liens internes
Codification et utilisation informatique
- Codet ISO 15924 pour la désignation et la représentation de l’écriture hébreue : Hebr
- Positions des caractères hébreux sur les claviers QWERTY ou AZERTY : pour Windows XP