Biographie
Fils d'un notaire de Châteauroux, George-Albert Aurier vint à Paris en 1883 afin d'entreprendre des études de droit avant de se passionner pour l’art et la littératures. Il publia de son vivant un recueil de poésie L’œuvre maudite et un roman Vieux. Sa mère a rassemblé ses écrits dans Œuvres posthumes (1893), préfacé par Remy de Gourmont.[Œuvres posthumes de G.-Albert Aurier, Edition de Mercure de France, Paris 1893]. L'ouvrage contient un choix de poèmes, un mélange de proses, quelques actes de théâtre, des dessins, des ébauches, un roman (Ailleurs), ainsi que les principaux articles de critique d'art qui firent la réputation du jeune Berrichon.
Critique d'art et théoricien de l’art, il fut l’un des fondateurs du « Mercure de France », dans lequel il publia de nombreux articles sur des peintres alors peu connus : Paul Gauguin, Van Gogh, Puvis de Chavannes, Gustave Moreau, Monet, Renoir, Berthe Morisot, etc. Il écrivit le premier un article sur Vincent Van Gogh. Figure incontournable du premier symbolisme, Aurier révéla en effet au public les impressionnistes, et plus particulièrement Van Gogh et Gauguin. Il fut selon Hector Talvart « l'un des écrivains les plus marquants de l'école décadente, et l'un des promoteurs du symbolisme en peinture et en littérature. »
Après la parution de son article sur Van Gogh en janvier 1890, l'artiste lui répondit dans une longue lettre. Cet échange entre les deux hommes fit l'objet d'une étude universitaire détaillée en 1986[Patricia Mathews, Aurier and Van Gogh : Criticism and Response, The Art Bulletin, Vol. 68, No. 1 (Mars 1986), pp. 94-104].
Dans son II Livre des masques, (1898), Remy de Gourmont insiste sur l'importance de travail de critique d'art d'Aurier : « Nous n'avons eu depuis l'ère nouvelle que deux critiques d'art, Aurier et Fénéon : l'un est mort, l'autre se tait. Quel dommage ! »
Il donna d'ailleurs une définition du symbolisme dans un article du Mercure de France de 1891, l’œuvre d’art devra être premièrement idéiste, puisque son idéal unique sera l’expression de l’idée, deuxièmement symboliste puisqu’elle exprimera cette idée en forme, troisièmement synthétique puisqu’elle écrira ses formes, ses signes selon un mode de compréhension général, quatrièmement subjective puisque l’objet n’y sera jamais considéré en tant qu’objet mais en tant que signe perçu par le sujet, cinquièmement l’œuvre d’art devra être décorative.
Après un voyage à Marseille, George-Albert Aurier mourut de la fièvre typhoïde à son retour à Paris à l’âge de 27 ans, le 5 octobre 1892. Ses amis accompagnèrent le cercueil jusqu'à la Gare d'Orléans (devenue aujourd'hui le Musée d'Orsay) d'où il fut ramené en train jusqu'à Châteauroux pour être inhumé dans le caveau familial.[Sur les funérailles, on peut consulter : G.-Albert Aurier Mercure de France, Novembre 1892, p. 282-285].
Postérité
En
1961, le
Collège de Pataphysique consacra le numéro 15 de ses
Dossiers à George-Albert Aurier qui « à diverses reprises a senti l'interférence du
Symbolisme et de ce qu'on ne nommait pas encore la
Pataphysique ». Il comporte de nombreux textes de l'auteur et des études réalisées par des membres du Collège.
Sélection d'articles de critique d'art
- Les Isolés : Vincent van Gogh, Mercure de France, Janvier 1890, p. 24-29 (en pdf sur Gallica
).
- Le Symbolisme en peinture : Paul Gauguin, Mercure de France, Mars 1891, p. 155-165 (en pdf sur Gallica
).
- Les Symbolistes, Revue encyclopédique 2, 1892, p. 474-486.
Bibliographie
- N° 15 des Dossiers du Collège de Pataphysique, numéro consacré à George-Albert Aurier, 96 pages, 1961
- Sophie Monneret, L'impressionisme et son époque, dictionnaire international, Denoël, Paris 1979
- Patricia Mathews, Aurier and Van Gogh : Criticism and Response, The Art Bulletin, Vol. 68, No. 1 (Mars 1986), pp. 94-104
Liens externes
Notes et références