Historique
La culture populaire dans le monde rural européen
Les traditions populaires du monde rural ont été généralement décrites sous le terme de
folklore, terme savant à l'origine, passé depuis dans le langage courant, avec une forte connotation de mépris ou de dévalorisation. C'est ainsi que les musées qui remettent cette
culture à l'honneur parlent généralement de 'traditions populaires' et guère de 'folklore'.
L'année est rythmée par le calendrier rural, en particulier les moissons (Moisson (agriculture)). Les grands évènements sont les foires, les fêtes religieuses et les mariages. Au quotidien, les veillées sont le lieu de transmission d'une culture orales de conte et légendes.
Ces contes et mythes populaires seront collectés et transcrits dans toute l'Europe et notamment par
L'industrialisation
À partir du XVIII siècle, l'
industrialisation des pays occidentaux amène la naissance d'une
culture ouvrière, dont la solidarité est une forte composante. Certains loisirs sont encouragés par le
paternalisme de l'époque :
sports,
colombophilie,
jardins ouvriers,
fanfares afin de détourner l'ouvrier de la fréquentation du
bistro.
Le
syndicalisme se développe, entrant parfois en opposition avec des traditions religieuses toujours fortes.
L'industrialisation est également l'occasion d'un brassage de cultures, dû à des flux migratoires vers les régions industrielles demandant de la main-d'œuvre, ainsi qu'au développement des chemins de fer.
L'alphabétisation
Au cours du XIX siècle, la plupart des pays occidentaux s'engagent dans l'alphabétisation de la population. Elle se généralise un peu plus tôt dans les pays de religion protestante, où chacun doit être capable de lire la Bible.
En France, en 1881, les lois Ferry instituent l'école gratuite et obligatoire, qui permettra l'accès de tous à la culture écrite. Cette école institue également le français comme langue unique, interdisant l'usage des langues régionales.
Les mouvements d'éducation populaire prennent leur essor, militant pour une diffusion de la connaissance au plus grand nombre afin de permettre à chacun de s'épanouir et de trouver la place de citoyen qui lui revient.
Au début du , les droits aux
congés payés sont acquis en Allemagne, puis en France et en
Belgique, permettant à une part croissante de la population de partir en
vacances.
Avec l'élévation du niveau de vie, apparaît dans les années 1960 la notion de civilisation des loisirs.
Aux XIX et XX siècles, la culture populaire a considérablement évolué en Occident, puis dans le monde entier avec le développement de la presse écrite, de l'enregistrement sonore, de l'invention du cinéma, de la radio et enfin de la télévision, qui ont permis aux populations d'accéder à une culture très riche en imagess, textes et information diverses. Depuis les années 1990, la diffusion et la commercialisation d'une culture de masse se sont encore développées avec le réseau Internet ou avec le succès de supports numériques tels que le CD audio ou le DVD. En 2004, on estime que 40% du commerce mondial est numérique. Le nombre de nouveaux filmss, livre ne fait qu'augmenter chaque année. De même la multiplication des chaînes de télévision donne un choix toujours plus large et varié au consommateur culturel.
Pour autant l'expression de 'culture de masse' revêt, au même titre que celle de 'culture populaire' une connotation trop souvent péjorative. On l'assimile ainsi, de façon plus ou moins implicite, à une forme de culture 'facile', américanisée, régie par de grandes multinationales, surmédiatisée et globalement inférieure à la 'vraie culture', plus difficile d'accès. Pour autant, cette dévalorisation qualitative est relativement peu justifiable, bien qu'omniprésente, lorsque l'on sait que de nombreux artistes tels que Elvis Presley ou les Beatles peuvent tout à fait être rattachés à une forme de culture de masse, quand on connaît l'importance de leur médiatisation à leurs époques respectives, médiatisation qui n'a pour autant jamais nui à l'excellence artistique de leurs productions, et qui résonne comme une preuve que la qualité des œuvres culturelles ne dépend en rien de leur accessibilité auprès du public.
Récupération a posteriori de la Culture populaire
On observe de plus en plus une récupération a posteriori des œuvres pouvant être rattachés à la culture populaire par une classe aisée de la population, notamment les bourgeois-bohèmes. Le meilleur exemple demeure le Blues, autrefois chants d'esclaves noirs américains et aujourd'hui musique 'savante'. On peut également citer de nombreux artistes issus de différents domaines et très populaires en leur temps tels que Charlie Chaplin, Janis Joplin ou encore de nombreux graffeurs qui, s’ils conservent un large public parmi les couches populaires, ont réussi à convertir un nouveau public (qui souvent lui était hostile à l'époque), composé de personnes plus aisées et coupé du peuple au sens strict.
Domaines culturels
Chants populaires
Musique populaire
Tradition orale :
Littérature populaire
Art populaire
Savoirs-faire
Fêtes et spectacles
''' - représentation
satirique sous forme de peinture
rococo, de
William Hogarth - Angleterre,
années 1750
Jeux
Critique
La culture populaire est souvent considérée comme inférieure, y compris par ceux qui en sont les dépositaires.
De la même manière, voit-on souvent la culture populaire comme 'beauf' et/ou engagée politiquement à droite. Selon les défenseurs de la culture populaire, cette impression se dégage en majeure partie d'un certain snobisme politiquement correct diffusé par une élite bourgeois-bohème généralisatrice et engagée au centre-gauche de l'échiquier politique mais aussi par les chaînes de télévision, stations de radio et entreprises engagées politiquement à droite, telles que TF1 ou RTL, qui font d'avantage la part belle aux artistes, hommes politiques et animateurs de droite.
Ainsi, lorsqu'on évoquera la culture populaire, on pensera en premier lieu à des personnes comme Patrick Sébastien, Michel Sardou ou Johnny Hallyday plus qu'à Elvis Presley, NTM ou Édith Piaf, tous pourtant plébiscités par les couches populaires de la population en leurs temps respectifs.
Selon Pierre Bourdieu, « Le culte de la culture populaire n'est, bien souvent, qu'une inversion verbale et sans effet, donc faussement révolutionnaire, du racisme de classe qui réduit les pratiques populaires à la barbarie ou à la vulgarité : comme certaines célébrations de la féminité ne font que renforcer la domination masculine, cette manière en définitive très confortable de respecter le « peuple », qui, sous l'apparence de l'exalter, contribue à l'enfermer ou à l'enfoncer dans ce qu'il est en convertissant la privation en choix ou en accomplissement électif, procure tous les profits d'une ostentation de générosité subversive et paradoxale, tout en laissant les choses en l'état, les uns avec leur culture ou leur (langue) réellement cultivée et capable d'absorber sa propre subversion distinguée, les autres avec leur culture ou leur langue dépourvues de toute valeur sociale ou sujettes à de brutales dévaluations que l'on réhabilite fictivement par un simple faux en écriture théorique. » [ Pierre Bourdieu, Méditations pascaliennes, Seuil, 1997]
Il s'agit là en réalité d'une critique, non pas de la culture populaire à proprement parler, mais plutôt de la manie des élites de scinder, par l'intermédiaire de la sémantique, la culture en deux parties inégales, la première 'noble', la seconde 'populaire', l'une 'réellement cultivée et capable d'absorber sa propre subversion distinguée' et l'autre 'dépourvue de toute valeur sociale ou sujette à de brutales dévaluations'. Il voit ainsi dans l'appellation 'culture populaire' (et surtout dans sa connotation aujourd'hui très péjorative) un facteur de dévaluation qualitative de la culture accessible aux couches populaires.
Notes et références
Voir aussi