Consommation croissante
Après la mode des
eaux gazeuses, la consommation d'eau embouteillée - soutenue par une publicité importante - a beaucoup augmenté, d'abord en Europe, puis aux USA où les ventes ont triplé en 10 ans, avec une augmentation de 9,7% en 2006 (1/3 des nord-américains en boivent régulièrement, alimentant un marché de près de 11 milliards de dollars, rien que pour ce pays
[Beverage Marketing Corporation, Semaine mondiale de l'eau de Stockholm, Août 2007, et [1 ]

).
Coût
L'eau embouteillée a un coût direct pour les ménages ; Le New York Times estimait par exemple (en aout 2007) qu'un nord américain pouvait dépenser jusqu'à 1.400 dollars par an pour son eau embouteillée, là où il n'aurait dépensé que 49 cents en eau du robinet. Des coûts indirects existent en terme de temps passé à transporter les bouteilles.. et pour la planète..
L'eau est souvent considéré comme un bien commun, et l'accès à l'eau comme un service public essentiel. Dans certains pays, le marché privatisé de l'eau semble être une source de corruption ou de dépenses non transparentes. Un des axes de travail du Swedish Water House (SWH) est la lutte contre la corruption dans le domaine de l'eau
[http://www.worldwaterweek.org/Downloads/Anti-corruption.pdf].

Le
recyclage ou la réutiliation des bouteilles usagées a aussi des coûts, notamment liés aux transports induits.
En europe et dans le monde les eaux les plus prisées sont italiennes, françaises ou viennent des îles Fidji (réputées moins polluée car de source éloignée de plus de 2 400 kilomètres du continent le plus proche. Cette eau, embouteillée peut par exemple être livrée à domicile par camion ou coursier dans de nombreuses villes de France).
Si quelques grandes marques ont imposé une agriculture sans
pesticides ni
nitrates autour de leurs sources, c'est aussi le cas de villes qui ont voulu préserver la nappe phréatique alimentant leur réseau d'eau potable.
L'empreinte écologique des eaux embouteillées exportées dans le monde entier est particulièrement élevée, car leur transport (en grande partie par route) des bouteilles d'eau est beaucoup plus coûteux en énergie, en
pétrole (1,5 million de barils/an sont nécessaire pour produire les bouteilles de plastique consommées par les Américains) et produit beaucoup plus de
gaz à effet de serre (production, transport, incinération..) que lorsque cette eau est livrée par les réseaux d'eau potable jusqu'au robinet.
L'eau potable est une ressource vitale pour l'Homme, et à ce titre une des conditions du
développement soutenable. Elle a été au centre des discussions du Sommet de Johannesburg, et de nombreuses réunions internationales, mais la question de l'impact écologique du transport de l'eau embouteillée n'a émergé que plus récemment, avec la suspiscion que les emballages plastiques pouvaient contaminer l'eau des bouteilles par certains produits chimiques et la question des impacts environnementaux globaux de l'embouteillage et surtout du transport et recyclage éventuel des bouteilles.
Les représentants de l
'association internationale de l'eau en bouteille (IBWA) arguent qu'ils ont fait des efforts pour faciliter le recyclage des bouteilles et que l'eau embouteillée a aussi aidé certains américains à se passer de boissons gazeuses sucrées (également de plus en plus vendues en bouteilles plastique) et que bien d'autres produits sont emballés dans du plastique.
Qualité
Les eaux embouteillées font l'objet de nombreux contrôles lors de l'embouteillage, mais très rarement après quelques semaines ou mois de stockage, et selon les marques et les pays, la qualité semble pouvoir significativement varier.
Ainsi, en se basant sur des données scientifiques, le Conseil de défense des ressources naturelles (
NRDC 
) a aux USA conclu que la réglementation actuelle ne garantissait pas la pureté de l'eau en bouteille, ni qu'elle soit plus sûre que l'eau du robinet qui connaît aussi 28 % de dépassement de normes ou défaut d'information des autorités
[[1] ]
.
Aux USA (où les normes pour l'eau en bouteille varient selon les états), le NRDC a étudié les
normes et contrôles de la
FDA (
Food and Drug Administration) et de chacun des de 50 états sur la sûreté de la mise en bouteille, en les comparant à des normes internationales, et aux règles de l'
EPA (Agence de protection de l'environnement des USA) concernant l'eau du robinet des réseaux publics d'eau. Après 4 ans d'étude de l'industrie de l'eau embouteillée et après analyse par des laboratoires indépendants de plus de 1.000 bouteilles de 103 types d'eau embouteillée dans diverses régions et états (Californie, Floride, Illinois, New York, Texas..), le NRDC a dans près d'1/4 des cas cas mis en évidence des contamination bactériens et chimiques (composés organiques toxiques, arsenic..) atteignant ou dépassant les maxima des normes californiennes (plus dures que celles du Texas ou de la floride). 17 % des eaux étudiéess (pour un échantillon au moins) contenaient plus de bactéries que le seuil recommandé par l'UE, par certains états des USA et par les industriels de l'embouteillage aux USA eux-mêmes. Le NRDC a aussi trouvé des défauts graves d'information sur l'étiquetage (certaines bouteilles contenant par exemple de l'eau du robinet). Dans un cas une «
eau de source » dont l'étiquette décrit un lac et des montagnes, venait d'un puit situé dans zone industrielle proche d'une décharge de déchets dangereux et était périodiquement polluée par des produits chimiques, au delà des normes de la FDA). Le NRDC rapporte aussi - de sources industrielle et gouvernementale - qu'un quart au moins de l'eau embouteillée aux USA viendrait du robinet, certains estimant que 40% en proviendrait même, parfois après traitement supplémentaire, parfois sans. Enfin, selon cette étude, les normes et contrôles sont aux USA - à la date de cette étude - beaucoup plus laxistes pour les eaux embouteillées que pour les eaux du robinet, tant pour le nombre de contaminants à rechercher, l'obligation à informer le consommateur et les autorités, que pour la fréquence des analyses obligatoires. De plus, quand des eaux embouteillées étaient non conformes, elles n'ont pas toujours été 'rappelées'. Au total, cette étude (qui n'a pour des raisons de coûts recherché que la moitié de tous les polluants et bactéries normalement recherchés) a trouvé qu'1/3 des eaux examinées (34 sur 103, soit 33%) violait une norme de qualité chimique ou microbienne ou les deux à la fois. Environ 1/5 des eaux contenait dans au moins un échantillon des produits chimiques organiques synthétiques (ex :
toluène ou
xylène) ou des produits chimiques utilisés pour fabriquer le plastique (ex :
phtalate, adipate ou
styrène) bien que généralement sous les seuils de normes fédérales. Un échantillon contenait du phtalate (carcinogène potentiellement
lixivié du plastique) à un taux deux fois supérieur à la norme pour l'eau du robinet, mais deux autres échantillons n'en contenait pas de manière détectable. De plus, suite aux refus des industriels, il n'y a pas de norme pour les phtalates dans l'eau embouteillée. Dans 8 cas, les taux d'arsenics présentaient un risque potentiel pour la santé.
Alternatives
Pour certains usages, l'eau embouteillée offre des avantages irremplaçables.
Un avantage reconnu de l'eau embouteillée est son absence de goût de chlore, mais des systèmes de filtration (charbon de bois activé) peuvent équiper les foyers pour moins cher.
Il en va de même pour les «
fontaines à eau » louées ou achetées par des entreprises et de certains services publics, qui pourraient souvent être remplacées par de l'eau du robinet (traitée si nécessaire). L'ONU et de nombreuses ONG invitent les collectivités à développer des stratégies, par exemple dans le cadre d'un
Agenda 21 pour la protection et un service durable de l'eau, notamment dans les zones de
périurbanisation[produit pour la semaine de l'eau 2007 (anglais) ]
.
Voir aussi
Notes et références