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Dernière modification: 2007-11-04
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Catégorie: Ésotérisme Concept philosophique Ethnologie

Initiation

Initiation, adj. Initiatique (lat, initiatio), action d'initier en général, et initier : (lat : initiare), de (lat : initium), commencement, admettre à la connaissance, à la participation aux mystères; (le baptême chrétien est une initiation, elle introduit le nouveau baptisé dans l'« ecclesia »: la communauté des fidèles). L'initié est d'une manière générale, ainsi admis aux activités particulières, d'une société, d'une association. Le terme qualifie aussi de nos jours toute procédure, action, passage, épreuve, qui transforme une personne en une autre elle-même. Depuis les mystères d'Isis en Égypte et ceux de Déméter à Éleusis en Grèce , jusqu'à la Franc-maçonnerie ou la Rose-Croix de nos jours, en passant par les sociétés les plus primitives, chaque espace culturel renferme son initiation.

1 Être initié
2 Dans l'antiquité
3 Rites initiatiques et notion de Tradition
4 Différents types d'initiations
5 Bibliographie

Être initié

Initiatique est un mot tiroir, plus encore qu’initiation certainement car toute épreuve (une longue maladie vaincue, un grave accident, la rentrée en maternelle ou en 6° de collège) peut être considérée comme de l'ordre d'un vécu initiatique. Cela sous-entend, dans la plupart des cas, être introduit à quelque chose, être éduqué....

Dans leur acception courante, les rites de passage marquent, dans tous les peuples, l'accession à la maturité ou à l'indépendance.

Ainsi, le baccalauréat, le permis de conduire, les bizutages à la Fac de médecine, par exemple, sont considérés comme des passages obligés indiquant un changement de statut social.

On évoque aussi une « initiation à l'informatique », au « secourisme », à la « plongée sous-marine », « au vol à voile », etc.

  • Un voyage évidemment, peut être initiatique, car il emmène souvent l'impétrant vers quelque chose que celui-ci ne connaissait pas, un « renouveau », parfois vécu comme une « renaissance ».

Cependant, dans son acception ancienne, l'initiation a un sens profond, souvent marqué par un rite, ou des symboles, censés provoquer un éveil de la conscience et une toute autre vision du monde.

Dans l'antiquité

  • Dans l'antiquité existaient de nombreux cultes dits à « Mystères » tout autour de la Méditerranée.
Il y avait, comme en attestent le conte de couramment nommé 'l'âne d'or' d'Apulée, ou les textes de Plutarque, lui même, prêtre d'Apollon à Delphes, des initiations consacrées entre autres à Isis, ou à Osiris, à Cybèle, Orphée ou à Héraklès, etc.

  • On y célèbrait aussi Dionysos (le deux fois né) à travers un ensemble de rites souvent spectaculaires ayant pour fonction d'imprégner la personnalité du futur initié et de la préparer au moment de l'initiation, ou à la révélation qu'il allait recevoir. Quelle était la nature de cette initiation et surtout de cette révélation? On en sait aujourd'hui peu de choses, car le disciple était tenu à garder le secret, (et était censé ne pas parler même sous la torture). Cependant, quelques traits de l'initiation ont percé à travers les ouvrages des philosophes pré-socratiques comme Héraclite ou les mythes développés par Platon.

  • Autour de ces maîtres prestigieux, dont la vie semblait être la mise en pratique de leurs idées, la jeunesse dorée de l'antiquité se regroupait, en quête de connaissance.
Puis, pour parfaire leur « chemin », il n'était pas rare qu'ils voyagent à travers le bassin méditerranéen passant d'une initiation à une autre, en quête de perfectionnement et d'épreuves. Cependant, si l'initation reste liée aux Mythes qui façonnaient l'antiquité, ceux-ci n'en construisent pas moins, encore aujourd'hui, notre personnalité.

  • L'initié vivait dans son corps et sa conscience, selon les traditions, la mort d'Osiris et sa résurrection, la quête d'Isis, celle d'Orphée.
Tous ces faits que la religion considère comme des faits établis, à interpréter littéralement, étaient considérés, dans les Écoles des Mystères, comme autant de stades de la conscience, de découvertes intérieures et de transformations censées conduire le disciple ou l'élève de son état actuel à un état d'être plus divin.

Les écrits néo-platoniciens attribués à Hermès Trismégiste, et considérés comme la gnose égyptienne, référence en matière d'ésotérisme ne disent-ils pas : « l'homme est un dieu mortel... Dieu est un homme immortel »?.

Rites initiatiques et notion de Tradition

Par Tradition on entend un savoir immémorial et absolu, auquel l'initié semble relié. Ce trésor de la Tradition est ainsi la chaîne,le maillon qui relie chaque initié à ses prédécesseurs, à ses initiateurs depuis l'origine des temps.

  • D'aucun disent que la « Tradition » n'existe pas en elle même, parce que l'homme change et évolue à travers les siècles, et il en est de même de la culture, des civilisations. Ils rejettent le caractère supposé immuable de la Tradition et donc récusent l'idée d'une transmission.
  • Cela constituerait une invention, le fruit d'un désir de certitudes et de pérennité.
    • Au mieux, dans un tel cas, la soi-disant initiation ne dépasse-t-elle jamais le contexte d'un groupe humain restreint ou d'une micro société (d'intérêt « moral » ou autre, tribale, mafieuse) etc.

  • Cependant, les termes d'Initiation et de Tradition peuvent être reliés si on les définit par l' « éveil des facultés purement spirituelles », latentes en chaque homme.
  • En ce cas là, et seulement là, les apparentes séparations entre les hommes, les cultures, les religions disparaîtraient.
  • On peut traduire alors le terme d'« initiation » par l'éveil d'un pouvoir supramental, de (sanscrit: Manas, racine: « man », penser..), ce qui est très différent de l'intellect du savant par exemple, tel que décrit habituellement, par l'évaluation (test de mesure de Q.I), ou par l'examen (de connaissances) par exemple.
  • On peut aussi le traduire par les éveils successifs de niveaux de conscience supérieurs au mental humain, mais rendus accessibles (au dit « mental »), par le persévérant travail intérieur, (prière, attention, concentration, méditation, contemplation, extase, etc.).

  • Cette « intelligence » supramentale (le terme est dû à Shri Aurobindo) est le « Noûs » (gr: É´ÉÕ‡V), dans la tradition hermétique. Elle correspond aussi aux plans Bouddhique et Atmique (le plan du « Nirvana » Bouddhiste et Hindouiste), des Théosophes, aux plans dits spirituels ou ciels des Chrétiens.

Différents types d'initiations

L'initiation en Franc-Maçonnerie

En Franc-Maçonnerie, un Degré (ou encore Grade) est conféré à un frère ou à une sœur par des maçons de sa loge possédant eux-même ce degré. Le degré maçonnique détenu par un maçon est une balise qui indique le chemin parcouru dans la progression initiatique, et pas nécessairement une qualité humaine qui serait prétendument « supérieure » : les maçons se considèrent toujours comme des apprentis, c'est-à-dire comme des hommes animés du désir de perfectionnement et pour qui le chemin à parcourir reste sans borne. Selon les , il existe différentes échelles de degrés dans la progression du récipiendaire.

L'initiation rosicrucienne

  • Dans une approche relativement plus mystique que dans la Franc-Maçonnerie, le rosicrucianisme - malgré la diversité de ses regroupements - se fonde davantage sur l'idée d'une appréhension progressive d'un état d'illumination recherché (celui de Rose-Croix). D'après la terminologie rosicrucienne, ce degré ultime de réalisation consisterait en un état de conscience, qui irait au delà de l'appartenance à un groupement ésotérique ou une loge particulière, ou des grades et degrés obtenus dans ce(tte) même groupement (loge). Cependant, certains des groupements rosicruciens incorporent des systèmes de degrés similaires à la forme des degrés en Franc-Maçonnerie (tels que, à titre d'exemples, l'AMORC ou la Golden Dawn).
D'autres rosicruciens comme ceux de la Rose-Croix d'Or préconisent d'abord l'illumination intérieure. De cette expérience directe et universelle, nommée « re-souvenance » naît la compréhension du but de l'existence et un chemin qui se trace ainsi, de grades en grades à travers le temps.(pour en savoir plus : voir l'article « Rose-Croix »)

L'initiation dans la Kabbale juive

Le système mystique de la Kabbale juive, tradition ésotérique et exégèse de la Torah, comporte également une dimension initiatique. Bien que cette initiation puisse se passer dans le cadre d'un enseignement reçu par des élèves auprès d'un Rabbin kabbaliste, celle-ci ne consiste pas en des grades particuliers et bien définis comme dans la Franc-Maçonnerie ou le rosicrucianisme. L'initiation en terme de degrés consiste davantage dans la capacité qu'a l'élève à pénétrer les secrets que renferment la Torah et de la lumière divine qu'il en reçoit, dans une expérience mystique. Chaque voile que soulève le mystique kabbaliste consiste en autant de degrés d'appréhension davantage subtiles de la Torah dans son exégèse. Ceci est exprimé, dans la Kabbale, par le principe du Pardes. (voir l'article Pardès)

L'initiation dans la Théosophie, selon Alice Bailey

Selon l'appréciation du mouvement occultiste de la Théosophie moderne, l'initiation consiste en une progression vers une forme graduée de « sainteté ». Dans une perspective clairement mystique - proche de l'idée de l'initiation dans la Kabbale dont la Théosophie moderne s'inspire sans doute en partie. Cependant, elle ne serait pas tant donnée dans un cadre institutionnel, comme c'est généralement le cas dans la Franc-Maçonnerie par exemple, mais formerait une continuité avec l'expérience humaine dans la vie quotidienne et des efforts que formulerait le disciple en termes de méditation, de service, et de perfectionnement de soi. Cette progression se ferait en terme de degrés d'appréhension de la réalité et de la capacité à en comprendre les lois fondamentales, supposées métaphysiques. La notion de degrés initiatiques qui paraissait différer en fonction des auteurs de la galaxie théosophique, est maintenant solidement établie en 9 degrés d'initiés depuis les travaux de la Théosophe Alice Bailey. Pour en savoir plus :(voir l'article Initiation (Théosophie))

A propos de l'acception ésotérique

  • Le terme Initiation, dans son acception ésotérique, prend une définition spécialisée de l'usage classique du principe d'initiation sociale. L'Initié sera celui qui aura appris à progresser dans son émancipation personnelle et spirituelle. L'apprenti ou l'aspirant, reçoit, par le biais de son maître ou instructeur, le contact avec une force au cours de laquelle il reçoit une connaissance spécifique dépendant de son niveau de compréhension défini par la doctrine qu'il étudie. Lorsqu'il réussit son initiation, l'apprenti peut alors être considéré comme un initié.

  • Or, cette progression se fait par le biais d'une échelle de cheminement qui comporte différents stades appelés généralement degrés, (ou grades) initiatiques. L'apprenti, (ou l'Aspirant) qui aura passé avec succès telle ou telle initiation sera considéré comme initié de tel ou tel degré. On retrouve cette terminologie de l'initiation dans un grand nombre de sociétés ésotériques et groupements occultistes comme la Franc-Maçonnerie, le rosicrucianisme ou la doctrine théosophique. Ainsi, au fil de sa compréhension des enseignements ésotériques de la doctrine auquel il appartient, l'apprenti (ou l'Aspirant) chemine progressivement de degré en degré jusqu'à obtenir l'équivalent du degré de son maître ou instructeur, voire de le dépasser.

Bibliographie

  • Walter Burkert, Les cultes à Mystères dans l'antiquité, Belles Lettres, 2003, ISBN 2251324364.
  • Alain Moreau Liens externes, Mythes grecs II : L'initiation. Montpellier : Service des Publications de l'Université Paul Valéry - Montpellier III, 2004, 279 p.
  • L’initiation. Tome I : Les rites d’adolescence et les mystères. Actes du colloque international de Montpellier 11-14 avril 1991 organisé par le SEMA. Études rassemblées par Alain Moreau Liens externes, Montpellier : Publications de l’Université Paul Valéry - Montpellier III, 1992, 326 p.
  • L’initiation. Tome II : L’acquisition d’un savoir ou d’un pouvoir. Le lieu initiatique. Parodies et perspectives. Actes du colloque international de Montpellier 11-14 avril organisé par le SEMA. Études rassemblées par Alain Moreau Liens externes, Montpellier : Publications de l’Université Paul Valéry - Montpellier III, 1992, 320 p.

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