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Dernière modification: 2007-11-28
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Catégorie: Extinction Préhistoire Biologie de l'évolution

Extinction des espèces

Le dodo, ici illustré, est un exemple d'extinction souvent cité

Le dodo, ici illustré, est un exemple d'extinction souvent cité

En biologie et écologie, l'extinction est la disparition totale d'une espèce ou groupe de taxons, réduisant ainsi la biodiversité. Le moment de l'extinction est généralement considéré comme étant la mort du dernier individu de l'espèce (bien que la capacité à procréer et se repeupler ait été perdue auparavant).

À travers l'évolution, de nouvelles espèces apparaissent par le processus de la spéciation — où de nouvelles variétés d'organismes émergent et se développent quand elles sont capables de trouver et d'exploiter une niche écologique — et des espèces disparaissent quand elles ne sont plus capables de survivre dans des conditions changeantes ou contre une concurrence supérieure. Typiquement, une espèce s'éteint dans les 10 millions d'années après sa première apparition , bien que certaines espèces, appelées fossiles vivants, survivent pratiquement inchangées pendant des centaines de millions d'années. Seulement 1/1000 des espèces ayant existé sont encore vivantes aujourd'hui.

Avant la propagation de l'homme sur toute la planète, le taux d'extinction était invariablement faible, les extinctions de masse étant des événements relativement rares. Démarrant approximativement il y a 100 000 ans et coïncidant avec la croissance du nombre et de la répartition des hommes, l'extinction des espèces a augmenté à un taux sans précédent depuis la grande extinction du Crétacé. Ce phénomène est connu sous le nom d'extinction de l'Holocène et représente la sixième extinction massive. Certains experts estiment que plus de la moitié des espèces vivantes aujourd'hui peuvent s'éteindre d'ici 2100.. Voir aussi Agence Science-Presse, La 6e extinction Liens externes, 17 septembre 2007 et La 6e extinction (4e partie): quelles conséquences? Liens externes, 20 septembre 2007.

1 Définitions
2 Causes
3 Extinctions massives
4 Évolution de la compréhension scientifique
5 Implication de l'homme dans le phénomène
6 Liste de quelques espèces disparues
7 Notes et références
8 Voir aussi

Définitions

Une espèce disparaît quand le dernier membre de cette espèce meurt. L'extinction devient donc une certitude quand il n'y a plus d'individus survivants capables de se reproduire et de créer une nouvelle génération. Une espèce peut ainsi devenir fonctionnellement éteinte, lorsque seule une poignée d'individus survivent mais sont incapables de se reproduire à cause d'une santé faible, de l'âge ou d'une distribution éparse sur une grande étendue, ou encore à cause d'un manque d'individus des deux sexes (pour les espèces à reproduction sexuée) ou pour d'autres raisons.

Écorce de l'une des espèces de <em>Lepidodendron</em>, fougères arborescentes disparues après le Carbonifère

Écorce de l'une des espèces de Lepidodendron, fougères arborescentes disparues après le Carbonifère

, probablement à cause de la compétition avec des plantes plus récentes. Établir l'extinction (ou pseudoextinction, voir chapitre suivant) d'une espèce requiert une définition claire de cette espèce. Si elle est déclarée éteinte, l'espèce en question doit être identifiable de manière unique, bien différenciée de ses ancêtres, espèces descendantes ou proches. L'extinction d'une espèce (ou remplacement par une espèce descendante) joue un rôle clé dans l'hypothèse de l'équilibre ponctué de Stephen Jay Gould et Niles Eldredge.

En écologie, le terme extinction est souvent utilisé informellement en référence au phénomène d'extinction locale (ou extirpation), dans lequel une espèce cesse d'exister dans une zone d'étude donnée mais vit encore ailleurs. Les extinctions locales peuvent être suivies par une réintroduction de l'espèce grâce à des individus d'autres régions.

L'extinction de la population sauvage d'une espèce peut avoir des répercussions, notamment provoquer des extinctions supplémentaires. Ceci est appelé « extinction en chaîne » ou « coextinction ». .

Pseudoextinction

Une espèce éteinte peut ou non avoir des espèces descendantes. Une espèce fille qui a évolué depuis une espèce parente porte la plupart de l'information génétique de l'espèce parente, et même si celle-ci s'éteint, l'espèce fille peut continuer à exister ou ne pas survivre à l'extinction de son espèce parente. L'extinction d'une espèce parente pour laquelle une ou plusieurs espèces filles ou sous-espèces sont toujours vivantes est ainsi appelée pseudoextinction.

Une pseudoextinction est difficile à démontrer à moins qu'il existe une forte chaîne de preuves liant une espèce vivante aux membres d'une espèce préexistante. Par exemple, il est parfois soutenu que le Hyracotherium disparu, qui était un ancien animal similaire au cheval, est pseudoéteint plutôt que éteint, parce qu'il y a plusieurs espèces vivantes du genre Equus, incluant les zèbres et les ânes. Cependant, comme les espèces fossiles ne laissent pas trace de matériel génétique, il est impossible de dire si Hyracotherium a évolué vers les espèces de chevaux modernes ou simplement évolué depuis un ancêtre commun avec le cheval moderne. La pseudoextinction est plus simple à démontrer pour des groupes taxonomiques plus importants. Il est dit que les dinosaures sont pseudoéteints, car certains de leurs descendants, les oiseaux, existent encore aujourd'hui.

Réapparition d'espèces

Parce que l'aire de répartition d'une espèce peut être très étendue, déterminer le moment de son extinction paraît difficile et est habituellement fait rétrospectivement. Cette difficulté mène à des phénomènes tels le taxon de Lazare dans lequel une espèce présumée éteinte « réapparaît » subitement (typiquement dans un enregistrement fossile) après une période d'apparente absence.

Des espèces considérées comme 'éteintes', faute d'individus observés pendant plusieurs années ou décennies, peuvent ainsi être redécouvertes, tels le Pic à bec ivoire, le Petaurus gracilis, le Takahé ou le Fuligule de Madagascar.

Cependant, les grands organismes de conservation comme l'UICN considèrent que ces espèces sont le plus souvent toujours menacées de disparaître, le nombre d'individus observés étant faible ou à un stade proche de l'incapacité de renouveler les générations. Malgré cela, certaines espèces ont pu vivre sans être observées plusieurs décennies, tel le potorou de Gilbert, présumé éteint pendant 120 ans.

Causes

espèces d'oiseaux éteintes

espèces d'oiseaux éteintes

, a été chassé jusqu'à l'extinction en l'espace de quelques décennies.]] Plusieurs causes peuvent contribuer directement ou indirectement à l'extinction d'une espèce ou d'un groupe d'espèces. « De la même façon que chaque espèce est unique, chaque extinction l'est aussi... les causes de chacune d'entre elles sont variées — certaines subtiles et complexes, d'autres évidentes et simples ».

Plus simplement, toute espèce inapte à survivre ou à se reproduire dans son environnement, et incapable de se déplacer jusqu'à un nouvel environnement où elle peut le faire, meurt et s'éteint.

Une espèce ne présentant normalement pas de risque d'extinction peut disparaître subitement lors d'événements particulièrement graves, comme lorsqu'une pollution rend l'ensemble de son habitat invivable ; à l'inverse, le phénomène d'extinction peut se dérouler progressivement sur des milliers ou des millions d'années, par exemple lorsqu'une espèce perd graduellement l'avantage dans la compétition pour la nourriture face à des espèces mieux adaptées.

Dans son ouvrage Extinction: Bad Genes or Bad Luck ('Extinction : mauvais gènes ou mauvaise chance'), le paléontologue David Raup examine l'importance des facteurs génétiques et environnementaux à provoquer les extinctions, et compare ce thème avec le débat 'inné contre acquis'. Savoir si les extinctions relevées dans les sondages paléontologiques ont été causées plus particulièrement par l'évolution des espèces ou par des catastrophes est un sujet de débat ; Mark Newman, l'auteur de Modeling Extinction est en faveur d'un modèle mathématique se situant entre les deux positions. À l'inverse, la biologie de la conservation utilise le modèle de la spirale d'extinction afin de classer les extinctions selon leur cause.

Causes génétique et démographique

La génétique des populations et les phénomènes démographiques affectent l'évolutionss et donc le risque d'extinction des espèces. Les espèces ayant de faibles population sont beaucoup plus vulnérables à ces événements.

De façon simplifiée, la sélection naturelle propage les traits génétiques bénéfiques et élimine les faiblesses. Il est néanmoins possible qu'une mutation se répande au sein d'une population à cause d'une dérive génétique.

 
Un pool génétique varié donne à une population une meilleure chance de survie face à des changements néfastes de sa condition de vie. Les phénomènes causant une perte de diversité génétique peuvent augmenter le risque d'extinction. Le phénomène de « goulet d'étranglement » de populationAussi appelé « goulet d'étranglement » génétique, il s'agit d'un événement démographique durant lequel une population d'une espèce voit son effectif très fortement réduit, de l'ordre de 50 % ou plus, et entraîne des risques de dérive génétique ou d'extinction. est en mesure de réduire significativement cette diversité en limitant fortement le nombre d'individus reproducteurs et rend la consanguinité plus fréquente. L'exemple le plus extrême du goulet d'étranglement de population est l'effet fondateur, qui peut entraîner une spéciation rapide.

Destruction de l'habitat

La destruction de l'habitat d'une espèce peut altérer le paysage adaptatif à un point tel que l'espèce n'est plus en mesure d'y survivre et donc s'éteint. Cela peut arriver par des effets directs comme la pollution de l'environnement, ou indirectement, par la limitation de la capacité d'une espèce à rester efficace dans la compétition pour les ressources naturelles ou contre de nouvelles espèces concurrentes.

La dégradation de l'habitat par la toxicité peut mettre fin à une espèce très rapidement, en tuant tous les membres par contamination ou en les rendant stériles. Cela peut se produire sur de longues périodes, à des niveaux faibles de toxicité, affectant la durée de vie, les capacités de reproduction ou de compétitivité.

La dégradation peut aussi prendre la forme d'une destruction physique des habitats, ayant de tout temps existé, mais avec une ampleur beaucoup plus importante notamment depuis la révolution industrielle. Un exemple célèbre est la destruction des forêts tropicales humidesss et son remplacement par des pâturage, ce qui a ainsi considérablement réduit les populations d'Orang-outan en Asie ; la destruction de la forêt dense entraîne l'élimination de l'infrastructure nécessaire à la vie de nombreuses espèces. Par exemple, une fougère a besoin de beaucoup d'ombre pour se protéger de la lumière directe du soleil. Elle ne peut survivre sans une forêt pour l'abriter. Autre cas, la destruction du plancher océanique par le chalutage des fonds marins, le drainage des zones humides pour la sylviculture ou l'agriculture, etc.

Des ressources en baisse où la présence de nouvelles espèces en compétition accompagne souvent la dégradation de l'habitat. Le réchauffement climatique a permis à certaines espèces d'étendre leur territoire, apportant une compétition non désirée avec les espèces qui occupaient déjà cette zone. Parfois ces nouveaux compétiteurs sont des prédateurs et affectent les espèces proies, ou bien ces nouveaux arrivants sont en forte concurrence avec les espèces locales pour des ressources naturelles en quantité limitée. Les ressources vitales telles que l'eau et la nourriture peuvent aussi être limitées, menant à l'extinction.

Le crapaud doré a été vu pour la dernière fois en 1989. Le déclin des populations d'amphibiens

Le crapaud doré a été vu pour la dernière fois en 1989. Le déclin des populations d'amphibiens

perdure sur toute la planète

Prédation, compétition et maladie

Les hommes ont transporté des animaux et plantes d'un coin à l'autre du monde depuis des milliers d'années, parfois délibérément (ex. le bétail débarqué sur les îles et utilisé comme nourriture) et parfois accidentellement (ex. les rats s'échappant d'un bateau). Dans la plupart des cas, de telles introductions sont sans succès, mais lorsqu'une espèce réussit à coloniser un territoire (elle devient alors une espèce invasive), les conséquences peuvent être catastrophiques.

Les espèces invasives peuvent affecter les espèces natives en les mangeant, entrant en compétition avec elles, en introduisant des pathogènes ou parasites qui les rendent malades ou les tuent, ou encore indirectement en dégradant leur habitat.

Les populations humaines peuvent également agir comme des prédateurs invasifs. Selon l'hypothèse de l'extermination préhistorique Martin, P.S. & Wright, H.E. Jr., eds., 1967. Pleistocene Extinctions: The Search for a Cause. Yale University Press, New Haven, 440 pp., ISBN 0300007558, la rapide extinction de la mégafaune dans des zones comme la Nouvelle-Zélande, l'Australie, Madagascar et Hawaï résultent d'une soudaine introduction d'humains dans des environnements remplis d'animaux qui n'en avaient jamais vus auparavant et étaient ainsi complètement inadaptés à leurs techniques de prédation. La surexploitation par la chasse peut mener à la disparition totale d'une espèce : ce fut le cas du dodo ou des grands mammifères disparus au cours des derniers millénaires.

De nos jours, la croissance des échanges internationaux augmente le risque de propagation d'espèces invasives. Afin d'éviter ce phénomène, des contrôles douaniers aux frontières sont effectués, particulièrement dans les aéroports.

Coextinction

La coextinction se réfère à la perte d'une espèce due à la disparition d'une autre espèce, par exemple, l'extinction d'insectes parasites après l'extinction de leurs hôtes. Une coextinction peut aussi se produire lorsqu'une espèce végétale perd son espèce pollinisatrice principale, ou lorsqu'un prédateur n'a plus de proie. D'après Lian Pih Koh, chercheur en écologie et biologie de l'évolution à l'Université Nationale de Singapour : Species coextinction is a manifestation of the interconnectedness of organisms in complex ecosystems... While coextinction may not be the most important cause of species extinctions, it is certainly an insidious one.
La coextinction d'espèces est une manifestation de l'interconnexion d'organismes dans des écosystèmes complexes... Bien que la coextinction puisse ne pas être la cause la plus importante d'extinction des espèces, c'est certainement une cause insidieuse.

Extinctions massives

Il y a eu au moins cinq grandes extinctions de masse au cours de l'histoire de la vie sur Terre, s'échelonnant de -500 millions d'années (ordovicien) à -65 Ma (crétacé), au cours desquelles de nombreuses espèces ont disparu en une période de temps relativement courte (à l'échelle des temps géologiques).

Dans l'ordre chronologique :

Extinction massive de l'époque moderne

D'après un sondage de 1998 effectué auprès de 400 biologistes par le Muséum d'histoire naturelle américain de New-York, près de 70% des biologistes pensent que nous sommes actuellement au début d'une extinction de masse causée par l'homme, connue en tant qu'extinction de l'Holocène. Dans ce sondage, la même proportion de personnes interrogées étaient d'accord avec la prédiction que jusqu'à 20% de toutes les populations vivantes pourraient s'éteindre d'ici une trentaine d'années (en 2028). Le biologiste Edward Osborne Wilson a estimé en 2002 que si le taux actuel de destruction de la biosphère par l'homme se maintenait, la moitié de toutes les espèces en vie sur Terre seraient éteintes d'ici 100 ans. , affirmation accompagnée de liens vers des articles journalistiques sur ce phénomène. De façon plus significative, le taux d'extinction d'espèces à l'heure actuelle est estimé entre 100 et 1000 fois plus élevé que le taux moyen d'extinction qu'a connu jusqu'ici l'histoire de l'évolution de la vie sur Terre , et est estimée à 10 à 100 fois plus rapide que n'importe quelle extinction de masse précédente.

En 2004, une étude parue dans Nature réalisée sous la direction de Chris Thomas et basée sur un échantillon de régions couvrant 20% de la surface terrestre montre que les changements climatiques entraineront la perte de 15 à 37% des espèces vivantes d'ici 2050, suivant les scénariosC.D.Thomas et al., 2004, Extinction risk from climate change, Nature, vol 427, proof pages 145-148. Liens externes. Soit un rythme dépassant très largement l'échelle des temps géologiques ; ce qui annonce la sixième crise d'extinction massives des espèces que la Terre ait connue (les précédentes étant listées en préambule), cette fois pour des raisons anthropique.

D'après l'Union mondiale pour la conservation, 784 extinctions ont été enregistrées depuis l'année 1500, la date arbitraire choisie pour définir les extinctions de l'époque moderne, bien que de nombreuses autres extinctions aient pu passer inaperçues. .

Évolution de la compréhension scientifique

ont toujours été (et sont encore) un sujet de débat parmi les scientifiques.]]
Dans les années 1800 lorsque le phénomène d'extinction fut la première fois décrit, l'idée même d'extinction était effrayante pour les partisans de la Grande chaîne de la vie, une position théologique qui n'admettait pas la possibilité de l'existence de 'chaînons manquants'. .

La possibilité de l'extinction n'était pas largement acceptée avant le XIX siècle. Le célèbre naturaliste Carl von Linné pouvait « difficilement concevoir » l'idée que les hommes puissent causer l'extinction d'une espèce .

Lorsque certaines régions du monde n'étaient pas encore totalement explorées et cartographiées, les scientifiques ne pouvaient pas éliminer la possibilité que les animaux retrouvés seulement sous forme fossile ne se cachaient pas simplement dans des zones inexplorées du globe. On attribue à Georges Cuvier la présentation de l'extinction en tant que fait dans un cours magistral de 1796 à l'Institut de France. Les observations de Cuvier d'ossements fossiles l'ont convaincu qu'ils n'appartenaient pas à des animaux existants encore. Cette découverte fut primordiale pour la diffusion de l'uniformitarisme et conduisit au premier ouvrage publiant l'idée d'évolution.

Implication de l'homme dans le phénomène

Le phénomène d'extinction est un important domaine de recherche en zoologie, et en biologie en général, et est également devenu un sujet d'intérêt en dehors de la communauté scientifique. Un certain nombre d'organisations, comme le WWF, ont été créées dans le but de préserver les espèces de l'extinction. Les gouvernements ont tenté, en édictant des lois, d'éviter que l'homme ne surexploite une espèce ou ne détruise son habitat. Bien que plusieurs extinctions causées par l'homme l'aient été par accident ou par négligence, certains combats délibérés ont été engagés dans le but d'éradiquer certaines espèces, comme des virus dangereux.

Le biologiste Bruce Walsh de l'Université d'Arizona constate trois raisons de l'intérêt scientifique pour la préservation des espèces : les ressources génétiques, la stabilité des écosystèmes et l'éthique . Ainsi aujourd'hui la communauté scientifique souligne l'importance de maintenir la biodiversité.

À l'époque moderne, les intérêts commerciaux et industriels entrent souvent en conflit avec les intérêts conservationnistes. Lorsque les technologies commerciales sont testées, le test tend à se concentrer uniquement sur ses effets sur l'homme. Néanmoins, des technologies ayant un impact nul ou minime sur l'homme peuvent se révéler gravement néfastes pour la vie sauvage (par exemple le DDT ). Dans des cas extrêmes, ces nouveaux procédés peuvent eux-mêmes causer des extinctions involontaires comme effet secondaire. Le biogéographe Jared Diamond remarque que bien que les grandes entreprises dénoncent une certaine exagération autour des menaces d'extinction, certaines trouvent leur intérêt à adopter une politique de communication autour de bonnes pratiques de conservation de la nature qu'ils peuvent mettre en place, surpassant parfois les efforts engagés par des organismes dédiés à la conservation de la nature comme les parcs nationaux.

Les gouvernements voient parfois la perte d'espèces locales comme une perte pour l'écotourisme in 'Inside Indonesia' n°51, juillet-septembre 1997 et peuvent édicter des lois prévoyant une punition sévère contre le commerce des espèces autochtones, afin de prévenir l'extinction dans la nature. Des réserves naturelles sont créées par les gouvernements comme un moyen de fournir de façon durable des habitats naturels aux espèces oppressées par l'expansion humaine. La Convention sur la diversité biologique de 1992 a permis la mise en place de plans d'action pour la biodiversité tentant de fournir des lignes directrices compréhensibles pour les projets de conservation de la biodiversité des gouvernements. Des groupes de soutien comme le 'Wildlands Project' The Wildlands Project Liens externes consulté le=9 juin 2007 et l''Alliance for Zero Extinctions', Alliance for Zero Extinctions Liens externes. Consulté le 9 juin 2007. travaillent à éduquer le public et faire pression sur les gouvernements pour qu'ils prennent des initiatives de conservation.

Les gens qui vivent proches de la nature peuvent être dépendants de la survie de toutes les espèces de leur environnement et pourraient être considérés comme ceux qui sont les plus concernés par les risques d'extinction. Cependant, du fait de la surpopulation humaine dans les pays pauvres tropicaux, d'énormes pressions sont exercées sur les forêts par l'agriculture de subsistance et l'usage imprudent des techniques agricoles de brûlis. En conséquence, les populations indigènes favorisent la survie au jour le jour à la conservation des espèces.

Extinction planifiée

L'homme a parfois ardemment travaillé à éradiquer plusieurs espèces de virus dans un objectif de lutte contre les maladies. Par exemple, le virus de la variole est désormais considéré comme éteint dans la natureWHO Factsheet Liens externesWHO meeting agenda Liens externes Les scientifiques ont certifié l'avoir éradiqué en décembre 1979, le WHO ratifiant formellement cette information le 8 mai 1980 dans sa résolution WHA33.3 — bien que des échantillons soient conservés dans certains laboratoires, et le virus de la polio est maintenant confiné à quelques régions réduites du globe grâce aux efforts de l'homme pour guérir la maladie qu'il cause.

Olivia Judson est l'une des quelques scientifiques modernes à argumenter en faveur de l'extinction délibérée de certaines espèces. Son article 'A Bug's Death' du 25 septembre 2003 dans le New York Times, défend la cause du 'specicide' de trente espèces de moustiques grâce à l'introduction d'un gène 'knock out' récessif. Ses arguments pour agir ainsi sont que les moustiques anophèles (vecteurs de la malaria) et les moustiques aèdes (vecteurs de la dengue, la fièvre jaune, l'éléphantiasis et d'autres maladies) représentent seulement 30 espèces ; les éradiquer pourrait sauver au moins un million de vies humaines au prix d'une réduction de la diversité génétique de la Culicidae de seulement 1%. Olivia Judson va même plus loin en argumentant que puisque les extinctions d'espèces se produisent tout le temps, la disparition de quelques espèces de plus ne risque pas de détruire l'écosystème : We're not left with a wasteland every time a species vanishes. Removing one species sometimes causes shifts in the populations of other species - but different need not mean worse.'
On ne se retrouve pas avec un écosystème abîmé à chaque fois qu'une espèce disparaît. Éliminer une espèce engendre parfois des changements pour d'autres espèces, mais ce n'est pas nécessairement en pire. De plus les programmes anti-malaria et de contrôle des populations de moustiques n'offrent qu'un réaliste faible espoir aux 300 millions de personnes dans les pays en développement qui sont infectées chaque année ; bien que des essais soient en cours, Olivia Judson écrit que s'ils échouent : 'Nous devons considérer la solution radicale (i.e. exterminer les moustiques).

Clonage d'espèces éteintes

Le clonage de la sous-espèce <em>pyrenaica</em> du Bouquetin des Pyrénées, disparue en janvier 2000, est un des projets pour 'ramener à la vie' un taxon disparu;

Le clonage de la sous-espèce pyrenaica du Bouquetin des Pyrénées, disparue en janvier 2000, est un des projets pour 'ramener à la vie' un taxon disparu;

Le concept de clonage des espèces éteintes a été rendu célèbre dans le roman et film à succès Jurassic Park. Bien qu'aucune espèce éteinte n'ait encore été recréée, les récentes avancées technologiques ont encouragé l'hypothèse que grâce au procédé de clonage, une espèce éteinte pourrait être 'ramenée à la vie'.

Les sujets d'étude de clonage incluent le mammouth et le thylacines (loup de Tasmanie), bien que le projet pour ce dernier ait été abandonné, de par la mauvaise qualité de l'ADN actuellement disponible pour cette espèce et des limitations technologiques. . Le clonage d'une espèce éteinte n'a pas encore été tenté, principalement du fait de limitations technologiques, en plus des objections bioéthique et philosophiques qu'une telle tentative peut soulever. L'ADN se conserve mal, et .

Un programme récent de clonage d'une sous-espèce de Bouquetin des Pyrénées, Capra pyrenaica ssp. pyrenaica, a été engagé en 2003, afin de tenter la restauration de la sous-espèce, disparue le 6 janvier 2000 suite à la mort du dernier individu , dans le Parc national d'Ordesa et du Mont-Perdu dans les Pyrénées espagnoles. La première tentative en 2003 de clonage, à partir de tissus prélevés sur la dernière femelle de la sous-espèce avant sa mort, a néanmoins aboutit à un échec, les embryons obtenus n'ayant pas survécu au-delà du deuxième mois de gestation . L'expérience constitue néanmoins une première, encourageante selon le chercheur en chef responsable du projet, José Folch.

Afin qu'un programme de clonage d'espèce éteinte puisse aboutir, un nombre suffisant d'individus devront être clonés (dans le cas d'organismes à reproduction sexuée) afin de créer une population de taille viable et afin d'éviter notamment les phénomènes de dérive génétique.

Conservation des espèces menacées d'extinction

La prise de conscience par l'homme de l'accélération des extinctions d'espèces, notamment celles dues à l'impact de ses activités, a favorisé l'émergence des mouvements de conservation de la nature à travers le monde.

Les moyens d'actions pour tenter de préserver les espèces menacées d'extinction sont multiples. Tout d'abord par la création d'organisations spécifiquement dédiées à la conservation de la nature à différentes échelles et dans de nombreuses parties du monde : des modestes associations de protection de l'environnement local, aux organisations non gouvernementales et les grandes institutions mondiales de conservation de la nature (Greenpeace, UICN, Ocean Conservancy, Birdlife International, etc.).

La volonté mondiale de créer une institution en charge de la surveillance et de la conservation des espèces animales et végétales menacées d'extinction s'est traduite le 5 octobre 1948 par l'Union internationale pour la protection de la naturequi deviendra ensuite l'UICN, pour « Union internationale de conservation de la nature », ou plus simplement Union mondiale de conservation.. Une nomenclature commune des menaces d'extinction sera alors élaborée, aboutissant à la création du statut de conservation 'éteint à l'état sauvage'. Les espèces listées sous ce statut par l'Union mondiale pour la nature (UICN) n'ont pas de spécimens vivants connus dans la nature sauvage et sont maintenus dans des zooss ou d'autres environnements artificiels. Certaines de ces espèces sont fonctionnellement éteintes car elles ne font plus partie de leur habitat naturel et il est très improbable qu'elles puissent retourner à une vie sauvage. Quand cela est possible, les institutions zoologiques modernes tentent de maintenir une population viable pour assurer la préservation de l'espèce et une possible réintroduction dans la nature au moyen de programmes d'élevage conservatoire.

La création d'aires protégées, comme les parcs nationaux, les réserves naturelles, les réserves de biosphère, etc. est un autre outil primordial pour la conservation d'espèces menacées d'extinction. Parfois créé explicitement pour la protection d'une espèce en danger critique d'extinction, cet outil peut se révéler efficace (comme le Parc national de la Vanoise en France, créé pour la protection du bouquetin des Alpes Capra ibex qui a vu ses effectifs stabilisés), ou bien au contraire n'a pas permis de conserver les espèces menacées de son territoire (comme le Parc national d'Ordesa dans les Pyrénées espagnoles, qui n'a pas pu conserver la sous-espèce Capra pyrenaica pyrenaica du Bouquetin des Pyrénées, dont le dernier individu est mort en 2000).

Enfin des traités internationaux ont été établis afin de lutter contre la disparition d'espèces. Par exemple la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction signée le 3 mars 1973 à Washingtonss (CITES selon le sigle anglo-saxon, connue aussi sous le nom de « Convention de Washington ») est un accord intergouvernemental dont l'objectif est de protéger les espèce animales et végétales menacées d'extinction par les échanges internationaux en contrôlant le commerce.

Liste de quelques espèces disparues

l'Étourneau de Bourbon a disparu de l'île de la Réunion

l'Étourneau de Bourbon a disparu de l'île de la Réunion

Comme il est indiqué dans le chapitre 'Causes', l'extinction d'une espèce est en général due à plusieurs facteurs. Un bon exemple est le cas de l'Étourneau de Bourbon, oiseau endémique de l'île de la Réunion dont les causes d'extinction sont nombreuses :
  • espèce invasive : introduction de rats sur l'île ;
  • maladie introduite dans l'île ;
  • compétition : en concurrence avec le martin triste ;
  • catastrophe naturelle : multiplication des feux de forêts ;
  • destruction de l'habitat : déforestation

Cependant, pour certaines espèces la disparition est due à un phénomène majeur :

Espèces animales disparues

Le thylacine, au musée de New-York, en 1902

Le thylacine, au musée de New-York, en 1902

Espèces végétales disparues

Espèces humaines et pré- humaines disparues

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

  • Extinction|titre vo=The Sixth Extinction, Patterns of Life and the Future of Humankind|prénom=Richard|nom=Leakey|année=1997|isbn=2080814265}}

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