Histoire
Définition et propriétés élémentaires
Définition et notations

coordonnées sphériques (ρ, ϕ, θ) d'un point dans un repère cartésien (O, x, y, z)
Étant donné un repère cartésien (O,
x,
y,
z), les coordonnées sphériques (
ρ,
ϕ,
θ) d'un point
P sont définies par :
- ρ est la distance du point P au pôle O ;
- ϕ est l'angle non orienté formé par les vecteurs z et OP, appelé zénith ou colatitude ;
- θ est l'angle orienté formé les demis-plans ayant pour frontière l'axe vertical et contenant respectivement la demi-droite [O, x) et le point P. Si H est le projeté orthogonal de P dans le plan horizontal (O, x, y), alors θ peut être défini comme l'angle formé par les vecteurs x et OH.
Par convention, et pour assurer l'unicité pour
ρ > 0,
ϕ est compris entre 0 et
π radians (0 et 180°) et
θ entre 0 et
2π radians (0 et 360°)
, pour le repérage, mais
θ et
ϕ peuvent parcourir un intervalle plus important pour une courbe paramétrée
ρ(
θ,
ϕ).
Ces notations sont les plus courantes en mathématiques ; en physique, les notations ϕ et θ sont généralement inversées, conformémement au standard ISO 31-11 sur les « signes et symboles mathématiques à utiliser en sciences physiques et en technologie »[International Organization for Standardization, ISO Standards Handbook : Quantities and units., 3rd ed., Genève, 1993, 345 p., ISBN 92-67-10185-4] La distance au pôle est parfois notée r.
Lien avec les coordonnées polaires
Dans le plan vertical (O, z, OM), le système de coordonnées (ρ, ϕ) est polaire. Dans le plan horizontal (O, x, y), (ρ sin ϕ, θ) est aussi un système de coordonnées polaires.
Base comobile
On définit la base orthonormée directe comobile (
u,
u,
u) pour tout point M comme suit :
- u est un vecteur unitaire de même direction et sens que OM ;
- u est le vecteur unitaire du plan vertical (O, z, OM) directement orthogonal à OM ;
- u est le vecteur unitaire normal au plan vertical qui complète en une base directe.
La direction de ces vecteurs est généralement résumée ainsi :
u pointe dans le sens des
ϕ croissants,
u des
ϕ croissants.
Dans cette base comobile, la position du point M s'écrit de manière simple :
-
En
physique, elle s'utilise pour exprimer les quantités cinématiques comme que
vitesse et
accélération.
Utilisation
Repérage géographique

Coordonnées géographiques φ (latitude) et λ (longitude)
Les coordonnées géographiques, utilisées pour se repérer sur la surface de la
Terre, sont une variante des coordonnées sphériques. Elles utilisent les coordonnées
h (altitude),
l (latitude) et
λ (longitude), qui sont reliées aux coordonnées sphériques par :
h &= \rho - \rho_\text{g}(l, \lambda),\\
l &= 90^\text{o} - \phi,\\
\lambda &= \theta \text{ si } \theta \le 180^\text{o}\\
&= \theta-360 \text{ sinon},
\end{align}
où
ρ(
l,
λ) est la distance au centre de la Terre du point du
géoïde situé dans la direction (
l,
λ). Lorsque l'
ellipsoïde de révolution est utilisé à la place du géoïde,
h est alors la hauteur géodésique ; elle diffère de l'altitude d'environ 50 m au plus.
Coordonnées célestes
Les coordonnées célestes, utilisées pour repérer les astres sur le
ciel, utilisent cette même variante avec
ρ fixé (projection sur la
voûte céleste). Par exemple, le
système de coordonnées équatoriales, utilisé pour repérer les objets hors du
système solaire, utilisent la
déclinaison (correspond à
l) et l'
ascension droite (correspond à
λ, exprimée en heures, avec 1 h = 15°).
Calculs
Les coordonnées sphériques sont d'emploi courant dans deux cas :
- mouvement à distance fixe d'un point donné, comme dans le cas d'un pendule ;
- mouvement à force centrale, notamment dans le potentiel de Coulomb.
Exemple du pendule
Exemple de l'attraction coulombienne
Propriétés
Propriétés différentielles
Différentielles
Le volume infinitésimal s'écrit
\text{d}^3 V = \rho^2\sin\phi\,\text{d}\rho\text{d}\phi\text{d}\theta
et le déplacement
Les vecteurs de la base comobile (u, u, u) ont pour différentielles :
\text{d}\vec{u}_\rho &= + \text{d}\phi\,\vec{u}_\phi
+ \sin\phi\,\text{d}\theta\,\vec{u}_\theta,\\
\text{d}\vec{u}_\phi &= -\text{d}\phi\,\vec{u}_\rho
+ \cos\phi\,\text{d}\theta\,\vec{u}_\theta,\\
\text{d}\vec{u}_\theta &= -\sin\phi\,\text{d}\theta\,\vec{u}_\rho
- \cos\phi\,\text{d}\theta\,\vec{u}_\phi.
\end{align}
Cinématique
Les quantités cinématiques, position,
vitesse et
accélération s'en déduisent :
\vec{OM} &= \rho\,\vec{u}_\rho,\\
\dot\vec{OM} &= \dot\rho\,\vec{u}_\rho + \rho\dot\phi\,\vec{u}_\phi + \rho\sin\phi\,\dot\theta\,\vec{u}_\theta,\\
\ddot\vec{OM} &= (\ddot\rho-\rho\dot\phi^2-r\dot\theta^2\sin^2\phi)\,\vec{u}_\rho
+ (\rho\ddot\phi + 2\dot\rho\dot\phi - \rho\dot\theta^2\sin \phi\,\cos\phi) \,\vec{u}_\phi
+ (\rho\ddot\theta\sin\phi + 2\dot\rho\dot\theta\sin\phi + 2\rho\dot\phi\dot\theta\cos \phi) \,\vec{u}_\theta.
\end{align}
Opérateurs différentiels
L'opérateur nabla, servant au calcul du gradient, de la divergence et du rotationnel s'écrit
\vec\nabla = \left(\frac\partial{\partial\rho}, \frac1\rho \frac\partial{\partial\phi}, \frac1{\rho\sin\phi} \frac\partial{\partial\theta}\right).
Le laplacien s'en déduit :
\Delta = \frac1{\rho^2} \frac\partial{\partial\rho}\left(\rho^2\frac\partial{\partial\rho}\right)
+\frac1{\rho^2\sin\phi} \frac\partial{\partial\phi}\left(\sin\phi\frac\partial{\partial\phi}\right)
+\frac1{\rho^2\sin^2\phi} \frac{\partial^2}{\partial\theta^2}.
Tenseurs usuels
Le tenseur métrique s'écrit
1 & 0 & 0\\
0 & r^2 & 0\\
0 & 0 & r^2 \sin^2\phi
\end{matrix}\right)
et l'intervalle
Les éléments non nuls du
symbole de Christoffel sont
\Gamma^{\rho}_{\phi\phi} &= -\rho\\
\Gamma^{\rho}_{\theta\theta} &= -r \sin^2\phi\\
\Gamma^{\phi}_{\rho\phi} = \Gamma^{\phi}_{\phi\rho} &= \rho^{-1}\\
\Gamma^{\phi}_{\theta\theta} &= -\cos\phi\,\sin\phi\\
\Gamma^{\theta}_{\rho\theta} = \Gamma^{\theta}_{\theta\rho} &= \rho^{-1}\\
\Gamma^{\theta}_{\theta\phi} = \Gamma^{\theta}_{\phi\theta} &= -\cot\phi
\end{align}
Relation avec les autres systèmes de coordonnées usuels
Les coordonnées cartésiennes (
x,
y,
z), cylindriques (
r,
θ′,
z) et sphériques, lorsqu'elles sont définies par rapport au même repère cartésien (O,
x,
y,
z) suivent les lois de transformations données ci-dessous.
| Système de coordonnées
| Depuis les coordonnées sphériques
| Vers les coordonnées sphériques
|
| Coordonnées cartésiennes
|
|
|
| Coordonnées cylindriques
|
|
|
Dans le tableau ci-dessus arctan(y, x) est la prolongement classique sur les différents quadrants de arctan(y/x) pour x et y positifs.
Généralisation
Soit un espace vectoriel normé de dimension
n finie. Pour un point
x de cet espace, de coordonnées (
x, …,
x), on définit les coordonnées sphériques (
r,
ϕ, …,
ϕ) par
r &= ||x||\\
x_1 &= r\cos\phi_1\\
x_2 &= r\sin\phi_1 \cos \phi_2\\
\cdots\\
x_{n-1} &= r\sin\phi_1\,\cdots\,\sin\phi_{n-2}\cos\phi_{n-1}\\
x_n &= r\sin\phi_1\,\cdots\,\sin\phi_{n-2}\sin\phi_{n-1}
\end{align}
Les coordonées sphériques constituent le cas particulier n = 3 et les polaires n = 2.
Sources