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Dernière modification: 2007-11-20
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Catégorie: Bretagne médiévale Guerre de Succession Guerre de Cent Ans

Guerre de Succession de Bretagne

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La guerre de Succession de Bretagne (1341-1364) — ou guerre des deux Jeanne — est l'une des guerres secondaires qui eurent lieu au cours de la guerre de Cent Ans.

1 Prémices
2 La guerre
3 Notes et références

Prémices

Le problème successoral

Charles de Blois‎

Charles de Blois‎

Le 30 avril 1341, meurt le duc Jean III de Bretagne. Malgré trois mariages, avec Isabelle de Valois, Isabelle de Castille et Jeanne de Savoie, Jean III n'a pas eu le moindre enfant. Et il n'est jamais parvenu à se décider à désigner l'un des deux candidats à sa succession. Il y a d'une part Jeanne de Penthièvre, fille de son frère Guy de Penthièvre, mariée depuis 1337 à Charles de Blois, parent du roi, d'autre part son demi-frère Jean de Montfort, comte de Montfort-l'Amaury, fils du second mariage d'Arthur II de Bretagne avec Yolande de Dreux, comtesse de Montfort-l'Amaury.

Les alliances

Par sa naissance, Charles de Blois est le neveu du nouveau roi Philippe VI de Valois, choisi pour roi aux dépends des prétentions d'Édouard III d'Angleterre, en vertu de la loi salique. Charles de Blois a en outre hérité des prétentions de la maison de Penthièvre sur le duché de Bretagne.

En réaction, Édouard III se rappproche du Montfort qui sait avoir peu à attendre du roi. Cette alliance est assortie du comté de Richemont, fief anglais entré dans le patrimoine des ducs de Bretagne.

Le jugement parisien

Les concurrents n'entament pas de procédures judiciaires mais se présentent tous deux à Paris pour rendre hommage au roi Philippe VI - la Bretagne est un duché-pairie depuis 1297. La différence dans leur accueil laisse apparaître que Charles de Blois est reconnu comme l'héritier légitime.

La situation est paradoxale : les droits de Charles de Blois se fondent sur la succession par les femmes, qui depuis peu n'est plus reconnue en France mais est conforme au Droit Breton, alors que Jean de Montfort s'appuie sur une loi salique devenue chère au roi de France...

La chevauchée fantastique de Jean de Montfort

Les Nantais rendent hommage à Jean de Montfort

Les Nantais rendent hommage à Jean de Montfort

Sachant que la situation est jouée d'avance et que Charles sera reçu dans l'hommage, donc reconnu officiellement, Jean de Montfort aurait quitté Paris précipitamment en mai 1341.

Il serait ensuite entré dans Nantes et aurais repris le contrôle de la principale ville du duché, se serait précipité à Limoges, ville dont Jean III avait été le vicomte par héritage de sa mère, récupérer le trésor de son frère qui y avait été entreposé.

De retour à Nantes, toujours en mai 1341, il aurait réunit une assemblée de la noblesse et du clergé, mais nombre de grands seigneurs et ecclésiastiques font défaut. Dans les mois qui suivent (juin-juillet) il aurait effectué une grande chevauchée dans son duché pour s'assurer le contrôle des places fortes (Rennes, Malestroit, Vannes, Quimperlé, La Roche-Piriou, Quimper, Brest, Saint-Brieuc, Dinan et Mauron avant de rentrer à Nantes). Il serait parvenu à prendre le contrôle d'une vingtaine de places.

Enfin il se serait rendu en Angleterre, où Édouard III lui aurait promis une aide militaire et l'aurait reconnu comte de Richmond, avant de rentrer à Paris pour une entrevue avec Philippe VI fin août.

Cette chevauché « fantastique », contée par le chroniqueur flamand Jean Le Bel et reprise par Froissard, ne résiste pas à l'épreuve des faits : durant tout ce temps, Jean de Montfort est resté en région parisienne avec ses conseillers juridiques pour élaborer son argumentaire devant le conseil du roiLa querelle de Bretagne, 1341-1364-1381, Jean Christophe Cassard, in Toute l'histoire de Bretagne, Morlaix, 2003..

La condamnation française

Enfin, Jean de Montfort est convoqué à Paris par la cour des pairss. Ses contacts récents avec l'Angleterre lui sont reprochés ainsi que sa tentative de forcer la main au roi Comment le comte de Montfort s’en alla en Angleterre et fit hommage au roi d’Angleterre de la duché de Bretagne.Chroniques de Jean Froissart, Livre I, partie I, chapitre 152 pages 133-134 Bibliothèque Nationale de France Liens externes et Comment les douze pairs et les barons de France jugèrent que messire Charles de Blois devoit être duc de Bretagne; et comment ledit messire Charles les pria qu’ils lui veuillent aider.Chroniques de Jean Froissart, Livre I, partie I, chapitre 154 page 134 Bibliothèque Nationale de France Liens externes. Jean de Montfort s'entoure néanmoins de juristes français, invoque la loi Salique pourtant étrangère au Droit Breton et demande l'arbitrage du Conseil des Pairs du Royaume. Le Roi tranche en faveur de son neveu Charles de Blois. Jean de Montfort finit par prendre la fuite. En réaction, par l'arrêt de Conflans, le 7 septembre 1341, Philippe VI accepte l'hommage lige de Charles de Blois. Jean de Montfort se voit confisquer ses fiefs français : comté de Montfort-l'Amaury, vicomté de Limoges.

La guerre

Cette guerre, entrecoupée de trêves, se déroule en trois périodes : fin 1341-19 janvier 1343 / 1345-1362 / 1362-1364

Première phase (1341-1343)

Charles de Blois et son allié, Jean duc de Normandie - le futur Jean II le Bon - réunissent une armée et pénètrent en Bretagne. Après deux semaines de siège, ils prennent Nantes et capturent Jean de Montfort. Les villes ne tardent pas à reconnaître Charles de Blois. Cependant avec l'hiver le duc de Normandie achève la campagne sans avoir anihilé les derniers montfortistes. Au contraire, Jeanne de Flandre, épouse de Jean de Montfort, ranime la flamme de la résistance et rallie ses partisans à Vannes.

Fin novembre 1342, Edouard III débarque avec son armée à Brest et assiège Vannes. Les Français qui l'attendaient à Calais avait retiré leurs forces du fait des succès de Charles de Blois. Un armée française est rassemblée pour lui faire face. Mais Jean de Montfort étant prisonnier et Jeanne de Flandre ayant sombré dans la folie, une trêve est signée le 19 janvier 1343. De fait les anglais occupent et administrent les places fortes encore fidèles à Jean de Montfort. Une large garnison anglaise va occuper Brest. Vannes sera administrée par le Pape.

Deuxième phase: le statu quo

Penguilly l'Haridon : <em>Le Combat des Trente</em>

Penguilly l'Haridon : Le Combat des Trente

Jean de Montfort est libéré le 1 septembre 1343. Aidé par les Anglais il reprend le contrôle de Vannes. Charles de Blois assiège Quimper en 1344 pour isoler Jean de Montfort de ses alliés anglais. La prise de la ville est sanglante : 2000 civils sont massacrés. Jean de Montfort décède en 1345, son fils Jean n'est pas en âge de gouverner. Le conflit franco-anglais va se déplacer vers la Normandie et le Nord. Les défaites françaises à Crécy en 1346, puis la capture du roi à la Bataille de Poitiers vont neutraliser les Français et la situation tourne au statu quo en Bretagne où les Anglais contrôlent Brest, Quimper et Vannes. Charles de Blois, lui, tient le reste du duché. C'est au cours de cette période qu'eut lieu le célèbre Combat des Trente, grand moment de la Chevalerie. Il oppose 31 Anglo-Bretons à 31 Bretons Blésistes (favorables à Charles de Blois) à mi-voie entre Josselin et Ploërmel, le 26 mars 1351. Les Bretons Blésistes sous les ordres de Beaumanoir sont vainqueurs.Sous la pression du pape Innocent VI, Anglais, Français et Bretons négocient la paix dans la guerre de cent ans et dans la guerre de succession de Bretagne. Le conflit breton est en effet dans une phase de statuquo: Jean de Montfort soutenu par les Anglais est mort et son Fils n'a que 4 ans; Charles de Blois soutenu par les Français est prisonnier à Londres et négocie sa rançon. Édouard III obtient au traité de Wesminster du 1 mars 1353 que contre la reconnaissance de Charles de Blois comme Duc de Bretagne, il s'engage à verser une rançon de 300 000 écus et à ce que la Bretagne signe un traité d'alliance perpétuelle avec l'Angleterre cette alliance devant être celée par le mariage de Jean de Penthièvre (le fils de Jean de Montfort) avec sa fille MargarethFrançoise Autrand, Charles V, Fayard 1994, p.121-122. Les époux étant cousins le mariage nécessite des lettres de dispense canonique que le pape n'accorderai qu'avec l'approbation du roi de France. Or Charles de la Cerda s'est marié en mars 1352 avec Marguerite de Blois (la fille de Charles de Blois). Trés proche du roi de France, il a son mot à dire dans cette négociation et fait partie des plénipotentiaires. Par contre Charles le Mauvais est soigneusement tenu à l'écart des négociations. Une paix Franco-anglaise nuirait a ses intérêts car sans la menace d'une alliance Anglo-navarraise il n'a aucune chance de faire valoir ses prétentions sur la Champagne et à fortiori sur la couronne de France. Or début janvier 1354, au moment où Charles d'Espagne part pour la Normandie le roi a donné son accord au mariageFrançoise Autrand, Charles V, Fayard 1994, p.124. Charles le Mauvais décide de passer à l'action, fait assassiner le connetable de France. Les accords de paix capotent.

Troisième phase

Bataille d'Auray <strong>1364</strong>

Bataille d'Auray 1364

L'année-même de son sacre, le nouveau roi Charles V reprend les hostilités.

En septembre 1364, Jean de Montfort et l'Anglais John Chandos vainquent Charles de Blois et Bertrand du Guesclin à Auray.

Guy XII de Laval fut aussi sollicité par Urbain V pour ramener la paix entre Jeanne de Penthièvre, duchesse de Bretagne et Jean de Montfort. C'est un fait à relever pour préciser le rôle de Guy XII dans cette longue lutte où sans doute, suivant les instructions du pape, le sire de Laval chercha, mais inutilement, à pacifier les deux partis, 10 décembre 1364 Lettres d'Urbain V, n. 973, 1.344, 1.345, 1.430..

La bataille d'Auray marque la fin de ce long conflit, la paix est avalisée en 1365 par le premier traité de Guérande.

Le traité établit Jean IV comme héritier légitime. Il ne repousse pas totalement les prétentions des Penthièvre, puisqu'il établit ainsi la loi successorale en Bretagne :

  • le duché se transmettra de mâle en mâle dans la famille des Montfort ;
  • en cas d'absence de descendance mâle, il passera aux mâles de la famille de Penthièvre.



Résolution du conflit

Jean IV, qui épouse une sœur puis une belle-fille du Prince Noir, est un allié des Anglais et donc ennemi de Charles V qui mêne une reconquête patiente de tout le territoire français. Une fois débarrassé des Anglais qui ne contrôlent plus que quelques places fortes sur le continent et n'ont plus la maîtrise des mers depuis la bataille de la Rochelle, le roi de France reprend les hostilités et confisque le duché de Bretagne en 1378. Soutenu par le peuple breton et par la volonté d'indépendance des barons, Jean IV se maintient de fait.

Il aura de meilleurs rapports avec Charles VI et le régent Philippe le Hardi, et gouverne en paix son duché, mais doit faire face à la rébellion d'Olivier de Clisson. Il parvient à racheter aux Anglais la place de Brest en 1397. Le second traité de Guérande est signé le 4 août 1381. Le duc Jean IV de Bretagne recouvre ses biens, contre l’hommage prêté au roi de France, le versement d’une indemnité et le renvoi des conseillers anglais.

Notes et références

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