Historique de la découverte [Clottes, J., Beltrán, A., Courtin, J. et Cosquer, H. (1992) - « La Grotte Cosquer (Cap Morgiou, Marseille) », Bulletin de la Société Préhistorique Française, t. 89, 4, pp. 98-128.],[Clottes, J., Courtin, J. et Vanrell, L. (2007) - « La grotte Cosquer à Marseille », in: Grottes ornées en France, Les dossiers d'archéologie, n° 324, pp. 38-45.]
Henri Cosquer, scaphandrier professionnel à
Cassis, découvrit l'entrée de la grotte en 1985. Il l'explora progressivement et la visita à plusieurs reprises. Après la mort accidentelle de trois plongeurs dans le couloir d'accès, il déclara la grotte au Quartier des affaires maritimes de Marseille le 3 septembre 1991. Le dossier fut transmis à la Direction des recherches archéologiques sous-marines (DRASM) puis au
Service régional de l'archéologie dépendant du
Ministère de la Culture.
Une expertise eu lieu du 18 au 20 septembre, avec le concours du navire de la DRASM, l'Archéonaute. Elle fut conduite notamment par Jean Courtin, préhistorien et plongeur confirmé, et par Jean Clottes, spécialiste de l'art pariétal.
L'entrée de la grotte fut murée afin de la préserver et de prévenir les risques d'accident.
En juin 1992, une nouvelle mission permit notamment le tournage d'un film.
En 2002 et 2003, une autorisation pour une opération de recherche et d'inventaire fut accordée à Luc Vanrell.
Description de la cavité
Il y a 20 000 ans, lors de la
dernière glaciation, une grande quantité d'eau était mobilisée sous forme de calottes glaciaires et le niveau de la mer était de cent dix à cent vingt mètres plus bas qu'aujourd'hui. Le rivage de la
Méditerranée se situait alors à plusieurs kilomètres de l'emplacement de la grotte. Lorsque le niveau de la mer s'est élevé progressivement au début de l'
Holocène, l'entrée de la grotte a été submergée.
La grotte n'est aujourd'hui accessible que par un tunnel long de 175 mètres, dont l'entrée se trouve à 37 mètres au-dessous du niveau actuel de la mer. Elle comporte plusieurs parties :
- Les parties immergées
- La Salle Nord
- La Grande Salle
- Le 'Plage'
- L'Arche
- Le Chaos
- La Salle du Félin
- Les parties submergées
- Le Petit Puit noyé
- La Salle Basse
- Le Grand Puit noyé
- La Galerie d'accès
L'art de la Grotte Cosquer
Cette grotte abrite plusieurs dizaines d'œuvres peintes et gravées du
Paléolithique supérieur. Ces œuvres correspondent à deux phases d'occupation distinctes :
- une phase ancienne comportant des mains négatives et des tracés digitaux, datant d'environ - 27 000 ans BP (Gravettien)
[Clottes, J., Courtin, J., Valladas, H., Cachier, H., Mercier, N. et Arnold, M. (1992) - « La Grotte Cosquer datée », Bulletin de la Société Préhistorique Française, t. 89, 8, pp. 230-234.]. La grotte compte 65 mains négatives, noires (44) ou rouges (21), réalisées par la technique du pochoir ;
- une phase plus récente comportant des signes ainsi que des peintures et des gravures figuratives essentiellement animales, datant d'environ - 19 000 ans BP (Solutréen). Les animaux figurés durant cette deuxième phase sont classiques pour la plupart : les chevauxss sont les animaux les plus représentés (63), suivis des bouquetin (28), des cervidés (17), des bisons (10) et des aurochs (7). On note aussi la présence originale d'animaux marins (16), comme les phoques (9), les pingouinss (3), les méduse, les poissons ou les cétacés. En tout, 177 animaux ont été recensés
. Une gravure a été interprétée comme une représentation du thème de l'« homme blessé ». De très nombreux signes (216) dont huit représentations sexuelles (2 masculins et 6 féminins) complètent cet inventaire.
Fréquentation de la grotte
Que ce soit pour la première ou la deuxième phase de fréquentation, les hommes n'ont pas habité la grotte. L'absence d'ossements, la rareté des outils et des indices d'activités quotidiennes laissent penser à des incursions brèves liées à la réalisation des dessins et éventuellement à des cérémonies.
Voir aussi
Références
Bibliographie
- Jean Clottes, Jean Courtin, La grotte Cosquer, Éd. du Seuil, 1994,
- Jean Clottes, Jean Courtin, Luc Vanrell, Cosquer redécouvert, Éd. du Seuil, 2005,
Liens externes