Diversité dans les états
La
diversité linguistique est une des caractéristiques des sociétés modernes, qui sont toutes multilingues, toutes façonnées par cette diversité, même si la
politique linguistique officielle refuse de prendre en compte cette diversité.
Cette diversité a deux causes principales :
- les États-nations ont été créés par le regroupement (conquêtess, annexion) de territoires contenant des groupes linguistiques différents ;
- ces mêmes États-nations reçoivent une immigration, et toute immigration diversifie le terrain linguistique de la société qui l’accueille.
Solidité de la diversité
La
diversité linguistique est caractérisée partout par une certaine solidité : ainsi la France, ou plus exactement le territoire couvert par l’État français aujourd’hui, est multilingue depuis bien avant la création de l’État, et même s’il y a, et aura, bien sûr des évolutions locales (disparition de certains parlers), cet état de fait ne peut pas se modifier avant longtemps.
A l’échelon planétaire, il semble qu’il en soit de même : si la différence linguistique change d’aspect, elle est une donnée historique fondamentale et, malgré la disparition des langues les plus faibles, la diversité n’est pas (ou pas encore) en voie de disparition.
Uniformisation linguistique
Cependant, une majorité de langues sont appelées à disparaître dans les proches années, un grand nombre sont en train de disparaître ou ont déjà disparu, et la diversité est donc menacée (comme c'est le cas pour la
biodiversité).
Ces disparitions seront le résultat de deux pratiques:
- de la politique linguistique des états qui n'accordent pas les protections légales ou constitutionnelles, comme dans le cas de la France;
- des changements dans les modes de vie des populations de locuteurs sous l'effet des derniers développements du capitalisme et de l'universalisation de la société de consommation :
- sédentarisation de populations nomades en Afrique ;
- destructions des milieux naturels (forêts équatoriales en Amérique du Sud, en Afrique) ;
- disparition des paysans dans les pays occitans, en Bretagne, comme dans certaines minorités de Chine ;
- émigration massive de populations minoritaires (indiens du Mexique vers la Californie).
Autre facteur envisageable
On peut également prévoir que le
réchauffement climatique et la montée du niveau de la mer provoqueront, avec les migrations de populations, la fin de certaines cultures.
Rares sont les politiques linguistiques tenant compte de cette diversité. Les États cherchent souvent à réduire la diversité, ou à l'anéantir, en refusant aux langues autres que celle de l'état, la protection des lois ou de la constitution.
En France, la prise de conscience de la menace pesant sur les langues régionales, du fait de l'exode rural, a conduit au développement, dans les années 1970, de mouvements régionalistes attachés à leur défense. L'État a accordé l'autorisation de l'enseignement des « langues et cultures régionales » dans les écoles (loi n° 75-620 du 11 juillet 1975 relative à l'éducation, loi n° 84-52 du 26 janvier 1984 sur l'enseignement supérieur, loi d'orientation n°89-486 du 10 juillet 1989 sur l'éducation, etc.), puis de l'enseignement bilingue et en langues régionales. Cet enseignement des langues régionales, qui ne concerne qu'une partie des établissements scolaires, a connu un développement certain [Voir l'enseignement des langues régionales dans l'académie de Bordeaux ]
, dans l'académie de Montpellier
, dans l'académie de Rennes
, à Nice
, ainsi que le rapport parlementaire sur la politique linguistique conduite au niveau national à propos des langues de France
en 2002.. Un conseil académique des langues régionales a été créé en 2001[Décret n°2001-733 du 31 juillet 2001 portant création d'un Conseil académique des langues régionales ]
, .
Quelques exemples de politiques linguistiques dans les pays voisins, dans des espaces le plus souvent autonomes :
Actions pour la protection de la diversité linguistique en France
Un certain nombre d'actions sont entreprises pour protéger la diversité linguistique dans les régions où l'on pratique des langues dites minoritaires, d'autant que certaines langues (le
basque et
catalan) bénéficient d'un soutien considérable grâce au statut qu'elles ont hors de l'État français.
Enseignement
- Un enseignement bilingue en immersion dans les écoles bretonnes de Diwan ou basques de Seaska, ou même dans les classes bilingues de l'Éducation nationale, quand l'administration ne s'y oppose pas (exemples donnés dans les articles les articles Classes bilingues (franco-bretonnes) de Bretagne et enseignement du breton).
- Formations universitaires scientifiques en basque ou catalan, mais hors de l'État français.
- L'enseignement du breton à l'université, qui existe à Brest et Rennes, a été supprimé à Nantes il y a quelques années.
Dans les médias
- Le fonctionnement de radios en langues bretonne, basque, ou occitane, .
- . Les émissions dominicales sont généralement supprimées en cas d'épreuves sportives importantes, comme lors des championnats mondiaux de natation en 2007.
- Le développement des langues sur le net, où l'opposition étatique est nulle, comme en témoigne la création des wikipédia en breton, basque, occitan, catalan. Des tentatives de développement de télévision sur le net ont vu le jour, avec les web-noz.
- La presse quotidienne existe en basque et catalan (Avui, El Punt, Gara), il n'existe en breton et occitan qu'hebdomadaires et mensuels: Ya, Bremañ, La Setmana.
Aspect juridique
La France refuse la reconnaissance constitutionnelle et légale aux langues autochtones réclamée en vain depuis des lustres.
Dès 1981, François Mitterrand, président de la République de 1981 à 1995, annonçait, deux mois avant son élection, à Lorient:
Le temps est venu d’un statut des langues et cultures de France qui leur reconnaisse une existence réelle. Le temps est venu de leur ouvrir grandes les portes de l’école, de la radio et de la télévision permettant leur diffusion, de leur accorder toute la place qu’elles méritent dans la vie publique.
Aucun statut légal n'existe en 2007, sauf pour l'unique langue officielle.
Langues hors la loi et anticonstitutionnelles
Plusieurs projets de loi ont avorté dès 1981 (Le Pensec, Dollo, etc) de gauche comme de droite);
Plusieurs tentatives de mentionner les langues autres que le français dans la Constitution, dont celle du député Marc Le Fur en décembre 2006, ont toujours été rejetées, et aucune loi ne reconnait ou protège la pratique des langues comme c'est le cas dans les états voisins.
La France s'oppose
Liens externes
Notes
Articles connexes