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Dernière modification: 2007-12-01
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Catégorie: Langue de France Langue germanique Langue en danger Alsacien

Alsacien

|couleurfamille=mediumseagreen |couleurfond=#E8FCD4 |famille=
Alsacien |langueofficielle=Statut de langue régionale de France |académie= |iso1=? |iso2=gsw |iso3=gsw |sil=gsw-FRTélécharger le fichier LanguageIndex.tab Liens externes en bas de page du catalogue de la SIL pour consulter la liste de codes. |échantillon=() (optionnel) }} L'alsacien (Elsässisch, Elsässerditsch ou, en allemand standard, Elsässerdeutsch) est l'ensemble de dialectes germaniques pratiqués dans le territoire de l'Alsace, en France, une variante de la famille de dialectes alémaniques parlé à l'est des Vosges.

1 Géographie
2 Caractéristiques linguistiques
3 Usage
4 Culture alsacienne
5 Une survivance : le français d'Alsace
6 L'enseignement et le bilinguisme français-allemand
7 Exemples
8 Publications en alsacien
9 Notes et références
10 Voir aussi

Géographie

Carte de l'ensemble de régions de parler alémaniques et d'influence de l'alsacien (F)

Carte de l'ensemble de régions de parler alémaniques et d'influence de l'alsacien (F)

L’orthographe n’est pas fixée car la prononciation en particulier varie d’une province à l’autre, voire d’un village à l’autre. Il existait également dans les Vosges alsaciennes un parler roman, aujourd'hui quasiment disparu, à l'exception notable du welche (ou welsche), encore parlé dans la vallée de Kaysersberg. La distinction a été constatée pour la première fois lors des serments de Strasbourg en 842. En Alsace du Nord, autour de Wissembourg et Sarre-Union, on parle une variante du francique, le francique rhénan, caractérisé par l'absence de la seconde mutation consonantique (Perd pour Pferd) et par l'apparition de la diphtongaison «bavaroise», où toutefois on est resté au stade «äj» sans arriver à «aj» (Wissembourg se dit sur place Wäjssebua). Partout ailleurs en Alsace, il s'agit de variantes alémaniques.

Caractéristiques linguistiques

Parmi les traits qui séparent l'alsacien du Hochdeutsch, l'allemand littéraire, on peut citer entre autres l'absence de la diphtongaison dite bavaroise : « Wyn ou Wyh » pour « Wein », « Hüs » pour « Haus » ; la palatalisation du « u » long et le maintien d'anciennes diphtongues : « güet » pour « gut » (anciennement «guot»); un certain relâchement articulatoire : « sewa » pour « sieben »; le passage de [rs] intervocalique à [rsch] (le nom du village Schnersheim se prononce sur place Schnarsche) etc.

Du point de vue grammatical on remarquera la réduction des temps de la conjugaison à deux: le présent et le passé composé : Ich bin, ich bin gsin. Les nuances s'expriment par des adverbes ou se devinent à partir du contexte.

L'appartenance de l'Alsace à la France s'est répercutée sur le plan lexical. Le fait d'être coupé politiquement de la sphère du Hochdeutsch qui, outre-Rhin et en Suisse, sert aux locuteurs alémaniques de langue écrite (Schriftsprache), a permis la préservation d'un grand nombre d'archaïsmes, inintelligibles de nos jours même au pays de Bade ; d'autre part, le dialecte n'a cessé d'emprunter au français. Ces deux tendances séparent l'alsacien des parlers alémaniques d'Allemagne et de Suisse peut-être davantage que les caractéristiques purement phonétiques.

Usage

Inscription sur une fenêtre à  Eguisheim : <br><em>Dis Hausz sted in Godes Hand - God be war es vor Feyr u(nd Brand)</em> <br>('Cette maison se trouve dans les mains de Dieu - Puisse Dieu la protéger du feu et des incendies');

Inscription sur une fenêtre à Eguisheim :
Dis Hausz sted in Godes Hand - God be war es vor Feyr u(nd Brand)
('Cette maison se trouve dans les mains de Dieu - Puisse Dieu la protéger du feu et des incendies');

Aujourd'hui, on observe une forte diminution de l'usage de l'alsacien. C'est dans les centres urbains, avec leurs populations mobiles, que le recul est le plus notable. La Révolution française, période durant laquelle les États allemands étaient dans le camp ennemi, a marqué une véritable période d'intolérance, mais de durée limitée. C'est essentiellement au sortir de la Première et de la Seconde Guerre mondiale que pour que l'usage de l'alsacien disparaisse au profit du français. Il était alors notamment dit qu'« il est chic de parler français ». Si le déclin continue, on peut cependant constater que l'alsacien a tendance à mieux résister que d'autres langues régionales, plus isolées, comme le breton.

On peut dire que le recul brutal de l'alsacien a commencé au cours des années 1970. Les sexagénaires, et même parfois les quinquagénaires, se rappellent que dans leur enfance ils étaient surpris d'entendre des personnes âgées discuter entre elles en français ; et dans la rue c'est en dialecte que, dans les années soixante, les gamins vous proposaient des billets de tombolas. L'irruption de la télévision dans la vie familiale est pour beaucoup dans ce recul : il n'existe pas de chaînes en dialecte, à peine quelques émissions, et le jeune Alsacien élevé dans le bilinguisme français-alsacien comprend d'emblée les chaînes françaises alors qu'il a beaucoup plus de mal avec les chaînes allemandes.

Culture alsacienne

De nombreux artistes s'expriment en alsacien, contribuant à une culture spécifique, comme Tomi Ungerer, André Weckmann, René Schickelé, Jean Egen, Roger Siffer, Germain Muller, Liselotte Hamm et Jean-Marie Hummel, René Eglès, Sylvie Reff, Kansas of Elsass, Christophe Voltz, les Hopla guys (hoplaguys.cigogne.net) etc.

Une survivance : le français d'Alsace

Il faut entendre par « français d'Alsace » non la langue parlée par les vieux dialectophones, qui traduisent en fait en français ce qu'ils pensent en alsacien (ils sont aujourd'hui de plus en plus rares), mais la langue utilisée spontanément par des personnes qui souvent ne connaissent pas ou connaissent mal l'alsacien et n'ont absolument pas conscience d'employer des formes marquées localement. Ainsi une phrase comme « Je vais laisser réparer mes chaussures » pour « Je vais faire réparer mes chaussures » ne s'entend plus que dans la bouche de gens âgés ; en revanche une bourgeoise soucieuse d'imiter le langage parisien n'hésitera pas à parler de son « manteau de pluie » (Regenmantel) au lieu de dire « imperméable ». « Faire le singe » signifie à l'intérieur « faire l'imbécile pour amuser les autres » alors que le sens en Alsace serait plutôt « se rendre ridicule ». Un protestant vous dira souvent qu'il va « à l'église » et non « au temple » (ce dernier mot irrite même certains pasteurs). Sous l'influence de l'allemand « doch »; le mot « donc » s'emploie parfois au sens de « pourtant » (« Tu ne le sais pas ? Je te l'ai donc dit ! »).

Voir article détaillé : Français d'Alsace.

L'enseignement et le bilinguisme français-allemand

, en français et alsacien ]] Jusqu'à la Révolution française, l'allemand est la langue traditionnelle de l'école et de l'université. En 1853, le français devient la langue officielle de l'école, mais l'allemand reste enseigné 35 minutes par jour. En 1871 l'allemand redevient la langue officielle à l'école sauf dans les contrées francophones du Reichsland où le français est utilisé fortement. En 1918 c'est le rejet de l'allemand considéré comme une langue étrangère et ordre est donné d'utiliser la méthode d'enseignement directe, qui consistait à utiliser le français sans transition. En 1928 le décret Poincaré-Pfister réintroduit l'allemand au cours du 2 semestre de la 2 année scolaire à raison de 3 heures 30 par semaine auxquelles s'ajoute l'instruction religieuse donnée en allemand. En 1945 l'allemand est totalement supprimé de l'enseignement par mesure provisoire, mesure qui finalement durera. Dès 1951 l'opinion alsacienne demande son rétablissement et l'allemand est réintroduit à la discrétion et à titre facultatif avec des enseignants itinérants. Ainsi durant les deux dernières années du primaire certains Alsaciens bénéficient de 3 heures d'allemand par semaine. En 1971 85% des parents sont favorables à l'introduction de l'allemand à l'école primaire, selon un sondage de l'IFOP pour les Dernières Nouvelles d'Alsace. En 1972 démarre un enseignement de l'allemand qui exploite l'acquis dialectal des enfants de neuf ans à raison d'une demi-heure d'allemand par jour. En 1974, 8 000 élèves sur 60 000 bénéficient dudit enseignement, financé directement par les municipalités. A partir du debut des années 1990, l'association ABCM-Zweisprachigkeit développe les écoles bilingue paritaires. Depuis, la région a créé dans les écoles publiques des classes bilingues; voir Enseignement des langues étrangères.

Exemples

français allemand alsacien néerlandais anglais
terre Erde arde aarde earth
ciel Himmel hemmel hemel heaven, sky
eau Wasser wàsser water water
feu Feuer fihr vuur fire
homme Mann mànn man man
femme Frau frài vrouw woman
manger essen assa eten eat (to)
boire trinken trenga drinken drink (to)
grand gross groos groot great
petit klein klain/glen klein little, small
gros/gras dick/fett déck/fat dik/vet thick/fat
nuit Nacht nàcht nacht night
jour Tag däi/dag dag day
aujourd'hui heute hit/héta vandaag/heden today
hier gestern gecht gisteren yesterday
demain morgen morm morgen tomorrow
matin Morgen morie/morga morgen morning
midi Mittag médeu/médag middag midday
soir Abend ove/opa avond evening
être sein sén zijn be (to)
avoir haben hove hebben have (to)
ceci/cela dies/das dess/tsal dit/dat this/that
oui ja yes
non nein nee no

Ces écrits ne reflètent de loin pas toutes les sortes de prononciations d'alsaciens.

'b' devient 'v' et dans plusieurs cas, comme entre le français, l'anglais, l'allemand, l'espagnol et l'italien…

Des mots yiddisches ont souvent été adoptés en alsacien.

Voir Dictionnaire Alsacien-Français

Publications en alsacien

Bande dessinée

Livres pour enfants

E. et M. Sinniger-Wollbrett, s'Zwarichel vom Bàschbarri, ed. Nord-Alsace, 2002. ISBN 2-951-75463-9

Logiciels

Notes et références

Voir aussi

Liens internes

Bibliographie

  • Adolf Paul, dictionnaire comparatif multilingue: Francais - Allemand - Alsacien - Anglais , éditions Midgard, Strasbourg, 2006. 372 pages
  • Matzen Raymond, Daul Léon, Wie geht's ? Le dialecte à portée de tous, éditions La Nuée bleue/DNA, Strasbourg, 1999. 256 pages
  • Matzen Raymond, Daul Léon, Wie steht's ? Lexiques alsacien et français, Variantes dialectales, Grammaire, éditions La Nuée bleue/DNA, Strasbourg, 2000. 175 pages
  • Paul Lévy, Histoire linguistique d'Alsace et de Lorraine, éditions Manucius, Houilles, 2004 (rééd., 1 édition 1929).
  • Robert Grossmann, ''Main basse sur ma langue, Éditions La Nuée Bleue, 1999

Liens externes

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