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Dernière modification: 2007-12-03
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Catégorie: Dadaïsme Avant-garde artistique

Dadaïsme

Picabia

Picabia

, Ribemont-Dessaignes, Germaine Everling, Casella et Tzara]]

Dada, dit aussi dadaïsme, est un mouvement intellectuel, littéraire et esthétique qui, entre 1916 et 1925, se caractérisa par une remise en cause, à la manière de la table rase, de toutes les conventions et contraintes idéologiques, artistiques et politiques.

Malgré la guerre mondiale, la censure et la mise au pas des tentatives révolutionnaires dès la fin des hostilités, Dada connut une rapide propagation internationale.

Ce mouvement a mis en avant l'esprit d'enfance et le jeu avec les convenances, le rejet de la raison et de la logique, l'extravagance, la dérision et l'humour. Ses artistes se voulaient irrespectueux, extravagants, affichant un mépris total envers les 'vieilleries' du passé come celles du présent qui perduraient. Ils recherchaient la plus grande liberté de créativité, pour laquelle ils utilisèrent tous les matériaux et formes disponibles. Ils cherchaient aussi cette liberté particulièrement dans le langage, qu'ils aimaient lyrique et hétéroclite.

1 Création de Dada
2 Développement de Dada
3 La fin de Dada
4 Autour de Dada
5 Citations Dadas
6 Œuvres Dadas
7 Bibliographie
8 Articles connexes
9 Liens externes

Création de Dada

Dada est né le 5 février à Zurich (Suisse) par la grâce des poètes Hugo Ball, Richard Huelsenbeck, Tristan Tzara et des peintres Jean Arp, Marcel Janco, Sophie Taeuber et une page de dictionnaire prise au hasard. Ils investissent une taverne de la Spiegelstrasse, la transforment en café littéraire et artistique et la rebaptisent 'Cabaret Voltaire'. Dada n'est « ni un dogme, ni une école, mais plutôt une constellation d'individus et de facettes libres », précisait à l'époque Tristan Tzara. Hétéroclite et spontané, Dada s'est aussi imposé comme un mouvement sans véritable chef de file. Tous les dadaïstes étaient présidents.

La version la plus courante quant à l'origine du mot est celle du hasard ludique : un dictionnaire ouvert au hasard et un coupe-papier qui tombe sur le mot dada.
Selon Giovanni Lista, il s'agissait plutôt d'une volonté délibérée d'ancrer le mouvement dans un retour aux valeurs de l'enfance :

  • À la fin du , lors de la polémique sur la représentation exacte du cheval dans l'art, Gauguin avait déclaré : « Quant à moi, j'ai reculé dans mon enfance jusqu'à mon dada ».
  • Hugo Ball, le fondateur du mouvement déclara aussi, juste avant guerre, qu'il devait « sauver le petit cheval de bois ». C'est ce qui l'incitera à donner ce nom au mouvement

Développement de Dada

Un peu avant la fin de la guerre Dada s'installe dans les grandes villes allemandes Berlin, Hanovre et Cologne. Tandis que les « Manifestes » parviennnent à Paris, malgré la censure et le 'bourrage de crâne' contre tout 'germanisme'.

Succédant à des révoltes individuelles et solitaires contre la civilisation occidentale, cristallisée par l'épreuve du conflit de 1914-1918, la contestation culturelle de Dada se manifeste par la truculence provocatrice et la dérision, souvent au cours de manifestations publiques. Hannah Höch qui dessinait des patrons de couturier pour une revue, les utilisait en découpage sauvage pour en faire des collages politiques.

De façon générale et pour la première fois, les femmes sont acceptées comme artistes à part entière, comme camarades de jeu, comme complices et complémentaires des hommes, « traitées comme des collègues » et non plus seulement comme des amantes, des « amatrices douées» ou des « objets de sublimation dans l'art ».

Dada s'est déployé dans le monde entier influençant des artistes comme Ernst, André Breton, René Crevel, Robert Desnos, Paul Éluard, Philippe Soupault, Robert et Sonia Delaunay.

La fin de Dada

Dès 1920, Dada s'essouffle. Comme pour sa naissance, la date de l''acte de décès' du mouvement varie. Entre 1921 et 1922 pour Louis Aragon dans son « Projet d'histoire littéraire contemporaine ». En novembre 1921, pour la revue belge 'Ça Ira !', dans un numéro dirigé par Clément Pansaers et Francis Picabia. Dès 1920, André Breton trouve que « Dada tourne en rond ». Le procès contre Maurice Barrès marque la décomposition véritable des dadaïstes. Le projet du jugement, même parodique, de l'académicien Maurice Barrès, n'était pas sans déplaire à Tzara, Picabia, Ribemont-Dessaignes, Satie, Pansaers, qui s'opposaient à l'idée d'un tribunal, et plus particulièrement d'un tribunal révolutionnaire. Tzara n'intervient que comme témoin, laissant à Breton le soin de diriger le procès. Le procès tourne rapidement au désastre. Tzara s'exclame : 'Je n'ai aucune confiance dans la justice, même si cette justice est faite par Dada. Vous conviendrez avec moi, monsieur le Président, que nous ne sommes tous qu'une bande de salauds et que par conséquent les petites différences, salauds plus grands ou salauds plus petits, n'ont aucune importance.' Puis, répondant à la question, agressive il s'entend, de Breton : 'Le témoin tient-il à passer pour un parfait imbécile ou cherche-t-il à se faire interner ?', Tzara lance ' Oui, je tiens à me faire passer pour un parfait imbécile et je ne cherche pas à m'échapper de l'asile dans lequel je passe ma vie.' Le fondateur du mouvement quitte violemment la salle, aussitôt suivi par Picabia et ses amis, au moment où Aragon commençait son plaidoyer, plus contre le tribunal que contre Barrès, qui fut d'ailleurs condamné à vingt années de travaux forcés. Cette journée du 13 mai 1921 peut être considérée comme la dernière manifestation dada parisienne. Et le salon Dada organisé par Tzara au mois de juin marque également le détachement de Breton et Marcel Duchamp, ce dernier ayant refusé tout envoi pour cette exposition.

Autour de Dada

Dada et l'humour

Après la première guerre mondiale, les jeunes ont besoin d'exprimer leur jubilation d'être en vie, la fin de la guerre et la paix retrouvée. La vie a vaincu la mort, la paix a vaincu la guerre, l'enfance et l'insouciance sont de retour et vont pouvoir s'exprimer. En 1963, Tristan Tzara a dit : « Dada n'était pas seulement l'absurde, pas seulement une blague, dada était l'expression d'une très forte douleur des adolescents, née pendant la guerre de 1914. Ce que nous voulions c'était faire table rase des valeurs en cours, mais, au profit, justement des valeurs humaines les plus hautes. »

Dada et l'érotisme

En 1920, Tristan Tzara nomme des « présidentes dada », les plus anticonformistes possibles et à l'originalité débridée. Les « jeunes filles dada », les « Dada's girls » dansent en solo avec ou sans masque, comme Sophie Taeuber. Elles font tourner les têtes et suscitent l'enthousiasme, mais aussi les huées. Emmy Hennings, compagne de Hugo Ball, fonda avec lui, le cabaret Voltaire à Zurich, dont elle devint l'âme en animant ses soirées, par la danse, le chant et la poésie.

L'américaine Clara Tice, peintre caricaturiste et poète, horrifie la prude société américaine avec ses dessins de femmes nues accompagnées d'animaux, illustrant de manière érotique les Fables de La Fontaine. Ses œuvres seront confisquées par la police. Une autre américaine, Beatrice Wood réalise aussi des œuvres à forte connotation érotique.

Valeska Gert crée ses « danses surréalistes ». Bien loin du classique Lac des cygnes, elles ouvrent la voie à la libération du corps des femmes et au nudisme. Renée Dunan, élevée au couvent, mais grande admiratrice du marquis de Sade, se libère, se proclame « dadaïste de la première heure », et défraie la chronique, sous divers pseudonymes, dont « Marcelle La Pompe » et « M. de Steinthal », en hommage à Stendhal et à l'écrivain aventurier Casanova de Seingalt.

Principaux foyers Dadas

Artistes se réclamant de Dada (un moment ou un autre)

Artistes influencés par Dada

D'autres personnalités et d'autres mouvements ont été profondément marqués par le mouvement dada, dont : Pierre Bernotte, Louise Arensberg, Walter Conrad Arensberg, Arman, Ben, Daniel Buren, Maurizio Cattelan, César, Christo, Robert Delaunay et Sonia Delaunay, Katherine Dreier, Renée Dunan, Robert Filliou, le mouvement Fluxus, Eva Grosz, Emmy Hennings, Thomas Hirschhorn, Jasper Johns, Lavier, Malaval, Annette Messager, le mouvement Néo-dadaïste, le mouvement nouveaux réalistes, le mouvement Pop art, Rauschenberg, Niki de Saint Phalle, Helma Schwitters, Jean Tinguely, Manuella Kohou.

Citations Dadas

Œuvres Dadas

Écrivains, peintres, plasticiens, cinéastes, photographes et même quelques musiciens, Dada a traversé toutes les expressions artistiques de son temps.

;Jean (ou Hans) Arp

  • Symétrie pathétique broderie d'après un dessin de Jean Arp.
  • Fleurs-marteau

;Marcel Duchamp
  • Roue de bicyclette (1915), première œuvre du ready-made, il s'agit d'une roue de bicyclette fixée sur un tabouret.
  • Fontaine (1917), l'urinoir qui a ouvert la voie de la théorie du ready-made, concernant des objets du quotidien qui ne sont pas fondamentalement de l'art, mais le deviennent si on le décide.
  • L.H.O.O.Q (elle a chaud au cul) (1919, désacralisant la Joconde, avec moustache, barbiche...
  • Tu m' (1920).
  • Rotative plaques verre (1920), art pré-psychédélique.
  • Marcel Duchamp as Belle Haleine (1921), photographie en collaboration avec Man Ray.
  • Disques avec spirales (1923), art pré-psychédélique.
  • la Mariée mise à nu par ses célibataires, même d(1923).
  • Flacon de parfum Belle Haleine avec Rrose Sélavy (Éros c'est la vie) sur l'étiquette.
  • La Chute d'eau
  • Le Gaz d'éclairage

;Suzanne Duchamp
  • Ariette. D'oubli de la chapelle étourdie (1920).
  • Ready-made malheureux de Marcel (1919), traité de géométrie à suspendre à son balcon.
   
;Max Ernst
  • La bicyclette graminée garnie de grelots, les grisons grivelés et les échinodermes courbants l'échine pour quêter des caresses (1920-1921).

;George Grosz
  • Remember Uncle August, the Unhappy Inventor (1919).

;Raoul Hausmann
  • L'Esprit de notre temps, (Der Geist unserer Zeit), tête mécanique (1919).

;Hannah Höch
  • Paire de mariés bourgeois (1927), huile sur toile représentant un mannequin en bois habillé de voile blanc aux côtés d'un marié en frac.
  • Da-Dandy, collage.

;Francis Picabia
  • Jeune fille (1920), une encre sur papier.
  • Volucelle II (1922).
  • Dresseur de chien (1923) qui annonce le Dresseur d'animaux (1937).

;Man Ray
  • Lautgedicht (1924).

;Kurt Schwitters
  • Merz Picture 46 A (The Skittle Picture) (1921), un cadre et des petits objets fixés.

;Sophie Taeuber-Arp
  • Gardes (1918), une sculpture articulée évoquant l'univers des marionnettes.
  • Triptyque abstrait (1918), une huile sur toile avec application de feuilles d'or.
  • Masque de Janco (1918), masque.
  • Tête dada (1918).
  • Composition abstraite (1919), un collage

;Beatrice Wood
  • Un peu d'eau dans du savon (1917), collage loufoque avec un dessin de femme nue dont le sexe est caché sous un vrai savon.

;Tzara, Janco,Huelsenbeck
  • L'amiral cherche une maison à louer (1916), poème simultané en français, anglais et allemand caractéristique et très fidèle à la philosophie Dada.

Bibliographie

;Publications par les Dadas
  • Sept Manifestes Dada de Tristan Tzara - 1924 Cet ouvrage est publié alors que Dada est officiellement mort. La publication est une sorte de concurrence avec le surréalisme naissant (Manifeste du surréalisme, André Breton, 1924).

;Fac-similés
  • Tristan Tzara :
    • « La Première Aventure céleste de M. Antipyrine », illustré par Marcel Janco, reprint 2005 de l'édition originale de 1916
    • « Cinéma calendrier du cœur abstrait. Dessins de Jean Arp », reprint 2005 de l'édition originale de 1920
    • « Sept manifestes Dada et quelques dessins de Francis Picabia », reprint 2005 de l'édition originale de 1924
  • Richard Huelsenbeck (ed.), Almanach Dada, reprint, Les presses du réel, coll. « L'écart absolu », Dijon, 2006

;Publications critiques
  • François Buot «Tristan Tzara », Grasset
  • Marc Dachy :
    • « Journal du mouvement Dada : 1915-1923 », Skira, Genève, 1989
    • « Archives dada », Hazan
    • «Dada », Gallimard
  • Gérard Durozoi « Dada et les arts rebelles » Hazan, coll. Guide des Arts
  • Laurent Le Bon (sous la direction de) « Dada », catalogue de l'exposition présentée au Centre Pompidou du 5 octobre 2005 au 9 janvier 2006, Éditions du Centre Pompidou, 2005
  • Serge Lemoine « Dada » Hazan, coll. L'Essentiel
  • Giovanni Lista « Dada libertin & libertaire », éd. L'insolite. Histoire, origines, analyses politiques et esthétiques, anecdotes, biographies
  • Christian Nicaise « Tristan Tzara : les livres », éd. L'Instant perpétuel, Rouen, octobre 2005. ISBN 2-905598-90-5
  • Michel Sanouillet « Dada à Paris », Jean-Jacques Pauvert, 1965, Flammarion, 1993, CNRS, 2005

Articles connexes

Liens externes

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