Histoire d'une notion
Synthèse immanence-transcendance
Religion
La pensée de l'immanence ou de la transcendance de Dieu a divisé les philosophes médiévaux, néo-platoniciens d'après Augustin d'Hippone, ou aristotéliciens d'après Albert le Grand et Thomas d'Aquin.
Le symbole de Chalcédoine affirme que le Christ est consubstantiel à l'homme selon l'humanité : cette immanence engage le Saint-Esprit et permet la prière.
Dans Pascendi, le pape Pie X a critiqué l'abus de cette notion dans la philosophie de Spinoza et Kant.
Philosophie
Nietzsche
Avec son assertion, « Dieu est mort », Nietzsche déclare que nous sommes laissés à nous-mêmes, que nous ne devons plus espérer ni découvrir une vérité transcendante et cachée, ni inventer la fin de l'histoire en édifiant une vérité transcendante et définitive.Wittgentstein
Cette même synthèse d'indifférence se fait jour chez Wittgenstein (« Ce qu'on ne peut pas dire, il faut le taire ») : il croit avoir défini formellement un concept de vérité universelle -- formellement, donc indépendamment de tout sujet, de tout observateur. Cette vérité est-elle immanente ou transcendante ? Peu importe : la distinction ne doit d'ailleurs pas elle-même être formalisable, et donc il n'y a rien à en dire.Sartre
Sartre fait le même constat quand il utilise dans la Critique de la raison dialectique le mot-composé immanence-transcendance. Est immanence ce qui est intérieur à l'être d'une réalité et ne renvoie, ni pour son existence, ni pour son explication, ni pour sa valeur, à aucun principe extérieur ou supérieur, c'est-à-dire à aucun principe transcendant. Cette thèse peut être résumée par l'énoncé: tout est intérieur à tout.Voir aussi