Analyse stratégique
Janvier 2005
Le secteur a connu depuis trois ans des performances boursières plutôt basses, il atteint en janvier 2005, un niveau historiquement bas -- PER de 15,5 contre 34,9 en 1998 pour le DJ Stoxx Santé --, dans la moyenne du marché, ce qui est inhabituel pour ce secteur. Lors de dernier semestre 2004, quelques mauvaises nouvelles sur certains médicaments ont déprimé le marché : Merck & Co. Inc; (Vioxx), AstraZeneca (Iressa), Pfizer (Celebrex), Eli Lilly (Staterra).
Cependant cette baisse historique de la valorisation boursière est avant tout due, à l’inquiétude des investisseurs, en réponse à deux phénomènes graves :
- La chute tendancielle de l’innovation des différents laboratoires de recherche depuis 1999, sur 1092 nouveaux médicaments lancés en cinq années sur le marché, aucun n’a apporté une réelle innovation thérapeutique.
- La concurrence, de plus en plus importante, des médicaments génériques, favorisée par les politiques de réduction des coûts de santé, réalisées dans les différents pays développés. Le marché des génériques devrait croître annuellement de 9% pour atteindre 75 milliards d’euros en 2008 (100 milliards de dollars).
Cependant, certains analystes estiment cette baisse exagérée, car ne prenant pas assez en compte le potentiel du secteur:
- de nombreux produits sont actuellement dans les portefeuiiles des services de recherche et de développement ;
- les besoins en médicaments sont importants, du fait du vieillissement de la population et d’un plus large accès aux services de santé dans de nombreux pays ;
- les grands groupes travaillent sur une rationalisation et un meilleur contrôle de leurs frais marketing, qui est le poste principal de leurs dépenses opérationnellles et représente en moyenne plus de 30% de leur chiffre d’affaires ;
- lors des deux prochaines années, le secteur, après Sanofi-Aventis, devrait connaître de nouveaux mouvements de concentration capitalistique, autour de Novartis, d’AstraZeneca et de GlaxoSmithKline. Une opération d’acquisition ou de fusion, permet dans la plupart des cas, des économies d’échelles et de rationalisation.
Les éléments importants, spécifiques à ce secteur et actuellement recherchés par les investisseurs travaillant sur le marché de l’industrie pharmaceutique, sont :
- une véritable expertise sur des marchés clés (diabète, maladies cardio-vasculaires, cancers et les vaccins) ;
- le nombre de produits à fort potentiel se trouvant dans le portefeuille de recherche ('blockbusters', médicaments de masse dont les ventes sont supérieures à 750 millions d’euros, soit un milliard de dollars) ;
- la détention, dans le portefeuille :
- de produits très spécialisés, difficilement copiables,
- de produits s’adressant à la clientèle âgée des pays riches et les aidant réellement à améliorer leur santé générale (hypertension, bronchite, asthme, diabète, cancer...) et donc leur survie ;
- de nouveaux produits ayant la capacité à devenir des médicaments de masse ;
- la capacité à générer sur plusieurs années une croissance des bénéfices par action à deux chiffres.
Avril 2007
Tous les grands laboratoires ont relevé leurs prévisions de résultats (Merck, Johnson & Johnson, Abbott, Bristol Myers Squibb, Eli Lilly, Shire, Roche, Sanofi-Aventis) essentiellement grâce au marché américain qui a représenté la moitié de la croissance mondiale en 2006, contre un tiers en 2005, avec 300 milliards de dollars de chiffre d'affaires, soit 47 % des ventes mondiales. Cet élan est à mettre essentiellement au crédit du système américain de santé, Medicare qui permet un meilleur accès aux médicaments pour les personnes âgées et les handicapés.
De nouvelles molécules prometteuses vont monter en puissance en 2007, comme le Gardasil (Merck& Co) ou le Sutent (Pfizer), mais les rationalisations des coûts commerciaux et administratifs, initialisées en 2006, en réponse aux attaques des fabriquants de génériques sur les molécules entrées dans le domaine public, vont aussi améliorer les marges bénéficiaires en 2007. Ces rationalisations s'accompagnent de la suppression de milliers de postes (Pfizer, AstraZenaca) et de la réorganisation des portefeuilles de recherche et de développement (Roche, Novartis). Certains recherchent la voie de la croissance extérieure comme AstraZeneca qui vient de racheter pour 15 milliards de dollars, MedImmune, une société de biotechnique américaine.
Pour le futur, le secteur de la biotechnologie, qui ne représentait en 2006, que 7 % du marché de l'industrie pharmaceutique, devrait fournir le meilleur potentiel de croissance.
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