Biographie
Fils d'un conseiller au parlement de Bourgogne et petit-fils du jurisconsulte
Charles Fevret, il fit ses humanités chez les
jésuites de sa ville natale où il eut notamment pour condisciple
Buffon, qui devait rester sa vie durant son ami le plus cher. Il étudia ensuite le droit et fut nommé, à vingt-et-un ans, conseiller à la grand'chambre du Parlement de Bourgogne.
En 1739-1740, il effectue un long périple en Italie, en compagnie de Jean-Baptiste de La Curne de Sainte-Palaye (1697-1781)[Reçu à l'Académie française en 1758 après avoir été membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres à 27 ans.], du frère jumeau de celui-ci, Edmond de Lacurne (1697-1779), de Bénigne Le Gouz de Gerland (1695-1774), Germain-Anne Loppin de Montmort, marquis de La Boulaye (1708-1767)[Il sera président à mortier au Parlement de Bourgogne en 1752], et de Abraham-Guy de Migieu, marquis de Savigny[Il était conseiller au Parlement de Bourgogne.] (1718-1749), tous érudits et passionnés[Voir l'excellente édition des Lettres d'Italie du président de Brosses, introduction et notes par Frédéric d'Agay, Mercure de France, 1986, 2 vol. ]. À son retour, il deviendra président à mortier au Parlement de Bourgogne, puis Premier président en 1775.
Il cultiva les lettres avec distinction tout en remplissant ses fonctions avec zèle. Buffon écrit à son sujet : « Sa vue s'étendait d'en haut jusque sur les plus petits détails, au point de ne laisser échapper aucun de ces rapports fugitifs que le coup d'œil de génie peut seul apercevoir ».
Cedant aux incitations de Buffon - lecteur des Petites Lettres de Maupertuis - il redigea l'Histoire des navigations aux terres Australes, compilation de tous les voyages alors connus dans les mers du Sud, precedee d'un plaidoyer en faveur d'une campagne de voyages d'exploration dans ces eaux afin d'y decouvrir et exploiter le continent Austral qui, pour des raisons mecaniques, ne pouvait manquer de s'y trouver. Ouvrage dont il a ete dit que la lecture convainquit Bougainville, alors soldat au Canada, de se faire marin. Charles de Brosses entretint une correspondance avec l'Ecossais Alexander Dalrymple, futur premier Hydrographe de sa Majeste Britannique et concurrent malheureux de James Cook a la tete du voyage de decouverte finalement entrepris par ce dernier, qui partageait ce point de vue. C'est a Charles de Brosses que l'on attribue la paternite des mots 'Polynesie' et 'Australasie'. Il n'avait pas le pied marin, meme sur le Rhone.
Passionné par l'œuvre de l'historien romain Salluste, ce fut pour rechercher le livre perdu de sa grande histoire de la République romaine qu'il partit en Italie. Cette recherche s'étant avérée infructueuse, il occupa trente années de sa vie à composer une Histoire de la République Romaine dans le cours du siècle (1777), dans laquelle, après avoir traduit tous les morceaux conservés du travail de Salluste, il s'efforça d'en combler les lacunes.
De son voyage en Italie, il ramena cependant l'ouvrage qui a le plus contribué à établir sa réputation, les Lettres écrites d'Italie, publiées pour la première fois sous le titre Lettres historiques et critiques écrites d'Italie (1799) d'après une mauvaise copie tombée entre les mais de Séryeis, puis rééditées par Colomb d'après le texte authentique sous le titre L'Italie il y a cent ans, ou Lettres écrites d'Italie à quelques amis en 1739 et 1740 (1836), avant d'être enfin publiées par H. Babou sous le titre le plus usité Lettres familières écrites d'Italie (1858).
De Brosses fut reçu associé libre à l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1750. Il fit également partie de l'Académie de Dijon. Des démêlés qu'il eut avec Voltaire l'empêchèrent d'entrer à l'Académie française.
Œuvres
- Lettres sur l'état actuel de la ville souterraine d'Herculée et sur les causes de son ensevelissement sous les ruines du Vésuve, Dijon, Desventes, 1750, in-8 : Premier ouvrage qui ait été publié au sujet d'Herculanum.
- Histoire des navigations aux terres australes
, Parigi, Durand, 1756, 3 vol. in-4 : Dans cet ouvrage de Brosses crée les noms de la Polynésie et de l'Australasie.
- Du culte des dieux Fétiches
, Ginevra, Cramer,1760, in-12 : Dans cet ouvrage, de Brosses crée le mot fétichisme.
- Traité de la formation mécanique des langues
, Paris, Saillant, 1765, 2 vol. in-12 : Ouvrage précieux pour l'étymologie, et longtemps tenu pour le plus important de ses écrits.
- Histoire de la République Romaine dans le cours du siècle, par Salluste, en partie traduite du latin sur l'original, en partie rétablie & composée sur les fragments qui sont restés de ses livres perdus, remis en ordre dans leur place véritable ou le plus vraisemblable, Dijon, Frantin, 1777, 3 vol. in-4
- Lettres écrites d'Italie :
- Lettres historiques et critiques écrites d'Italie, an VIII (1799), 3 vol. in-8
- L'Italie il y a cent ans, ou Lettres écrites d'Italie à quelques amis en 1739 et 1740
, Paris, 1836, 2 vol. in-8
- Lettres familières écrites d'Italie, Paris, 1858, in-18
- Lettres d’Italie
, nouv. éd. par F. d'Agay, Paris, Mercure de France, coll. « Le temps retrouvé », 1986 et 2005
Notes et références
Sources