Déroulement
Cette bataille est restée dans les traités d’histoire militaire comme un tournant dans la stratégie navale. En effet, c’est la première fois que les galères se voient opposées (à grande échelle) à une flotte plus manœuvrante et armée de canonss. Cette combinaison technique, une stratégie qui a consisté à enfermer les Turcs dans le golfe de Lépante, une tactique consistant à faire prendre à l’abordage les galères par l’infanterie espagnole, alliées à des défections rapides dans la flotte turque contribua grandement à la réputation de cet affrontement.
Pendant le cours de la bataille, le navire du commandant ottoman fut envahi par les hommes de la galère de Don Juan d’Autriche ainsi que par celle de l’Amiral de la flotte savoyarde André Provana de Leyni entre autres, et l’amiral Turc décapité. Lorsque sa tête fut placée au bout du mat du navire principal espagnol cela contribua à détruire le moral turc. La bataille prit fin vers 16 h.
Bilan

Bataille de Lépante, vue par Paul Véronèse
La bataille fut une défaite complète pour les Ottomans qui perdirent 260 navires sur les 300 de leur flotte. La démesure de l’affrontement en fit un événement inouï : on dénombra 7 500 morts chez les Chrétiens, 30 000 morts ou blessés et 8 000 prisonniers chez les Turcs, 15 000 forçats chrétiens libérés de leurs fers ; 117 navires, 450 canons et 39 étendards furent pris aux Turcs.
Ce fut la bataille navale la plus importante entre celle d’Actium en 31 avant J.-C et celle d’Aboukir, en 1798, pendant les guerres napoléoniennes.
La victoire de la flotte chrétienne à dominante espagnole confirma l’hégémonie espagnole sur la Méditerranée, surtout occidentale, et stoppa la progression ottomane vers l'Europe. Les Ottomans reconstruisirent rapidement leur flotte et prirent peu après Chypre et les forts autour de Tunis mais ne s’aventurèrent plus dans la partie occidentale de la Méditerranée. Toutefois, le rôle prépondérant de la mer Méditerranée s’est progressivement effacé dans les années suivantes avec l’essor des flottes océaniques qui avait commencé quelques décennies plus tôt.
Anecdotes
L’un des participants plus connus était l’écrivain espagnol
Miguel de Cervantes, qui y fut blessé et perdit l’usage de sa main gauche. « Pour la gloire de la droite ! » dira-t-il dès lors.
[Herodote.net ]
.
Il est à noter que la flotte turque était notablement composée de janissaires (enfants chrétiens réduits en esclavage, islamisés et élevés pour devenir soldats d’élite de l’islam turc).
Notes