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Dernière modification: 2007-12-02
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Catégorie: Poème à forme fixe Genre poétique Littérature japonaise Poésie de langue japonaise

Haïku

Le haïku (俳句), terme créé par Shiki Masaoka (1867-1902), est une forme poétiqueaiseaise très codifiée d'origine japon, à forte composante symbolique, et dont la paternité est attribuée à Bashō (1644-1694). Le haïku tire son origine du tanka (ou waka, voir précisions sur l'article), terme de poésie traditionnelle japonaise. Il s'agit d'un poème extrêmement bref visant à dire l'évanescence des choses. Encore appelé haïkaï (ou hokku, son nom d'origine), ce poème comporte traditionnellement 17 moress écrits verticalement.

Les haïkus ne sont connus en Occident que depuis à peine plus d'un siècle. Les écrivains occidentaux ont alors tenté de s'inspirer de cette forme de poésie brève. La plupart du temps, ils ont choisi de transposer le haïku japonais, qui s'écrivait sur une seule colonne sous la forme d'un tercet de 5, 7 et 5 pieds pour les haïkus occidentaux. Quand on compose un haïku en français, on remplace en général les mores par des syllabes ; cependant, une syllabe française peut contenir jusqu'à trois mores, ce qui engendre des poèmes irréguliers.

1 Exemple
2 Style
3 Règle du kigo
4 Transgressions
5 Les haïkus en langue française
6 Maîtres japonais de haïku
7 Liens externes

Exemple

Tombe de Matsuo Basho

Tombe de Matsuo Basho

À titre d'exemple, voici l'un des plus célèbres haïkus japonais, écrit par un grand maître, Matsuo Bashô :
Dans le vieil étang,
Une grenouille saute,
Bruit dans l'eau.

L'original japonais est :

Fu-ru-i-ké-ya,
ka-wa-zu-to-bi-ko-mu,
mi-zu-no-o-to,
(5-7-5, soit 17 mores)

Ce haïku est celui que l'on présente le plus lorsqu'il s'agit d'expliquer ce qu'est un haïku. Il en existe de multiples traductions. C'est surtout le troisième vers qui pose problème. Les onomatopées étant difficilement traduisibles, de nombreux haijin (poètes pratiquant l'art du haïku) préfèrent « le bruit de l'eau » à « un ploc dans l'eau ».

Corinne Atlan a même proposé une traduction différente en s'attachant plus à un effet visuel, « le trouble de l'eau », qu'à un effet sonore.

Style

Le haïku ne se contente pas de décrire les choses, il nécessite le détachement de l'auteur. Il est comme une sorte d'instantané. Il n'exclut cependant pas l'humour, les figures de style, mais tout cela doit être utilisé avec parcimonie. Il doit pouvoir se lire en une seule respiration et de préférence à voix haute. Il incite à la réflexion. C'est au lecteur qu'il revient de se créer sa propre image. Ainsi, le haïku ne doit pas décrire mais évoquer. Plutôt qu'une phrase répartie sur trois lignes, le haïku procède par une notion de césure, le kireji .

La principale difficulté pour les haïkistes francophones, est de retrouver une notion de flou qui est plus appropriée à la langue japonaise, qui n'utilise pas autant d'articles ou de conjugaisons que le français. Des débats ont également lieu pour tenter de donner des pistes sur la ponctuation. Des tirets, des espaces ou signes d'ondulation paraissent le mieux s'approcher de la façon d'écrire très sobre des japonais.

Règle du kigo

Mais ce n'est pas la seule règle que doit respecter un haïku, car il lui faut contenir un kigo (mot de saison), c'est-à-dire une référence à la nature ou un mot clé concernant l'une des quatre saisons. Notons qu'au-delà des quatre saisons traditionnelles, le jour de l'an est très important et peut être considéré en haïku comme une saison à part entière. Bien entendu, si la saison peut être nommée, le cadre poétique impose le plus souvent de l'évoquer. Cerisier en fleurs pour le printemps, vol de hannetons pour été, etc. Mais « pleine lune », qui ne peut être rattachée à une saison en particulier, constitue également un excellent kigo. Au Japon, des livres spécialisés recensent les expressions les plus courantes pouvant être utilisées comme kigo. Ceux-ci sont généralement placés dans le premier vers.

Division approximative des saisons selon l'ancien calendrier lunaire :

• printemps: 4 février - 5 mai
• été: 6 mai - 7 août
• automne: 8 août - 6 novembre
• hiver: 7 novembre - 3 février

Quand le haïku ne contient pas d'élément indiquant la saison, on l'appellera un moki.

Transgressions

Les règles étant faites pour être transgressées, il n'est pas rare de trouver, même chez les classiques, des haïkus ne répondant pas à ces règles. Mais de l'ensemble doit se dégager ce que certains appellent un « esprit haïku » - indéfinissable en tant que tel. Il procède du vécu, du ressentir, de choses impalpables. Généralement, la structure court-long-court est conservée. Cela dit, la structure 5-7-5 est encore la plus courante.

Les haïkus avec une syllabe en moins sont parfois tolérés. Toutefois, au-delà de 17 syllabes, le verset n'est plus considéré comme un haïku.

Il existe de multiples écoles de haïku, de multiples tendances. Le haïku zen, le haïku urbain, le haïku engagé... Chacune pouvant ou non respecter les règles de base.

Le senryū est une forme de poésie similaire mais qui met l'accent sur l'humour au lieu de la nature, et où l'auteur se met plus facilement en avant. Il est généralement plus léger que le haïku. Le kigo n'est pas nécessaire pour écrire un senryû.

Les haïkus en langue française

Le premier recueil en langue française fut rassemblé en 1903 dans au fil de l'eau, sur une initiative de Paul-Louis Couchoud. Roland Barthes a également réalisé une description très précise de la perception occidentale des Haïku.
  • Paul Claudel, Cent phrases pour éventails, Paris, Gallimard, 1942
  • Georges Schehadé, Anthologie du vers unique, Paris, Ramsay, 1977
  • Roger Munier, Haïku, (préf. de Yves Bonnefoy), Paris, Fayard, 1978
  • Maurice Coyaud, Fourmis sans ombre : le livre du Haiku : Anthologie-promenade, Paris, Phébus, 1978

  • Maurice Coyaud, Fêtes au Japon : Haiku, Paris, PAF, 1978.
  • Die Vorbereitung von Roman I und II, Kurse und Seminare auf das französische Kollegium, 6. Januar 1979 und seq.
  • Roland Barthes ''L'Empire des signes parle du haiku japonais
  • Alain Kervern ' les Portes du Monde' ed.Folle Avoine 35170 Bédée 1992
  • Jean-Louis Bouzou, Tout petits riens, Hyères, L'Atelier Mistral, 1999
  • Philippe Costa, Petit manuel pour écrire des haïku, Ed. Philippe Picquier, 2000
  • Corinne Atlan ; Zéno Bianu, Anthologie du poème court japonais, Gallimard, 2002
  • Théophile de Giraud, Cent haïkus nécromantiques, éditions Galopin, 2004
  • Ron Padova, Marcher dans le vide, Paris, L'Harmattan, 2005
  • Jacques Poullaouec, Haïku du chat, Le Haïku des quatre éléments, Rennes, La Part Commune,2004-2006, Haïku des pierres avec des photographies de Pierre Converset, éditions Apogée, 2006.
  • Amel Hamdi smaoui, D'encre et d'aquarelles , Mille Poètes, 2006
  • Damien Gabriels, Le temps d'un haïku, Editions Chloé des Lys, 2006
  • Claire Fourier, Tâches de rousseur, Jean-Paul Rocher, éditeur, 2006
  • Janick Belleau ; Micheline Beaudry, L'Érotique poème court / haïku (ouvrage collectif, 77 poètes francophones; 182 poèmes inédits), Bruxelles,Biliki, 2006
  • Jean-Baptiste Pedini, 'Hors la ville', Editions Mille Poètes, décembre 2006.
  • Philippe Quinta, 'Haïchats' Haïkus sur les chats, Editions La Renarde Rouge Décembre 2006
  • Yves Brillon, D'un instant à l'autre Préface de Catherine Belkhodja Paris, KAREDAS éditions Coll. Kaiseki ( haiku) Février 2007.
  • Cyrill Chatelain, En 3D, recueil de haïku, Editions Le Manuscrit, 2007

Maîtres japonais de haïku

Tombe de Yosa Buson

Tombe de Yosa Buson

;Période d'Edo (1600-1868)

;Ere Meiji (1868-1912) ;Ère Taishō (1912-1926)

;Ère Shōwa (1926-1989)

  • Sumitaku Kenshin
  • Kyoshi Takahama

;Moderne

  • Ippekiro Nakatsuka
  • Sekitei Hara
  • Hisajo Sugita
  • Suju Takano
  • Kakio Tomizawa
  • Koi Nagata
  • Ozaki Hōsai
  • Taneda Santōka

Liens externes

  • Anthologies et recueils parus aux Éditions David [1] Liens externes


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