Sa vie
Originaires de
Chaumes-en-Brie, les
Couperin appartiennent à une des plus nombreuses familles de musiciens français des . Comme nombre de ses collègues, François Couperin est tout naturellement destiné, dès sa naissance, à une carrière musicale. Le père de François Couperin, Charles (
1639-
1679), était le plus jeune frère de
Louis Couperin et lui avait succédé comme titulaire de l'orgue de l'église parisienne de
Saint-Gervais. Il était également professeur de clavecin de la duchesse d'Orléans.
François apprit la musique auprès de son père avant même de lire et d'écrire. Il ne fit pas d'études générales et ses écrits sont d'un style et d'une orthographe qui laissent beaucoup à désirer. Orphelin de bonne heure, il était déjà suffisamment doué pour qu'on lui assure la « survivance » de son père à l'orgue de Saint Gervais - c'est-à-dire la transmission de la charge de titulaire - en la confiant temporairement à Michel-Richard Delalande jusqu'à ce que le garçon eut l'âge et l'expérience requis.
Il se perfectionna auprès de Jacques Thomelin, organiste de Saint-Jacques la Boucherie et, surtout, l'un des 4 titulaires de l'orgue de la Chapelle Royale. C'est certainement par l'entremise de Delalande et de Buterne qu'il entra au service de Louis XIV.
Ses qualités de musiciens le firent hautement apprécier du souverain, et il fut nommé l'un des quatre organistes (par quartier) de la Chapelle Royale. Couperin, qui n'était pas un homme d'intrigues, ne vécut que pour son art, et n'obtint pas un poste que ses dons auraient dû lui assurer : celle de claveciniste du roi. C'est le fils de Jean-Henri d'Anglebert, piètre musicien, qui conserva la survivance de la charge lorsque son père mourut.
De santé fragile et de caractère peu mondain, Couperin quant à lui mena une honnête carrière de musicien et de professeur, apprécié cependant des grands qui ne lui voyaient qu'un rival : Louis Marchand. Peu d'événements de sa vie personnelle méritent d'être notés, si ce n'est la disparition d'un de ses fils qui quitta le domicile paternel sans presque jamais y revenir. Quant à ses deux filles elles furent elles-mêmes des musiciennes accomplies. Vers la fin de sa vie, il abandonna progressivement ses diverses charges, notamment à la Chapelle Royale et sa tribune à l'orgue de Saint-Gervais.
Couperin est avant tout, avec Jean-Philippe Rameau, le grand maître du clavecin en France au XVIIIe siècle, tant par la quantité des pièces que par leur qualité. Son œuvre comprend 27 ordres en 4 livres : les premiers se rattachent encore, de façon très libre, à la suite traditionnelle (mais peuvent comporter un nombre de pièces important : jusqu'à 22 pour le second ordre). Toute référence aux airs de danse disparaît à partir du second recueil et Couperin élabore un style qui lui est très personnel, fait d'une poésie discrète, d'une atmosphère élégiaque et d'une technique qui ne se laisse jamais dominer par la virtuosité ou les effets.
Malgré les années passées à tenir l'orgue de Saint-Gervais et de la Chapelle Royale, Couperin - comme nombre de ses collègues organistes - n'a laissé pour cet instrument que deux messes, oeuvres de jeunesse, qui constituent néanmoins un des sommets du répertoire français classique.
Œuvres
Œuvres instrumentales
Maître incontesté du clavecin, François Couperin plie la «
suite de danses » à sa sensibilité poétique, en s'écartant de plus en plus, au fil de ses 4 recueils, de la structure classique «
Allemande -
Courante -
Sarabande -
Gigue ». Il n'utilise d'ailleurs pas le nom de « suite » mais celui d''
ordre', imité par plusieurs de ses collègues et admirateurs.
- Premier livre (1713) : Ordres 1 à 5
- 1 ordre, sol m/sol M: Allemande L’auguste; Première courante; Seconde courante; Sarabande La majestueuse; Gavotte; La Milordine, gigue; Menuet (et double); Les silvains; Les abeilles; La Nanète; Les sentimens, sarabande; La pastorelle; Les nonètes (Les blondes, Les brunes); La bourbonnoise, gavotte; La Manon; L’enchanteresse; La fleurie, ou La tendre Nanette; Les plaisirs de St Germain en Laÿe
- 2 ordre, ré m/ré M: Allemande La laborieuse; Premiere courante; Seconde courante; Sarabande La prude; L’Antonine; Gavote; Menuet; Canaries (with double); Passe-pied; Rigaudon; La Charoloise; La Diane; Fanfare pour la suitte de la Diane; La Terpsicore; La Florentine; La Garnier; La Babet; Les idées heureuses; La Mimi; La diligente; La flateuse; La voluptueuse; Les papillons
- 3 ordre, do m/do M: La ténébreuse, allemande; Premiere courante; Seconde courante; La lugubre, sarabande; Gavotte; Menuet; Les pélerines; Les laurentines; L’Espagnolète; Les regrets; Les matelotes provençales; La favorite, chaconne; La lutine
- 4 ordre, fa M: La marche des gris-vêtus; Les baccanales; La pateline; Le réveil-matin
- 5 ordre, la M/la m: La logiviére, allemande; Premier courante; Seconde courante; La dangereuse, sarabande; Gigue; La tendre Fanchon; La badine; La bandoline; La Flore; L’Angélique; La Villers; Les vendangeuses; Les agrémens; Les ondes
- Deuxième livre (1716-17) : Ordres 6 à 12
- 6 ordre, si M: Les moissoneurs; Les langueurs-tendres; Le gazoüillement; La Bersan; Les baricades mistérieuses; Les bergeries, rondeau; La commére; Le moucheron
- 7 ordre, sol M/sol m: La Ménetou; Les petits âges: La muse naissante, L’enfantine, L’adolescente, Les délices; La Basque; La Chazé; Les amusemens
- 8 ordre, si m: La Raphaéle; Allemande L’Ausoniéne; [Premiere] courante; Seconde courante; Sarabande L’unique; Gavotte; Rondeau; Gigue; Passacaille; La Monéte
- 9 ordre, la M/la m: Allemande à deux clavecins; La rafraîchissante; Les charmes; La Princesse de Sens; L’olimpique; L’insinüante; La séduisante; Le bavolet-flotant; Le petit-deüil, ou Les trois veuves; Menuet
- 10 ordre, ré M/ré m: La triomphante; La Mézangére; La Gabriéle; La Nointéle; La fringante; L’amazône; Les bagatelles
- 11 ordre, do m/do M: La castelane; L’etincelante, ou La bontems; Les graces-naturéles; La Zénobie; Les fastes de la grande et anciénne Mxnxstrxndxsx [en 5 actes]
- 12 ordre, mi M/mi m: Les juméles; L’intîme, mouvement de courante; La galante; La coribante; La Vauvré; La fileuse; La boulonoise; L’Atalante
- Troisième livre (1722) : Ordres 13 à 19
- 13 ordre, si m: Les lis naissans; Les rozeaux; L’engageante; Les folies françoises, ou Les dominos; L’âme-en peine
- 14 ordre, ré M/ré m: Le rossignol-en-amour; Double du rossignol; La linote-éfarouchée; Les fauvétes plaintives; Le rossignol-vainqueur; La Julliet; Le carillon de Cithére; Le petit-rien
- 15 ordre, la m/la M: La régente, ou La Minerve; Le dodo, ou L’amour au berceau; L’evaporée; Muséte de Choisi; Muséte de Taverni; La douce et piquante; Les vergers fleüris; La Princesse de Chabeüil, ou La muse de Monaco
- 16 ordre, sol M/sol m: Les graces incomparables, ou La Conti; L’himenamour; Les vestales; L’aimable Thérése; Le drôle de corps; La distraite; La Létiville
- 17 ordre, mi m: La superbe, ou La Forqueray; Les petits moulins à vent; Les timbres; Courante; Les petites chrémiéres de Bagnolet
- 18 ordre, fa m/fa M: Allemande La Verneüil; La Verneüilléte; Sœur Monique; Le turbulent; L’atendrissante; Le tic-toc-choc, ou Les maillotins; Le gaillard-boiteux
- 19 ordre, ré m/ré M: Les Calotins et les Calotines, ou La piéce à tretous; Les Calotines; L’ingénuë; L’artiste; Les culbutes Ixcxbxnxs; La muse-Palantine; L’enjouée
- Quatrième livre (1728) : Ordres 20 à 27
- 20 ordre, sol M/sol m: La Princesse Marie; La boufonne; Les chérubins, ou L’aimable Lazure; La Croûilli, ou La Couperinéte; La fine Madelon; La douce Janneton; La Sezile; Les tambourins
- 21 ordre, mi m: La reine des cœurs; La bondissante; La Couperin; La harpée; La petite pince-sans rire
- 22 ordre, ré M/ré m: Le trophée; Le point du jour, allemande; L’anguille; Le croc-en-jambe; Menuets croisés; Les tours de passe-passe
- 23 ordre, fa M: L’audacieuse; Les tricoteuses; L’arlequine; Les gondoles de Délos; Les satires, chevre-pieds
- 24 ordre, la m/la M: Les vieux seigneurs, sarabande grave; Les jeunes seigneurs; Les dars-homicides; Les guirlandes; Les brinborions; La divine-Babiche, ou Les amours badins; La belle Javotte, autre fois l’infante; L’amphibie, mouvement de passacaille
- 25 ordre, mi M/do M/do m: La visionaire; La misterieuse; La Monflambert; La muse victorieuse; Les ombres errantes
- 26 ordre, fa m: La convalescente; Gavote; La Sophie; L’epineuse; La pantomime
- 27 ordre, si m: L’exquise, allemande; Les pavots; Les chinois; Saillie
- Un ouvrage didactique L'Art de toucher le clavecin (1716) contenant également huit préludes et une allemande
Allemande, ré mineur; Premier prélude, do majeur; Second prélude, ré mineur; Troisième prélude, sol mineur; Quatrième prélude, fa mineur; Cinquième prélude, la majeur; Sixième prélude, si mineur; Septième prélude, si majeur; Huitième prélude, mi mineur
Pieces d’orgue consistantes en deux messes: ‘à l’usage ordinaire des paroisses’; ‘propre pour les convents de religieux et religieuses’ (Paris, 1690)
- sonates en trio (vers 1690)
- La Pucelle
- La Steinkerque
- La Visionnaire
- L'Astrée
- sonate en quatuor (vers 1695) : La Superbe
- Les Nations (1726) : ces pièces en trio comprennent une sonade (sic) et une suite
- La Française (débute par la Pucelle)
- L'Espagnole (débute par la Visionnaire)
- L'Impériale
- La Piémontaise (débute par l'Astrée)
- Les « Apothéoses », suites en trio (1724)
- Le Parnasse ou l'apothéose de Corelli
- Concert en forme d'apothéose à la mémoire de l'incomparable M. de Lully
- Concert royaux (1714) N° 1 à 4
- Nouveaux Concerts ou les Goûts réunis (1724) N° 5 à 14
- Pièces de violes (1728) 2 suites
Œuvres vocales religieuses
Œuvres vocales profanes
- Une douzaine d'airs à une, deux ou trois voix.
Traité
- L'Art de toucher le clavecin
Texte et partitions disponibles sur Mutopia Project :
ici 
, version originale sur www.bnf.fr
Voir aussi
Liens externes
L'Art de toucher le clavecin 
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Bibliographie
Couperin par Pierre Citron (réed 1996, collection « Solfèges », Le Seuil) ISBN 2020282917 - Ouvrage sérieux, bien documenté et complet, mais de lecture agréable néanmoins.
Couperin, le musicien des rois par Olivier Beaumont (Découvertes Gallimard 1998) ISBN 2070533123 - L'agrément d'une présentation plus moderne, contenu moins dense.
Éditions
Œuvres complètes de François Couperin, ed. M. Cauchie, i–xii (Paris, 1932–3); rev. Kenneth Gilbert (1931-), Davitt Moroney (1950-), et Orhan Memed (1966-), ser. I–V et suppl. (Monaco, 1980–)
V, Musique vocale, 03, 3, Douze motets divers Réunit des motets de 1 à 3 voix, avec ou sans accompagnement : 'Respice in me', 'Ornate aras',' Resonent organa' (tous les trois sur des textes de Pierre Portes 16--), 'Domine salvum fac Regem', 'Tantum ergo sacramentum', 'Exultent superi', 'Ad te levavi oculos meos', 'Salvum me fac Deus', 'Salve Regina', 'Usquequo Domine', 'Lauda Sion salvatorem', 'Regina coeli laetare' Préf. en angl. et fr. Œuvres complètes de François Couperin Monaco : l'Oiseau-lyre, cop. 1982-
François Couperin: Leçons de ténèbres à 1 et à 2 voix, ed. P.-D. Vidal, Le pupitre, Heugel, viii (Paris, 1968)
François Couperin: Pièces de clavecin, ed. K. Gilbert, Le pupitre, Heugel, xxi–xxiv (Paris, 1969–72) [xxi–xxiv]
François Couperin: Neuf motets, ed. P. Oboussier, Le pupitre, Heugel, xlv (Paris, 1972)
Les éditions suivantes sont disponibles à la Bibliothèque Nationale de France (source: Catalogues en ligne de la BnF BN-OPALINE-Musique. L'ordre de présentation est ici celui des notices de la BnF)
L'Astrée, Sonate pour flûte, violon et basse continue (hautbois, violon et basse continue) (ou deux violons et basse continue). Révision et réalisation de Laurence Boulay. [Partition et parties] Paris : Éditions Musicales Transatlantiques, cop. 1963
Concert, en sol majeur, huitième ordre (dans le goût théâtral) [les Goûts réunis, 8e concert, Cauchie 328-338], réalisé pour orchestre par Fernand Oubradous (1903-1986),... Paris : Éditions Musicales Transatlantiques, cop. 1959
Concerto en sol-majeur, treizième ordre, à deux instruments à l'unisson, basson ou violoncelle, et violoncelle. Reconstitution par Fernand Oubradous (1903-1986) Paris : Éditions Musicales Transatlantiques, cop. 1960
Dixième Concert, pour violon et basse continue. Révision et réalisation de Laurence Boulay, [pour violon, 2 violes de gambe ou violoncelles et clavecin. Paris : Éditions Musicales Transatlantiques, cop. 1967
Suite en ut mineur,, [tirée des Pièces pour violes, avec la basse chiffrée, 1728], recueillie et transcrite pour alto et piano par Robert Boulay, harmonisée d'après la basse chiffrée par Laurence Boulay. [Partition et partie] Paris : Éditions françaises de musique, cop. 1961
Quatre versets d'un motet, Voix de femmes (2), instruments, bc Mirabilia testimonia tua, Quatre versets : Psaume 11 8, IX Contient les versets : 'Tabescere me fecit', 'Ignitum eloquium', 'Adolescentulus sum ego' et 'Justitia tua' Le titre de l'édition (Ballard, 1703) indique : 'Quatre versets d'un Motet composé de l'ordre du Roy, par Monsieur Couperin [...] On y a joint le Verset Qui dat nivem du Pseaume Lauda Jerusalem, chanté aussi devant le Roy' 1 éd. à Paris : Christophe Ballard, 1703
Les Goûts réunis, quatorzième concert. Pour violon et basse continue. Révision et réalisation de Laurence Boulay. [Partition et parties] Paris : Éditions Musicales Transatlantiques, cop. 1963 In-4°, partition IV-8 p. et 2 parties Collection Laurence Boulay
Les Goûts réunis, sixième concert. Pour flûte (violon ou hautbois) et basse continue. Révision et réalisation de Laurence Boulay. [Partition et parties] Paris : Éditions Musicales Transatlantiques, cop. 1963
L'Impériale, Sonate pour 2 violons et basse continue. Révision et réalisation de Laurence Boulay. [Partition et parties] Paris : Éditions Musicales Transatlantiques, cop. 1963 In-4°, partition IV-22 p. et 3 parties
Leçons de Ténèbres, à une et deux voix [avec orgue ou clavecin et continuo], Édition par [Pierre-] Daniel Vidal. [Notice par François Lesure. Partition et partie de viole de gambe] Paris : Heugel, 1968, Le Pupitre, . 8, Notice en français, anglais et allemand, Vidal, Pierre- Daniel Lesure, François, 1923-2001
Messe à l'usage ordinaire des paroisses, pour les festes solemnelles [pour orgue]. Révision d'après les manuscrits ou copies de Carpentras, Versailles, Paris (Bibliothèque du Conservatoire), par Norbert Dufourcq. [Note pour l'interprétation des Offertoires, par Pierre Froidebise] Paris : Éditions musicales de la Schola cantorum et de la Procure générale de musique, [1963] Collection Les grandes heures de l'orgue, . Couperin. 1 Editeur scienti Dufourcq, Norbert, 1904-1990
Neuf Motets, [pour 1, 2 et 3 voix, et b. réalisée, avec et sans instruments], Édition par Philippe Oboussier... [Partition] Paris : Heugel, 1973 Le Pupitre, . 45 Notice en fr., angl. et all.
Le Parnasse ou l'apothéose de Corelli, [Pour 2 violons et basse continue. Révision et réalisation Jean-Francois Paillard. Partition] Paris : Costallat, cop. 1962 Archives de la musique instrumentale, . 2
Quatrième Concert royal, pour flûte, (violon ou hautbois) et basse continue. Révision et réalisation de Laurence Boulay. [Partition et parties de flûte, ou violon, ou hautbois, et violoncelle] Paris : Éditions Musicales Transatlantiques, cop.1970
La Sultane, Sonate en quatuor [pour 1er dessus (flûte, violon ou hautbois), 2d dessus (violon ou flûte), 1re basse de viole (ou violoncelle ou alto), 2de basse de viole (ou violoncelle continuo) et b. c. réalisée au clavecin]. Révision et réalisation de Laurence Boulay. [Partition et parties] Paris : Éditions Musicales Transatlantiques, cop. 1963