Le Paléolithique

mitochondriale
.]]
La
génétique et l'étude des
fossiles montrent que l’
Homo sapiens moderne apparaît en
Afrique il y a quelque 200 000 ans, après une longue période d'
évolution. Depuis des millénaires déjà, les ancêtres de l'homme, tels l’
Homo erectus, utilisent des
outils mais, au fil du temps, ceux-ci gagnent en élaboration et en complexité. C'est aussi au Paléolithique que se développe le
langage et que l'
enterrement des morts se généralise. Ce dernier trait suggère une capacité à la prévoyance — la sépulture masquant la décomposition des corps — et une meilleure compréhension du concept de
mort.
Les hommes de cette époque se parent d'objets divers pour rehausser leur apparence. Ils vivent de chasse et de cueillette et sont en général nomades.
Le peuplement humain gagne bientôt toute l'Afrique ainsi que les zones non gelées de l'Europe et de l'Asie. La rapide colonisation humaine de l'Amérique du Nord et de l'Océanie a lieu, quant à elle, durant la dernière glaciation, à une époque où les zones tempérées d'aujourd'hui sont extrêmement inhospitalières. À la fin de cette dernière glaciation, il y a quelque 12 000 ans, l'homme est installé dans la quasi-totalité des zones non gelées du monde.
Parfois, certaines sociétés de chasseurs-cueilleurs, en général très restreintes, développent une stratification sociale et établissent des contacts sur de longues distances.
Au fil du temps, la plupart de ces sociétés de chasseurs-cueilleurs se transforment en États agricoles plus importants, ou sont absorbées par de tels États ; les autres sont exterminées ou demeurent isolées. Il en existe encore dans certaines régions écartées.
L'Épipaléolithique et le Mésolithique
Le Mésolithique débute à la fin du
Pléistocène, il y a environ 10 000 ans, et prend fin avec le développement de l'
agriculture dont la date d'apparition varie selon les régions. Dans certains endroits où l'agriculture est déjà présente à la fin du Pléistocène — au
Proche-Orient par exemple — le Mésolithique est très court et mal défini et, pour les régions peu touchées par la glaciation, on préfère parfois parler d'
Épipaléolithique. Les régions plus affectées connaissent, elles, une période mésolithique beaucoup plus marquée, qui dure parfois plusieurs millénaires. C'est le cas, par exemple, pour les sociétés d'
Europe du Nord qui profitent de l'abondance de nourriture que leur fournissent les régions marécageuses créées par le
changement climatique. Ces différences locales engendrent une spécification des
cultures dont témoignent les vestiges azilienss et
maglemosien et retardent le passage au Néolithique qui n'a lieu que vers
4000 en Europe du Nord.
Les vestiges de cette période sont rares et se limitent souvent à des dépôtoirs (accumulations de déchets alimentaires) mais les premiers signes de déforestation apparaissent dans les régions boisées. La pratique ne se généralisera cependant qu'au Néolithique quand l'agriculture rendra nécessaire l'utilisation de grands espaces.
Le Mésolithique se caractérise en général par des microlithes en silex. Des objets destinés à la pêche, des herminettes de pierre et des objets en bois, canoëss et arc, ont été retrouvés sur certains sites.
Le Néolithique et la Protohistoire
Débutant au cours du , le Néolithique se caractérise par les débuts de la sédentarisation, l'introduction de l'élevage, l'invention de l'agriculture et le début du travail des métaux.
Développement de l'agriculture
Un changement crucial — qualifié de «
révolution » par le
préhistorien Vere Gordon Childe — a lieu aux alentours du avec le développement de l'agriculture. Ce sont les
Sumériens qui débutent, vers 9500 En
7000, la pratique est répandue dans la vallée de l'
Indus ; en
6000, en
Égypte ; en
5000, en
Chine. Elle apparaît par ailleurs en
Mésoamérique vers
2700. La recherche traditionnelle a eu tendance à se concentrer sur la région du
Croissant fertile mais les études
archéologiques menées sur le continent américain ainsi qu'en
Asie de l'Est et du
Sud-Est montrent que certains systèmes agricoles pourraient avoir été développés quasiment aux mêmes périodes.
Une étape supplémentaire dans l'évolution de l'agriculture au Proche-Orient est, à compter de 5500 , le développement de l'irrigation organisée et l'utilisation par les Sumériens d'une main-d'œuvre spécialisée. Le bronze et le fer supplantent la pierre dont dépendait l'agriculture pour la confection des outils agricoles et des armes. Les outils, ornements et armes en cuivre ou bronze deviennent la norme aux alentours de 3000 . Puis l'usage du fer se développe dans la Méditerranée orientale, au Proche-Orient et en Chine.
Il est possible que les Amériques aient ignoré l'usage du fer jusqu'à la culture de Chavín, en 900 , mais nous savons que les Moche disposaient d'armuress, de couteaux et de vaisselle en métal. Les Incas eux-mêmes, pourtant peu riches en métal, en recouvrent le soc de leurs charrues, du moins après leur conquête des Chimú. La recherche archéologique au Pérou a cependant été très restreinte jusqu'à présent — on découvrait encore des cités entières en 2004 — et la conquête espagnole a brûlé la majeure partie des quipus (cordelettes de couleurs portant une suite de nœuds et consignant des données) de l'époque. Certaines excavations suggèrent que l'acier aurait pu y être fondu avant même de l'être en Europe.
en
Égypte ancienne
Les vallées des
fleuves deviennent les berceaux des premières civilisations : le
fleuve jaune en Chine, le
Nil en Égypte et l'
Indus au
Pakistan. Certains peuples nomades, tels les
aborigènes d'Australie ou les
Bochimans d'Afrique australe, n'utilisent pas directement l'agriculture.
Jusqu'aux débuts de la colonisation européenne, au , une grande partie de la planètes est occupée par des groupes humains non constitués en État. Menacés ou influencés par des États déjà constitués, ces groupes se transforment eux-mêmes pour devenir des États (cf. Moravie, Lituanie). Certains groupes, comme les Kassites et les Mandchous, sont absorbés par les États qu'ils ont conquis.
C'est donc l'agriculture qui crée les conditions nécessaires à l'émergence de sociétéss complexes, appelées « civilisations », à la formation d'États et à l'apparition de marchés. La technologie, quant à elle, permet à l'homme de contrôler la nature et de développer transportss et communication.
La naissance de la religion
Certains historiens situent au Néolithique les débuts des croyances religieuses — principalement cultes d'une déesse-mère et d'un ciel-père ainsi que divinisation du soleil et de la lune.
L'aube de la civilisation
L'essor des États
Le développement de l'agriculture a de nombreuses conséquences capitales, l'une d'entre elles étant que les concentrations humaines deviennent de plus en plus importantes et s'organisent en États. Il existe plusieurs acceptions du terme « État ». Max Weber et Norbert Elias le définissent comme une organisation humaine contrôlant de façon exclusive et légale l'emploi de la force sur une zone géographique spécifique.
Les premiers États apparaissent en Mésopotamie, en Égypte et dans la vallée de l'Indus vers la fin du et au début du III. En Mésopotamie, ils prennent la forme de cités-États, tandis que l'Égypte, initialement sans ville, en voit se développer rapidement. La civilisation de la vallée de l'Indus constitue une exception en ce sens qu'elle ne semble pas avoir disposé de la force armée qu'un État nécessite traditionnellement pour asseoir sa légitimité — force armée nécessitant elle-même une bureaucratie. En Chine, c'est vers la fin du et au début du II qu'apparaissent les premiers États.
Au Proche-Orient, les États présents entrent parfois en conflit. L'un des premiers traités de paix, le traité de Qadesh, est signé entre les Égyptiens et les Hittites aux alentours de 1275 D'importants empires se constituent avec pour noyau le territoire d'origine d'un groupe ayant conquis les régions avoisinantes. C'est le cas de la Perse (), de l'empire Maurya (), de la Chine () et de Rome (I siècle ).
Il arrive que d'importants empires s'affrontent. C'est le cas au , quand le califat d'Arabie, qui s'étend de l'Espagne à l'Iran, lutte plusieurs décennies pour le contrôle de l'Asie centrale contre la Chine des Tang, qui règne depuis la Corée. Le plus vaste empire terrestre fut celui des Mongols au . A cette époque, la plupart des êtres humains d'Europe, d'Asie et d'Afrique du Nord dépendent d'États. On trouve aussi des États au Mexique et dans la partie occidentale de l'Amérique du Sud. Petit à petit, toutes les régions et populations du globe tombent sous la tutelle d'un État ou d'un autre ; le traité de Berlin de 1878 distribuant les derniers « blancs » restants.

Villes et commerce
En se développant, l'agriculture crée les conditions nécessaires à l'émergence de citéss, lieux sans production agricole propre. Ces villes consomment les surplus agricoles des régions environnantes et, en contrepartie, leur procurent une certaine protection militaire.
Le développement des villes débouche à terme sur ce qu'on appelle la civilisation. Les premières sont la civilisation sumérienne (vers 3500 ), la civilisation égyptienne (vers 3300 ) et la civilisation de la vallée de l'Indus (vers 3300 ). L'organisation sociale et économique de ces civilisations est sophistiquée et leurs villes complexes mais les différences entre elles sont néanmoins suffisamment importantes pour que l'on puisse supposer qu'elles se sont formées indépendamment les unes des autres. C'est à cette époque que se développent l'écriture et le commerce.

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En Chine, des sociétés proto-urbaines se créent à partir de
2500 mais la première
dynastie archéologiquement attestée est celle des
Shang. Le voit l'émergence de la civilisation en
Crète, en
Grèce continentale et en
Turquie. Les civilisations
maya,
moche, et
nazca émergent en
Mésoamérique et au
Pérou à la fin du
I millénaire La
monnaie fait son apparition en
Lydie.
Les échanges commerciaux sur de longues distances commencent au entre les Sumériens de Mésopotamie et la civilisation de la vallée de l'Indus. D'autres routes commerciales apparaissent en Méditerranée orientale au puis, au , entre la Syrie et la Chine (Route de la soie). Les villes de Perse et d'Asie centrale constituent les principaux carrefours de ces routes. C'est aussi sur le commerce que les Grecs et les Phéniciens bâtissent leurs empires méditerranéens au
I millénaire À la fin du I millénaire et au début du II, les routes commerciales de l'océan Indien, d'Asie de l'Est et du Sahara sont contrôlées par les Arabes. À la fin du I millénaire, les Arabes et les Juifs contrôlent aussi le commerce en Méditerranée, puis les Byzantins et les Ottomans les remplacent au début du II. À la même époque, les centres de commerce principaux du Nord de l'Europe sont les villes allemandes et flamandes. C'est aux carrefours des routes commerciales principales que se développent les villes les plus importantes.
Religion et philosophie
De nouvelles philosophies et religions apparaissent en Occident et en Orient, principalement au Avec le temps, de nombreuses religions se développent de par le monde. Parmi les plus vieilles on peut citer l'hindouisme et le bouddhisme en Inde, et le zoroastrisme en Perse. Les religions abrahamiques datent aussi de cette époque. En Orient, trois écoles de pensées vont dominer la Chine jusqu'à nos jours : le taoisme, le légisme et le confucianisme qui prendra finalement l'ascendant sur les deux autres et pour lequel la morale politique s'acquiert plus par le pouvoir exemplaire de la tradition que par la force de la loi. En Occident, les conquêtes d'Alexandre de Macédoine () contribuent à la diffusion de la philosophie grecque telle qu'incarnée dans les œuvres de Platon et d'Aristote.
(d.) encadrant Confucius.]]
Importantes civilisations
Mise en situation (CHEERS G.; Geographica, Atlas Mondial Illustré ; Random House Australia ; Australia ; 2003 ; pp. 66-69)
Les premières civilisations sont nées dans les plaines alluviales fertiles des grands fleuves comme le Tigre et l'Euphrate en Irak, le Nil en Égypte, l'Indus au Pakistan, le Gange en Inde et le Huang He (fleuve jaune) en Chine. Ces régions possèdent des points communs :
- un environnement aride
- la nécessité de mettre en place un système d'irrigation
- la présence de matériaux (bois, pierre, métal)
Si des relations commerciales se sont établies entre les vallées du
Tigre et de l'
Euphrate, du
Nil et de l'
Indus, en revanche, la civilisation chinoise s'est développée dans un relatif isolement.
Ces civilisations développent toutes un système d'écriture et commencent à s'articuler autours de cités. Ces cités dirigent les régions agricoles qui les entourent et font commerce de leurs produits. Le commerce transforme les cités et certaines d'entre elles deviennent vite plus riches et puissantes que d'autres. Parallèlement, les cités devenues riches se développent en grands centres religieux (les richesses accumulées leur permettant de financer de grands lieux de culte). Du commerce et du monde religieux naissent alors une 'élite' urbaine qui va vouloir consolider son pouvoir. C'est justement afin de consolider leur pouvoir et leurs richesse que les élites des grandes cités vont attaquer les plus petites. Comme les richesses s'accumulent, les grandes cités commencent à se déchirer entre elles. Devenues rivales, elles se font la guerre. Dès lors une élite militaire vient rejoindre les rangs des commerçants et des religieux. D'invasions en invasions, de puissants empires voyent le jour. Ces empires nouvelement constitués se basent surtout sur l'esclavage des peuples conquis pour maintenir leur joug et affermir leur puissance. Les esclaves deviennent alors la base sur laquelle des sociétés pyramidales vont entièrement reposer.
Développement
Au cours des derniers siècles avant l'ère chrétienne, la Méditerranée, le
Gange et le
fleuve jaune deviennent les centres d'empires que de nombreux souverains tenteront d'imiter par la suite. Les empires
maurya et pandya règnent respectivement sur la majeure partie du
sous-continent indien et sur l'Inde du Sud. En Chine, l'unité politique permet aux dynasties
Qin et
Han d'affermir le rôle de l'empereur, d'améliorer les communications et de créer des monopoles d'État (empereur
Wudi). En Occident, à partir du , Rome agrandit son territoire par la conquête et la colonisation et, sous le règne de l'empereur
Auguste — à l'époque de la naissance de
Jésus de Nazareth —, contrôle intégralement le pourtour de la Méditerranée.
Ces grands empires reposent sur leur capacité à profiter de leurs conquêtes militaires et à créer des colonies protégées aptes à devenir des centres agricoles. La paix relative qu'ils apportent encourage le commerce international, principalement sur la Route de la soienerie, mais ils doivent entretenir d'énormes armées et une administration centralisée. C'est sur la paysan que reposent ces dépenses tandis que les grands propriétaires terriens échappent de plus en plus au pouvoir central. La pression des barbares aux frontières accélère le processus de dissolution interne : l'empire des Han succombe à la guerre civile en 220 ; à la même époque Rome se décentralise et se divise.
De grands empires naissent et meurent ainsi dans toutes les zones tempérées d'Eurasie, d'Amérique et d'Afrique du Nord.
La désagrégation progressive de l'empire romain, qui s'étale sur plusieurs siècles à compter du , coïncide avec la diffusion du christianisme qui, venu du Proche-Orient, gagne l'ouest. Au , la partie occidentale de l'empire romain est conquise par des tribus germaniques et se scinde en divers États guerriers tous plus ou moins affilié à l'Église catholique romaine. L'autre moitié de l'empire, la moitié orientale, prend le nom d'empire Byzantin. Quelques siècles plus tard, un semblant d'unité sera rétabli en Europe occidentale avec la création du Saint Empire romain germanique regroupant plusieurs États sur les territoires des actuelles Allemagne et Italie.
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En Chine, les dynasties se succèdent aussi et, au , des nomades du Nord commencent à envahir la Chine septentrionale où ils établissent de nombreux petits royaumes. En
581, la
dynastie Sui réunifie la Chine qui connaît ensuite un second âge d'or sous les
Tang (
618-
907). Mais les Tang se divisent aussi et il faut attendre la
dynastie des Song pour que la Chine soit réunifiée en
982, après cinquante ans d'agitation. Cependant, la pression des nomades du Nord s'accentue et, en
1141, la Chine septentrionale est conquise par les
Jurchen. En
1279, l'
empire mongol s'empare de la totalité de la Chine et d'une énorme partie de l'
Eurasie, ne laissant libre que l'Europe de l'Ouest, l'Europe centrale et le
Japon.
À cette époque, l'Inde du Nord est dirigée par les Gupta. En Inde du Sud, trois royaumes tamouls émergent : les Chera, les Chola et les Pallava. La stabilité qui s'ensuit permet l'avènement de l'âge d'or de la culture hindoue aux .
D'importantes cultures se développent aussi en Amérique centrale, notamment celles des Mayas et des Aztèques. À mesure que la culture-mère olmèque décline, les cités-États mayas se multiplient et prennent de l'importance. La culture maya se propage à travers le Yucatán et les régions avoisinantes. Les Aztèques, quant à eux, fondent leur société sur la base de cultures antérieures qu'ils ont conquises, telles que celle des Toltèques.
En Amérique du Sud, l'empire inca fleurit aux . Tawantinsuyu règne sur toute la chaine andine depuis sa capitale Cuzco. La culture inca, prospère et avancée, reste célèbre pour ses excellents ouvrages de maçonnerie et ses routes.
L'islam, l'une des plus grandes forces motrices de l'histoire du monde apparait au . Ne comptant initialement que quelques adeptes, il deviendra le socle sur lequel se bâtiront de nombreux empires en Inde, au Proche-Orient et en Afrique du Nord.
Quelques enclaves chrétiennes perdurent en Afrique du Nord-Est, en Nubie et en Éthiopie — régions depuis longtemps en contact avec le monde méditerranéen —, mais le reste de l'Afrique septentrionale se convertit à l'islam sous l'égide duquel se développe le commerce trans-saharien, source de revenus substantiels qui permettent l'émergence de plusieurs royaumes sahéliens.
Cette période est ponctuée d'améliorations technologiques lentes mais régulières, telles que l'étrier et la charrue à versoir.

L'émergence de l'Europe
Conditions du succès de l'Europe
Les premiers empires agricoles dépendaient fortement de leur environnement. Leur production était limitée et ils étaient à la merci des catastrophes naturelles qui, tour à tour, présidaient à leur essor et causaient leur perte. Aux alentours de l'an mil, les progrès technologiques et la richesse générée par le commerce apportent une certaine indépendance, plus fortement marquée dans les pays où l'agriculture est la plus productive : la Chine, l'Inde et certaines régions du monde islamisé. Un début de renaissance s'amorce vers l'an mil en occident, qui commence, encore timidement, à s'ouvrir aux relations avec l'orient et le monde islamique : la renaissance ottono-clunisienne.
ne pourra endiguer l'avancée mongole de 1279.]]
La
Chine, qui à cette époque possède déjà une économie monétaire avancée, est la première à se libérer des contraintes passées. Sa
paysannerie est libre et, produisant beaucoup plus qu'elle ne consomme, elle peut faire commerce de ses surplus et participer à la vie économique. La Chine est alors la région eurasienne la plus urbanisée et la plus avancée technologiquement. Elle est seule à produire de la
fonte, à construire des
ponts suspendus et à utiliser le
soufflet à piston, l'
imprimerie et la
boussole.
[ Voir les écrits ]
de Joseph Needham La Chine des
Song est vraisemblablement sur le point de connaître les transformations que connaîtra l'Europe quelques siècles plus tard, mais les attaques des
Jurchen puis la conquête
mongole de
1279 l'en empêchent.
Au contraire des mondes chinois et arabo-musulmans, l'occident chrétien a subi des invasions qui l'ont lourdement affecté : les grandes invasions ont dévasté l'ancien empire romain d'occident depuis le , et on en sentira les effets jusqu'au milieu du , date à laquelle s'amorce la renaissance carolingienne.
Une nouvelle période d'invasions meurtrières frappe l'occident à partir des années 820 environ : les invasions viking (à partir du nord), puis sarrazines (dans le sud, en provence), et hongroises (dans l'est). Ces invasions ravagent l'empire carolingien qui s'effondre, sauf en Allemagne où il survit sous la forme de l'empire romain germanique. À partir du milieu du , la situation étant à peu près rétablie, l'occident connaît une nouvelle période d'expansion, appelée renaissance ottono-clunisienne. L'an mil est donc, contrairement à des idées reçues, une période de renaissance en occident, à laquelle on peut associer les deux personnages de Sylvestre II et d'Othon III, qui préfigurent l'amitié franco-allemande contemporaine.
Après une pause entre le milieu du et le début du , on observe à nouveau une renaissance en occident, dont l'origine est à chercher dans les contacts avec la civilisation arabo-musulmane (voir Moyen Âge). La renaissance ottono-clunisienne et la Renaissance du XIIe siècles, sont donc des rattrapages par rapport au reste du monde eurasien ; elle se manifeste par la création des université en Europe (Bologne), Paris, Salamanque, Oxford,...), dans lesquelles les quatre disciplines sont le droit, la médecine, la théologie et les arts (au sens de sciences). Elle fait naître une soif de savoir. A nouveau, la grande peste interrompt le processus, aggravée en France par la guerre de Cent Ans.
Au , la Renaissance aboutit en Europes à ouvrir le savoir sur des cercles d'humaniste qui, tout en étant formés dans les universités catholiques et en restant liés à l'Église, ont des charges variées et ne dépendent plus exclusivement des monastères ou des écoles urbaines. L'apparition de l'imprimerie en Europe (1453) a un effet de catalyseur extraordinaire ; il permit une extraordinaire diffusion du savoir, l'ouvrant à des cercles plus larges que les érudits des siècles antérieurs.
En raison de la guerre de Cent Ans, la France entra vraiment en Renaissance seulement au , alors que le processus était amorcé en Italie dès le (Trecento), ainsi que, au , dans des régions périphériques de la France (Avignon, Flandres, Allemagne, Espagne, Portugal).
Le processus ne se produisit à Paris que dans les années 1510-1530, lorsque le roi François I s'installa à Fontainebleau. Les grandes découvertes, permises par les développements techniques en Europe (imprimerie, navigation, cartographie,...), alliées à une certaine foi religieuse, assurèrent alors à l'Europe une suprématie sur le monde, alors que la Chine amorçait au contraire un repliement sur elle-même, et que l'âge d'or de la civilisation arabo-musulmane se terminait.
Les guerres de religion (troubles religieux, ainsi qu'on les appelait) marquent la césure avec une nouvelle période en Europe : les découvertes scientifiques du siècle (Galilée), se manifestèrent par une révolution scientifique.
Cette révolution n'aura pas de conséquences pratiques immédiates. Il faut attendre le pour que, le développement de la presse écrite aidant, les progrès techniques en métallurgie et dans l'industrie textile engendrent une révolution industrielle, qui s'amorce d'abord en Angleterre. La société française reste bloquée dans un système de privilèges, et ne connaîtra vraiment la révolution industrielle qu'à partir des années 1830.
Au milieu du , l'Europe ne dispose donc que de deux vrais atouts : son esprit d'entreprise et la richesse que lui procure le commerce trans-atlantique. A cette époque, les économies chinoise et européenne se valent. [ Carol H. Shiue, Wolfgang Keller : Markets in China and Europe on the Eve of the Industrial Revolution ]
Plusieurs éléments ont été avancés pour expliquer pourquoi, à partir du et surtout de 1750, l'Europe supplante les autres civilisations pour devenir la patrie de la révolution industrielle et dominer le monde.
L'une des causes principales est sans doute l'avantage que procura à l'Europe l'assimilation des techniques de diffusion de l'information : l'imprimerie à partir du milieu du (1453), puis le développement de la presse écrite à partir du (gasetta en Italie), suivi d'une diffusion plus large pendant les Lumières, avec ouverture des bibliothèques au public. On voit par exemple que la diffusion des connaissances cartographiques (voir Jean de Mandeville, Fra Mauro,...) permirent les grandes découvertes.
Max Weber met en avant la conception protestante du travail qui aurait encouragé les Européens à travailler plus que les autres peuples. Cependant, cela n'explique pas l'amorce de la Renaissance aux s, puisque la distinction catholique / protestant n'existait pas à cette époque.
Une autre explication socio-économique privilégie l'aspect démographique : l'Europe — avec son clergé célibataire, son émigration coloniale, une forte mortalité urbaine, des guerres incessantes et des mariages relativement tardifs — connaissant un taux de croissance de sa population bien moindre que celui des sociétés asiatiques. La main-d'œuvre étant peu abondante, on recherche des technologies qui l'économisent. C'est le cas des roues et moulins à eau, du rouet et du métier à tisser, de la machine à vapeur et de la navigations. On a aussi avancé que les institution européennes — notamment le droit à la propriété et le libre marché — étaient supérieures à celles des autres cultures, mais cette idée a été récusée par des spécialistes comme Kenneth Pomeranz.

Gutenberg
, symbole de la
Renaissance et de l'
humanisme.]]
La géographie de l'Europe a bien sûr joué un rôle important dans son histoire.
[« La Géographie n'est autre chose que l'Histoire dans l'Espace, de même que l'Histoire est la Géographie dans le Temps. » — Élisée Reclus, L'Homme et la Terre (1905-1908)] Le Proche-Orient, la Chine et l'Inde sont tous trois entourés de montagnes qui, une fois franchies, débouchent sur des territoires relativement plats. Par contraste, le relief européen, sillonné de chaînes de montagnes et parsemé de mers, offre une certaine protection qui lui fut salutaire face aux envahisseurs, pendant cette période du moins. En effet, avant l'avènement des armes à feu l'Eurasie vivait sous la menace des cavaliers venus des steppes glacées d'Asie centrale. Militairement supérieurs aux populations agricoles vivant à la périphérie du continent, ces nomades ne pouvaient quasiment pas être arrêtés quand ils déferlaient dans les plaines de l'Inde du Nord ou dans les vallées chinoises. L'âge d'or de l'Islam prit d'ailleurs fin avec le sac de Bagdad par les Mongols en 1258, et l'Inde comme la Chine subissaient des invasions périodiques. L'Europe, elle, et surtout l'Europe de l'Ouest, était moins sujette à cette menace.
Les différences géopolitiques doivent aussi beaucoup à la géographie. Durant la majeure partie de leur histoire, l'Inde, la Chine et le Proche-Orient sont des entités unifiées, dépendant d'un pouvoir unique dont l'expansion territoriale ne prend fin qu'aux confins géographiques du pays, montagnes ou désert. En 1600, l'empire ottoman contrôle quasiment tout le Proche-Orient ; les Ming, la Chine ; l'empire moghol, l'Inde. L'Europe, en revanche, est constamment divisée en de multiples États plus ou moins belliqueux et, à l'exception notable de l'empire romain, les empires à prétentions pan-européennes se désagrègent peu après leur formation. C'est paradoxalement cette compétition farouche entre États rivaux qui sera une des sources du succès de l'Europe, alors qu'en d'autres régions la stabilité sera privilégiée par rapport à la croissance, comme l'illustre le Hai jin[Hai jin (海禁) : Lois datant de la fin du , interdisant aux Chinois de construire des navires maritimes ou de quitter le pays. Cette mesure fut prise pour contrer la piraterie mais certains historiens comme John Fairbank et Joseph Levinson pensent qu'elle déboucha sur une stagnation et que les sciences et la philosophie devinrent prisonnières de traditions étouffant toute innovation. Cette thèse est cependant disputée.] des Ming qui bloquera la montée en force de la Chine en tant que puissance maritime. Dans une Europe non unifiée, une telle interdiction aurait été vouée à l'échec et tout État la respectant aurait rapidement été distancé par ses rivaux.
Un autre facteur géographique de la montée en puissance de l'Europe est la Méditerranée qui, depuis des millénaires, servait de trait d'union entre les peuples et véhiculait les biens, les personnes, les idées et les inventions.
L'importance du climat, enfin, ne doit pas non plus être négligée, les pays tropicaux étant constamment en butte aux parasites et maladies de toutes sortes, sapant la santé des hommes, des animaux et des plantes et freinant le progrès.
La seconde moitié du et le début du voient l'apogée des applications techniques de la science, et la continuation des découvertes scientifiques.
Domination économique de l'Europe

caravelles
de
Christophe Colomb.]]
Au , la Renaissance débute en Europe. Bien que l'on se soit demandé si ce foisonnement d'art et d'humanisme avait été d'une utilité quelconque à la science il reste que cette période permet la synthèse de nombreuses connaissances arabes et européennes dont le meilleur exemple est peut-être la caravelle qui, combinant la voile latine arabe et le trois-mâts-carré européen, est le premier navire apte à traverser l'Atlantique. Conjuguée à d'importantes innovations en matière de navigation, la caravelle permet à Christophe Colomb de relier l'Eurafrasie et l'Amérique en 1492.
On assiste alors à l'une des rencontres de civilisations les plus déséquilibrées de l'histoire. Les Européens apportent avec eux des maladies auxquelles les indigènes n'ont jamais été confrontés et une effroyable proportion d'entre eux, peut-être plus de 90%, périssent lors d'épidémies en série. Les Européens disposent aussi de chevaux, d'acier et de fusilss qui leur permettent de soumettre les empires aztèque et inca ainsi que d'autres cultures nord-américaines.
On commence alors à dépouiller la région et ses habitants de leurs richesses pour les expédier vers l'Europe. Parallèlement, les colons européens arrivent en grand nombre et, les colonies nécessitant une main-d'œuvre importante, on importe des milliers d'esclaves africains qui constituent bientôt une sous-classe racialement définie. En Afrique de l'Ouest, plusieurs États côtiers prospèrent en exploitant les peuples de l'intérieur.
De par sa direction, cette expansion maritime européenne est le fait de pays à façade atlantique : le Portugal et l'Espagne, comme précurseurs ; l'Angleterre, la France et les Pays-Bas par la suite. Culminant avec les guerres napoléoniennes, une série de conflits éclate entre les , à l'issue desquels la Grande-Bretagne s'affirme première puissance mondiale et se taille un empire qui, à son apogée, contrôle environ un quart des terres du globe et sur lequel, dit-on, « le soleil ne se couche jamais. »
occidentale
Entre-temps, la dynastie Ming a interrompu les voyages de l'amiral
Zheng He (voir note 4, ci-dessous). Une révolution commerciale — parfois qualifiée de « capitalisme embryonnaire » — a lieu en Chine mais se solde par un échec. Les Ming sont finalement supplantés par la dynastie mandchoue des Qing qui connaissent initialement une période de calme et de prospérité mais deviennent de plus en plus la proie des appétits occidentaux.
Ayant envahi les Amériques, les Européens se tournent bientôt vers l'Asie. Au début du , la Grande-Bretagne contrôle le sous-continent indien, l'Égypte et la péninsule malaise, la France s'empare de l'Indochine et les Pays-Bas des Indes orientales. La Grande-Bretagne occupe aussi plusieurs zones à populations néolithiques — parmi lesquelles l'Australie, la Nouvelle-Zélande et l'Afrique du Sud — où de nombreux colons émigrent. À la fin du , les Européens se partagent les derniers territoires africains sans tutelle.
Cette période voit en Europe l'Âge de la Raison déboucher sur la Révolution scientifique. Cette dernière ouvre la voie à la Révolution industrielle qui débute en Grande-Bretagne au début du . L'avènement de l'usine, de la fabrication en série et de la mécanisation, qui permettent de produire plus vite et avec une main-d'œuvre réduite, bouleverse alors l'économie mondiale. L'Âge de la Raison annonce aussi la naissance de la démocratie moderne, celle des révolutions américaine et française de la fin du . Ce concept de démocratie se développera et exercera une influence capitale sur le cours des événements mondiaux et sur la qualité de vie de nombreux habitants de la planète. La Révolution industrielle consacre l'avènement du chemin de fer et de la navigation à vapeur et fait de la houille le ressort de l'économie mondiale, ce qui entraîne un décuplement du taux de pollution et de dégâts causés à l'environnement.

Le XX siècle et l'avènement de la technologie
Le voit un renversement de l'ordre mondial. La puissance de l'Europe décroît, en partie à cause des destructions causées par les première et seconde guerres mondiales et les dépenses qu'elles engendrent. Parallèlement, les États-Unis et l'Union soviétique se développent en superpuissances. L'Organisation des Nations unies est créée dans le but de prévenir les guerres entre nations, but qu'elle n'atteint pas toujours, tant s'en faut. La chute de l'Union soviétique, au début des années 90, fait des États-Unis la seule superpuissance du monde et certains parlent d'hyperpuissance.[Voir : Pax Americana]

Mohandas Gandhi
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Le XX siècle voit aussi l'apparition de puissantes idéologies non religieuses. C'est tout d'abord le communisme qui, sur la lancée de sa victoire de 1917 en Union soviétique, gagne l'Europe de l'Est après 1945, la Chine en 1949 puis d'autres nations du Tiers monde au cours des années 50 et 60. Les années 20 voient des dictatures militaires prendre le contrôle de l'Allemagne, de l'Italie, du Japon et de l'Espagne.
Ces changements s'opèrent sur fond de guerres sans précédent historique tant dans leur ampleur que dans celle des dévastations qu'elles entraînent. La Première Guerre mondiale balaie de nombreuses monarchies européennes et affaiblit la France et la Grande-Bretagne, tandis que la seconde abat la plupart des dictatures militaires européennes et consacre l'avancée du communisme. Pendant quarante ans, les États-Unis, l'Union soviétique et leurs alliés respectifs vivent dans un climat de guerre froide dominé par le spectre d'une annihilation nucléaire. L'Union soviétique implose au cours des années 90 et certaines anciennes républiques choisissent de suivre la Russie au sein d'une communauté d'États alors que d'autres préfèrent se tourner vers l'Europe occidentale.
Durant le , d'immenses progrès technologiques sont réalisés et les niveau et espérance de vie de la plupart des êtres humains s'accroissent. L'économie mondiale ne repose désormais plus sur la houille mais sur le pétrole et de nouveaux modes de transport et de communicationaux lient toujours davantage la communauté mondiale. Les problèmes environnement s'aggravent de façon continue, même si la pollution urbaine est moindre aujourd'hui qu'à l'époque de la houille.
Au cours de la seconde moitié du , la naissance de ce qu'on appelle l'Âge de l'Information et la mondialisation entraînent un accroissement spectaculaire des échanges culturels et commerciaux au niveau planétaire. La science accomplit d'énormes progrès dans les domaines de l'infiniment grand — l'exploration spatiale vise désormais les confins du système solaire —, et de l'infiniment petit, révélant les mystères de l'ADN et permettant le séquençage du génome humain avec toutes les perspectives médicales que cela laisse entrevoir. Le nombre de publications scientifiques publiées annuellement dépasse aujourd'hui de beaucoup l'ensemble de toutes celles publiées avant 1900[ Strategies for the Development of Databases ]
et ce chiffre double tous les quinze ans. Le taux d'alphabétisation mondiale est en constante augmentation alors que la main-d'œuvre nécessaire à la production alimentaire est, elle, en régression[Voir les travaux de ].
Le pendant négatif de ces avancées est la possibilité réelle d'un anéantissement planétaire provoqué par la prolifération nucléaire, l'effet de serre ou une autre conséquence environnementale de l'usage des énergies fossiles, les conflits internationaux dus à la raréfaction des ressources naturelles telles les conséquences de la géopolitique du pétrole.
- : le PIB par tête a changé très peu durant l'histoire humaine précédant la révolution industrielle ; ensuite, elle est de type exponentielle, ce qui induit des postures alarmistes pour les détracteurs de la croissance économique. ( note : les années vides correspondent à l'absence de données, pas à des niveaux très faibles ; les données correspondent aux années 1, 1000, 1500, 1600, 1700, 1820, 1900, et 2003.)
Perspectives d'avenir

Avenir radieux

...ou apocalypse
Traditionnellement, les États se développent poussés par l'espoir d'un gain ou la peur d'une perte, et le sentiment d'identité nationale se forge en regard d’étrangers plus ou moins considérés comme des menaces potentielles.
C'est pourquoi, au cours des dernières décennies, voulant mettre leurs forces en commun et fermer la porte à la guerre, la plupart des pays de l'Europe de l'Ouest ont créé l'Union européenne, que d'aucuns qualifient de « super-État » et que certains pays d'Afrique, d'Asie et d'Amérique du Sud ont timidement tenté d'imiter.
Pourtant, en ce début de , on ne peut que constater que l'apparition, la croissance et la chute d'États organisés autour de populations données ayant un but commun continuent à générer des guerres et à engendrer morts, destructions, famines et génocides. Comme le disait René Grousset à l'issue des deux guerres mondiales : « L'homme est désormais sans illusion sur le fauve qui dormait en lui. »
On a constaté par ailleurs que la construction politique de l'Europe n'est pas un processus aussi simple qu'il le paraissait, et que la stratégie de Lisbonne, visant à développer le savoir en Europe, n'est pas encore tout-à-fait amorcée.
Voir aussi
Notes
Bibliographie
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