Origine et invention du terme
Le terme a été créé pour remplacer plus précisément l'utilisation du terme yuppies qui avait selon Brooks pris une connotation péjorative. La théorie de Brooks est que cette nouvelle classe supérieure est un croisement entre l'idéalisme des années 1960 et les comportements libéraux et individualistes de la période Reagan.
Les critiques de l'ouvrage de Brooks lui reprochent notamment de n'avoir pas expliqué en quoi cette élite serait nouvelle, et que les tendances qu'il stigmatise comme caractéristiques des bobos ne seraient que l'expression des changements généraux de goûts d'une upper-middle class pré-existente.
En France
D'après
Pierre Merle, l'expression « Bourgeois-bohème » est apparue en France le 15 juin 2000 dans un article de
Courrier international[Pierre Merle, Les mots à la con, Mots & Cie, 2005, p. 19.]. Le terme a pris en
France une valeur plutôt péjorative, désignant un type de conformisme : des personnes aisées,
parisiennesss et
parisianiste, bien pensantes, de sympathies allant plutôt à la gauche écologiste, ayant de l'affection pour la figure du révolté (
Che Guevara,
mai 68)
[Pierre Merle, op cit., p. 19-20.].
Dans cette optique, on relève la « facilité » entre la « vie bohème » (ne pas se soucier du lendemain, d'argent ni de sécurité) et la position bourgeoise, qui l'offre matériellement. À Paris, ces bobos résideraient dans les arrondissements aisés du centre (II, III, IV, IX) mais leur venue dans les arrondissements autrefois populaires de l'est (X, XI arrondissements par exemple) y a contribué à une forte hausse du prix de l'immobilier ces dernières années[ 'la lutte des classes revient à Paris ! Des bourgeois bohèmes à la ségrégation' ]
[Cahier supplément sur l'immobilier à Paris, numéro 2851 de l'Express du 23 février au 1 mars 2006, p ] .
Le terme « bobo » a été largement utilisé par les opposants au Traité établissant une Constitution pour l'Europe lors de la campagne du référendum du 29 mai 2005 contre la partie de la gauche qui y était favorable.
Divers
Le chansonnier
Renaud a écrit et interprété une chanson intitulée
Les Bobos, qui se veut une critique des bourgeois-bohème, et qui est en fait un bon exemple des poncifs et des lieux-communs sur le sujet des bourgeois-bohèmes (sujet lui-même mal défini et fourre-tout, cf. supra).
Diverses parodies ou déclinaisons du termes ont ponctuellement été créées , par exemple les « bobas » (pour « bourgeois batignole »), les « bobouc » (« bourgeois bohème Upper middle Class »), les 'beubeus' (pour les 'beurgeois béhème' des banlieues), les « bobobo » (« bourgeois bohème bolcho»), les 'biobos' (pour les bourgeois qui se déclarent particulièrement écologistes), etc. On parle également, des 'botras' ('bourgeois traditionnels') pour les opposer aux 'bobos', ou encore 'bonobos' ('bourgeois no bohème'). Le terme « beurgeois » (pour « beurs embourgeoisés ») est en revanche plus ancien que « bobo » : c'est notamment le titre d'une bande dessinée de Farid Boudjellal, sortie en 1997.
Voir aussi
Articles connexes
Notes et références
Liens externes