Origines de la Commission exécutive
Cette commission remplace le
gouvernement provisoire au lendemain des élections du 23 avril 1848, destinées à désigner les membres de l'
Assemblée nationale. Dans cette assemblée les républicains de conviction (les 'républicains de la veille') sont minoritaires (285 sur 800 élus). Les conservateurs, voire les royalistes camouflés en 'républicains du lendemain', dominent. Ils en profitent pour écarter du gouvernement les éléments 'socialistes' tels
Louis Blanc et
Albert qui avaient été imposés par les classes populaires parisiennes en février 1848. Même
Ledru-Rollin, jugé trop 'avancé' et républicain par la majorité des députés ne dut son élection à la Commission exécutive qu'à l'insistance de
Lamartine qui fit admettre à l'assemblée l'effet déplorable qu'aurait eu l'éviction de ce chef républicain. Les membres de cette commission et les ministres sont des républicains modérés soutenus par le journal '
Le National'.
Membres de la Commission et ministres
A côté de la Commission exécutive, sorte de 'Chef de l'État' collectif, oeuvrent différents ministres.
La Commission exécutive ne bénéficiant pas d'appuis suffisants dans l'Assemblée constituante laisse ,en fait, gouverner celle-ci. La majorité conservatrice de l'Asemblée s'empresse de rogner les acquis populaires de février 1848. Après avoir proclamé par acclamation la République (le 4 mai), et désigné les membres de la Commission exécutive (voir plus haut), la Constituante refuse, le 10 mai, la proposition de
Louis Blanc de créer un ministère du Progrès destiné à améliorer le sort des classes populaires. Le 12, elle interdit la pratique des délégations des clubs pour présenter leurs pétitions à l'Assemblée. Elle profite de l'échec de la manifestation populaire du
15 mai en faveur des insurgés polonais pour se débarasser des chefs républicains ,
Auguste Blanqui,
Raspail,
Armand Barbès,
Albert,
Huber qui sont arrêtés (ils seront condamnés à la prison par la Haute Cour, siègeant à Bourges, en mars 1849).
Les députés s'alarment de la participation des ouvriers des Ateliers nationaux à la manifestation alors que le gouvernement pensait en faire une force d'opposition au prolétariat parisien. Mais ils reprennent confiance en constatant que des gardes nationaux de province ont fait mouvement vers Paris pour aider les forces de l'ordre parisiennes. La Constitaunte profite de cet échec populaire pour remplacer à des postes clés les 'républicains de la veille'. Caussidière est démis de ses fonctions de préfet de police de Paris et est remplacé par le banquierAriste Jacques Trouvé-Chauvel. Le général De Courtais , qui avait marqué une petite sympathie pour les insurgés du 15 mai, est emprisonné et remplacé à la tête de la Garde nationale par le général Clément Thomas. Louis Blanc est inquièté et accusé, faussement, par Jules Favre d'avoir participé à la manifestation. Le président de l'Assemblée Buchez, s'étant montré incapable face aux insurgés qui avaient envahi la salle de réunion de l'assemblée est remplacé par l'ex-procureur rouennais Sénard. Le directeur des Ateliers nationaux Émile Thomas est contraint de s'exiler à Bordeaux, afin de laisser le champs libre pour une action contre cette institution symbolique de l'esprit de la Révolution de février 1848.
Le 24 mai, le ministre Trélat, cèdant aux attaques des conservateurs comme le Comte de Falloux, demande la dissolution des Ateliers nationaux, mais la Commission exécutive temporise. Mais les élections complémentaires à l'Assemblée constituante, voient le renforcement du parti conservateur (Adolphe Thiers élu dans 4 départements redevient député). Le prétendant bonapartiste Louis-Napoléon Bonaparte, bien qu'en exil en Angleterre est élu dans 4 départements, et même s'il renonce à sièger, devient une menace. Par contre les parisiens élisent des républicains avancés comme Proudhon et Pierre Leroux. Aussi le 21 juin, les conservateurs obtiennent la dissolution effective des Ateliers Nationaux, dont les membres âgés de 18 à 25 ans doivent s'enrôler dans l'armée, et les autres doivent quitter Paris pour la Sologne ou les Landes pour y faire du défrichement. Le 22 au matin, les ouvriers se réunissent place du Panthéon, et envoient une délégation pour rencontrer Marie qui les menace d'employer la force s'ils n'obéissent pas. Le 23 juin, les premières barricades s'élevent près de la Porte Saint-Denis, les gardes natioaux enviyés pour dégager les rues tirent; c'est le début de l'insurrection des journées de juin. Le 24 au matin, l'assemblée démet la Commission exécutive, décrète l'état de siège et confie tous les pouvoirs au général Eugène Cavaignac qui maintient les ministres à leur poste et prend le commandement des troupes qui vont écraser les insurgés parisiens.
Articles connexes
Sources
- Philippe Vigier,La Seconde république, collection Que-Sais-je?, PUF
- Georges Duveau, 1848, collection Idées, Gallimard