Travaux scientifiques
Il obtient son titre de docteur en
médecine à Paris. Il est l’un des premiers membres de l’
Académie royale des sciences en
1666.
Il fait de nombreuses observations sur l’anatomie des animaux. Il étudie la circulation de la sève et constate qu’elle circule dans deux sens, ascendant et descendant. Mais, comme d’autres savants de son temps, il tente de découvrir un fonctionnement cellulaire similaire à celui des animaux. Ses idées sont combattues par Denis Dodart (1634-1707) et Samuel Cottereau du Clos (v. 1598-1685).
Architecture
Il traduit en français les textes de l’architecte romain
Vitruve sous le titre de
Dix livres d’architecture de Vitruve en
1673.
Perrault réalise la façade est de la colonnade du Louvre, mise en œuvre par Louis Le Vau, entre 1667 et 1670, ainsi que des portions de la façade sud. Il dessine l’observatoire de Paris entre 1667 et 1672. Il construit l’Arc de triomphe du faubourg Saint-Antoine en 1670.
Querelle des Anciens et des Modernes
Dans la
querelle des Anciens et des Modernes, Claude Perrault prend parti, aux côtés de son frère
Charles pour les Modernes et s’oppose à l’architecte tenant des Anciens,
François Blondel, ce qui lui vaut cette cruelle épigramme de
Boileau :
- ''Oui, j’ai dit dans mes vers qu’un célèbre assassin,
- ''Laissant de Galien la science infertile,
- ''D’ignorant médecin devint maçon habile :
- ''Mais de parler de vous je n’eus jamais dessein,
- ''Perrault ; ma muse est trop correcte :
- ''Vous êtes, je l’avoue, ignorant médecin,
- ''Mais non pas habile architecte
Perrault expose son point de vue moderne dans les notes de sa traduction de
Vitruve.
François Blondel publie son
Cours d’architecture enseigné à l’Académie royale d’architecture (1675), dans lequel il défend le point de vue des Anciens.
Ces différends théoriques portent sur :
;L’interprétation de « symétrie » : La symétrie (symmetria en grec) a le sens de proportion. François Blondel reste fidèle à la définition grecque de la symétrie. Claude Perrault prend parti pour la symétrie prise au sens moderne de l’équilibre des masses de part et d’autre d’un axe, au détriment de la « symmetria » ou proportion qui implique le recours à un module et à une « raison de progression » pour régler la correspondance entre les parties.
;Les colonnes accouplées : Claude Perrault invoque le droit de se démarquer de la tradition gréco-romaine et d’introduire ce motif d’inspiration médiévale au grand dam de François Blondel et des partisans de l’antiquité. Perrault a utilisé ce dispositif à la colonnade du Louvre à la fin des années 1660.
;Les corrections optiques : Claude Perrault est opposé à cette pratique qui veut que l’on augmente les dimensions des objets situés en hauteur ou à distance. Il s’appuie sur ses recherches physiologiques et considère que ce n’est pas la vue qui trompe mais le jugement de la vue. Par cette prise de position, Perrault prend le contre-pied de Vitruve et des pratiques courantes de son époque.
Publications
- Les Murs de Troyes, ou L’origine du burlesque (1653). Réédition : Les Murs de Troye ou l’origine du burlesque. Livre 1 : Les Frères Perrault et Beaurain, texte établi, présenté et annoté par Yvette Saupé, Narr, Tübingen, 2001.
- Les Dix Livres d’architecture de Vitruve, corrigez et traduits nouvellement en françois avec des notes et des figures (1673) Texte en ligne
- Ordonnance des cinq espèces de colonnes selon la méthode des anciens (1683)
- Du bruit et de la musique des Anciens, extrait des Œuvres diverses de physique et de mécanique, Tome 2 ; et Préface manuscrite du Traité de la musique de Claude Perrault (1721)
- Mémoires pour servir à l’histoire naturelle des animaux in Mémoires de l’Académie royale des sciences depuis 1666 jusqu’en 1699 (1729-1734)
- Mémoires de ma vie. Voyage à Bordeaux (1669), publiés avec une introduction, des notes et un index, par Paul Bonnefon, H. Laurens, Paris, 1909. Texte en ligne
