Étymologie
Le nom de Genève est d'
origine celtique :
Genava. Même si Genève se trouve mentionnée sous la forme de
Genava dans des textes
latins, le nom lui-même est fondamentalement celtique. Il se trouve aussi transformé par des cultures autres. Ainsi en
francoprovençal, on le retrouve sous la forme de
Geneva et dans les langues nationales suisses, Genève s'écrit
Genf en
allemand,
Ginevra en
italien et
Genevra en
romanche.
Géographie
Site
Genève, centre
commercial,
bancairell,
industrie, intellectuel et universitaire, s'étend à l'extrémité sud-ouest du
lac Léman, sur les deux rives du
Rhône, au centre d'une cuvette encadrée par des montagnes qui se trouvent toutes sur territoire français : les
Voirons, le
Salève, le Mont de Sion, le
Vuache (
département de la
Haute-Savoie) et le
massif du Jura (partie située dans le
département de l'Ain).
La vieille-ville, constituée des quartiers de Cité-centre et de Saint-Gervais, s'est formée sur et autour d'une colline sur la rive gauche du lac et de part et d'autre du Rhône autour de l'ìle.
Cette colline constitua dès la préhistoire un refuge naturel protégé par le lac, le Rhône, l'Arves, des marécage et des fosséss à l'est. La ville s'étend au après la démolition des fortifications (1850-1880).
Dans la rade de Genève se situent les pierres du Niton, deux rochers émergeant du lac Léman et datant de la dernière ère glaciaire. L'un d'eux est choisi par le général Guillaume-Henri Dufour comme point de référence du calcul de toutes les altitudes en Suisse.
En 2000, la commune obtient le prix Wakker de la Ligue suisse du patrimoine national pour son concept de réaménagement des berges du Rhône et de son environnement urbain immédiat. Le projet du Fil du Rhône
est alors progressivement mis en œuvre.
Climat
À Genève, l'
hiver est froid et généralement peu ensoleillé. Au cours de la saison, on peut observer à quelques reprises plusieurs jours sans dégel ainsi qu'un jour ou deux avec des fortes gelées où le
thermomètre affiche -10°C. Lorsque la
bise se met à souffler, la sensation de froid est accentuée et peut rendre parfois les conditions assez rudes. Le soleil reste relativement rare car masqué par des
stratus ou par le brouillards. On en observe plusieurs jours par mois et, en cas de conditions anticycloniques stables, ils peuvent persister durant plusieurs jours. Dès le mois de mars, les
température augmentent et deviennent presque estivales fin mai. Cependant, les
précipitations s'intensifient et prennent souvent un caractère
orageux au cours du mois de mai. Ils peuvent être brefs mais forts et déverser en quelques minutes plusieurs dizaines de millimètres de
pluie. Les étés sont souvent chauds et plutôt humides même si certains peuvent être plus frais. Les matinées restent elles relativement fraîches. Durant la saison, les pluies se font moins fréquentes mais plus intenses. C'est en effet la saison des orages exceptionnellement accompagnés de
grêle. Si le climat de début septembre est encore estival, le temps se refroidit ensuite rapidement pour devenir quasiment hivernal en novembre. Les gelées matinales font alors leur réapparition. L'
automne est également la saison des brouillards, le mois d'octobre étant souvent le mois où il y a le plus de brouillards dans l'année.
| Mois
| Jan
| Fév
| Mar
| Avr
| Mai
| Juin
| Juil
| Aou
| Sept
| Oct
| Nov
| Déc
| Année
|
| Moyenne des températures minimales (°C)
| -1.9
| -0.9
| 0.8
| 4.1
| 8
| 11.3
| 13.3
| 13
| 10.3
| 6.6
| 2.1
| -0.5
| 5.5
|
| Moyenne des températures maximales (°C)
| 3.7
| 5.9
| 9.8
| 13.9
| 18.4
| 22.2
| 25.3
| 24.4
| 20.8
| 14.9
| 8.4
| 4.5
| 14.4
|
| Température min. absolue (°C)
| -19
| -17
| -7
| -5
| -2
| 3
| 5
| 5
| -2
| -2
| -11
| -11
| -19
|
| Température max. absolue (°C)
| 14
| 19
| 25
| 26
| 29
| 32
| 35
| 35
| 32
| 27
| 20
| 19
| 35
|
| Précipitations (mm)
| 82
| 83
| 81
| 66
| 78
| 91
| 68
| 80
| 82
| 78
| 94
| 88
| 970
|
| Nombre de jours de pluie (>0.9mm)
| 11
| 10
| 10
| 9
| 11
| 10
| 8
| 9
| 8
| 9
| 10
| 10
| 115
|
| Nombre de jours de gel
| 20
| 16.2
| 12.5
| 3.1
| 0.2
| 0
| 0
| 0
| 0
| 0.9
| 8.2
| 16.7
| 77.8
|
Sources : Office fédéral de météorologie et de climatologie MétéoSuisse  à l'exception des températures minimales et maximales absolues : Statistiques climatiques de Genève (Météo France)
|
Géographie administrative
La commune de Genève s'est constituée sous sa forme actuelle en
1930, au moment de la fusion des communes de
Genève (historique), de
Plainpalais, des
Eaux-Vives et du
Petit-Saconnex. Un projet supprimant la commune et mettant la ville sous la tutelle du canton échoue devant le peuple genevois en décembre
1926. Après la fusion, quatre arrondissements (portant les noms des anciennes communes) sont maintenus jusqu'en
1958, date à laquelle, avec le processus de dépeuplement du centre de la ville et de déplacement de la population à sa périphérie, ils sont supprimés.
Il apparaît, au début du , qu'une distinction des tâches de la ville et de celles du canton n'est toujours pas clairement réalisée. Dans ce contexte, le Conseil d'État propose en 1999 une fusion entre ville et canton mais la ville, gérée par une majorité de gauche opposée à celle du gouvernement genevois, refuse la démarche au nom de l'autonomie municipale.
La ville de Genève reste toutefois subdivisée en quatre sections : Cité, Plainpalais, Eaux-Vives et Petit-Saconnex. Alors que l'Office fédéral de la statistique recense au niveau fédéral les communes en Suisse, c'est l'administration cantonale genevoise qui se charge du découpage des communes genevoises (sous-secteurs)[ Liste de tous les sous-secteurs (Système d'information du territoire genevois) ]
:
| Section
| Code de l'OFS [Le code de l'Office fédéral de la statistique correspond à la numérotation officielle des communes suisses et des quartiers des grandes villes.]
| Quartiers (selon l'OFS)
| Autres quartiers (sous-secteurs)
|
| Cité
| 6621001
| Cité - Centre
| Hollande (quartier des banques) - Les Rues-Basses - Rive - Les Tranchées - Saint-Léger - Les Bastions - Cité - Bourg-de-Four
|
>
| 6621002
| Saint-Gervais - Chantepoulet
| Seujet - James-Fazy - Cornavin - Les Bergues
|
>
| 6621003
| Délices - Grottes
| Prairie - Cropettes - Montbrillant
|
>
| 6621004
| Pâquis - Navigation
| Mont-Blanc - Wilson
|
| Plainpalais
| 6621011
| Champel - Roseraie
| Hôpital - Malombré - Parc Bertrand - Miremont - Les Falaises - Les Crêts-de-Champel - Le Bout-du-Monde - Tour-de-Champel - La Colline
|
>
| 6621012
| La Cluse - Philosophes
| Augustins - Les Minoteries
|
>
| 6621013
| Jonction - Plainpalais
| Coulouvrenière - Rois - Les Savoises - Plaine de Plainpalais - Du-Bois-Melly - Ansermet - Village-Suisse
|
>
| 6621014
| Bâtie - Acacias
| Saint-Georges - La Queue-d'Arve - Les Vernets - Parc des Acacias - Boissonnas - Le Royer
|
| Eaux-Vives
| 6621021
| Eaux-Vives - Lac
| Pierres du Niton - La Grange - Frontenex - Les Allières - Les Vollandes - Villereuse - Montchoisy - Jargonnant
|
>
| 6621022
| Florissant - Malagnou
| De Beaumont - De Roches - Belmont - La Grande-Boissière - La Petite-Boissière - La Florence - Eugène-Pittard - Krieg - Contamines
|
| Petit-Saconnex
| 6621031
| Sécheron - Prieuré
| Mont-Repos - Valais
|
>
| 6621032
| O.N.U. (Nations) - Rigot
| Le Grand-Morillon - Ariana - La Voie-Creuse
|
>
| 6621033
| Grand-Pré - Vermont
| Chandieu – Varembé - Beaulieu
|
>
| 6621034
| Bouchet - Moillebeau
| Le Mervelet - Colladon - La Tourelle - De Budé - Les Genêts - Moillebeau - La Forêt - Le Bouchet - Les Crêts
|
>
| 6621035
| Charmilles - Châtelaine
| Parc-des-Sports - Les Franchises - Cité Vieusseux - Liotard - Servette - Geisendorf - La Dôle - La Bourgogne - Soubeyran
|
>
| 6621036
| Saint-Jean - Aïre
| Camille-Martin - Campagne-Masset - Nant-Cayla
|
Histoire
Antiquité
La soumission romaine du pays des
Allobroges intervient dès
121 av. J.-C Genève devient alors un poste avancé au nord de la province de la
Gaule transalpine (prendra le nom de
Gaule narbonnaise à partir du règne d'
Auguste). L'aménagement d'un
port intervient en
123-
105 av. J.-C.
[ Charles Bonnet, « Genève (commune). Époque gallo-romaine », Dictionnaire historique de la Suisse, 2006 ]
La ville est alors constituée d'une modeste
agglomération où les habitations sont bâties en
bois et en
torchis. Genève entre dans l'histoire en
52 av. J.-C, lorsque
Jules César mentionne son passage dans cette cité (
Genua) dans son
De Bello Gallico. Voulant empêcher le passage des
Helvètes, César coupe le pont sur le
Rhône. Lorsque César s'installe provisoirement avec ses troupes en
58 av. J.-C, l'
oppidum s'agrandit encore devient dès lors une ville romaine (
vicus puis
civitas). Pourtant,
Nyon (
Colonia Julia Equestris) puis
Avenches (
Aventicum) occupent une place plus importante dans le réseau urbain régional. Après un
incendie au milieu du , l'urbanisme est modifié et les constructions en
pierress remplacent les édifices en matériaux légers
. Les
migration alémanes provoquent la destruction de l'ensemble bâti dans le dernier quart du .
Le premier sanctuaire chrétien est établi aux environs de 350[ Charles Bonnet, « Genève (commune). Bas-Empire et christianisation », Dictionnaire historique de la Suisse, 2006 ]
. À la fin du , le complexe est achevé : il est constitué d'une église de plus de trente mètres de long bordée par un portique d'accès vers le baptistère et son annexe. Dans la ville haute, l'église Saint-Germain représente au un second point de focalisation des premiers temps chrétiens. L'installation des Burgondes en 443 et le choix de Genève comme capitale renforcent le rôle politique de la ville. Le centre du royaume burgonde se déplaçant vers 467 à Lyon, Genève subit les guerres fratricides entre Godégisel et Gondebaud qui incendie la ville. Jusqu’à la fin du haut Moyen Âge, on observe une continuité d'occupation dont le meilleur exemple est le groupe épiscopal. Les limites de la cité se maintiennent à l'intérieur de l'enceinte du Bas-Empire mais les faubourgs proches des grands cimetières se développent. L'éboulement de la montagne du Tauredunum en 563 provoque un raz-de-marée qui détruit le port et fait de nombreux morts[ Charles Bonnet, « Genève (commune). Haut Moyen Âge », Dictionnaire historique de la Suisse, 2006 ]
. Au début du Moyen Âge, le développement horizontal de l'époque romaine puis la réduction de l'espace urbain imposée par le système de fortification adopté est remplacé par une ville médiévale bâtie en hauteur.
Moyen Âge
La structure du pouvoir entre l'arrivée des Burgondes et le traité de Seyssel de
1124 fait l'objet de débats qui ne sont pas clos aujourd'hui
[ « Genève (commune). Mise en place et affirmation du pouvoir épiscopal », Dictionnaire historique de la Suisse, 2006 ]
. En face du roi burgonde, l'évêque possède l'autorité spirituelle. Mais les querelles dynastiques affaiblissent la monarchie burgonde qui disparaît en
534 au profit des
Francs. Genève devient alors le centre d'un
pagus qui dépend du roi régnant à
Orléans ou du roi de
Neustrie. Dès l'époque des
Carolingiens, le
diocèse de Genève est l'enjeu de luttes de pouvoir entre les souverains de la région et l'empereur. S'il exerce un certain nombre de droits régaliens comme celui de battre
monnaie, l'évêque ne reçoit pas les droits comtaux dans l'une ou l'autre partie de son diocèse qui sont exercés par le
comte de Genève qui possède un château au-dessus du Bourg-de-Four
.
Lorsque l'empire de
Charlemagne se désagrège, Genève fait partie du second
royaume de Bourgogne qui passe en
1032 dans le
Saint Empire romain germanique. Avec la
réforme grégorienne, à la fin du , commence une réaction contre les empiètements du seigneur
laïc sur les biens de l'
Église. Soutenu par le
pape, l'évêque Humbert de Grammont impose au comte Aymon I le traité de Seyssel qui établit la souveraineté de l'évêque sur la cité
. Par un diplôme de
1162, l'empereur
Frédéric Barberousse établit définitivement l'indépendance des évêques désormais reconnus comme princes immédiats de l'Empire. Au début du intervient un troisième pouvoir : celui de la
maison de Savoie. Le
comte de Savoie s'empare en
1250 du château du Bourg-de-Four
. Au milieu du , les marchands et artisans se regroupent pour lutter contre la puissance seigneuriale de l'évêque. Ce mouvement est favorisé par les
foires de Genève qui, à partir du milieu du , apportent aux citoyens l'exemple des communes libres d'
Italie et la prospérité qui leur permet d'imposer leurs volontés à l'évêque. Dès la fin du siècle, le comte de Savoie s'attaque au pouvoir épiscopal.
En 1285, les citoyens désignent dix procureurs ou syndics pour les représenter. La décision est annulée par l'évêque le 29 septembre mais, le , le comte Amédée V leur accorde des lettres patentes garantissant la sécurité des marchands se rendant aux foires[ « Genève (commune). Émancipation des citoyens », Dictionnaire historique de la Suisse, 2006 ]
. En 1309, l'évêque reconnaît aux citoyens le droit de constituer des syndics ou procureurs pour traiter leurs affaires communes à condition qu'ils n'empiètent pas sur la juridiction épiscopale. En contrepartie, il leur impose la construction d'une halle, nécessaire à l'entreposage des marchandises destinées aux foires, et leur en assure le tiers des recettes. Dès lors, les citoyens, assemblés au début de chaque année au sein du Conseil général, élisent pour un an les syndics de Genève. En 1387, l'évêque Adhémar Fabri confirme les franchises accordées aux citoyens et à leurs syndics par une charte qui dominera pendant cent cinquante ans la vie politique genevoise. Les comtes de Savoie s'arrogeant de plus en plus de pouvoir au détriment de l'évêque, les citoyens font front avec l'évêque contre l'ennemi commun. Mais Amédée VIII de Savoie, qui a acquis le comté de Genève, obtient pour les princes de sa maison un droit de présentation au diocèse : le siège épiscopal sera occupé par des Savoie ou des membres de familles vassales.
Engagée par son évêque aux côtés du duc de Bourgogne dans la guerre de Bourgogne, Genève est menacée par les Suisses après leur victoire et condamnée en 1475 à payer une amende importante[ « Genève (commune). Combourgeoisies et prise du pouvoir par les citoyens », Dictionnaire historique de la Suisse, 2006 ]
. L'évêque se tourne alors vers les vainqueurs et conclut, le 14 novembre 1477, avec les villes de Berne et Fribourg un traité de combourgeoisie pour cinq ans. En 1519, c'est la communauté des citoyens qui signe avec Fribourg un traité de combourgeoisie mais le duc de Savoie contraint les Genevois à renoncer à cette alliance dirigée contre lui. Toutefois, le traité de 1526 entre Genève, Berne et Fribourg annonce la fin du pouvoir de l'évêque et l'émergence d'une seigneurie autonome. Les Eidguenots, partisans des Confédérés, font approuver le traité par le Conseil général le 25 février.
Réforme

Jean Calvin
Dès
1526, des marchands allemands propagent à Genève les idées de la
Réforme luthérienne parmi les commerçants genevois et ce courant se répand dans la population sous l'influence de prédicateurs comme
Guillaume Farel. Le
10 août 1535, la célébration de la
messe catholique est interdite et, le
26 novembre, le
Conseil des Deux-Cents s'attribue le droit de battre monnaie à sa place alors que la ville est à nouveau menacée par la
Savoie. La
Réforme est définitivement adoptée le
21 mai 1536 en même temps que l'obligation pour chacun d'envoyer ses enfants à l'école. Genève devient dès lors le centre du
calvinisme et se trouve parfois surnommée la « Rome protestante ». Arrivé à Genève en juillet 1536,
Jean Calvin aura une influence immense, en tant que président de la Compagnie des pasteurs, sur tous les aspects de la vie genevoise. La
république proclamée sous le nom de « Seigneurie de Genève », il en rédige les Ordonnances ecclésiastiques en
1541 puis les Édits civils en
1543 qui serviront de
constitution à la nouvelle république
[Louis Binz, Brève histoire de Genève, p. 28]. Les institutions politiques comprennent le Conseil général, où siègent les membres de la
bourgeoisie de Genève, le Conseil des Deux-Cents, le
Conseil des Soixante et, pour les affaires religieuses, le Consistoire.
Dès son avènement en
1580, les attaques du duc
Charles-Emmanuel de Savoie se multiplient. Genève étend alors son alliance avec
Soleure,
Zurich et la France
[Louis Binz, Brève histoire de Genève, p. 32]. En avril
1589, les Genevois et leurs alliés tentent de faire reculer les Savoyards qui parviennent à maintenir leur position.
Le 11 décembre 1602, la nouvelle attaque nocturne des Savoyards, défaite restée dans l'histoire sous le nom d'« Escalade », contraint le duc à accepter une paix durable scellée par le traité de Saint-Julien du 12 juillet 1603 qui reconnaît l'indépendance de la cité. Sur le plan économique, de nombreux protestants italiens mais surtout français doublent la population durant les années 1550 et donnent un nouveau dynamisme à la ville. Ces nouveaux venus, hommes d'affaires, banquiers ou artisans, apportent pourtant de l'argent et des relations avec les milieux d'affaires étrangers et développent le rôle de relais commercial de Genève. Les activités manufacturières implantées par leurs soins — soierie dont les maîtres sont Italiens, dorure et horlogerie après la disparition de la soierie au milieu du — se développent pour la première fois à l'exportation grâce au soutien que leur accordent les autorités municipales.
Le siècle, économiquement et culturellement florissant, est secoué par des troubles politiques que les contemporains appellent les « révolutions de Genève ». En effet, le système politique en place repose sur la distinction entre deux groupes : ceux qui bénéficient des droits politiques et civils,
aristocrates et
bourgeois qui restent minoritaires (27% en
1781), et ceux qui n'ont pas de droits politiques et seulement certains droits civils (habitants et natifs)
[Louis Binz, Brève histoire de Genève, p. 39]. C'est toutefois à l'intérieur du groupe formé par les citoyens et les bourgeois que la lutte finit par éclater.

Statue de Jean-Jacques Rousseau
Un mouvement de révolte éclate en
1707 en raison d'un mécontentement d'ordre économique
[ Louis Binz, « Les révolutions de Genève », MEMO, 2007 ]
. La révolte a pour chef un membre de l'aristocratie, l'
avocat Pierre Fatio, qui fixe un programme aux aspirations confuses. Le soulèvement échoue grâce à l'appui de troupes bernoises et zurichoises et Fatio fusillé secrètement en prison
[Louis Binz, Brève histoire de Genève, p. 41]. En
1737, une nouvelle révolte provoque onze morts
[Louis Binz, Brève histoire de Genève, p. 42]. Vaincu, le gouvernement alerte la France qui intervient par un arbitrage satisfaisant pour les citoyens. Pourtant, démentant le certificat de tolérance décerné par l
'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, le Petit Conseil condamne en
1762 deux ouvrages de Rousseau —
Émile ou De l'éducation et
Du Contrat social — à être brûlés devant l'Hôtel-de-Ville parce que « tendant à détruire la religion chrétienne et tous les gouvernements »
[Louis Binz, Brève histoire de Genève, p. 43]. Les citoyens protestent en présentant au gouvernement des plaintes désignées sous le nom de « représentations ». Les bourgeois et les natifs finissent donc par occuper la ville en février
1781 et votent une loi octroyant l'égalité civile aux natifs, aux habitants et aux sujets de la campagne
[Louis Binz, Brève histoire de Genève, p. 45].

Proclamation du 28 décembre 1792
Mais l'
aristocratie appelle
Louis XVI à l'aide : trois armées coalisées — française, sarde et bernoise — assiègent Genève qui capitule le
2 juillet 1782. L'aristocratie retrouve le pouvoir mais les natifs conservent l'égalité civile. Un millier de Représentants s'exilent vers
Paris — où leurs idées participeront à la
Révolution française —,
Bruxelles ou
Constance. La fin de la haute
conjoncture économique entre
1785 et
1789, conséquence de la crise générale qui marque la période précédant la Révolution française, frappe la population par une hausse des prix mais aussi les petits patrons. Le
26 janvier 1789, le gouvernement genevois augmente le prix du
pain suite à une mauvaise récolte. Cette décision déclenche une émeute à
Saint-Gervais qui conduit à l'annulation de la hausse et à la libéralisation progressive de la constitution.
Après la Révolution, l'encerclement de Genève par les révolutionnaires a pour résultat, en décembre 1792, un mouvement qui abat le gouvernement de l'Ancien Régime le 28 décembre et proclame l'égalité politique de toutes les catégories de la population[Louis Binz, Brève histoire de Genève, p. 47]. En 1793, l'Ancien Régime prend fin à Genève : une constitution, rédigée par une assemblée nationale et votée par les citoyens le 5 février 1794, institue un contrôle étendu de la part des citoyens sur les actes du gouvernement et de l'administration[Louis Binz, Brève histoire de Genève, p. 47-48].
L'économie genevoise est alors dominée — 32% des actifs — par le secteur de l'horlogerie et ses métiers annexes regroupés sous le nom de « Fabrique », réseau de petits ateliers artisanaux situés à l'étage supérieur des bâtiments[Louis Binz, Brève histoire de Genève, p. 36]. Par ailleurs, le tissu économie voit se développer une industrie des indiennes — caractérisée par de grandes manufactures — dans le premier tiers du siècle pour devenir le second secteur en terme d'importance[Louis Binz, Brève histoire de Genève, p. 37]. Liées au développement du commerce international et aux besoins d'argent pour les guerres de Louis XIV, les activités bancaires deviennent l'un des pivots de l'économie genevoise à partir de 1700[ Liliane Mottu-Weber, « Genève (commune). De nouvelles activités », Dictionnaire historique de la Suisse, 2006 ]
.
Le
15 avril 1798, le Traité de Réunion intègre Genève au territoire de la République française
[ Frédéric Joye, « La période française de 1798-1814 », MEMO, 2007 ]
. Fin août, après avoir renoncé à sa souveraineté et à ses alliances, Genève est choisie comme préfecture et
chef-lieu du
département du Léman. Genève devient alors une ville française parmi d'autres et ses habitants font l'expérience du
centralisme napoléonien. Mais la défaite de l'
armée napoléonienne lui rend son indépendance. Le
30 décembre 1813, la garnison française quitte la ville et le général
autrichien Ferdinand von Bubna und Littitz y fait son entrée. Le lendemain, après le retrait définitif du préfet, un gouvernement réactionnaire dirigé par l'ancien syndic
Ami Lullin proclame la restauration de la république de l'Ancien Régime
[Louis Binz, Brève histoire de Genève, p. 50]. Cependant, les magistrats sont conscients que Genève ne peut plus former un État isolé et se tournent vers les anciens alliés suisses en demandant l'entrée de la république dans la Confédération suisse
[Louis Binz, Brève histoire de Genève, p. 51]. Malgré la crainte des catholiques suisses face à la « Rome protestante » et aux troubles qu'elle a connus au XVIII siècle, le rattachement est effectif le
19 mai 1815.
En
1833 et 1834s, les
grève des tailleurs et des serruriers sont parmi les premières grèves du en Suisse
[Louis Binz, Brève histoire de Genève, p. 56] et, en novembre
1841, une émeute a pour conséquence l'élection d'une assemblée constituante. La constitution de
1842 adopte le suffrage universel masculin et dote la ville de Genève d'institutions municipales propres. Toutefois, la
guerre du Sonderbund finit par entraîner la chute du régime. Le
3 octobre 1846, les autorités refusent de recommander aux membres genevois de la
Diète fédérale de voter la dissolution du
Sonderbund. Le quartier ouvrier de Saint-Gervais se soulève en conséquence, deux jours après, et repousse les troupes gouvernementales
[Louis Binz, Brève histoire de Genève, p. 57-58]. C'est le déclenchement d'une
révolution de gauche menée par le Parti radical de
James Fazy qui renverse le gouvernement et établit une nouvelle constitution le
24 mai 1847 qui supprime notamment le caractère dominant du protestantisme.
Sur le plan économique, l'industrialisation de la région évolue, avec l'apparition d'ateliers de mécaniques, d'appareillages électriques et d'automobile, alors que l'électrification de la cité se fait sous l'impulsion du conseiller administratif Théodore Turrettini avec la construction des usines des Forces motrices et de Chèvres[Louis Binz, Brève histoire de Genève, p. 60]. Par ailleurs, la venue toujours plus massive d'ouvriers étrangers achève de transformer la physionomie sociale de l'agglomération. Alors qu'au début du , on peut encore distinguer un campagnard d'un citadin, les différences s'estompent progressivement et la population présente un visage toujours plus cosmopolite[ Irène Herrmann, « Genève (commune). La destruction des fortifications », Dictionnaire historique de la Suisse, 2006 ]
.
La mission internationale de la ville s'affirme particulièrement après la Première Guerre mondiale : elle devient — notamment par l'action de
Gustave Ador et
William Rappard — le siège de la
Société des Nations en
1919.
Dans le sillage de la Première Guerre mondiale, la lutte des classes s'accentue et conduit à la grève générale du 11 novembre 1918 dirigée depuis la Suisse alémanique. Mais la francophilie ambiante réduit grandement son impact à Genève[Louis Binz, Brève histoire de Genève, p. 66]. Des petits partis d'inspiration fasciste, comme l'Union nationale, attaquent les leaders socialistes le 9 novembre 1932, ce qui entraîne une manifestation de la gauche anti-fasciste. À cette occasion, de jeunes recrues tirent sans sommation sur la foule faisant treize morts et 63 blessés[Louis Binz, Brève histoire de Genève, p. 69]. Cette tragédie engendre, quelques jours plus tard, une nouvelle grève générale en signe de protestation.
Après la Seconde Guerre mondiale, le siège européen de l'ONU et de dizaines d'organisations internationales s'installe à Genève, ce qui sera profitable au développement du tourisme de loisirs et d'affaires. Avec l'arrivée des années 1960, Genève est l'une des premières régions suisses où les mouvements xénophobes connaissent un certain succès[Louis Binz, Brève histoire de Genève, p. 78], avec l'apparition des Vigilants, mais aussi le troisième canton à accorder le droit de vote cantonal et communal aux femmes.
Architecture et urbanisme
Monuments
Les principales attractions touristiques de Genève incluent le
Mur des Réformateurs, l'Horloge fleurie, le
Monument Brunswick, le
Jet d'eau et le
Palais des Nations qui abrite le siège européen des Nations unies.
L'un des monuments les plus visités de la ville reste la cathédrale Saint-Pierre située au sommet de la vieille-ville. Un musée souterrain présente l'évolution du site et l'implantation du christianisme dans la cité. Il est complété par le Musée international de la Réforme situé dans la Maison Mallet. Un couloir souterrain, rouvert à l'occasion de l'ouverture du musée de la Réforme, relie les deux bâtiments.
Un autre site apprécié des touristes est la vieille-ville elle-même. Elle préserve en effet l'architecture typique d'une ville européenne du . De nombreuses personnalités ont vécu dans cette partie de la ville dont Jean-Jacques Rousseau et Franz Liszt.
Toutefois, le symbole de Genève reste le Jet d'eau, situé au bout de la jetée des Eaux-Vives, qui culmine à 140 mètres, ce qui le rend visible d'une bonne partie de la ville.
Image:Jet d'eau Geneva 2006 788.JPG|Jet d'eau
Image:Genf Cathédrale St-Pierre.JPG|Cathédrale Saint-Pierre
Image:ReformationsdenkmalGenf2.jpg|Mur des Réformateurs
Image:Brunswick Monument11.JPG|Monument Brunswick
Édifices religieux
Il existe un grand nombre de communautés religieuses à Genève. Même si Genève est supposée être la « Rome protestante », les catholiques ont vu leur nombre croître en raison de l'
immigration venue des pays latins. La communauté juive est l'une des plus anciennes de Genève alors que le communauté musulmane fait plus récemment son apparition.
Espaces verts

Jardin botanique
De nombreux parcs couvrant 310
hectares (soit près de 20 % du territoire) forment de grands espaces de loisirs et de détente disséminés à travers les différents quartiers. La plupart, situés au bord du lac, abritent des maisons de maître et disposent d'une arborisation de grande qualité. Certains de ces parcs étaient auparavant de grandes propriétés privées rachetées ou offertes à la Ville de Genève au fil du temps. Leur entretien est assuré par le Service des espaces verts et de l'environnement.
L'île Rousseau, nommée en hommage à Jean-Jacques Rousseau, se trouve sur le Rhône (entre le pont du Mont-Blanc et le pont des Bergues) et accueille de nombreux oiseaux.
Rive gauche
- Le Jardin anglais est un jardin situé au bord du lac, entre le pont du Mont-Blanc et le quai Gustave-Ador, où se trouve le Monument national (célébrant l'union avec la Confédération en 1815) et la célèbre Horloge fleurie.
- Le Parc des Bastions, situé au pied des fortifications de la Treille, accueille l'un des bâtiments de l'Université de Genève ainsi que le Mur des Réformateurs où sont sculptés Jean Calvin, Guillaume Farel, Théodore de Bèze et John Knox.
- Le Parc Bertrand, situé dans le quartier de Champel, comprend de très beaux spécimens dont un grand pin de l'Himalaya, des hêtres pourpres, deux très grands plataness et trois séquoia géants.
- Le Parc des Eaux-Vives, l'un des plus beaux sites des bords du lac, abrite de très vieux arbres et un hôtel-restaurant parmi les plus côtés de Genève.
- Le Parc de la Grange, adjacent au Parc des Eaux-Vives, abrite une grande roseraie, une demeure du et des vestiges gallo-romains attestant de la présence d'une grande propriété sur ce terrain il y a au début de l'ère chrétienne. L'été, en juillet et août, des concerts gratuits sont organisés sur la scène Ella-Fitzgerald.
Entre le Jardin anglais et le Parc La Grange, une promenade permet de parcourir environ quatre kilomètres avant de rejoindre le siège de la
Société nautique de Genève et Genève-Plage.
Rive droite
Démographie
Jusqu'en
1870, Genève est la plus peuplée des villes suisses
[ Population de Genève (Ville de Genève) ]
. Aujourd'hui, elle est dépassée par
Zurich mais demeure placée devant
Bâle,
Berne et
Lausanne.
Genève compte par ailleurs le plus grand nombre d'étrangers habitant une ville suisse : ils représentent ainsi 44,2 % représentant de la population totale à la fin 2006[ Population de la Ville de Genève (Office cantonal de la statistique) ]
, soit près de 180 nationalités. Même si Genève n'est pas une métropole au niveau mondial, les communautés étrangères sont nombreuses en raison de l'accueil qui a été fait aux migrants venus de France, d'Italie, d'Espagne, du Portugal ou encore d'ex-Yougoslavie ainsi qu'à la présence des organismes internationaux basés à Genève. Les expatriés jouent ainsi un grand rôle dans la vie sociale genevoise.
Culture
Genève dispose d'une vie culturelle d'une grande richesse. Elle est d'ailleurs la ville d'
Europe qui consacre la plus grande part de son budget à la culture (plus de 20 %).

Grand Théâtre
Ses très nombreux musées, ses bibliothèques, le
Grand Théâtre et l'
Orchestre de la Suisse romande ont fortement contribué à son rayonnement. Depuis une vingtaine d'années, un nouveau type d'espaces culturels urbains a été créé dans des bâtiments désaffectés et préservés au titre de monuments tels les Halles de l'Île, l'Usine ou la Maison des Arts du Grütli.
Musées
Les lieux d'expositions sont particulièrement nombreux à Genève. Musées municipaux, musées privés, centres d'art et galeries quadrillent la ville.
La commune est propriétaire et responsable de 16 musées. Parmi eux, les Musées d'art et d'histoire —
Musée d'art et d'histoire,
Maison Tavel et
Musée Rath — forment le plus grand ensemble muséal de Suisse avec ses 8 musées et leur million d'objets, son centre iconographique, sa bibliothèque, son laboratoire de recherche et ses ateliers de restauration.
À ses côtés se trouvent les Conservatoire et Jardin botaniques et leurs herbiers, regroupant quelque six millions d'échantillons, le Musée d'ethnographie et son annexe de Conches, le Muséum d'histoire naturelle, le Musée de l'Ariana ou l'Institut et musée Voltaire connu internationalement pour sa collection de documents du .
Les musées privés, qu'ils soient subventionnés — comme le Mamco — ou entièrement privés — comme le Musée Patek Philippe et le Musée international de la Réforme —, sont presque une vingtaine à mettre à la disposition de la population genevoise les richesses de leurs collections.
Arts
À Genève, la plupart des salles de spectacles sont la propriété de collectivités publiques. Si certaines sont de véritables institutions, d'autres, tournées vers les compagnies indépendantes, parviennent également à mettre sur pied des saisons complètes. D'autres encore n'ont pas de direction artistique mais sont louées aux compagnies locales.
Ernest Ansermet et l'Orchestre de la Suisse romande, le Grand Théâtre, le Victoria Hall, Armin Jordan, L'Usine, Artamis ou encore le Chat noir ont fait et font toujours la réputation locale voire internationale de la ville.
Genève abrite également des compagnies théâtrales qui y sont nées ou ont décidé de s'y implanter.
À l'exception du ballet du Grand Théâtre qui possède un lieu de répétition et une salle de représentation, les compagnies de danses genevoises ne possèdent pas de salles fixes. Défendues par l'Association pour la danse contemporaine, elles militent pour la création d'une Maison de la danse.
Festivals et événements
De nombreuses manifestations ont lieu tout au long de l'année parmi lesquelles :
Traditions
Depuis
1818, un
marronier de la promenade de la Treille est utilisé afin de déterminer le début du
printemps. C'est le
sautier qui observe l'arbre et qui note le jour de l'arrivée du premier
bourgeon. Le sautier publie alors un communiqué de presse qui est repris dans la presse locale.
Le jeudi suivant le premier dimanche de septembre, Genève fête le Jeûne genevois. Selon la tradition locale, cette fête commémorerait la nouvelle du massacre de la Saint-Barthélemys rapportée par les Huguenot arrivés à Genève.
Enseignement
Genève est le siège de l'
Université de Genève, fondée par
Jean Calvin en
1559, auquelle est rattachée la
Bibliothèque de Genève (ancienne Bibliothèque publique et universitaire).
La ville abrite par ailleurs l'un des plus prestigieux établissements spécialisés en relations internationales, l'Institut de hautes études internationales, l'Institut international de Lancy (fondé en 1903) mais également de la plus ancienne école internationale au monde, l'École internationale de Genève, fondée en 1924 à la suite de la Société des Nations, et l'Institut Florimont.
Le système éducatif genevois est divisé en écoles enfantines (4 à 5 ans), primaires (6 à 11 ans), cycles d'orientation (12 à 14 ans) et collèges (15 à 18 ans), le plus ancien d'entre eux étant le Collège Calvin situé dans les anciens bâtiments de l'Université, pouvant ainsi être considéré comme l'école publique la plus ancienne du monde.
Genève possède également des établissements post-secondaires tels que l'École d'Ingénieurs de Genève ainsi qu'un grand nombre d'établissements d'enseignement musical dont l'Institut Jaques-Dalcroze et le Conservatoire de Genève.
Image:Aile Sud.JPG|Collège Calvin
Image:Uni-Bastions University Geneva.jpg|Université de Genève (Bastions)
Image:Uni-Mail.JPG|Université de Genève (Uni-Mail)
Image:Ecole-Ingénieurs-Genève.jpg|École d'Ingénieurs de Genève
Politique
Pouvoir délibératif
Le pouvoir délibératif est exercé par le Conseil municipal. Il est composé de 80 conseillers municipaux élus directement par le corps électoral au scrutin proportionnel tempéré d'un quorum de 7 %. Leur mandat dure quatre ans et est renouvelable indéfiniment.
Ils votent le budget municipal et les projets d'arrêtés présentés par le Conseil administratif (CA) qui impliquent une obligation d'exécution. En outre, ils peuvent prendre diverses initiatives :
- Motion (chargeant le CA de déposer un projet d'arrêté visant un but déterminé ou une mesure à prendre)
- Résolution (simple déclaration d'intention)
- Motion préjudicielle ou d'ordre (concernant le déroulement de la séance)
- Interpellation (demande d'explication adressée au CA)
- Questions orales ou écrites au CA
Pouvoir exécutif

Palais Eynard
Il est exercé par le
Conseil administratif de Genève qui est un collège de cinq membres élus directement et séparément par le corps électoral de la ville au scrutin majoritaire et pour un mandat de quatre ans. Par tournus, le
maire est élu chaque année parmi ses membres. À l'issue des élections administratives du
[Résultats des élections administratives du 29 avril 2007 (État de Genève) ]
, le nouveau conseil administratif, entré en fonction le , se compose de la façon suivante :
Droits populaires
Les citoyennes et citoyens sont électeurs et éligibles à condition d'être de nationalité suisse et d'être domiciliés sur le territoire de la commune. Les étrangers domiciliés depuis au moins huit ans en
Suisse (dont trois mois dans la commune) ont également le droit de vote communal depuis l'adoption d'une
initiative populaire cantonale lors de la
votation du
24 avril 2005. L'autre initiative octroyant le droit d'éligibilité a en revanche été refusée. Genève suit ainsi la plupart des villes romandes, plus libérales que les villes alémaniques, quant aux possibilités données aux étrangers de participer à la vie politique locale.
Les citoyens et citoyennes de la Ville de Genève disposent du droit de référendum et d'initiative populaire. Ces droits existent aussi au niveau cantonal et fédéral. Ils permettent de soumettre au corps électoral un arrêté voté par le Conseil municipal ou une demande de délibération sur un objet déterminé. Il faut pour ce faire réunir les signatures de électeurs au moins, dans les quarante jours qui suivent l'adoption de l'arrêté ou le lancement de l'initiative. Si les signatures sont réunies, le corps électoral est obligatoirement appelé aux urnes.
Ville internationale

Palais des Nations

Siège du CICR
Elle est depuis longtemps considérée comme une terre d'asile de par son rôle de ville d'accueil pendant les persécutions à l'encontre des protestants qui ont suivi la Réforme. Avec l'accueil de nombreux réformateurs comme
Guillaume Farel, Jean Calvin ou Théodore de Bèze, elle gagne son surnom de « Rome protestante » ou de « cité de Calvin ». De nombreuses personnalités internationales y trouvent refuge comme le célèbre
Lénine avant la
révolution russe de
1917.
C'est grâce à cette tradition d'accueil et à la neutralité de la Suisse que de nombreuses organisations internationales décident d'y installer leur siège :
Genève accueille également de nombreuses conférences internationales dont certaines sont restées célèbres. Ainsi, c'est ici que sont signées les
conventions de Genève en
1949, instrument fondamental du
droit international humanitaire développant la convention de
1864, ainsi que la
convention de 1951ss sur le statut des
réfugié. Plus tard, les
accords de Genève mettent fin à la
Guerre d'Indochine et l'
Initiative de Genève tente de contribuer à la résolution du
conflit israélo-palestinien. Au vu du nombre de conventions ayant été signée à Genève, la page
Convention de Genève (homonymie) en regroupe certaines.
Économie
Infrastructures
Transports
L'aéroport international de Genève, à Cointrin, est situé à moins de dix minutes du centre-ville et accessible en
bus ou en
train. De grandes compagnies telles que
EasyJet,
British Airways,
Air France,
Lufthansa et
Swiss proposent des lignes à destination de toute l'
Europe et du reste du monde.
La ville est desservie par les réseaux ferroviaires suisses (
CFF) et français (
SNCF). Des liaisons
TGV directes la relient à Paris et
Marseille. Des trains régionaux circulent également entre
Lancy-Pont-Rouge et
Coppet et le RER (Rhône Express Régional) la relie à
Bellegarde. Ces deux lignes régionales sont aujourd'hui insuffisantes et couvrent inégalement l'agglomération. Le
réseau express régional sera vraiment complet une fois réalisé le projet du
CEVA [CEVA Liaison ferroviaire Cornavin - Eaux-Vives - Annemasse (CEVA.ch) ]
(Cornavin-
Eaux-Vives-
Annemasse) qui est planifié depuis
1884. En connectant le réseau suisse avec le réseau de la Haute-Savoie (par un tunnel sous une partie de la ville) les trains pourront circuler dans la région transfrontalière tout autour de Genève et, grâce à de nouvelles gares, desserviront des zones densément peuplées de la ville.
Au sein de la ville, les Transports publics genevois (TPG) exploitent un réseau dense de bus et de trolleybus ainsi qu'un réseau de tramways en pleine renaissance. Un service de bateau est également assuré par les Mouettes genevoises, reliant entre elles les deux rives de la rade. D'un usage premier essentiellement touristique, leur développement actuel leur permet de plus en plus d'assurer un véritable rôle dans le transport urbain.
Genève est reliée au réseau autoroutier suisse par l'A1 et français par l'A40.
La gare Cornavin est également le départ de la routes cycliste nationale numéro 1 appelée Route du Rhône qui mène à Andermatt.
Énergie
L'
eau potable, le
gaz naturel et l'électricité sont fournis par les Services industriels de Genève (SIG).
80 % de l'eau est extraite du lac Léman et 20 % d'une nappe phréatique née d'infiltrations de l'Arve.
30 % de l'électricité est produite localement par les barrages hydroélectriques sur le Rhône (Seujet, Verbois et Chancy-Pougny) ou par la chaleur induite par la combustions des déchet ménagers à l'usine des Cheneviers. Les 70 % restants sont importés d'autres cantons suisses ou d'autres pays européens. Les SIG n'achètent alors que de l'électricité produite par des énergies renouvelables.
Le gaz naturel est importé par la compagnie suisse Gaznat.
Médias
L'un des principaux journaux de la ville est
La Tribune de Genève.
Le Courrier, fondé en
1868, est soutenu à l'origine par l'
Église catholique romaine mais devient indépendant en
1996. Principalement centré sur Genève, il essaye de s'étendre en
Suisse romande mais connaît régulièrement des difficultés financières.
Le Temps et
Le Matin (basé à
Lausanne) ne couvrent pas spécifiquement l'actualité locale. Depuis
mars 2006, le quotidien gratuit
20 minutes a une édition genevoise et devient le principal concurrent du
Matin Bleu. L'actualité financière est couverte par le quotidien
L'Agefi mais aussi depuis
2007 par un nouveau magazine mensuel gratuit,
L'Extension (qui fait suite au journal
L'Extension créé en
1987), qui a vocation à traiter de l'information genevoise et de sa région sous l'angle socio-économique.
La Suisse, journal réputé, disparaît en 1994. Quant au Journal de Genève, il a fusionné en 1998 avec le Nouveau Quotidien et devient Le Temps.

Sièges de la TSR et studios genevois de la RSR
De nombreuses radios sont disponibles dont celles de la
SSR, en particulier la
Radio suisse romande, ainsi que
Radio Lac,
NRJ Léman,
OneFM,
Rouge FM,
Radio Plus ou encore
Radio Orient (en
arabe) et
World Radio Switzerland (en
anglais), réalisée dans les studios genevois de la
RSR et connue jusqu'au
2007, date de son extension nationale, sous le nom de World Radio Geneva.
En ce qui concerne la télévision, outre la Télévision suisse romande basée dans une tour de 17 étages du quartier de Plainpalais, Genève dispose de sa chaîne locale, Léman Bleu, fondée en 1996.
Sports
La principale équipe sportive de Genève fut longtemps le club de
football du
Servette FC fondé en
1890. Toutefois, en
2005, des problèmes de gestion causent la faillite du club qui est relégué en ligue amateur. Le Servette FC évolue en
2007 en seconde division suisse. L'équipe est basée au
Stade de Genève qui a remplacé le Stade des Charmilles.
Genève dispose également d'une équipe de hockey sur glace, le Genève-Servette Hockey Club, qui joue en Ligue nationale A.
Genève a la seule équipe romande de handball qui est issue du regroupement entre les clubs du Chênois et du Servette et est d'ores et déjà assurée de participer à la saison 2007-2008 en Ligne nationale A.
Son accès au lac Léman lui permet d'être un centre nautique important avec sa société nautique, où est basé le syndicat Alinghi, et la régate du Bol d'or.
Genève est aussi une ville pionnière en ce qui concerne le handisport: créée en 1956, Handisport Genève est à l'origine des activités sportives pour personnes handicapées en Suisse.
Genève dans les arts
Littérature
BD
Cinéma et télévision
Musique
Genève a inspiré
Chokebore, pour une chanson de leur dernier album studio,
It's a Miracle, appelée tout simplement
Geneva. Dans les paroles de cette chanson, on peut lire : « Geneva was just like you'd expect it, full of radiance, full of low lights and sad girls » que l'on peut traduire par « Genève était juste comme tu t'attendais à ce qu'elle soit, pleine de luminosité, pleine de lumières basse et de filles tristes ». On retrouve cette même chanson sur l'album live du groupe :
A Part from Life.
Cimetières
Entre
1700 et
1853, le seul
cimetière de la ville est celui de Plainpalais. Au début des
années 1850, le cimetière de Châtelaine est construit, puis celui de Saint-Georges dans les
années 1880. Le cimetière du Petit-Saconnex est intégré à la ville en
1931 suite à la fusion des communes.
À la fin du , des études sont entamées en vue de la construction d'un crématorium au cimetière de Saint-Georges. Le projet aboutit et l'inauguration a lieu en mars 1902. À côté de l'installation, on construit un columbarium (agrandi en 1916). En 1907, un second four est installé. Durant les deux dernières années de la Première Guerre mondiale, les incinérations sont interrompues à cause de la pénurie de combustible. L'installation est modernisée dans son ensemble en 1942.
Par la suite, des centres funéraires sont construits comme la chapelle des Rois en 1956 et le centre funéraire de Saint-Georges en 1976.
Plainpalais
La Ville de Genève entre en possession du cimetière protestant de Plainpalais (également appelé
cimetière des Rois) en
1869. Il est alors géré par l'Hôpital général de Genève. Jusqu'en
1876, seuls les protestants y sont ensevelis. Dès
1883, le cimetière est fermé pour les inhumations ordinaires et est réservé aux personnes ayant acquis une concession. Le prix de la concession y étant plus élevé que dans les autres cimetières, le nombre d'inhumations diminue et la coutume d'ensevelir à cet endroit les
conseillers d'État, les
conseillers administratifs ou d'autres personnalités s'installe peu à peu. Autour de
1945, des aménagements sont effectués et le lieu peut désormais être apparenté à un
parc.
[Cimetière des Rois ]
Parmi les personnalités qui y reposent, on peut citer :
Châtelaine
Ouvert en
1853, le cimetière dit
du Lazaret est d'abord réservé aux
catholiques. Dès
1864, on y ensevelit en général les personnes décédées sur la rive droite du Rhône et il est considérablement agrandi. Cependant, la nature
marécageuse du terrain pose de nombreux problèmes et des travaux de
drainage doivent être entrepris. Entre
1899 et
1911, le nombre d'inhumations est donc limité au strict minimum. Il est véritablement rouvert en
1918. Dès
1946, les inhumations sont à nouveau limitées, puis restreintes dès
1969 aux carrés réservés.
Saint-Georges
Le cimetière est ouvert en 1883. Durant les dix premières années, seule la moitié de l'espace est utilisée. En
1898, une convention est passée avec la commune de
Lancy qui cède du terrain à Genève afin d'augmenter la surface du site. D'une façon générale, Saint-Georges accueille les personnes décédées sur la rive gauche du Rhône. En 1911, le cimetière est encore agrandi en raison de sa promotion comme unique cimetière pour les inhumations ordinaires des personnes domiciliées à Genève. Un emplacement spécial et gratuit est concédé pour les soldats allemands décédés à Genève pendant la Première Guerre mondiale. Entre
1942 et
1944, le site est cultivé et plusieurs tonnesss de
légume et
céréales sont récoltées chaque année. En 1945, la partie orientale est transformée en parc.
Ferdinand Hodler figure parmi les personnalités enterrées ici.
Petit-Saconnex
Le Petit-Saconnex constitue une commune à part entière jusqu'en 1931. Son cimetière est ouvert en
1815 et partagé en deux parties jusqu'en
1878. À partir de juillet 1931, Genève prend en charge l'entretien du site. Ce cimetière est ensuite agrandi en
1932 et 1942. Dès 1946, le Conseil administratif décide que toutes les personnes décédées sur la rive droite du Rhône sont inhumées au Petit-Saconnex. Dès
1947, le nombre de sépultures augmente suite à la fermeture provisoire du cimetière de Châtelaine.
Annexes
Personnalités
- Gustave Ador, homme politique
- Henri-Frédéric Amiel, écrivain et philosophe
- Adolphe Appia, architecte
- Ami Argand, physicien et chimiste
- Jean-Henri Merle d'Aubigné, pasteur et historien de la Réformation
- Jean-Luc Bideau, acteur
- John Isaac Briquet, botaniste
- Charles Bonnet, biologiste et philosophe
- Antoine Carteret, homme politique
- Jean-Jacques Challet-Venel, homme politique
- Philippe Chappuis dit Zep, auteur de bande dessinée
- Édouard Claparède, médecin et psychologue
- Étienne Clavière, banquier et homme politique
- Jean-Daniel Colladon, physicien
- Gabriel Cramer, mathématicien
- Ruth Dreifuss, syndicaliste et présidente de la Confédération
- Élie Ducommun, prix Nobel de la paix
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