Les ancêtres des Habsbourg
Illustre maison, qui remonte au et qui tire son nom du château de Habsbourg en Suisse. On la fait descendre d'Ethico, duc d'Alsace, né vers 626, mort vers 690 ; mais sa chronologie ne commence à offrir quelque certitude qu'à partir de Gontran le Riche, comte d'Alsace de 917 à 954.
La première mention des ancêtres des Habsbourg date du milieu du , avec Gontran, surnommé le Riche (Guntramnus dives). Dans le but de contrôler les routes commerciales reliant la Germanie et l'Italie, le roi Otton I confisqua, lors d'une diète d'Empire à Augsbourg en août 952, une grande partie des possessions situées en Alsace, en Brisgau et en Thurgovie d'un comte, dénommé Gontran (Guntramnus comes), un membre de la famille des comtes éberhardiens du Nordgau (Bas-Rhin). Un solide faisceau d'arguments tend à montrer que ce dernier et Gontran le Riche ne forment qu'un seul et même personnage. Si l'identité s'avérait, la Maison de Habsbourg descendrait des Etichonides, l'illustre famille des ducs mérovingiens issue d'Etichon (ou Adalric), régnant aux et sur l'Alsace, dont le membre le plus éminent est sainte Odile.
Deux petits-enfants de Guntram le Riche, Radbot et Rodolphe, entrèrent dans l'histoire comme d'actifs bâtisseurs. Le premier, tige du lignage des Habsbourg, jeta les bases du monastère de Muri (Argovie) en Suisse ; le second, mort sans descendance, fonda l'abbaye d'Ottmarsheim en Alsace, un chef-d'œuvre architectural qui se présente comme une réplique de la chapelle palatine d'Aix-le-Chapelle. L'évêque de Strasbourg Werner I, ('Werner de Habsbourg'), un frère, beau-frère ou oncle de Radbot et de Rodolphe - l'Histoire n'est pas en mesure de trancher - fonda en Argovie, au début du , la forteresse de la Habichtsburg, le « château des autours », qui donnera son nom à la dynastie issue de Radbot. Jamais les Habsbourg ne devaient habiter leur château éponyme : à sa fondation la Habichtsburg se présente comme un simple avant-poste militaire au service de la politique impériale, face à un royaume de Bourgogne mûr pour tomber dans l'escarcelle de l'Empire.
Une implication politique au plus haut niveau doublée d'une habile stratégie matrimoniale permettra aux descendants de Radbot d'asseoir durablement leur domination sur un grand nombre de terres alsaciennes, suisses et badoises. Le centre de leur puissance, essentiellement politique, accessoirement territoriale, se situait en Alsace. Dès le début du , les Habsbourg acquirent le landgraviat (le comté provincial) de Haute-Alsace (Haut-Rhin), l'avouerie sur des terres épiscopales strasbourgeoise (le Haut-Mundat) et surtout l'avouerie sur la puissante et prestigieuse abbaye de Murbach.
Le statut social des Habsbourg se modifia en 1273, lorsque le comte Rodolphe IV de Habsbourg, un seigneur politique, allié des bourgeois des villes de Strasbourg et de Zurich, accéda, de manière inattendue, au trône impérial sous le nom de Rodolphe Ier.
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Histoire des Habsbourg
Werner II, un des fils de Radbot, prit le 1 le titre de comte de Habsbourg. Dans la guerre entre l'empereur Henri IV du Saint-Empire et l'anti-empereur Rodolphe, Werner embrassa le parti de ce dernier (1077-1080).
Adalbert III, arrière-petit-fils de Werner II, succéda à son père Werner III en 1163, fit la guerre en Palestine (1187-1191 et 1196-1198), combattit ensuite Berthold V de Zœhringen et fonda Waldshut ; il prit le 1 le titre de Landgrave d'Alsace.
Après la mort de Rodolphe II, fils d'Adalbert III (1232), la maison des Habsbourg se partage en deux branches : Habsbourg-Habsbourg et Habsbourg-Laufenbourg, dont les chefs sont Albert IV et Rodolphe III, son frère.
Depuis l'Alsace historique, la famille étendit son influence vers l'est, contrôlant le Saint Empire romain germanique dès 1273, l'étendant jusqu'à l'actuelle Autriche (1278-1382). En seulement deux ou trois générations, les Habsbourg ont réussi à s'assurer le contrôle quasi-permanent du trône impérial pour plusieurs siècles (1273-1291, 1298-1308 et 1438-1740).
Branche aînée
Albert IV, tige de la branche aînée ou impériale, eut pour sa part
Habsbourg, le comté d'
Argovie et les alleux d'Alsace; il y joignit par mariage le comté de Kybourg. Son fils Rodolphe IV agrandit considérablement ses domaines du côté de la
Suisse et acquit en
Allemagne le duché d'Autriche; il porta au plus haut degré la splendeur de cette maison et fut appelé au trône impérial en
1273; il régna 18 ans (
1273-
1291) sous le nom de
Rodolphe Ier, et eut pour successeur dans ses États héréditaires, et plus tard à l'empire (
1298), son fils Albert (
Albert Ier comme duc d'Autriche et empereur). Sous celui-ci les
Suisses se révoltèrent, et pendant toute la durée du et la moitié du , la maison de Habsbourg s'épuisa vainement à les combattre; elle se vit successivement enlever la plus grande partie de ses domaines. En
1438 un nouveau prince de la maison d'Autriche-Habsbourg fut appelé au trône impérial; il régna sous le nom d'
Albert II; depuis lui, la maison d'Habsbourg régna sans interruption sur l'Allemagne jusqu'en
1740 ; cinq ans après, l'héritière de cette maison,
Marie-Thérèse Ire, porta ses possessions dans la
maison de Lorraine.
Branche cadette
Elle eut pour tige Rodolphe III, oncle de l'empereur
Rodolphe de Habsbourg, et reçut en partage
Laufenbourg, Waldshut, Neu-Habsbourg (sur le lac des Quatre-Cantons) et les domaines de Klekgau. Après la mort de Rodolphe III, cette branche se partagea en deux rameaux (les comtes de Habsbourg-Laufenbourg et les nouveaux comtes de Kybourg). Le 1 de ces deux rameaux, commencé par Godefroy (mort en
1271), s'éteignit au commencement du .
Eberhard, tige du second, avait acquis le comté de Kybourg en épousant Anne, héritière de cette maison; il mourut en
1284; sa descendance s'éteignit en
1415. La branche aînée réunit alors tous les domaines de la maison.
Suite

Les possessions des Habsbourg après la bataille de Mühlberg (1547)
Après le mariage de Maximilien I avec la Capétienne Marie, héritière de la Bourgogne (y compris les Pays-Bas) et le mariage de son fils Philippe le Beau avec Jeanne la Folle, héritière des Espagnes et de leurs nombreuses dépendances, Charles V hérita d'un empire sur lequel « le soleil ne se couchait jamais ».
Après l'abdication de l'empereur Charles V, aussi roi Charles Ier des Espagnes et des Indes (1516-1556), la famille se sépara en deux branches, l'autrichienne et l'espagnole.
Pour maintenir au sein de la famille les possessions acquises par la politique matrimoniale de leurs ancêtres, les Habsbourg successeurs de Charles abusèrent des unions consanguines qui finirent par donner naissance à des enfants débiles : ainsi Philippe IV d'Espagne était simultanément plusieurs fois cousin de Ferdinand III d'Autriche, son beau-frère et son gendre. Son fils Charles II fut de santé délicate et ne put avoir de descendance.
La branche espagnole s'éteignit dans les mâles en 1700, déclenchant la guerre de Succession d'Espagne, comme fit l'autrichienne en 1740, provoquant la guerre de Succession d'Autriche. Cependant la dernière de tous les Habsbourg (Marie-Thérèse) avait épousé François-Étienne, duc de Lorraine, et leurs descendants perpétuèrent le nom de Habsbourg dans la maison de Lorraine sous l'appellation Habsbourg-Lorraine. On estime que les unions à l'intérieur de la famille Habsbourg contribuèrent à son extinction.
La Hongrie, nominalement sous la royauté Habsbourg depuis 1526 mais pour la plus grande partie sous occupation turque pendant un siècle et demi, fut reconquise en 1683-1699. Elle se révolta contre les Habsbourg-Lorraine en 1848 ; ceux-ci ne parvinrent à la maintenir sous leur joug qu'en faisant appel aux troupes russes.
Souverains issus de la maison de Habsbourg
- Rodolphe Ier, empereur 1273-1291 et duc d'Autriche 1278-1282
- Albert Ier, empereur 1298-1308 et duc d'Autriche 1282-1298
- Rodolphe II, duc d'Autriche 1298-1307 roi de Bohême
- Frédéric III, duc d'Autriche 1307-1330
- Albert II d'Autriche, duc d'Autriche 1330-1358
- Rodolphe III, archiduc d'Autriche 1358-1365
- Albert III, archiduc d'Autriche 1365-1395
- Albert IV, archiduc d'Autriche 1395-1404
- Albert II, empereur 1438-1439 et archiduc d'Autriche sous le nom d'Albert V 1404-1439 roi de de Bohême et de Hongrie.
- Ladislas le Posthume, archiduc d'Autriche 1440-1453 roi de Bohême et de Hongrie
- Frédéric III, empereur 1440-1493 et archiduc d'Autriche sous le nom de Frédéric IV 1453-1493
- Maximilien Ier, empereur et archiduc d'Autriche 1493-1519
- Charles V, dit Charles Quint, empereur et archiduc d'Autriche 1519-1556
- Ferdinand Ier, empereur et archiduc d'Autriche 1556-1564 roi de Bohême et de Hongrie
- Maximilien II, empereur et archiduc d'Autriche 1564-1576
- Rodolphe II, empereur et archiduc d'Autriche 1576-1612
- Matthias, empereur et archiduc d'Autriche 1612-1619
- Ferdinand II, empereur et archiduc d'Autriche 1619-1637
- Ferdinand III, empereur et archiduc d'Autriche 1637-1657
- Léopold Ier, empereur et archiduc d'Autriche 1658-1705
- Joseph Ier, empereur et archiduc d'Autriche 1705-1711
- Charles VI, empereur et archiduc d'Autriche 1711-1740
N.B. :
Marie-Thérèse Ire, ultime Habsbourg et épouse de l'empereur des Romains
François Ier Étienne, régna comme roi (sic) de Hongrie, reine de Bohême et archiduchesse souveraine d'Autriche, 1740-1780
Voir aussi
Bibliographie
- Jean Bérenger, Histoire de l'Empire des Habsbourg : 1273 - 1918, Fayard, [Paris], 1990.
- Henry Bogdan, Histoire des Habsbourg : des origines à nos jours. Paris, Perrin, coll. « Tempus », n° 107, 2005. 425 pp., 18 cm. ISBN 2-262-02376-X.
- Philippe Nuss, Les Habsbourg en Alsace, des origines à 1273. Recherches pour une histoire de l’Alsatia Habsburgica. Société d'Histoire du Sundgau, Altkirch, 2002, 542p.
- Habsbourg Biographies

Source partielle
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