L'Hallucinose n'est pas une hallucination
Il faut distinguer l'hallucination qui associe à cette perception sans objet une perte d'insight de l'hallucinose au cours de laquelle le patient reste critique quand à la réalité de la perception expérimentée (ex: syndrome de Bonnet et hallucinose visuelle complexe, crises d'épilepsie temporale et hallucinoses acoustique et/ ou verbale).
Des causes multiples
L'hallucination peut avoir des causes multiples :
- Intoxications par des drogues (psilocybine, LSD, PCP, mescaline, et dans une moindre mesure l'ecstasy),
- Pathologies psychiatriques (notamment les psychoses, comme la schizophrénie),
- Pathologies neurologiques : maladie de parkinson, maladie des corps de Lewy diffus, atrophie multi-systématisée, paralysie supranucléaire progressive
- Pathologies du sommeil : Narcolepsie,
- Pathologies organiques (épilepsie, méningo-encéphalites infectieuses...).
Spécifiques au sommeil
- hallucinations hypnagogiques qui ont lieu au moment de l'endormissement et les
- hallucinations hypnopompiques qui ont lieu au réveil.
Elles peuvent se produire alors que la personne est bien réveillée mais aussi dans un état intermédiaire comme au cours d'une
paralysie du sommeil ce qui les rend particulièrement angoissantes pour la personne qui en fait l'expérience.. Les hallucinations hypnopompiques ne se prolongent en général pas plus de quelques minutes après l'éveil complet.
Classification des hallucinations
On classe les hallucinations en deux catégories les
hallucinations psychosensorielles et les
hallucinations psychiques.
Hallucinations psychosensorielles
- Elles sont objectivées par l’un des cinq sens classiques : l’audition, la vue, le toucher, l’olfaction et le goût plus rarement.
- Ces perceptions erronées apparaissent au patient comme situées dans l’espace.
Ces caractéristiques de sensorialité et de spatialité ajoutent à la conviction du patient.
- Les hallucinations auditives sont les plus fréquentes. Le patient peut entendre des sons simples (notes de musique, bruits de cloches…) ou le plus souvent des voix. On parle alors d’hallucinations acoustico-verbales. Il s’agit d’une ou de plusieurs voix. La thématique des voix peut être en rapport avec un contenu délirant, souvent persécutif. Les voix peuvent commenter les actes (commentaire des actes) ou les pensées du patient. Elles peuvent converser entre elles et on parle alors d’hallucinations de conversation. Le patient prend souvent une attitude d’écoute, il peut converser avec ses voix (dialogue hallucinatoire), leur obéir (syndrome d’influence).
- Les hallucinations visuelles sont plus rares. Elles peuvent être simples ou complexes. Certaines sont assez typiques comme la vision d’animaux effrayants (zoopsies) dans le delirium tremens de l’alcoolique ou encore les hallucinations élaborées « lilliputiennes » du syndrome de Charles Bonnet
- Les hallucinations olfactives et gustatives sont encore plus rares. Le patient perçoit en général un goût ou une odeur désagréable en rapport avec la décomposition ou la putréfaction.
- Les hallucinations tactiles sont de nature très diverse. Elles peuvent concerner tout ou partie du corps, être à type d’effleurement ou de grouillement de parasites, avoir un contenu érotique ou désagréable.
- Les hallucinations cénesthésiques concernent la sensibilité profonde, proprioceptive.
Hallucination psychiques
Ce sont des perceptions dépourvues de spatialité et de sensorialité, contrairement aux précédentes. Il s’agit le plus souvent d’hallucinations psycho-verbales, voix intérieures qu’il est parfois difficile de distinguer de l’activité mentale propre du sujet, qui n'ont pas vraiment de timbre.
En sciences humaines
Quelques philosophes et écrivains comme
Karl Marx,
Friedrich Nietzsche et
Sigmund Freud ont décrit la religion comme une
hallucination collective.
Liens externes
Bibliographie
- Henri Ey : 'Neurologie et psychiatrie', Ed: Hermann, 1998, ISBN 270566372X
- 'Halluciner', Revue Evolution psychiatrique, avril-juin 2000, vol. 65, n0 2, ISBN 2842991702
Voir aussi