Des sources fragmentaires
L'histoire des Cimmériens nous est partiellement connue par les auteurs grecs comme Homère, Hérodote et Strabon et par des récits militaires assyriens. Les fouilles archéologiques et les recherches linguistiques contribuent à mieux connaître ce peuple cavalier nomade. On ignore presque tout de leur(s) religion(s), exceptées quelques conjectures réalisées à partir de tumuli retrouvés en Ukraine, en Bulgarie et en Russie (mer Noire) mélangeant chamanisme animiste et polythéisme syncrétiques, déités anthropozoomorphe, centaures, chimèresss, dragon et Ouroboros.
Une épopée guerrière
Évoqués dans l'Odyssée comme un peuple mythique habitant près de l'entrée des Enfers, les Cimmériens sont considérés par certains archéologues comme les fondateurs de la « civilisation des catacombes » implantée au sud de la Russie. Originaires du centre de l'Europe, ils s'installèrent vraisemblablement dès 1200 dans la steppe au nord de la Mer Noire et dans le territoire qu'Hérodote appelle le Bosphore cimmérien.
Vers 700 , les Cimmériens sont repoussés par les Scythes, eux-mêmes soumis à la pression des Massagètes [Hérodote, Histoires, IV]. La noblesse cimmérienne tente de résister mais le peuple finit par se disperser, une partie se dirigeant vers le centre de l'Europe, une autre vers l'Asie mineure. Les tribus parties vers l'Europe sont peut-être celles qui, assimilées ultérieurement aux peuplades germaniques, seront identifiés par les Romains sous le nom de Cimbres.
L'autre groupe franchit le Bosphore vers 708 et établit une colonie dans la région de Sinope [Hérodote, Histoires, IV]. Les Cimmériens vivent alors de pillage et poursuivent leur progression jusqu'à l'Assyrie. Ils commencent par s'attaquer au royaume d'Urartu, dans la région du lac d'Ourmia. Le roi Rusa I puis son fils Argishti II ne parviennent pas à les contenir et subissent de lourdes défaites. Les Cimmériens sont alors crédités d'une réputation de redoutables guerriers dans toute la région.
Arrêtés en
Cappadoce par
Assarhaddon en
679 (ou -695) , ils se dirigent vers le royaume de
Phrygie, où ils battent le roi
Midas, puis vers la
Lydie où ils livrent bataille vers
660 contre le roi
Gygès qui doit demander l'aide d'
Assurbanipal, mais qui leur laissera le champs libre après sa mort en
644 . Les Cimmériens envahissent alors le pays, mettent à sac la ville de
Sardes, incendient le
Temple d'Artémis à
Éphèse et dévastent la campagne. Entre
650 et
630 , ils sont signalés en Cappadoce, en
Cilicie et dans le
Pont-Euxin.
Après la mort du roi des Cimmériens Lygdamis, vers 620 , les rapports de combats sont de moins en moins nombreux. Selon les auteurs grecs, le roi lydien Alyatte II chassa les envahisseurs et mit un terme définitif à la menace cimmérienne vers 610 [Hérodote, Histoires, I].
Il semble que plus tard ils aient été assimilés par les Scythes. Hérodote rapporte qu'il subsistait encore des murs cimmériens dans le pays des Scythes et qu'une région porte le nom de Cimmérie, qui serait la Crimée. La principale différence connue entre ces deux groupes ethniques concerne l'art, dominé par des symboles géométriques chez les Cimmériens tandis que l'art des Scythes est zoomorphe.
Postérité
Notes et références
Bibliographie
- Hérodote, Histoires, Les Belles Lettres, 1997
- Strabon, Géographie, Les Belles Lettres, 1989
- Iaroslav Lebedynsky, Les Cimmériens : Les Premiers nomades des steppes européennes, IXe - VIIe siècle av. J.C., Errance, 2004
- Askold Ivantchik, Les Cimmériens au Proche-Orient, Orbis Biblicus et Orientalis, 1993
Liens externes