Démétrios I Poliorcète (en grec ancien / Dêmếtrios Poliorkêtês, « le Preneur de villes ») (vers 336–283), fils d'Antigone le Borgne (général d'Alexandre le Grand) et roi de Macédoine (306–287).
Biographie
Il aida son père dans ses campagnes pour la suprématie, celui-ci désirant reconstituer l'empire d'Alexandre. Il est battu, de part sa fougue inconsidérée, en 312 à Gaza en luttant contre Ptolémée I mais parvient à rétablir la situation l'année suivante. Puis, en 307, à la tête de la flotte de son père, il fit voile vers Athènes, alors sous la domination du maître de la Macédoine, Cassandre. Il y rétablit la démocratie en chassant les occupants macédoniens.En 307-306, Démétrios débarque à Chypre et parvient à vaincre la flotte de Ptolémée à Salamine (de Chypre). Démétrios, contre toute attente, sort vainqueur de cette bataille navale. Il s'agit là du premier coup dur pour Ptolémée. Démétrios a frappé de nombreuses monnaies d'argent pour marquer idéologiquement cette bataille. C'est la première fois qu'on voit apparaître le vainqueur lui-même, le roi Démétrios (âgé d'environ 25 ans), à la place divine sur les pièces. Au revers, il y a plusieurs types idéologiques, on trouve: une statue de Poséidon qui montre que Démétrios est l'élu de Poséidon, une proue de vaisseau avec, installée sur une plate-forme, la Victoire ailée soufflant dans une sorte de trompette pour que la victoire se répande. Sur la légende, on lit ΒΑΣΙΛΕΩΣ ΔΗΜΗΤΡΙΟΥ (Basiléos Démétriou = du roi Démétrios). Il aura fallu attendre 4 ans pour que le premier de ces diadoques ose utiliser le nom de roi. Les autres diadoques vont obligatoirement le suivre car ils ne peuvent pas admettre qu'un de leur rival soit roi alors qu'eux ne le sont pas. Même Ptolémée vaincu utilise le nom de roi. Sur une monnaie (tétradrachme) on voit le portrait de Ptolémée avec un bandeau où il est écrit ΒΑΣΙΛΕΩΣ ΠΤΟΛΕΜΑΙΟΥ (Basiléos Ptolémaiou = du roi Ptolémée). Jusque là, Ptolémée avait une monnaie d'argent mais il l'appelait « d'Alexandre » ou alors « de Ptolémée » mais pas du roi. Donc, pratiquement au même moment, tous les diadoques deviennent rois.
Mais, Séleucos I, Cassandre et Lysimaque, ligués contre le père et le fils, les vainquirent à Ipsos, en Phrygie en 301 Antigonos fut tué, mais Démétrios en fuite put rejoindre sa flotte encore puissante. Puis en 297, à la mort de Cassandre, après un long périple en mer, il s'empara de la Macédoine. Il étendit ensuite son pouvoir sur la quasi-totalité de la Grèce.
Mais un retournement de situation l'attendait. En effet, les autres empires hellénistiques se liguèrent contre ce stratège hors pair qui, maître de la Grèce, les éblouissait de sa puissance. Ptolémée I, pharaon d'Égypte, organisa une révolte à son profit à Athènes, en 289. Puis ses alliés Lysimaque et Pyrrhus d'Épire envahirent les territoires de Démétrios. Celui-ci, chassé de Macédoine, tenta, avec quelques troupes, une expédition en Asie mineure, contrôlée par Séleucos. Mais ce dernier le vainquit et le fit prisonnier en 286. Traité en roi, il offre la main de sa fille Stratonice à Séleucos. Démétrios mourut deux ans plus tard, assigné à résidence mais menant une vie agréable. Démétrios laissait un fils, Antigone Gonatas, qui fonda la dynastie des Antigonides, rois de Macédoine jusqu'en 167. De ce destin hors du commun, qu'il mit en parallèle avec celui de Marc-Antoine, Plutarque tira l'une de ses Vies parallèles.
Démétrios eut cinq épouses et laissa plusieurs enfants ; de Phila, fille d'Antipater avec laquelle l'union dura 33 ans, il eût : Antigone Gonatas et Stratonice ; de Ptolémaïs il eût : Démétrios Kallos (le Beau).
Bibliographie
- Yvon Garlan, « Le siège de Rhodes », La Grèce ancienne, s. dir. Claude Mossé, 1986, p. 254–269, Recherches de poliorcétique grecque, École française d'Athènes, Paris et Athènes, 1974 ;
- Claude Mossé , La Tyrannie dans la Grèce antique, Gallimard, coll. « Quadrige », 2004 ;
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