Historique et contexte
Le
G6 a été créé en
1975 sur l'initiative du président français
Valéry Giscard d'Estaing lors d'un
sommet entre les six chefs d'États fondateurs au
château de Rambouillet du 15 au 17 novembre 1975 afin de traiter les questions économiques et financières de façon informelle. Autrement dit, le G8 n'a pas de structure particulière, il ne répond pas à un protocole ou à une organisation : il s'agit d'une réunion de dirigeants, dans une «
ambiance décontractée», «
pour discuter des affaires du monde»
[Ces citations sont extraites du site officiel du G8 d'Évian 2003 ]
.
Importance économique
En 2004 puis en 2005, en fonction du
produit intérieur brut (PIB) classé selon les pouvoirs d'achat, les 8 membres se classent parmi les 11 pays les plus riches du monde.
[En termes de création de richesses en biens et services. Voir Statistiques de la Banque mondiale (classement 2005 en PIB corrigé selon l’indice national de pouvoir d’achat) ]
et FactBook de la CIA (classement 2005 en dollars US, non corrigé)
.
La Chine (7.124 en milliards de dollars par le PIB à parité de pouvoir d'achat), l'Inde (3.363 en milliards de dollars) et le Brésil (1.483 en milliards de dollars) ne font pas partie du G8 bien qu'ils dépassent certains pays du G8 par cet indicateur. Cependant, ces pays émergents ne font pas partie des sept premiers producteurs mondiaux si l'on s'en tient au calcul du PIB avec les taux de change en vigueur.
Dans le monde, le G8 ne recouvre que 13,5% de la population mondiale, mais il produit les deux tiers des richesses du monde.
| 2004
| Population
| Richesse produite
| PIB/hab.
|
| Millions
| %
| Milliards $US
| %
| $US
|
| Monde
| 6 345,1
| 100,0
| 39 833,6
| 100,0
| 6 277
|
| G8
| 855,6
| 13,5
| '''29 129 (2006)
| 65,7
| 30 577
|
| États-Unis
| 293,5
| 4,6
| 13 192 (2006)
| 30,5
| 41 400
|
| Japon
| 127,8
| 2,0
| 4 405 (2006)
| 11,9
| 37 167
|
| Allemagne
| 82,6
| 1,3
| 2 889 (2006)
| 6,2
| 30 133
|
| Royaume-Uni
| 59,4
| 0,9
| 2 370 (2006)
| 5,1
| 33 946
|
| France
| 64,0
| 0,9
| 2 229 (2006)
| 4,7
| 30 978
|
| Italie
| 59,1
| 0,9
| 1 837 (2006)
| 3,8
| 26 104
|
| Canada
| 31,9
| 0,5
| 1 256 (2006)
| 2,3
| 32 921
|
| Russie
| 142,8
| 2,3
| 951 (2006)
| 1,9
| 5 187
|
Structure et activités
Le
G8 n'est pas une administration transnationale, à la différence d'institutions comme les organisations du système des
Nations unies telles que l'
ONU ou la
Banque mondiale. La présidence du groupe tourne parmi les États membres chaque année. Le pays tenant la présidence accueille une série de réunions au niveau ministériel amenant à un
sommet de deux ou trois jours au milieu de l'année avec les chefs d'États et de gouvernements. Il est aussi responsable de la sécurité des participants.
Les réunions ministérielles rassemblent des ministres compétents dans des domaines tels que la santé, l'éducation, l'énergie, l'environnement, la justice et la sécurité. La plus connue de ces dernières est le G7 qui se réfère maintenant spécifiquement à la réunion annuelle des ministres de l'économie du G8, excepté la Russie, ainsi que de fonctionnaires de l'Union européenne.
Par exemple, en juin 2005, les ministres de la justice et de l'intérieur se sont mis d'accord sur le lancement d'une base de donnée internationale des pédophiles.
Historique des États membres
- G6 en 1975 : les États-Unis, le Japon, la République fédérale d'Allemagne, le Royaume-Uni, la France et l'Italie ;
- G7 en 1976 : le Canada rejoint le groupe ;
- G8 en 1998 : la Fédération de Russie rejoint le groupe.
Note : l'Union européenne y participe en tant que telle.
Sommets
Chaque année, les sommets du G8 changent de pays dans cet ordre : France, États-Unis, Royaume-Uni, Russie, Allemagne, Japon, Italie, Canada.
Il est à noter toutefois que la Russie n'organise le sommet pour la première fois qu'en 2006 (alors qu'elle a rejoint le groupe en
1998). La Chine et l'Espagne sont de possibles futurs candidats.
Précédents sommets
G6
G7
G8
Futurs sommets
Luttes contre le G8
Au cours des années précédentes, il n’y a pratiquement pas eu un seul sommet qui se soit déroulé sans heurts, que ce soit à
Gênes ou à
Evian. À Gênes, un manifestant du nom de
Carlo Giuliani a été abattu d'une balle dans la tête à bout portant par un policier peu préparé et manifestement paniqué, il est depuis devenu un symbole de la lutte anarchiste. Lors du sommet d'Évian, un activiste, suspendu par une corde à un pont autoroutier afin d'y accrocher une banderole a été précipité dans le vide après qu'un policier suisse ait coupé la corde pour libérer le passage aux voitures. C'est de justesse qu'il s'en sortira après une chute de 23 mètres (env. 7 étages) avec un pied broyé et des fractures lombaires.
[1] 
En juin 2007, un témoin fondamental assigné à comparaître, aux côtés de 28 autres policiers, devant le tribunal chargé de juger les violences policières lors de la « Nuit des matraques » à l'école Diaz à Gênes (qui hébergeait des militants chargés notamment de la communication sur le G8 pour des réseaux d'information indépendants), livre des informations compromettantes pour la police, accusée depuis des années d'actes d'une extrême violence au cours de ce G8 et dont les abus n'ont pas encore reconnus officiellement ni sanctionnés en dépit de nombreuses plaintes : confirmant les allégations de nombre de militants, Michelangelo Fournier, commandant d’un groupe anti-émeute affirme ainsi s'être opposé en vain à une « boucherie » sous les insultes de ses subordonnés. Au même moment, 45 carabiniers sont jugés par un autre tribunal.
À l'époque, le pouvoir exécutif, loin d'assumer une quelconque responsabilité dans ces violences, a limogé le chef de la police, qui avait été nommé sous le précédent gouvernement.
De même, les protestations ont été fortes contre les rencontres du FMI à Prague ou à Berlin et contre celle de l'OMC à Seattle. Ainsi, depuis les manifestations de Gênes en 2001, les sommets du G8 ne se déroulent habituellement plus dans les métropoles, mais dans des espaces difficilement accessibles et facilement contrôlables.
Du 6 au 8 juin 2007 le sommet annuel du G8 se tient en Allemagne à Heiligendamm dans le Kempinski Grand Hotel dans la région de Mecklembourg-Poméranie occidentale (nord-est). Il s’agit d’une station balnéaire au bord de la mer Baltique. Heiligendamm est situé à 20 km à l’ouest de Rostock et à 200 km de Berlin. 100 000 manifestants y sont attendus, ainsi que 16000 agents de police, et un millier de militaires. Un mur de grillage d'une douzaine de kilomètres levé pour l'occasion fait rempart contre toute tentative d'incursion.
Notes
Liens externes
Voir aussi