Biographie
François Jacob est le fils unique de Simon Jacob et de Thérèse Franck. Après sa scolarité au
lycée Carnot à
Paris, il s'inscrit à la
Faculté de médecine de Paris avec l'intention de devenir
chirurgien. Ses études de médecine sont interrompues avant la fin de sa deuxième année: en juin
1940, il quitte la
France pour rejoindre les
Forces Françaises Libres à
Londres. C'est en qualité d'officier du
Service de santé des armées qu'il participe aux opérations militaires au
Fezzan et en
Tripolitaine (
Libye), ainsi qu'en
Tunisie où il est blessé. Il passe ensuite dans la
Deuxième DB. Lors de la campagne de
Normandie en août
1944, il est à nouveau blessé, cette fois grièvement, et doit passer sept mois à l'hôpital militaire du
Val-de-Grâce.
Après la guerre, il termine ses études de médecine à Paris où il obtient son doctorat en
1947 avec une thèse consacrée aux propriétés de la tyrothricine, un
antibiotique à usage local qui avait été isolé dès
1939 par René Dubosx et qui fut le premier antibiotique commercialisé. La même année, il épouse la pianiste Lise Bloch qui lui donnera quatre enfants : Pierre , qui devint philosophe, les
jumeau Laurent et Odile (la future fondatrice des éditions Odile Jacob)et Henri.
Humaniste, il a notamment signé, avec d'autres lauréats du Prix Nobel, un appel demandant qu'une délégation du Comité des Droits de l'Enfant de l'ONU rende visite à un enfant tibétain en résidence surveillée depuis 1995 en Chine, Gendhun Choekyi Nyima, reconnu comme 11 Panchen Lama par le 14 Dalaï Lama, Tenzin Gyatso.
Sa carrière scientifique
Ses blessures de guerre étant trop graves pour lui permettre d'exercer la
chirurgie, il travaille d'abord dans d'autres domaines jusqu'en
1950, année où il entre à l'
Institut Pasteur sous la direction d'
André Lwoff.
En
1956 il est nommé directeur de laboratoire et en
1960 chef du service de génétique cellulaire qui venait d'être installé à l'Institut Pasteur. En
1964 il se voit attribuer au
Collège de France une chaire de génétique cellulaire créée pour lui.
Ses principaux travaux
C'est en
1951 qu'il achève ses études de
biologie et en
1954 qu'il soutient à la
Sorbonne une thèse de doctorat en biologie consacrée à la lysogénienne
bactérie (c’est-à-dire l'état d'une bactérie ayant intégré une partie du matériel génétique d'un virus
bactériophage) et au concept de provirus (un provirus ou prophage étant le nom donné au
génome dormant du bactériophage une fois intégré à celui de la bactérie hôte). Dans ce travail il décrit notamment les conséquences biochimiques des mutations ponctuelles du
génome bactérien. C'est ainsi qu'il parvient à expliquer la résistance des bactéries aux prophages par l'existence de mécanismes génétiques capables de freiner l'activité des gènes des prophages.
En
1954 commence avec Élie Wollman une collaboration féconde de plusieurs années qui leur permettra de mieux comprendre les liens et les relations entre le matériel génétique de la bactérie et celui de son prophage, ainsi que la
conjugaison entre bactéries. Ils élaborent ensemble plusieurs théories nouvelles, pour expliquer l'échange de gènes entre bactéries au cours d'une conjugaison, pour démontrer la structure circulaire du
chromosome des bactéries et l'existence des
plasmides. Leurs résultats sont rassemblés dans l'ouvrage
Sexualité et génétique des bactéries.
En 1958 les analogies remarquables entre la lysogénie et la possibilité d'induire chez certaines bactéries la synthèse de la lactase (l'enzyme permettant de décomposer le lactose) permettent à François Jacob et à Jacques Monodss, d'élucider les mécanismes génétiques responsables de l'échange de gène entre bactéries. Ces échanges confèrent aux bactéries des propriétés nouvelles en leur permettant, par exemple de synthétiser des protéines. Ces découvertes sont à l'origine de la révolution technologique du génie génétiques. En conclusion de ce travail, Jacob et Monod ont mis au point un modèle décrivant l'interaction des différents types de gène et des protéines lors de la transcription de l'ARN.
Distinctions et décorations
- Il se voit décerner la Croix de la Libération, la plus haute distinction militaire, pour son action durant la Seconde Guerre mondiale.
- Il est Grand Croix de la Légion d'honneur.
- En 1962 il obtient le Prix Charles Léopold Mayer de l'Académie des sciences.
- En 1965, le Prix Nobel de physiologie ou médecine, qu'il partage avec avec André Lwoff et Jacques Monod, vient récompenser ses travaux en génétique.
- Il est élu à l'Académie des sciences en 1977
- Il est élu à l'Académie française en 1996, au fauteuil du romancier Jean-Louis Curtis, et reçu par Maurice Schumann le 27 novembre 1997.
- En 1995 et 2005, il a été délégué de l'Académie des sciences à la Séance publique annuelle des cinq académies de l'Institut de France.
- Le 12 octobre 2007, il est nommé grand Chancellier de l'ordre de la Liberation, succédant ainsi à Pierre Messmer.
Œuvres
- 1954 Les Bactéries lysogènes et la notion de provirus (Masson)
- 1961 Sexuality and the genetics of bacteria, avec Élie Wollman (Academic Press)
- 1970 La Logique du vivant, une histoire de l’hérédité (Gallimard)
- 1981 Le jeu des possibles, essai sur la diversité du vivant (Fayard)
- 1987 La Statue intérieure (Odile Jacob), livre autobiographique.
- 1997 La Souris, la Mouche et l’Homme (Odile Jacob)
Références
Liens externes