Noms
- gallo, variante galo ou gallot
- langue gallèse
- britto-roman
Histoire
Le gallo est une langue d'Oïl, au départ très proche de l'angevin. Cependant, en Bretagne, on ne parle pas d'angevin mais de gallo ou langue gallèse. Le gallo est issu du latin populaire, introduit en Gaule par la conquête romaine, qui supplanta peu à peu la langue commune gauloise d'origine celtique. La prononciation populaire altéra ce latin de Gaule. Le français et le gallo sont issus du même latin populaire du Bas-Empire romain. Ils ont évolué différemment tout en restant très proches et compréhensibles par leurs locuteurs, le gallo restant généralement plus archaïque, gardant des formes plus anciennes que le français (par exemple vigile pour veillée) et de nombreux traits communs avec le breton notamment dans le vocabulaire. L'unité territoriale a facilité la diffusion du français dans la noblesse et la pratique du gallo, restant une langue exclusivement parlée, s'est confinée dans les zones rurales jusqu'au .
On parle traditionnellement de gallo pour la partie orientale de la Bretagne (Haute-Bretagne) avec quelques différences lexicales, grammaticales et de fortes différences de prononciation. A l'ouest, surtout dans les endroits où le gallo ne s'est implanté que très récemment (Guérande, Questembert, Saint Caradec) le gallo a été largement influencé par un substrat breton, aussi bien grammaticalement que lexicalement, cependant le gallo reste beaucoup plus proche de son origine romane que du breton. Au sud de la Loire (Pays de Retz, Vignoble nantais, Marches Bretagne-Poitou et Marais breton) le gallo est fortement influencé par le dialecte poitevin. La région d'Aleth (Saint-Malo-Cancale) et du Sud-Avranchin présente un gallo influencé par le normand.
Les chroniques du démontrent qu'il y avait intercompréhension entre les gens de cours et qu'aucun interprète n'était alors nécessaire[Voir vie de Guy XIV de Laval] de la Mayenne à la Haute Bretagne. D'ailleurs il est aujourd'hui très difficile pour un néophyte de voir la différence entre les différentes langues des campagnes du nord-ouest de la France (gallo, normand, angevin, poitevin, tourangeau...). Cette proximité étant de moins en moins évidente au fur et à mesure qu'on s'éloigne des frontières orientales de la Bretagne. Le gallo des marches ayant subi de fortes altérations notamment à cause du contact précoce avec le français, le gallo de la partie ouest de la haute-bretagne est, quant à lui, beaucoup plus différenciés de ses cousines du domaine d'Oil.
Ce constat ne remet cependant pas en cause l'unité évidente du gallo, la différence entre les différents dialectes du gallo portant le plus souvent sur le taux de 'dilution' de ces derniers.
Le créole réunionnais a également été influencé par le gallo et le normand. On retrouve aussi des similitudes avec le parler cajun et franco-canadien car nombre de familles originaires d'Anjou et de Haute-Bretagne partirent en amérique du nord.
Classification
Le gallo fait partie de la famille des
langues d'oïl, branche des langues romanes qui comprend également le
français, l'
angevin, le
picard, le
poitevin, le
saintongeais, le
wallon, etc.
Répartition géographique des variantes du gallo
La limite linguistique actuelle, définie en 1980, part de Plouha (Plóha), en Côtes-d'Armor, au sud de Paimpol (Penpol), passe par Châtelaudren (Le Chastèu), Corlay (Corlaè), Loudéac (Lódeiac), Pontivy (Pondivi), Locminé (Lominoec), Vannes (Vann) et se termine dans la presqu'île du Rhuys, dans le Morbihan.
- Gallo occidental (Pays de Saint-Brieuc, Mené, Poudouvre et Porhoet (zone de transition avec pays rennais)) caractérisé par l'influence du breton et de survivances gauloises.
- Gallo rennais (région de Rennes, sud-avranchin, ouest-Mayenne le mayennais)
- Gallo nantais, appelé localement le 'parler nantais' (pays nantais), mâtiné de certaines expressions angevines.
- Gallo de la Baie du Mont-Saint-Michel (Pays d'Aleth, Avranchin du sud-Sélune) caractérisé par l'influence normande
- Gallo Briéron et du Pays Mitaw
- Gallo du Sud-Loire (Pays de Retz, Vignoble et Clissonais, Marais breton) caractérisé par l'influence poitevine.
- Gallo du Pays de Redon
Exemple de variante lexicale : le mot 'château' :
'chastèu',
'chatiau',
'châtieau' et même
'châtéo'.
- 'Chastèu' est un terme utilisé également dans d'autres régions de France (Limousin, Poitou, Auvergne, Occitanie).
- 'Chatiau' et 'châtieau' sont utilisés dans les différents patois du val de Loire depuis son embouchure jusqu'à sa source (nantais, angevin, tourangeau, blésois, orléanais, sancerrois, manceau et en amont jusque dans le pays du Forez).
- 'Châtéo' est utilisé par l'équipe des traducteurs des aventures de Tintin en langue gallo. (Châtéo de Moulinsac : Château de Moulinsart)
Écriture
La langue gallo souvent donne plusieurs façons d'écrire un nom de lieu. Ce parler n'a pas fixé d'une façon rigide l'écriture des noms propres.
Un linguiste breton, Alan-Joseph Raude de l’île de Groix est l’inventeur polyglotte de l’ELG (Ecrire Le Gallo). Après de solides études en linguistiques, il étudie et analyse la cohérence graphique d’une langue. Actuellement il prépare (toujours pour le gallo) un dictionnaire trilingue gallo-breton-français d’au moins 6000 entrées afin de réaffirmer la place du gallo en Bretagne.
La maison d'édition 'A-demôrr', membre de l'Andon dou Galo, utilise pour sa part une graphie appelée BAP (Bèll A Parfétae: 'facile à prononcer correctement') où l'accent est mis sur le respect de la prononciation au détriment de l'éthymologie. Cette graphie est utilisée par les écrivains Urielle Massot, Fabien Lécuyer et Mikael Genevée.
L'association Chubri utilise et promeût, quant à elle, le MOGA, une écriture basée essentiellement sur la prononciation du dialecte oriental du gallo. Cette écriture est utilisée par le chanteur Bertrân Ôbrée.
Toponymie
Certaines associations (Maézoe, L'Andon dou Galo, Chubri) font un travail de normalisation du Gallo. Quelques toponymies de la Bretagne de langue gallo d'après l'association Maézoe qui propose une normalisation linguistique
.

Panneau routier bilingue français/gallo à Loudéac/Loudia
Usages
Alors que le gallo est souvent décrit comme en moins bonne posture au regard de son voisin breton, la vitalité surprenante du gallo révèle qu’entre 200 000 et 400 000 personnes aujourd’hui en Bretagne continuent de parler régulièrement le gallo et qu’entre 400 000 et 800 000 le comprennent.
Enseignement
L'enseignement du gallo n'est qu'une option. Cette option est enseignée dans sept collèges et dans neuf lycées de l'académie de Rennes, ainsi que dans les IUFM de St-Brieuc et Vannes. Le département des Lettres de l'université de Rennes II offre également une option intitulée 'Langue et Littérature de Haute-Bretagne' [http://www.ac-rennes.fr/pedagogie/lettres/bretagn/gallo/galan4.htm]
L'université de Nantes offre également dans son département linguistique, un programme pédagogique d'enseignement du gallo [http://www.lettres.univ-nantes.fr/lling/jeg2007/programme.ga.html ]
La première difficulté de l'enseignement du Gallo réside dans sa normalisation en haute-Bretagne qui s'est traduite par une écriture complexifiée et celtisée de part la volonté de certaines associations dénoncées par le linguiste Olier ar Mogn: 'l'énorme effort déployé par certains pour faire sortir le gallo de la famille des langues d'Oïl ; effort qui indiffère autant la population qu'il n'est vain. [...] Y a-t-il alors un avenir pour le gallo ? Sans doute non, si le but est de fabriquer une nouvelle langue de culture ayant rompu tout lien avec le français. Peut-être, si le mouvement de défense du gallo accepte d'assumer la place du gallo au sein du groupe des langues d'Oïl et de jouer ainsi un rôle positif pour la reconnaissance de la diversité au sein de ce groupe'.
Le problème de l’enseignement du gallo réside dans ce contexte où se distinguent les adeptes de la création d'une langue à part et ceux qui replacent la Gallo dans le cadre de l'angevin et des langues d'Oïl, évoquant ses rapports difficiles avec l’Education nationale. Ainsi l’enseignement du gallo d’un point de vue didactique et pédagogique doit offrir un contenu disciplinaire approprié ainsi que des supports pédagogiques adaptés. Un tel enseignement ne peut avoir lieu qu'après avoir trouvé une réponse aux questions de la standardisation de la langue et son système graphique.
Grammaire
Lexique comparatif

Une affiche en gallo dans le métro de Rennes
Le tableau ci-dessous permet de comparer le gallo (proche de l'angevin), le patois du Mans et le français
| Gallo
| manceau
| Français
|
| anoet
| anuit
| aujourd'hui
|
| avètt
| aveil
| abeille (avette)
|
| betunae
|
| fumer
|
| bié neir
| bié ner
| blé noir
|
| chaérr
| chair
| chaise
|
| chapèu
| chapiow
| chapeau
|
| doujaé / donjaé
|
| délicat
|
| fórmaij
| pitow
| fromage
|
| sortie
| desort
| sortie
|
| cheir
| choir
| tomber (choir)
|
| biq
| bic
| chèvre (bique)
|
| ostèu
|
| maison
|
| caunte
|
| avec
|
| góll
| goule
| bouche (gueule)
|
| limerot
|
| numéro
|
| lip
|
| lèvre (cf lippu)
|
| maézoe, admaézoe
|
| désormais
|
| nouna/nena/nanni
|
| non
|
| o
|
| avec
|
| peirr
| poér
| poire
|
| pié
| piéi
| pluie
|
| escoll
|
| école
|
| chat-de-boéz
|
| écureuil (chat des bois)
|
| esteill
|
| étoile
|
| sublae
|
| siffler
|
| secórae
|
| secourir
|
| sia
|
| si (oui insistant)
|
| seuillée d'éve
| cosiow d'iow
| seau d'eau
|
| us
|
| porte (huis)
|
| Fraucz
|
| France
|
| Eürop
|
| Europe
|
Exemples
Quelques exemples de causeries en gallo
- L'galo e unn laungg romaunn à caùzz qu'al deriv du latein : Le gallo est une langue romane qui vient du latin.
- Defànss e pormouvànss dou galo: Défense et promotion (diffusion) du gallo.
- L’Istouaérr de la Bertaèyn e la Haùtt-Bertaèyn : L'histoire de la Bretagne et de la Haute-Bretagne.''
- Bonjórn ! Acoutez voér vos aut'. Le paeï de la Haùtt-Bertaèyn ét un terouaerr istoriq dou galo. Asteur, on est ben sûr que d’doez chozz : c’èsst qu'nous caùzon pas frànsae séman maé égaumant an galo d'aùtfaï, Tótt la semaenn (Lundi, Mardi, Merqerdi, Joesdi, Vanderdi, Samadi, dimaenn) en seiraéy, en veilhaéy e apoeprès tótt lèz noetz, com il faezae neir. Alon-don, maé vóz savae ben qe nous praïchons l'galo dans tótt lèz méson d'nos pareiss ! E porqoie q'on ne l'caoserae pu not'galo duran noz causeriy ? On é ben d'acor, c'ésst poein d'main la veill' qu'on s'ra lèz deurgnier à bagu'naudé en caosan l'galo au marchaé pour choser d'la bell' légum é unn pogné d'boucauds pour maunjae son fricot... J'rmèrsion d'nouz'avaer escoutae é d'leirr not'artiq su' not langaij. A bentost ! A la r'voyure !
(Bonjour ! Ecoutez, voir, vous autres. Le Pays de la Haute-Bretagne et un terroir (ou territoire) historique du gallo. Aujourd'hui, on est sûr que de deux choses : c'est que nous ne parlons pas que français seulement mais également le gallo d'autrefois, toute la semaine (Lundi, Mardi, Mercredi, Jeudi, vendredi, samedi, dimanche) en soirée, en veillée et à peu près toutes les nuits, comme (quand) il fait nuit. Allons donc, mais vous savez bien que nous parlons gallo dans toutes les maisons de nos paroisses (villages) ! Et pourquoi que nous ne causerions pas notre gallo durant nos discussions ? On est bien d'accord, c'est point demain la veille qu'on sera les derniers à se promener en parlant le gallo au marché pour choisir de beaux légumes et une poignée de crevettes pour manger à son repas...Nous vous remercions de nous avoir écouté et de lire cet article sur notre langage. A bientôt ! Au revoir !).
Morceau de littérature gallèse
- « Horniy, j'an soe horniy dou cou-la ! »
- « Qhi qé n-i a corr, don ??!??”
- “ Avizz ! n’an vennla corr unn vnaeü a pâssae, pa”
E yèll-si qé d’anségnae o son daï unn vouèliéy de gouéziaù qi taen a s'antt-pourgalae olmon la rabinn.
- 'Maùsion ! Touaé smaenn de tan mézae q'la ét a bouzae l'óréy... sein faï qé j'haùpi la maereriy e châq faï ét la meim draènn qé j'ouaï: 'véir véir, je sóm pour n'z an vni, yan yan j'alon n'z anchoui, sia sia terjou v'alaez n-n'yett dépouézónae... sonj tu ! N-i a pâ pu aùqhun a yett corr vneü a lvae dou naèi par iloe diq'astourr qé d'paï su mon jnouae, pa'
- 'Grànt dizouz, fâlhit faezouz... ét d'domé châq faï, qhi q'tu vieü...'
- 'Véir, mein bougré j'va, mai, lou derssae l'paï dssuï l'ziae èz adlaïzi-la, pa...ét pouein la gouézriy qi va mnae l'monde tout-cóm e dam ét pouein mai qi va m'jouqae olmon a faerr l'epaeürissâ ! Qhi faerr, don maùdit ?!!?'
Adlaïdd taet fléy dou cou-la, dam... Ett-latt, qi mnae unn eta ruy de la 'Motte Fablet' su le grànt Renn, taet béin d'amein d'amouaé, pamein. Yan mein dam astourr-si, ét degrignouzz cóm unn biqh qi vaï le lou q'o taet... e par le faet, le lou taet puto dou cou-la unn bèrnn de gouéziaù qi n'avaen souein q'a bizoulhae son paù depéi unn gerouéy d'tan, de qa qi metae lèz pratiq a n'pouein chómae berouéy a bouae d’la goull aù-davàn de son eta-a-hann cóm de juss e d'béin antandeü. Dam, gernuch-a-gernaï, sti-la taet a s'dezacoursae...
'Je soe béin an peinn qhi q'il on q'i boueinn par iloe tout-cóm' q'o bernozi...
L'istouérr resti de meim e Adlaïdd taet tenàn a degrignae toutt sou e a faerr lèz pitiae pa' la, haùtt-ourr e bass-ourr, can q'c'ét q'unn siunn feü terouae atijéy béin atijéy su le paù a l'Hôtel-Dieu, l'opita qi se tiein a deüz qhulbutéy touaéz ancaléy dou catiae-li.
Einvànsion de savaïr dedd eyou q'ett-latt taet orinéy, mein. Ét raporr a unn cotisseürr de droll q'o feü souégnéy e duràn q'o feü la-lein pâ aùqhun ne ràncontri pouein né son non né son aderss.
Pâ aùqhun limero de suretéy sosia d'o yèll netou, pa pu. (...)
(Fabien Lécuyer. La souaètt dou bouaé-jouaerr)
Quelques expressions
- la pléy cheit (gallo) - la pluie tombe (frs rég HB) - il pleut (français)
- l'ostèu-la (gallo) - la maison-là (frs rég HB) - cette maison (français)
- un pochon (gallo) - un pochon (frs rég HB) - un sachet (français)
- unn bótelhaéy d'aèv (gallo) - une bouteillée d'eau (frs rég HB) - une bouteille d'eau (français)
- V'alétz vantiers viendr a nóz veir adseir ! - Vous allez peut-être venir nous voir ce soir !
- Dan qhi qe tu sonj ? - À quoi penses-tu ?
- J'oreinn de tei. - Nous avons les mêmes idées.
- D'eyó qe t'es nasqi ? - Où es-tu né ?
- Faut qe je saèj. - Il faut que je sache.
- Faut q'ol s'an auj. - Il faut qu'elle s'en aille.
- Un tésier qi test ben. - Un tisserand qui tisse bien.
- Un graund tuchonór n'est poént un bon travalhór. - Un grand cajoleur n'est pas un bon travailleur.
- Beurouët - Brouette. (mot français agrégé au gallo avec inversion classique des voyelles)
Un exemple comique de confusion des esprits est donné par l'évolution du nom d'un village d'Ille et Vilaine : Irodoire était prononcé Irodouaire, à la mode gallo. Au début des années 80, son nom a donc été changé en Irodouër. Depuis, tout le monde dit Irodoire...
Bandes dessinées et littérature
- Quelques aventures de Tintin ont été traduites en gallo :
(Lés v'la côre ! lés écröées a Tintin : Les voilà encore ! les aventures de Tintin)
- 1993, l'Ile Naire : (l'Île Noire),
- 1997, Lés dorûres a la Castafiore : (Les bijoux de la Castafiore) (L'istouaérr s'pass o châtéo de Moulinsac : L'histoire se déroule au château de Moulinsart)
- 2001, La Cutrie dla Licône : (Le secret de la Licorne),
- 2005, La Guénochée à Rackham Le Rouge : (Le trésor de Rackham le Rouge). (Professeur Mirlune, inventeur d'eune mécaniqe à fére du sous-l'iaou : Professeur Tournesol inventeur d'un sous-marin).
- Personnages d'Hergé :
- Tintin : Tintin
- Milou : Milou
- Capitaine Haddock : capitàn Minard (les 'mille millions de mille sabords' ! deviennent 'mille millions d'mille chaoumards' ! )
- Professeur Tryphon Tournesol : Le professeur Polite Mirlune
- Dupond et Dupont : Morand et Morhan
- Nestor : Baptist
- Boucherie Sanzot : le boucher Tôcebeu
- Séraphin Lampion : Ghustin Lachandele
- Astérix en gallo :
- Astérix à l'école d'retour : Astérix et la rentrée des classes.
- Littérature en gallo :
Depuis peu naît une vraie littérature en gallo autour d'écrivains comme Fabien Lécuyer, Patrice Deriano, André Bienvenue, André Le Coq, Urielle Massot et Mikael Genevée. Les maisons d'édition 'Lèz emôleriy aù Sôrgarr', 'Label LN' et 'Rue des Scribes' constituant le relais éditorial de ce mouvement. Fabien Lécuyer a donné le signal de ce renouveau en 2004 en publiant 'Meliy' chez 'Lèz Emôleriy aù Sôrgârr', roman policier contemporain dans un gallo débarrassé des complexes patoisants. Ce roman a été adapté depuis au théâtre par la compagnie Tradior. En 2007 est sorti un deuxième roman de la plume du même auteur intitulé 'La Souaètt dou Bouaé-Jouaerr'. Toujours dans la même veine, moderne et décomplexée avec un niveau de langue suivant la lignée des Tintin et Astérix (traduits sous la direction d'André Le Coq) où l'on pu découvrir quasiment pour la première fois un gallo populaire et étonnamment rigoureux qualitativement écrit et diffusé à très large échelle. En novembre 2007 est sorti le 'graille de la vie' récit de vie en trois volumes sous la plume d'André Bienvenue. La qualité du gallo employée participe de cette nouvelle vague littéraire et éloigne un peu plus le gallo du français régional de haute-bretagne ou 'patois' ou 'gallo allégé', langage employé par de nombreux conteurs pour une 'meilleure compréhension du public'. Cette notion de 'gallo allégé' étant par ailleurs le coeur de la polémique sur la nature même du gallo: langage à géométrie variable taillé sur mesure pour les francisants et centré sur la caricature d'un monde rural révolu ou langue riche et résolument tournée vers l'avenir et la modernité ?
Depuis quelques années, la seconde hypothèse semble portée et popularisée par une génération d'écrivains et de linguistes tels que André Bienvenue, Patrice Deriano, Mickael Genevée et Fabien Lécuyer. Urielle Massot et Fabien Lécuyer ont également inauguré la littérature jeunesse en langue gallèse en publiant chacun un album pour enfants (lèz touaé ptit poursiaù. Urielle Massot et Listaù e pepa noua. Fabien Lécuyer) publiés par Lèz Emoleriy aù Sôrgârr. En dernier lieu, on remarquera la sortie en novembre 2007 du premier dictionnaire digne de ce nom écrit par Régis Auffray qui, malgré quelques imperfections ou choix discutable notamment en ce qui concerne les néologismes, se pose en pierre d'angle d'une pré-normalisation de la langue. On regrettera cependant le manque d'unité orthographique de cette 'nouvelle vague' (ou 'première vague') de la littérature en langue gallèse, chacun de ces écrivains utilisant son propre système orthographique.
L'exposition sur le breton en pays guérandais aura également permis de découvrir l'existence d'un dictionnaire breton-gallo-français écrit au XIXè siècle par François Bureau dont aucun exemplaire n'a malheureusement été retrouvé jusqu'alors.
Artistes
- Roger le Contou et Fred le Disou, duo ruro-comique en 'gallo allégé'. Site officiel

- Ôbrée Alie
- Bébert Huchait et les Vilaïnes Bétes, groupe de folk-rock payso-humoristique : ils composent leurs chansons uniquement en 'gallo très allégé' Site officiel

Polémique
Les polémiques majeures en ce qui concerne le monde du gallo portent sur deux points différents mais complémentaires: le niveau de langue et l'écriture.
-> le niveau de langue: entre la langue utilisée par des écrivains comme André Bienvenue, Fabien Lécuyer ou celle utilisée dans la plupart des traductions de Tintin ou d'Astérix et la langue popularisée par les contous et autres mentous il existe un monde et l'ensemble des nuances possibles. Entre un gallo très rigoureux et emprunt de nombreuses structures, tournures et expressions populaires (Fabien Lécuyer, André Bienvenue, l'équipe Le Coq ayant traduit la plupart des BD disponibles sur le marché) et un français populaire à peine mâtiné de gallo il existe un spectre infini allant du gallo perclu de néologisme et de structures grammaticales calquées sur le français au patois centré sur la caricature du monde agricole. Cette question constitue le point central déterminant l'avenir du gallo selon beaucoup. La question posée étant finalement 'peut-on appeler 'gallo' tout et n'importe quoi ?'
-> L'écriture: seul 'l'école Maézoe/Bertaèyn Galeizz' utilise à ce jour un système d'écriture véritablement abouti appelé ELG (même si celui-ci a subi quelques modifications ces dernières années). L'ELG souffre malheureusement d'une évidente difficulté d'apprentissage et d'un éloignement handicapant par rapport aux diverses prononciations dialectales. Les autres systèmes orthographiques existants et utilisés (BAP et MOGA) sont, eux à l'heure actuelle, toujours bien peu stabilisés. Le MOGA, par l'intermédiaire de l'association CHUBRI connaît cependant ces derniers temps une certaine stabilisation. Le BAP porté par Lèz Emôleriy aù Sôrgarr et notamment l'écrivain Fabien Lécuyer souffre quant à lui d'une trop forte disparité entre les différentes publications, Fabien Lécuyer ne se concentrant que sur 'la question du niveau de langue et de la qualité littéraire qui doit être véhiculée par le gallo'.
Il est vrai que cette question du niveau de langue et de la 'modernité' des thèmes développés par la langue gallèse et par sa littérature est une question douloureuse pour beaucoup d'acteurs de ce milieu confondant par trop 'culture gallèse' et 'langue gallèse'(voir plus haut).
Statut, reconnaissance
En décembre 2004, Le Conseil régional de Bretagne a officiellement reconnu à l’unanimité le breton et le gallo comme « langues de la Bretagne », au côté de la langue française, dans le cadre d’un plan en faveur du bilinguisme en Bretagne pour sauver les langues régionales.
Depuis 2006, le gallo est proposé en option facultative de langue au baccalauréat. Cette option n'est effective que dans 4 des 5 départements bretons (la loire-atlantique étant exclue). (Bulletin officiel de l'Éducation nationale n° 7 du 16 février 2006).
Mouvement associatif
- 1976 : Les Amis du Parler gallo
- 1978 : Maézoe
- 198? : Association des Enseignants de Gallo
- 2003 : A-demórr
- 2004 : Lez emóleriy au sórgarr/L'andon dou Galo
Notes
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes