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Dernière modification: 2007-11-28
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noHector Guimard
svHector Guimard
Catégorie: Architecte français Designer français Art nouveau Personnalité de Lyon Designer de mobilier Naissance en 1867 Décès en 1942 Métro de Paris

Hector Guimard

Hector Guimard (Lyon, 10 mars 1867New York, 20 mai 1942) est le représentant majeur de l'Art nouveau en France en dehors du mouvement de l'École de Nancy. Dans la mouvance internationale de l’Art nouveau, Guimard fait figure de franc tireur isolé : il ne laisse aucun disciple derrière lui, ni aucune école, et c’est la raison pour laquelle on a longtemps été tenté de le considérer comme un acteur secondaire de ce mouvement – une absence de postérité qui contraste avec la profusion formelle et typologique extraordinaire de son œuvre architecturale et décorative, où l’architecte donne le meilleur de lui-même en quelques quinze années d’une étourdissante activité créatrice.

1 Les années d'étude
2 Une gloire fulgurante
3 L'oubli
4 La redécouverte
5 Chronologie
6 Liens internes
7 Liens externes

Les années d'étude

Dès ses études d’architecture, Guimard est sensibilisé aux théories de Eugène Emmanuel Viollet-le-Duc qui jette les bases, dès 1863, des futurs principes structurels de l’Art nouveau. La conversion de Guimard au style lui-même est quant à elle plus circonstanciée : elle se fait lors d’un voyage à Bruxelles, où il visite l’hôtel Tassel de Victor Horta. La réalisation la plus emblématique de cette époque, le Castel Béranger [1] Liens externes (1898), illustre ce moment de transition qui voit le choc entre ces deux héritages : sur les volumes géométriques d’inspiration médiévale du gros œuvre se répand à profusion la ligne organique « en coup de fouet » [1] Liens externes importée de Belgique.

Une gloire fulgurante

Le Castel Béranger rend Guimard célèbre du jour au lendemain et de nombreuses commandes lui permettent alors d’affiner toujours davantage ses recherches esthétiques – l’harmonie et la continuité stylistiques notamment (un idéal majeur de l’Art nouveau), qui le poussent à une conception quasi totalitaire du décor intérieur, culminant en 1909 avec l’hôtel Guimard [1] Liens externes (cadeau de noce à sa riche épouse américaine) où des pièces ovoïdes [1] Liens externes imposent des meubles uniques, partie intégrante de l’édifice.

Si le puits de lumière propre à Victor Horta est une donnée plutôt absente de son œuvre (sauf dans l’exemple tardif de l’hôtel Mezzara [1] Liens externes, de 1911), Guimard n’en mène pas moins des expériences spatiales étonnantes, dans la volumétrie de ses constructions notamment : la maison Coilliot [1] Liens externes et sa troublante double-façade (1898), la Bluette [1] Liens externes et sa belle harmonie volumétrique (1898), et surtout le Castel Henriette [1] Liens externes (1899) et le Castel d’Orgeval [1] Liens externes (1905), manifestations radicales d’un « plan-libre » vigoureux et asymétrique, vingt-cinq ans avant les théories de Le Corbusier. La symétrie n’est cependant pas proscrite : le magnifique hôtel Nozal [1] Liens externes, en 1905, reprend la disposition rationnelle d’un plan en équerre proposé par Viollet-le-Duc.

Les innovations structurelles ne manquent pas non plus, comme dans l’extraordinaire salle de concert Humbert-de-Romans [1] Liens externes (1901), où une charpente complexe fractionne les ondes sonores pour aboutir à une acoustique parfaite ; ou comme dans l’hôtel Guimard (1909), où l’étroitesse de la parcelle permet à l’architecte de rejeter toute fonction porteuse sur les murs extérieurs et de libérer ainsi l’agencement des espaces intérieurs, différent d’un étage à l’autre [1] Liens externes; etc.

Génial touche-à-tout, Guimard est aussi un précurseur de la standardisation industrielle, dans la mesure où il souhaite diffuser le nouvel art à grande échelle. Sur ce plan il connaît une véritable réussite – malgré les scandales – avec ses célèbres entrées du Métro parisien [1] Liens externes, constructions modulables où triomphe le principe de l’ornement structurel de Viollet-le-Duc. L’idée est reprise – mais avec moins de succès – en 1907 avec un catalogue d’éléments en fonte applicables à l’architecture : Fontes Artistiques, Style Guimard [1] Liens externes.

Comme pour le cadre architectural global, la conception intrinsèque de ses objets d’art procèdent du même idéal de continuité formelle (qui permet de fusionner toutes les fonctions pratiques dans un corps unique, comme pour le Vase des Binelles [1] Liens externes, de 1903) – et linéaire, comme dans le dessin de ses meubles [1] Liens externes, à la silhouette gracile et harmonieuse.

Son vocabulaire stylistique inimitable procède d’un organicisme végétal particulièrement suggestif, tout en restant résolument sur le versant de l’abstraction. Moulurations et remous nerveux investissent ainsi tant la pierre que le bois ; dans l’aplat, Guimard crée de véritables compositions abstraites qui s’adaptent avec la même aisance au vitrail [1] Liens externes (hôtel Mezzara, 1903), au panneau de céramique [1] Liens externes (maison Coilliot, 1898) à la ferronnerie [1] Liens externes (Castel Henriette, 1899), au papier peint [1] Liens externes (Castel Béranger, 1898) ou au tissu [1] Liens externes (hôtel Guimard, 1909).

L'oubli

Mais malgré ce feu d’artifice d’innovations et de démonstrations tous azimuts, le monde se détourne rapidement de Guimard : moins que l’œuvre, c’est l’homme qui agace. Et en digne représentant de l’Art nouveau, il est lui-même victime des contradictions inhérentes aux idéaux du mouvement : ses créations les plus achevées sont financièrement inaccessibles au plus grand nombre, et à l’inverse ses tentatives de standardisation cadrent mal avec son vocabulaire très personnel. C’est finalement complètement oublié qu’il s’éteint à New York en 1942, où la crainte de la guerre l’avait fait s’exiler (sa femme est juive).

La redécouverte

Après de trop nombreuses destructions, des explorateurs isolés (les premiers « hectorologues ») partent à redécouverte de l’artiste et de son univers vers les années 1960-1970 et reconstituent patiemment son histoire. Si l’essentiel a été fait de ce point de vue, il reste que, cent ans après le « geste magnifique » de l’Art nouveau (Le Corbusier), la plupart des édifices d’Hector Guimard demeurent inaccessibles au public, et qu’un musée Guimard n’a toujours pas été inauguré en France.

Chronologie

Liens internes

Liens externes

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