Les origines
Au sens le plus large du mot.
Au plan général et humain, compagnonnage de vie.
Un compagnonnage est le groupement d’êtres vivants dont le but est :
entraide,
protection, éducation, transmission des
connaissances entre tous ses membres.
De ce fait, on peut très bien imaginer que cette forme de compagnonnage a existé avant le pain et le compas, et il faut bien admettre qu’il existait, dans sa forme la plus pure, avant l’humanité, c’est-à-dire dès le début des êtres vivants.
Dans un autre domaine, assez surprenant, on parle également de compagnonnage mais cette fois il s'agit du 'compagnonnage des plantes' plutôt de leur associations: un radis avec une tomate, les effets de l'un aident l'autre, l'une éloignera le parasite de l'autre...
Les compagnons d'Emmaüs, créé par l'Abbé Pierre, a, par exemple, comme but 'd’agir pour que chaque homme, chaque société, chaque nation puisse vivre, s’affirmer et s’accomplir dans l’échange et le partage, ainsi que dans une égale dignité'[Manifeste universel], c’est-à-dire d'aider 'à partager le pain', origine étymologique du mot compagnon.
Le compagnonnage lié aux métiers
Il a probablement pour origine les grands travaux de construction de l’antiquité. Ceux-ci ont nécessité l’organisation logistique et technique des chantiers et l’utilisation d'ouvriers itinérants ou importés avec les armées ; autrement dit : depuis les premières civilisations sumérienne, babylonienne, égyptienne, etc.
Il est certain que les premiers constructeurs, maçons, tailleurs de pierress et charpentier, à l'origine du Compagnonnage, se servaient du compas et autres instruments pour mesurer et traçer courbes et arcsss de cercles, ceci dès les premières grandes construction.
Histoire
Au Moyen-Âge existent des
confréries de métier dont certaines sont toujours présentes. On y trouve les dénominations :
Apprenti,
Compagnon et
Maître.
En France, en réaction au système des corporationss et des jurandes, des compagnons des sociétés de métier forment un grand mouvement de compagnonnage qui donne à ses membres, par leur qualification, une certaine liberté de déplacement et leur permet de s’affranchir de la domination abusive des maîtres.
Plus tard, ce compagnonnage s’est divisé en plusieurs mouvements d’opposition, de fait, de pensée, religieuse et autres, qui sont à l’origine des mouvements du compagnonnage actuel.
Ces sociétés ont préfiguré la mutualité et le syndicalisme.
Appartenir à un compagnonnage :
les pratiques rituelles du compagnonnage
Les origines du compagnonnage sont noyées dans le temps. Sans remonter aux pyramides, il pourrait, selon des indices plus sérieux, ou tout au moins plus connus, prendre souche sur les collegia romains qui organisaient les métiers de la construction.
Les armées romaines ont sûrement ramené avec elles des constructeurs venant de leurs pays conquis.
Une légende voudrait que le compagnonnage soit né en même temps que la construction du Temple de SALOMON en Judée. Lors de cette construction, un mot d'ordre règnait sur le chantier qui était 'silence'. D'où la naissance du trait (principe de tracés propre à chaque métiers), pour réaliser les travaux en dehors du chantier. Cette explication correspondrait aux deux métiers les plus anciens chez les compagnons qui sont la taille de pierre et la charpente (métier très complexe en tracés). Une autre explication pourrait s'accorder à cette origine, celle des dénominations au sein des compagnons de 'Pays' (ouvrier pratiquant son métier sur le sol en atelier) et 'Côterie'(ouvrier pratiquant sont métier en hauteur, sur les échafaudages), puisque les gens du pays lors de cette construction ne souhaitaient pas prendre de risque, ils ont donc fait venir des gens de la côte pour réaliser les travaux dangereux sur les échafaudages. D'où les appelations compagnonnique de '' et de 'Coterie'.
Autre approche concernant l'origine du compagnonnage
Lors de la construction du temps de Salomon, l'organisation du travail, l'amour du métier, le Professionnalisme sur ce chantier et la formation des Maître envers les élèves font pensé à une organisation compagnonnique , ces maitres-ouvriers étaient-ils compagnons ? Ou le compagnonnage s'est-il inspiré de cela pour bâtir le compagnonnage actuel et celui du temps de la construction des cathédrales ?
Sous le nom de devoir, le compagnonnage est attesté dès l'époque des cathédrales. Il détient les secrets de métier et, pour protéger l'emploi, il en assure la transmission à ceux qui en sont dignes en leur donnant également une formation morale sous forme d'un bagage symbolique. Il organise enfin une assurance mutuelle reposant sur la notion de solidarité.
Au , le compagnonnage subit une scission liée à la Réforme. Il en résultera une rivalité entre devoirs qui occasionnera d'âpres luttes pour contrôler des territoires.
Le titre de Compagnon est attribué à l'ouvrier qui, après avoir rempli son temps d'apprentissage sur tour de France et réalisé un travail appelé communément chef-d'œuvre, sur le tour de France. Il est dit travail de 'réception' (la réception est une cérémonie qui donnera à l'aspirant le titre de compagnon).
Il poursuivra sa formation auprès de divers patrons et 'pays' ou 'coteries' qu'il cotoiera sur le tour de France. Au cours de son périple, il trouvera partout une maison de compagnons située dans un 'Cayenne'. Cette maison est gérée par une dame économe, dame hôtesse ou mère en fonction du degré d'initiation reçue par cette dernière. La 'Chambre', fait réfèrence au lieu où se réunit la corporation dans la 'cayenne'. Au sein des maisons, on trouve le 'premier aspirant' qui seconde la mère en cas d'absence et le 'Rouleur', ou 'Rôleur' qui est un compagnon itinérant chargé l'embauche.
Mal aimé de l'Ancien Régime, le compagnonnage préfigure le syndicalisme par certains aspects, bien que la filiation ne soit pas prouvée. Il contrebalançait le pouvoir corporatif ou confraternel des patrons et des marchands et il joua certainement un rôle dans les prémices de la Révolution française bien qu'il eut aussi à pâtir de la tourmente dès 1791 avec la loi Le Chapelier.
Le compagnonnage reprend force et vigueur sous la Restauration tandis que des compagnons comme Agricol Perdiguier cherchent à le régénérer pour abolir les rivalités passées. Ces efforts ne pourront cependant pas anticiper le bouleversement apporté par la révolution industrielle et l'avènement du grand capitalisme.
Cependant, le compagnonnage a survécu. Il est aujourd'hui généralement bien vu, et suscite encore souvent l'admiration. Il transmet toujours — bien plus que des tours de mains aujourd'hui dévoilés — des valeurs morales et l'amour du travail bien fait.
En dépit des apparences et d'une légende apparue à la fin du , les recherches historiques montent que la plupart des symboles apparus dans le compagnonnage français dans le courant du ont des origines maçonniques. En effet, le Compagnonnage est une tradition principalement française, alors que la franc-maçonnerie est apparue en Écosse, puis en Angleterre, à une époque où le Compagnonnage y était inconnu. De plus, les symboles de la franc-maçonnerie se réfèrent presque exclusivement à la maçonnerie, alors que le Compagnonnage concerne de très nombreux autres métiers . En revanche, certains rituels maçonniques élaborés en France au ont pu s'inspirer des rituels des compagnons d'autres métiers, notamment des rites forestiers.
Voir aussi
Bibliographie
- Le livre du Compagnonnage, Agricol Perdiguier, 1839 (1 édition). Texte intégral en PDF sur le web.
[Le livre du compagnonage 3e édition sur le web ]
- Le Compagnonnage, son histoire, ses coutumes, ses règlements et ses rites, Étienne Martin-Saint-Léon, 1901 (1 édition).
- Les Compagnonnages en France, du Moyen Âge à nos jours, Émile Coornaert, Les éditions ouvrières, 1966.
- Ils voyagaient la France. Vie et traditions des Compagnons du tour de France au XIX siècle, Pierre Barret et Jean-Noël Gurgand, Livre de Poche, Hachette 1980.
- Le compagnonnage, l'amour de la belle ouvrage, François Icher, éditions Gallimard collection Découvertes, 1994 (1 édition).
- La France des compagnons, François Icher, éditions de a Martinière, 1994 (1 édition)
- Fragments d'histoire du Compagnonnage, conférences données au Musée du Compagnonnage à Tours, 8 volumes parus depuis 1998.
- Les compagnonnages et la société française au XXe siècle, histoire, mémoire, représentations, François Icher, Editions Grancher, 2000
- Petit dictionnaire du Compagnonnage, François Icher, Editions Desclée de Brouwer, 2000
Voir aussi
Liens externes
Références et notes