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Dernière modification: 2007-11-03
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Catégorie: Langue morte Langue d'Espagne

Ibère

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L'Ibère était une langue paléo-hispanique parlée par les Ibères sur toute la côte méditerranéenne péninsulaire. Son extension avait pour limite, au nord, le fleuve Hérault (France) et au sud n'allait pas au-delà de Porcuna et Jaén en Andalousie (Espagne).

Plusieurs études récentes tendent à considérer cette langue comme hétérogène, du genre Lingua franca, plutôt que la langue maternelle d'un groupe homogène. La langue se serait étendue grâce au commerce, dopé par le contact avec les comptoirs grecs (Ampurias et Lattara).

Il est à peu près certain que l'Ibère n'appartient pas à la famille des langues indo-européennes, et semble être une langue autochtone : du fait de nombreux mots communs il a été proposé un lien avec le basque, mais cette théorie est toujours discutée, et aucun lien avec un autre groupe de langues n'est pour l'instant démontré. Cette langue indigène s'est progressivement éteinte au long du Ier et IIème siècle de notre ère, étant remplacée alors de manière graduelle par la langue latine.

 

1 Extension géographique
2 Écriture
3 Etat actuel des connaissances
4 Notes et références de l'article
5 Voir aussi

Extension géographique

Extension approximative de l'Ibère dans la péninsule

Extension approximative de l'Ibère dans la péninsule

Les ibères se sont repandus le long de la côte méditerranéenne de la Péninsule Ibérique.

Commençant par le nord, au sud de la France au niveau du fleuve Hérault on a trouvé d'importants vestiges d'écriture à Ensérune, entre Narbonne et Béziers, dans une région ou se mêlent des éléments ibères et celtes.

Au sud, la limite était Porcuna, dans la Province de Jaén, dans laquelle on a trouvé certaines magnifiques sculptures de jinetes ibères.

A l'interieur de la péninsule ibérique la limite est incertaine. Il semble qu'il y eut une extension de la culture ibère le long de la vallée de l'Ebre, atteignant hasta Salduie (Zaragoza).

On considère que parmi les peuples préromains les suivants étaient de langue ibère : ausetanos (Vic, Girona), ilergetess (Lérida et Huesca jusqu'aux Pyrénées, indigete (côte de Gerona), laietanos (Barcelona), cossetanoess (Tarragona), ilercavon (Murcia et Valencia jusqu'à Tarragona), edetanos (Valencia, Castellón et Teruel), contestanoss (Valencia, Alicante, Cartagena et Albacete), bastetano (Granada, Almería et Murcia) et oretanos (Jaén, Ciudad Real, Albacete et Cuenca). On considère habituellement que les túrdulos et turdetanos étaient de langue tartesio.

Écriture

Les textes les plus anciens remontent au .

L'ibère a été fixé par écrit au moyen de trois écritures différentes :

Alphabet grec

Alphabet latin

L'Alphabet latin, dans lequel sont écrits deux petits textes et certains anthroponymes, principalement le noms des documents originaux documentés en inscriptions latines.

Alphabet ibère

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L'alphabet ibère, aussi appellé signario ibérico et qui est un semisilabario, est propre aux ibères et est celui qui était utilisé le plus couramment et pendant le plus longtemps. Il est clair que son origine est dans le signario tartesio parlé dans le sud-est de la péninsule parce que ceux qui sont arrivés l'ont appellé tartesia.

Le signario ibère possède deux variantes, le meridional ou du sud-est (à Jaén et Albacete), dont les signes sont plus semblables a l'ecriture tartesia, et celui du nord-est ou levantin, le plus parlé des deux et qui plus tard a été adapté pour le celtibère.

Sa forme la plus courante, le levantin, a été déchiffré en 1922 par Manuel Gómez-Moreno Martínez; bien que les premières lectures correctes du méridional furent effectuées par Ulrich Schmoll en 1961 et perfectionnées depuis par d'autres chercheurs, parmi lesquels se distingue Jürgen Untermann.

Etat actuel des connaissances

On connait très peu de choses sûres sur l'ibère. L'étude de la langue a dépassé sa phase initiale de translitération et compilation de matériels et se situe actuellement en phase d'identification de possibles éléments grammaticaux dans les textes.

Les commentaires suivants doivent être considérés comme des hypothèses non confirmées, qui resteront ainsi jusqu'à la découverte d'un long texte bilingue permettant de confirmer les déductions.

Phonologie et phonétique

Voyelles et diphtongues

L'ibère possède 5 voyelles, identiques à l'espagnol ou le basque : /a/ /e/ /i/ /o/ /u/, avec /a/ et /i/ les plus fréquentes et /o/ et /u/ les moins fréquentes. Bien qu'aient été signalés des indices indiquerait une voyelle nasale (signe [ḿ]), on considère que cela pourait être un allophone. Il ne semble pas qu'il y ait eu de différence de longueur dans le timbres si l'on en juge par les transcriptions grèques, il est ainsi significatif que pour le /e/ ibère en greco-ibère on eut utilisé la lettre 'eta' (e long) et non la 'epsilon' (e court).

Il semble que les diphtongues furent décroissantes avec voyelle+voyelle fermée, comme en témoigne /ay/ śaitabi SAETABIS, /ey/ neitin NEITINBELES et /aw/ lauŕ- LAURBELES. Untermann observe que le groupe /ui/ se trouve uniquement en première sillabe.

Semi-consonnes

Consonnes

Accentuation

Il n'existe que des hypothèses sur l'accentuation en ibère. Les 2 hypothèses présentées estime qu'il n'y avait qu'une accentuation fixe et non libre.

Luis Silgo Gauche défend l'idée d'une langue majoritairement à paroxyton, se basant principalement sur la perte de la voyelle faible dans beleś > bels et la comparaison avec le complexe aquitano-basque et le témoignage des langues romanes.

Xaverio Ballester propose une langue avec accent démarcatif, aussi bien fixe que final (oxyton) se basant principalement sur les universaux linguistiques et les adaptations grecesques et latin de toponymes et anthroponymes ibères.

Anthroponymes

Grâce à l'inscription latine du bronze d'Ascoli Liens externes, qui inclut une liste de personnages ibères qui furent analysés par Hugo Schuchardt on a pu dévoiler la forme des anthroponymes ibères (de fait, cette connaissance a aidé au déchiffrage de l'écriture ibère). Les noms ibères se forment d'éléments interchangeables, normalement formés de 2 syllabes, qui s'écrivent adjoints. Par exemple, un élément comme 'iltiŕ' peut se retrouver dans les noms suivants : iltiŕaŕker, iltiŕbaś, iltiŕtikeŕ, tursiltiŕ, baiseiltiŕ ou bekoniltiŕ. Cette découverte fut un pas de géant, puisque à partir de ce moment on a pu déterminer avec une certaine assurance les noms de personnes dans les textes.

Les composants qui peuvent être compris dans les noms sont : abaŕ, aibe, aile, ain, aitu, aiun, aker, albe, aloŕ, an, anaŕ, aŕbi, aŕki, aŕs, asai, aster, atin, atun, aunin, auŕ, austin, baiser, balaŕ, balke, bartaś, baś, bastok, bekon, belauŕ, beleś, bels, bene, beŕ, beri, beŕon, betan, betin, bikir, bilos, bin, bir, bitu, biuŕ, bolai, boneś, boŕ, bos, boton, boutin, ekes, ekaŕ, eler, ena, esto, eten, eter, iar, iaun, ibeś, ibeis, ike, ikoŕ, iltiŕ, iltur, inte, iskeŕ, istan, iunstir, iur, kaisur, kakeŕ, kaltuŕ, kani, kaŕes, kaŕko, katu, keŕe, kibaś, kine, kitaŕ, kon, koŕo, koŕś, kuleś, kurtar, lako, lauŕ, leis, lor, lusban, nalbe, neitin, neŕse, nes, niś, nios, oŕtin, sakaŕ, sakin, saltu, śani, śar, seken, selki, sike, sili, sine, sir, situ, soket, sor, sosin, suise, taker, talsku, tan, tanek, taŕ, tarban, taŕtin, taś, tautin, teita, tekeŕ, tibaś, tikeŕ, tikirs, tikis, tileis, tolor, tuitui, tumar, tuŕś, turkir, tortin, ulti, unin, uŕke, ustain, ḿbaŕ, nḿkei.

Dans certains cas on peut trouver un nom simple, avec un seul élément ou suivi d'un suffixe : BELES, AGER-DO et BIVR-NO sur le bronze d'Áscoli, neitin à Ullastret et lauŕ-to, bartas-ko ou śani-ko dans d'autres textes ibériques. Plus rarement, on a signalé la présence d'un infixe entre les deux éléments, -i-, -ke- ou -bo- (Ainsi Untermann explicite oto-iltiŕ face à oto-ke-iltiŕ ou avec AEN-I-BELES). De même, il signale qu'en de rares cas on trouve un élément is- ou o- préfixant un anthronyme (is-betartiker; o-tikiŕtekeŕ; O-ASAI).

Dans les éléments qui forment les noms ibériques, on trouve habituellement des modèles de variation : ainsi eter/eten/ete avec les mêmes variations iltur/iltun/iltu; kere/keres comme lako/lakos ; ou alos/alor/alo comme bikis/bikir/biki).

À d'autres occasions on trouve des assimilations produites par le contact de consonnes en limite de composé. Ainsi, dans les inscriptions latines il apparait que dans ce contexte n+b se prononçait /m/ (ADIMELS ou SOSIMILVS équivalent à *adin-bels ou *sosin-bilus). De façon optionnelle, un ŕ disparait devant n ou l (*biuŕ+lakos > biulakos; *biuŕ+nius > biunius; *sakaŕ+laku > sakalaku).

Notes et références de l'article

Voir aussi

Articles connexes

Liens et documents externes

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