Rondes et comptines
Une
ronde est une chanson plus spécifiquement destinée à accompagner une
farandole d'enfants. Rondes et comptines constituent une approche enfantine du langage parlé.
Rôle et origine
Cette approche se traduit principalement par la créativité verbale sous forme de
jeu de mots et de
rimes évoquant des situations insolites ou burlesques. Alors que les paroles des comptines ont en général un sens tout à fait innocent, nombre de comptines appartenant à la tradition européenne contiendraient des allusions à des évènements historiques (
Le Roi, la Reine et le p'tit prince,
Dansons la Capucine) ou seraient à l'origine des satires sociales ou politiques (
Balottant d'la queue et grignottant des dents,
La Carmagnole). D'autres encore auraient un contenu
libertin, dont le sens n'est toutefois pas toujours décryptable (
Au clair de la lune,
Il court, il court, le furet).
Les comptines se retrouvent dans toutes les civilisations, sauf peut-être chez certains peuples aborigènes où la musique et le chant ont un rôle sacré et où seuls les hommes d'âge adulte sont autorisés à chanter.
Les comptines correspondent souvent à des formules magiques anciennes, remontant à époque où les nombres étaient craints pour leur signification mystique (comme de nos jours la superstition associée au nombre 13). Plutôt que de prononcer les nombres, on préférait réciter une litanie qui permettait de dénombrer des êtres chers ou les bêtes d'un troupeau tout en écartant le mauvais sort.
Les comptines consistent le plus souvent en un enchaînement de syllabes rythmées servant à compter les temps d'un jeu ou à opérer un choix parmi un ensemble de personnes ou d'objets.
Comptines de repérage
Ces comptines servent à compter les temps lors de jeux tels que la corde à sauter ou l'élastique ainsi que les jeux de mains frappées à deux, par exemple
Marabout, bout de ficelle et
Un, deux, trois.
Formulettes d'élimination
Ces comptines servent généralement à choisir une personne pour un jeu :
Ams tram gram, Une alumette en feu, Un petit cochon pendu au plafond, Une vache qui pisse dans un tonneau, la personne sur laquelle tombe la dernière syllabe étant celle désignée. Certaines commencent par
Plouf, plouf, après quoi le compteur enchaîne avec
Mais comme la reine et le roi ne le veulent pas ou
Au bout de trois : un, deux, trois. D'autres servent à désigner les membres d'une équipe, par exemple
Chou, fleur, chou, fleur.
Voir l'article formulette d'élimination.
Chansons à jeux
- Exemples de chansons pour accompagner les jeux de balle :
Marie-Madeleine
Va à la fontaine
Y lave ses mains
Les essuie les bien.
- Exemples de chansons pour accompagner divers jeux de mains :
Croisements de bras à deux :
- Mademoiselle
- Hirondelle
- Artichaut
- Tourne le rideau.
Ou la célèbre comptine Trois petits chats...
Chatouillages :
- Ri, ri quat' souris
- Auront chacune une tartine de lait boulli
- Tout chaud, tout chaud.
Autres ritournelles
Exemples de ritournelles enfantines attestées au début du , composées à partir de prénoms ou de noms historiques :
- Caroline, tine, tine, trompette sans allumettes.
- Napoléon tout rond flamique à z'oignons. (Nord de la France)
Détournements
De grands compositeurs classiques ont parfois intégrés comptines et rengaines populaires dans certaines de leurs œuvres. Par exemple Modeste Moussorgski dans ses Tableaux d'une exposition et Gustav Mahler dans sa symphonie n°1, se sont appropriés Frère Jacques ; Igor Stravinski adapta elle avait une jambe de bois dans Petrouchka.
À partir de chansons sonnant comme des comptines, on arrive à fabriquer des textes résolument pour adultes tels que :
- Dominique (...nique, nique) de Sœur Sourire, laquelle ignorait sans doute que son refrain innocent serait interprété de façon lubrique par des générations de pré-adolescents.
- Les Sucettes (Pour quelques pennies, Annie / A ses sucettes à l'anis... ) interprétée par France Gall.
Voir aussi
Listes des comptines disponibles sur Wikipédia
Liens externes