Histoire
Le terme
sthaviravāda apparait tôt dans l’histoire du bouddhisme. Il désigne un ensemble de traditionnalistes opposés aux réformes proposées par un autre groupe de pratiquants nommé
mahasanghika, « grande assemblée », probablement en raison du nombre élevé de ses membres. Il est difficile néanmoins de déterminer la date exacte à laquelle ils s’opposèrent, car selon les sources il peut s’agir du
premier,
deuxième ou
troisième concile bouddhique, soit de quelques mois à trois cents ans après la mort du Bouddha. D’autre part, les sthaviravādin mentionnés dans l’histoire des
conciles bouddhiques ne sont pas forcément les ancêtres directs des theravâdin actuels, même s’ils partagent une appellation similaire et ont en commun l’attachement à la tradition des origines.
De même, les dates données pour la rédaction du canon pali varient selon les traditions, les périodes proposées s’étendant du premier concile au premier siècle av.J.C. Cette dernière hypothèse est en général retenue par les historiens modernes pour les premiers textes du Sutta Pitaka et du Vinaya Pitaka, l’Abhidhamma Pitaka étant sans doute plus tardif.
Ce qui semble certain, c’est que l'empereur Ashoka (273-232 av.J.C.) contribua grandement à la diffusion du bouddhisme en général et du theravâda en particulier, puisque l’histoire de cette tradition commence avec l’implantation de la doctrine à Sri Lanka pendant et juste après son règne. Apparu vers le début de l’ère chrétienne, le mahâyâna se répandit lui aussi largement en Asie du Sud, mais s’effaça progressivement entre les VII et XIV siècles suivant l’expansion de l’Islam et la « reconquête » du monde indien par l’hindouisme.
A partir du , Sri Lanka, terre theravâda, devint la source principale de l’influence bouddhiste en Asie du Sud. Les Môn également, installés principalement en Birmanie et dont l'archéologie révèle la présence ancienne dans certaines parties de Thaïlande et du Laos, ont pu jouer un rôle dans sa transmission car on sait qu'ils l'adoptèrent longtemps avant les autres, bien que la date exacte soit incertaine. L’empereur birman Anawrahta (1044–1077) introduisit officiellement le theravâda dans son pays, et de nombreux temples furent construits à Pagan entre le XI et le . Le theravâda fut également introduit vers 1260 dans le royaume Thaï de Sukhothai où il vit son influence grandir durant la période d’Ayutthaya (-). La doctrine des anciens continua sa progression vers le Laos et le Cambodge au XIII siècle. Plus récemment, on constate depuis le milieu du une résurgence du bouddhisme, dans laquelle le theravâda occupe une place importante, chez les Malais et Indonésiens d'origine chinoise.
Philosophie
La doctrine du theravâda explique comment accéder soi-même à la délivrance en devenant un
arahant (personne délivrée parce qu'elle a suivi la voie enseignée par le Bouddha sans bénéficier de l'omniscience), un
bodhisatta (personne qui cherche absolument à devenir un bouddha pour enseigner en pratiquant les vertus dites
pāramita) ou un sambuddha (« bouddha parfait », personne qui, possèdant une compréhension parfaite des enseignements du Bouddha, accède à l'éveil et peut enseigner).
Elle rejette catégoriquement l'idée d'un dieu créateur et tout puissant, ainsi que l'idée d'un salut obtenu par la seule dévotion et le culte des reliques. En effet d'après le canon pāli, le Bouddha aurait dit : « On est son propre refuge, qui d'autre pourrait être le refuge » (Dhammapada, XII, 4). Cela signifie qu'on ne peut attendre de personne l'obtention de l'illumination, il faut chercher en soi-même la vérité et pour atteindre ce but suivre le noble sentier octuple.
Praxis
Vies du laïc et du moine
Pour la doctrine des anciens, le meilleur moyen d'accéder au salut est d'adopter le mode de vie monastique, mais il demeure toutefois accessible à tous. Elle s'adresse donc principalement aux hommes et aux femmes qui renoncent à la vie laïque, elle ne divinise pas le
Bouddha et ne croit pas en l'intercession au moyen de
bodhisattva sauveurs.
Il faut néanmoins noter que dans les formes populaires de theravâda, au Sri Lanka comme au Cambodge, le Bouddha est l'objet d'une vénération proche de celle d'un dieu, il y a donc une distinction entre le culte populaire et les spéculations monastiques.
Les tenants du mahâyâna qualifient parfois - à tort - d'égoïste la pratique du theravâda (et du hinayana en général). Cette opinion s'appuie sur des considérations sotériologiques : alors que le but du pratiquant mahâyâna, moine ou laïc, est de devenir bodhisattva pour sauver tous les êtres, le pratiquant theravâda se concentre sur son propre salut, abandonnant les efforts en direction du salut universel à Maitreya, le prochain bouddha. Cependant, le theravâda prône l'amour universel envers toutes les créatures. De plus, ses pratiquants estiment que devenir bodhisattva n'est possible qu'à de très rares personnes, il est donc plus efficace de viser la libération individuelle pour être en mesure d'aider les autres à en faire autant.
Méditation
La
Méditation theravâdin inclut deux pratiques :
samatha bhavana et
vipassana bhavana.
Samatha, le développement de la tranquillité, mène à l'atteinte des jhanas, de profonds niveaux de concentration. Elle vise également le développement de la bienveillance, de la compassion, du détachement. Ainsi, Metta est le développement d'un sentiment d'amour détaché envers chaque être. Anapanasati est la concentration basée sur la respiration. Anapasati est cependant parfois employée en vue de la pratique de vipassana.
Vipassana bhavana, la pratique formelle d'une introspection, est parfois décrite selon un ensemble de 18 contemplations, comme la contemplation de l'impermanence. Elle mène à la réalisation de l'état d'arahant.
Réalisation
Selon le theravâda, le pratiquant peut atteindre
quatre niveaux de réalisation spirituelle :
- Le sotapanna, premier des êtres nobles, ne renaîtra plus dans les mondes inférieurs.
- Le sakadagami renaîtra tout au plus une seule fois.
- L'anagami ne renaîtra plus que comme deva, et atteindra alors le nibbâna.
- L'arahanta, ayant atteint le but, s'est définitivement libéré du cycle des renaissances.
Fêtes et pratiques
- Vesak (commémoration de la naissance, de l'éveil et de la mort du bouddha)
- Uposatha (réaffirmation régulière de la dévotion au dharma et récitation des règles monastiques)
- Vassa (retraite annuelle de la saison de la pluie)
- Kathina (offrande annuelle de tissu par les laïcs et confection de nouvelles robes par les moines)
- Vihara (monastère traditionnel)
Ordination temporaire
La pratique de l'ordination est souvent pratiquée selon une philosophie différente de l'ordination religieuse occidentale. Elle peut être temporaire ; un homme peut devenir moine plusieurs fois dans sa vie ou la recevoir sans compter demeurer un
bhikkhu sa vie durant.
C'est même une pratique socialement valorisée : les hommes accomplissent leur devoir en devenant moines pendant un temps, avant de revenir à la vie laïque, justement pour se marier.
Ordres theravâdins
Différents ordres, appelés nikayas, sont développés - ils ne correspondent cependant pas à des conceptions différentes. Le titre de
Patriarche suprême de la Sangha, le plus élevé qui soit, peut être attribué à un moine de tout pays, et de chacun des nikayas qui suivent :
- Sri Lanka : Siam Nikaya, Amarupa Nikaya et Ramana Nikaya ;
- Thaïlande : Thammayut Nikaya et Maha Nikaya ;
- Birmanie : Thudamma Nikaya et Shwekyin Nikaya.
Critiques
(...)
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
- dhammadana.org, l'enseignement du theravāda
,
- dhammadana.fr, le theravāda expliqué aux enfants
,
- Qu'est-ce que le bouddhisme ?
, exposé de l'Union des Bouddhistes de Langue Française,
- Espace Theravāda sur Buddhaline.net
,
- Bouddhisme Theravāda
,
- Vipassanasangha.free.fr
,
- Theravada.fr
,Portail Theravada,
- Le bouddhisme Theravāda
,
- Ce que le Bouddha a dit
, compilation thématique des paroles du Bouddha dans la tradition Theravāda,
- Dhamma Search
, moteur de recherche sur le bouddhisme Theravāda, en anglais et français,
- Ainsi ai-je entendu
bouddhisme Theravāda.
Bibliographie
- Walpola Rahula, L'enseignement du Bouddha, d'après les textes les plus anciens, Collection Point Sagesse, Editions du Seuil, Paris, 1961 ;
- André Bareau, Les sectes bouddhique du Petit Vehicule
- Jean Varenne, article « Theravâda » de l'Encyclopædia Universalis / Dictionnaire du bouddhisme (recueil d'articles de lEncyclopædia Universalis).