Historique
Hariharālaya (Rolûos)

Le Preah Kô
L'
empire khmer est fondé au début du par
Jayavarman II mais c'est l'un de ses successeurs, Indravarman, qui entreprend les travaux d'aménagement hydraulique, base de la prospérité de la région et le premier édifice encore visible, le
Preah Kô, consacré en
879 et construit en brique comme tous les monuments antérieurs, inaugurant plus de trois siècles d'apogée de l'
architecture khmère.
Le premier temple-montagne, configuration caractéristique de la cosmologie hindouiste, est édifié par ses soins en 881 au Bakong. Ces temples-montagnes adoptent une symbolique du mont Meru, le séjour mythique des dieux en 5 niveaux concentriques hérissés de 109 tours.
Yaśodharapura (Angkor proprement dit)
Les successeurs d'Indravarman, notamment son fils Yaśovarman crédité de « créateur d'Angkor », entreprennent des aménagements gigantesques, plus au nord-ouest, avec construction des digues du
bārāy oriental (le
Yaśodhatatāka) et l'édification de monuments, désormais en pierre : le
Phnom Bakheng (vers 900), le Mébon oriental au centre du bārāy oriental, et le
Prè Rup (vers 960). Les temples-montagnes utilisent des collines naturelles : Phnom Dei, Phnom Bok,
Phnom Krom.
Après une période de troubles pendant laquelle la capitale du royaume khmer est transférée à Koh Ker, Sūryavarman réinstalle un pouvoir fort à Angkor. Son successeur Udayādityavarman II fait établir le bārāy occidental et construit le Baphuon vers 1060. Quelques autres querelles de succession plus tard, c'est Sūryavarman II qui édifie Angkor Vat vers 1130.
Les grands rivaux des Khmers, les Chams occuperont Angkor quelques années avant que Jayavarman VII en reprenne possession (1181) et établisse le bouddhisme mahāyāna comme religion officielle.
Les constructions prennent de l'ampleur avec l'enceinte d'Angkor Thom et le Bayon, puis le Ta Prohm, le Preah Khan et leurs tours ornées de gigantesques visages du Bouddha souriant sont construits successivement pendant le .
Mais l'un de ses successeurs, Jayavarman VIII, dès son avènement (1243), impose le retour à l'hindouisme et détruit de nombreuses sculptures du Bouddha.
Puis le bouddhisme reprendra le dessus au milieu du , sous sa forme theravāda. Cette nouvelle voie religieuse, beaucoup plus simple dans son approche du sacré, généralisera les constructions légères dont seules subsistent quelques terrasses bouddhiques, réemployant souvent les blocs de pierre des édifices antérieurs.
Le déclin du royaume Khmer sera rapide, son territoire rétréci par la sécession des Thaïs et ravagé par des guerres incessantes avec ceux-ci qui avaient créé le royaume du Siam et les Chams.
Angkor sera définitivement abandonnée comme capitale vers 1431.
Pendant les des moines bouddhistes s'approprient le site et détournent des constructions vers des représentations du Bouddha telle l'énorme Boudha couché au Baphuon.
Ce site sera laissé à l'abandon et, pour la plus grande part, enseveli sous la végétation foisonnante de la jungle tropicale.
La période sinistre des Khmers rouges avait rendu le site inaccessible aux visiteurs mais malheureusement pas aux pillards. Par précaution de nombreuses pièces sont aujourd'hui à l'abri au musée de Phnom Penh.
Les monuments

Plan d'ensemble (interprétation du centre de l'image satellite)
Angkor est constitué de nombreux ensembles archéologiques significatifs, dont:
- Angkor est
- Le Bārāy oriental
- Angkor nord-est
- Le Bārāy occidental
- Rolûos (Hariharālaya) à 10 km au sud-est
- Sur le site de Iśvarapura à 20 km au nord-est
La plupart des noms sont les noms communs actuels. Quelques rares noms d'origine sont parvenus jusqu'à nous.

Angkor Vat en 1866
Le temple d'Angkor Vat a été le seul monument entretenu constamment par des moines
bouddhistes.
Après de nombreuses campagnes de restauration et un très long déminage, la plus grande partie du site d'Angkor est aujourd'hui visitable.
Re-découverte et restauration
La première relation sur l'empire khmer en Europe date de 1570 par des voyageurs espagnols et portugais. Il fallut attendre la publication en 1829 par Jean-Pierre Abel-Rémusat dans ses Nouveaux Mélanges asiatiques d'une traduction d'un récit de voyage d'un officier chinois pour réapparaître du néant. C'est en 1861, début de la conquète de la Cochinchine par la France, que le naturaliste Henri Mouhot explorant la région avec l'abbé Sylvestre permet la re-découverte d'Angkor Vat puis d'Angkor Thom. Son récit sera publié dans le Tour du Monde en 1863. Une seconde exploration, de 1863 à 1866, menée par Ernest Doudart de Lagrée sera beaucoup plus exhaustive et fera l'objet d'un compte-rendu dans Voyage d'Exploration en Indo-Chine, publié en 1873.
De nombreuses missions d'exploration se succèdent alors jusqu'à la longue présence d'Étienne Aymonier, nommé représentant au Cambodge en 1879. Celui-ci organisa la traduction des nombreuses inscriptions, reconstitua l'histoire du royaume khmer. Rentré en France à l'issue de sa misson (vers 1886) il publia de nombreuses études, un dictionnaire et de multiples articles qu'il rassemble à partir de 1900 dans son grand ouvrage Le Cambodge.
Depuis le début du , le site d'Angkor est patiemment réhabilité par des archéologues, notamment par ceux de l'École française d'Extrême-Orient.
Sur le site de l'UNESCO, le programme
de préservation du site d'Angkor, débuté en 1993.
Le bon avancement de ce programme a permis de retirer Angkor de la Liste du patrimoine mondial en péril de l’UNESCO.
Les travaux sur place sont coordonnés par l'APSARA
( Autorité pour la Protection du Site et l'Aménagement de la Région d’Angkor / Siem Reap).
Ce programme est actuellement financé en grande partie par le Japon. Voir le site du JSA
.
Et, bien sûr, l'EFEO
(École française d'Extrême-Orient) est toujours représentée sur place.
En cours actuellement (2001-2010), une étude archéologique à grande échelle, le Greater Angkor Project
rassemble l'Université de Sydney, l'École française d'Extrême-Orient, et l'APSARA avec le support de l'Australian Nuclear Science and Technology Organisation
. Il étudie les raisons du déclin d'Angkor et de son abandon en 1431, avec l'intention d'en tirer des enseignements sur l'exploitation durable des ressources naturelles pour l'agriculture. Les premiers résultats de ces recherches — s'appuyant notamment sur une étude précise du réseau hydraulique — ont permis l'établissement d'une nouvelle cartographie du site. Ils confirment qu'Angkor était bien l'un des plus vastes complexes urbains de l'ère pré-industrielle, bien plus étendu que ce que l'on croyait jusqu'alors. Le centre urbain s'étendait sur 400 km² et la surface totale atteignait km², soit dix fois plus que ce que l'on imaginait. Les experts en tirent la conclusion que cette extension de la capitale de l'empire khmer n'a vraisemblablement pas été sans conséquences pour l'environnement et que les problèmes écologiques (déforestation, dégradation des sols, érosion) liés à ce développement ont peut-être contribué à la chute de l'empire.
Les autres sites
Quelques autres cités comparables à celles d'Angkor ont été construits sur d'autres sites, principalement à l'époque de
Jayavarman VII, dont:
Ils associent une grande enceinte défensive, des dispositifs hydrauliques (
bārāy) et un temple aux multiples enceintes symboliques, dans le style du
Preah Khan d'Angkor.
Angkor dans l'actualité
En
2001 est sorti le film
Tomb Raider dont de nombreuses scènes ont été tournées sur le site d'Angkor.
Le film
Deux Frères a été tourné dans plusieurs temples d'Angkor, notamment le
Ta Prohm et le Beng Mealea.
Les propos d'une actrice thaïlandaise, Suvanant Kongying, revendiquant l'appartenance d'Angkor à la culture et au territoire thaïs, ont provoqué des émeutes à Phnom Penh en janvier 2003, au cours desquelles l'ambassade de Thaïlande a été pillée. Les relations entre les deux pays se sont depuis peu à peu rétablies.
Voir aussi
Bibliographie
Histoire et archéologie
- Maurice Glaize, Les Monuments du groupe d'Angkor, 1944, 1963, 1993
- Henri Marchal, Guide archélogique aux temples d'Angkor, 1928, 1962
- Étienne Aymonier, Le Cambodge (1900-1904), en 3 tomes: Le royaume actuel ; Les provinces siamoises ; Le groupe d'Angkor et l'histoire
- Étienne Lunet de Lajonquière, Inventaire descriptif des monuments du Cambodge (1902)
- Tcheou Ta-Kouan, Mémoires sur les coutumes du Cambodge, récit vers 1300, traduit par Paul Pelliot, 1951
Autobiographie
- François Bizot, Le portail, 2003 (prisonnier des Khmers Rouge en 1975)
- Jean Boulbet, De Palmes et d'épines, Vers le paradis d'Indra, 2003 (tranche de vie d'un éthnologue à Angkor de 1963 à 1975)
Romans autour d'Angkor
- Pierre Loti, Un Pélerin d'Angkor, 1913 (le roman est situé en 1901)
- André Malraux, La Voie royale, 1930 (roman situé dans les années 1920)
Liens externes