Histoire
Les premiers signes de contraception apparaissent dans l'
Égypte ancienne sous forme d'un dispositif , il y a plus de 5 000 ans. Mille ans plus tard, on retrouve la trace en
Égypte d'une recette contraceptive, composée d'
excréments de
crocodile, de
natron, de
miel et de
gomme arabique.
Les grecs et les romains ont quand à eux utilisés l'avortement et l'infanticide en cas d'échec des droguess et des amulette.
Des écrits de l'Antiquité préconisaient aux femmes de sauter plusieurs fois après la relation sexuelle afin de faire sortir un produit compose de glaire et de sperme, évitant ainsi la fécondation.
Soranos d'Éphèse décrit la pratique de l'avortement et la confection d'un tampon qui empêche l'ascension du sperme, en parlant des éponges du Levant, réputées pour leur souplesse et leurs capacités d'absorption[Traité de gynécologie et d'obstétrique de Soranos d'Éphèse au ]. Ces éponges, dénommées « mignonnettes », étaient toujours utilisés au .
À l'arrivée du christianisme, l'Église Catholique préconisait l'abstinence comme seul moyen de contraception. Les chrétiens condamnèrent tout contrôle de la fécondité qui permettait le plaisir mais empêchait la procréation. Avortement et contraception furent considérés, par les premiers chrétiens, comme des pratiques similaires, à savoir des tentatives pour profiter des plaisirs du sexe, sans engendrer d'enfant. L'Eglise romaine condamne tout acte conjugal volontairement amputé de sa vertu procréatrice. Toutefois si le plaisir sans procréation est condamné, l'abstinence peut être glorifiée. Cette méthode contraceptive s'accompagne, en effet, de valeurs positives, enseignées par l'Eglise après le concile de Trente (XVIes): le sens de la responsabilité et la maîtrise de soi, l'amour conjugal qui peut amener un mari à vouloir éviter à son épouse des grossesses répétées et toujours redoutées, l'attachement à l'égard des enfants que l'on pourra élever avec d'autant plus de soin qu'ils seront moins nombreux. Hormis l'abstinence, aucun autre procédé n'a jamais été préconisé par l'église romaine.
Il aura fallu attendre le pour voir apparaître le premier préservatif à base d'herbes, inventé par Gabriele Falloppio. On expérimentera également, à cette époque, différentes injections . De manière générale, on préfère alors parler d'étreintes réservés et de manœuvres . En 1661, Madame de Sévigné parle, dans ses « Lettres à sa fille » d'utiliser des « » ou de faire chambre à part.
Au , Thomas Malthus constate que la courbe des naissances dépasse la courbe des subsistances. Il prône le recours à un contrôle des naissances qui n'empêcherait pas le plaisir.
En France, le , une loi interdit la propagande anticonceptionnelle[Légifrance - Loi ordinaire du 31 juillet 1920 ]
.
En 1930, le pape Pie XI interdit toutes méthodes artificielle qui entraverait la procréation[Encyclique Casti Connubii]. Vingt et un ans après, Pie XII autorise l'abstinence sexuelle périodique, ainsi que la régulation des naissances pour raison économique, eugénique, sociales ou médicales.
Le , l'association Maternité heureuse se crée, elle militera pour donner accès à la contraception aux françaises et pour l'abolition de la loi de 1920.
L'année 1961 connaîtra, en mars, la condamnation de « tout procédé contraceptif ou moyen stérilisant qui a pour but d'entraver la venue au monde des enfants », par l'Assemblée des cardinaux et archevêques de France. Puis en juin, l'ouverture du premier Centre de planification à Grenoble par Henri Fabre, ainsi qu'un second à Paris en octobre.
En 1967, la Loi Neuwirth vient abroger la loi de 1920, autorisant ainsi la contraception, qui ne sera remboursée qu'en 1974 avec la loi Veil.
Étymologie
Le terme
contraception a pour origine:
- contra: contre
- (con)ception, du latin conceptio, de concipere: concevoir: formation d'un nouvel être.
Méthodes de contrôle des naissances
De nombreuses méthodes de contraception sont utilisées par les humains, dont la disponibilité, l'efficacité et la facilité d'utilisation varient grandement.
Les méthodes de contraception peuvent se décliner en plusieurs catégories :
- les méthodes 'barrières'
- la contraception hormonale féminine
- la contraception hormonale masculine
- en cours d'expérimentation : association d'une pilule progestative ou d'un implant hormonal (hormone similaire ou identique) à de la testostérone (pour le maintien des caractères sexuels masculins) sous forme de pilule ou d'injection agissant plusieurs semaines ; l'efficacité (absence de spermatozoïdes dans le sperme) nécessiterait trois mois de prise médicamenteuse sans interruption ; à l'arrêt, il faudrait trois mois pour avoir des spermatozoïdes fécondants.
- les DIU (dispositif intra-utérin) ou stérilets
- DIU 'classique' au cuivre;
- DIU hormonal
- les méthodes chirurgicales
- les méthodes naturelles
Les méthodes dites naturelles ne sont parfois pas considérées comme des moyens de contraception. Cela dit, elles entrent dans la définition donnée par l'
OMS comme 'méthodes ou procédures permettant de diminuer la probabilité de conception' et semblent donc à ce titre avoir leur place dans cet article.
Pour mémoire, les pratiques sexuelles excluant la pénétration vaginale telles que la sodomie, la fellation ou la masturbation réciproque, ne conduisent normalement pas à une fécondation, mais il n'est pas exclu que du sperme entre incidentellement en contact avec le vagin.
Il existe de plus deux moyens de contraception dits 'd'urgence', à savoir la pilule du lendemain et la pose d'un DIU.
Jusqu'aux années 1960, la contraception était pratiquement exclusivement du ressort de l'homme. Elle est devenue massivement féminine avec l'apparition des traitements hormonaux (« la pilule »).
Enjeu et polémiques
De par ses implications sur la population, la contraception est un enjeu philosophique, religieux et politique majeur, sujet à polémique (voir aussi les polémiques sur l'interruption volontaire de grossesse).
La contraception a longtemps été considérée comme indésirable, et parfois interdite, chaque humain supplémentaire étant considéré comme une richesse et les rapports sexuels en tant que plaisir étant considérés comme honteux et réprimables. Au , les mouvements de libération sexuelle occidentaux ont fait évoluer cette perception. La contraception est maintenant souvent perçue comme un moyen de maîtrise individuelle de la fécondité et de la reproduction permettant l'épanouissement individuel.
Certains groupes religieux refusent l'usage de la contraception. Les autorités musulmanes et protestantes n'ont pas adopté de position unique. Le catholicisme est opposé à l'usage de toute contraception, et prône le contrôle des naissances par les méthodes de planification familiale naturelle. Le pape Paul a défini la position de l'Église catholique sur ce sujet dans l'encyclique Humanæ vitæ (25 juillet 1968).
La promotion de la maîtrise des populations (en partie soutenue par des organisations internationales comme l'Organisation mondiale de la santé) a mené à déployer la contraception dans des pays à économie fragile et à population en forte croissance après la révolution agricole (augmentation de la capacité à nourrir les populations) et la révolution médicale (déploiement international de médicaments, de règles d'hygiène et de pratiques réduisant sensiblement la mortalité).
C'est ainsi que les deux pays les plus peuplés du (la Chine et l'Inde) ont eu massivement recours à la contraception afin de limiter la croissance de leur population. Ainsi, dans le canton chinois de Linyi (province de Shandong), une campagne de stérilisations et d'avortements forcés a affecté 7000 femmes en 2005. Les fonctionnaires du planning familial ont voulu rectifier de force les mauvais chiffres de la natalité dans cette région. On notera que, dans certains cas, la contraception forcée a aussi été employée. La scolarisation, l'accès aux soins, l'augmentation de la durée du célibat des femmes et l'urbanisation réduisent la natalité. Dans de telles conditions, la plupart des populations adoptent un taux de natalité proche du taux occidental.
La contraception en France
71% des personnes, ayant une sexualité active, se protègent contre une grossesse. Alors que l'âge du premier rapport sexuel ne bouge pas depuis 20 ans (17,5 ans en moyenne), l'âge moyen d'une mère à la naissance de son premier enfant augmente sans cesse (26,5 ans en
1977 à près de 30 ans en
2004)
[Baromètre santé 2005].
Voir aussi
Notes et références
Liens internes
Liens externes