Historique
Jusqu'au , la Messe n'avait pas de Credo . Il fut progressivement introduit dans les rites d'Orient () en réaction contre diverses
hérésies. Le
concile de Tolède demanda en
589 «Qu’on fasse retentir le Credo, par ce chant, la vraie foi s’affirme d’une façon éclatante, et l’âme des populations catholiques, revivant sa croyance, se prépare à recevoir la communion du corps et du sang du
Christ». Son usage se répandit au en
Espagne puis aux pays francs, sous l'influence de
Charlemagne.
Il ne fut généralisé dans la liturgie romaine qu'en 1014, pour le sacre de l'empereur Henri II: étant initialement destiné à combattre les hérésies, il ne convenait pas à la liturgie du siège apostolique, par nature orthodoxe.
D'introduction tardive, sa place dans la liturgie a été variable. Dans le rite ambrosien, le Credo se place après l'offertoire (et ne comporte pas le mot filioque). Dans le rite mozarabe il est dit après la consécration.
Usage liturgique
Place de la profession de foi
Dans la liturgie catholique, la profession de foi prend place après l'
homélie au cours de la
messe, quand les rubriques le prescrivent.
On dit le Credo aux dimanches et solennités, et aux fêtes du Seigneur tombant un dimanche, on peut dire aussi le Credo pour les célébrations faites avec solennité. S'il est dit, c'est par tous, s'il est chanté, c'est par tous ou en alternance.
Le Credo est la profession de foi de toute l'assemblée et non un dialogue entre célébrant et assemblée. Comme le Gloria, il n'est pas nécessaire qu'il soit entonné par un prêtre.
L'assemblée se lève.
Formules alternatives
À la place du
symbole de Nicée-Constantinople, particulièrement en
carême et au temps pascal, il est possible d'utiliser le symbole baptismal de l'église romaine, dit
Symbole des apôtres.
Pendant longtemps, la seule forme officiellement prescrite par l
'ordo missae a été le
Symbole de Nicée. L'emploi du
Symbole des apôtres n'a été officiellement admise que dans l'édition 2002 du Missel romain. Jusque là, son emploi à la Messe n'était qu'un abus liturgique, mais qui a été pratiquement systématique en France à partir des années 1970. La raison en est probablement que le symbole des apôtres est d'un usage général chez les protestants. On assiste cependant à un retour en grâce du Symbole de Nicée à partir des années 2000.
La liturgie pascale prévoit le renouvellement des promesses du baptême comme formule de profession de foi, en lieu et place de la formule habituelle. Le rituel de la confirmation a prévu d'autres formulaires de profession de foi, plus adaptés aux jeunes. Mais 'il n'est pas permis d'utiliser une profession de foi qui ne se trouve pas dans les livres liturgiques'.
Inclinaison
Dans l'Église catholique romaine, lorsque l'on récite le Credo à la messe, les rubriques précisent (paragraphe n° 18 de l
'ordo) qu'il faut s'incliner pendant le passage « Et incarnatus est de Spiritu Sancto ex Maria Virgine, et homo factus est. » (« Par l'
Esprit-Saint, il a pris chair de la
Vierge Marie, et s'est fait homme. ») Il en est de même, quand c'est le symbole des apôtres qui est utilisé ('
Ad verba quæ sequuntur, usque ad María Vírgine, omnes se inclinant'). L'usage de s'incliner en mentionnant l'incarnation a été établi par
saint Louis.
Avant la réforme liturgique, il était d'usage de faire une génuflexion à ces passages. La génuflexion n'a été maintenue qu'aux solennités de l'Annonciation et à Noël (présentation générale du missel romain, §98).
Ce signe de respect n'est cependant que rarement pratiqué dans les célébrations faites en France.
Credo dans le chant grégorien
Le credo 'des anges'
Le credo le plus connu (celui qui a été retenu par le '
Jubilate Deo' pour que toutes les assemblées puissent disposer d'un répertoire minimal commun) est le Credo III, dit 'credo des anges'. Il date du .
De composition tardive, cette pièce ne présente plus du tous les caractéristiques modales du répertoire grégorien traditionnel. Par ses caractéristiques 'modernes', elle constitue au contraire un bon exemple de l'évolution du répertoire vers les modes majeurs et mineurs modernes.
- Il est classé dans le cinquième mode (mode de fa), mais le si y est constamment bémol: il s'agit en fait d'une pièce en do majeur, dont l'écriture a été transposée en fa. C'est le mode préféré des pièces modernes en mode majeur, à la fois par la possibilité qu'il offre de jouer sur une sensible (demi-ton sous le fa), et la modulation modale rendue possible par le si variable.
- Les évolutions de la ligne mélodique sont très amples, dépassant nettement les intervalles de seconde ou de tierce des compositions en musique modale.
- La ligne mélodique parcourt toute l'octave, et joue systématiquement sur l'opposition entre le fa supérieur et le fa inférieur.
Autres tons du Credo
L'édition vaticane du graduel donne huit tons de Credo. Les autres tons sont plus traditionnels, et ont généralement composés entre .
Étant une prière longue, le credo est toujours une pièce de style syllabique; les versions anciennes ont même un caractère psalmodique nettement marqué. Le plus souvent, seul le 'Amen' final se distingue par un petit mélisme.
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