Définition théorique
Un hydrocarbure est dit aromatique quand il correspond aux conditions suivantes :
- présence d'un composé cyclique avec des liaisons π conjuguées ;
- chaque atome du cycle comporte une orbitale p ;
- orbitales p se recouvrent, la molécule étant plane au niveau de ce composé cyclique ;
- la délocalisation des électrons π entraîne une diminution de l'énergie.
Si les trois premiers critères sont satisfaits, mais que la délocalisation entraîne une augmentation de l'énergie, l'hydrocarbure est dit antiaromatique.
En pratique, le 4 critère est traduit par la règle de Hückel : la délocalisation entraînera une diminution de l'énergie de la molécule (et donc, une stabilisation de cette dernière) si le nombre d'électrons π est égal à 4n+2 , où n est un entier positif ou nul. À l'inverse, les composés antiaromatiques (lorsque la délocalisation des électrons entraîne une augmentation de l'énergie, et donc une perte de stabilité) possèdent 4n électrons π. Cette règle est valable pour les composés relativement simples, possédant au plus quelques cycles, au-delà, il faudra avoir recours à d'autres méthodes, semi-empiriques ou faisant appel à la mécanique quantique.
En présence d'un composé cyclique avec des liaisons π conjuguées dont la délocalisation des électrons π entraîne une énergie similaire, on est en présence d'un hydrocarbure non-aromatique, soit aliphatique.
Le plus simple des hydrocarbures aromatiques est le benzène [C6H6]. Avec deux cycles, on a le naphtalène [C10H8] (2 cycles accolés) et le biphényle [C12H10] (2 cycles liés par liaison simple).
Dans les alkylbenzènes, on aura le toluène [C6H5-CH3].
Familles d'aromatiques
Les composés du benzène
Les hétérocycles
Les
hétérocycles sont une classe de composés dans lesquels un
atome ou plus d'un composé cyclique est remplacé par un atome hétérogène comme l'
oxygène, l'
azote, le
phosphore, le
soufre, etc. Les hétérocycles les plus courants contiennent de l'azote ou de l'oxygène.
Exemple d'hétérocycles
Hydrocarbures aromatiques polycycliques
Quelques arènes importants sont appelés
HAP, hydrocarbure aromatique polycyclique (PAH en anglais). Ils sont composés de 4 à 7 cycles. Un HAP connu est le
benzopyrène, il est très
cancérigène.
Ils forment une vaste famille de composés aux propriétés similaires.
Les HAPs existent à l'état naturel dans le pétrole brut : les hydrocarbures pétrogéniques.
Ils se caractérisent par une forte proportion d'hydrocarbures aromatiques ramifiés, c'est-à-dire, substitués par des groupements alkyles.
La pyrolyse et la combustion incomplète de matières organiques ; comme l’incinération des déchets, la combustion du bois, du charbon, le fonctionnement des moteurs à essence ou des moteurs diesels produit aussi des HAPs : les hydrocarbures pyrogéniques.
La combustion de cigarettes produit des HAPs et contribue à la présence d'HAPs dans le milieu intérieur.
Ces HAPs, liés à l'activité humaine, sont peu ramifiés et ce sont surtout eux qui sont présents dans notre environnement, généralement sous forme de mélanges plus ou moins complexes.
La présence de HAPs dans l'environnement est préoccupante, essentiellement à cause de leurs propriétés cancérigènes.
C'est le cas tout particulièrement le cas du benzopyrène, du benzoanthracène, du benzofluoranthène, de l'indéno pyrène et du benzopérylène.
La plupart des HAPs sont assez résistants à la biodégradation. Cette dégradation se fait dans les couches superficielles du sol, grâce notamment à l'action de certaines bactéries.
La majorité des HAPs présents dans les eaux de surface ont une origine atmosphérique et, pour la plupart, sont adsorbés sur les sédiments.
Les hydrocarbures aromatiques polycycliques pourraient être présents dans les poussières interstellaires.
Ces molécules sont très résistantes aux conditions hostiles existants dans le milieu interstellaire et présentent des spectres en accord avec les raies observées dans les poussières interstellaires, notamment aux longueurs d'onde de 6,2, 7,7, 8,3, 11,3 et 12,8 µmss.
Formées d'une vingtaine à quelques centaines d'atomes, ces molécules nettement plus grandes que les autres molécules détectées dans le milieu interstellaire.
En 1994, Moreels, proposa la présence de phénanthrène dans la comète de Halleys pour expliquer la raie à 3,28 µm, raie aussi observée dans plusieurs autres comète (Bockelée-Morvan et al., 1995).
D'après Achim Tappe (Centre d'Astophysique de Harvard) les HAPs peuvent survivre à l'explosion d'une supernova, soit à environ 8 millions de dégrés Celsisus.
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Voir aussi