Biographie
Fils d'un médecin d'origine corse, Jérôme Carcopino intégra l'École normale supérieure en 1901 et fut reçu premier à l'agrégation d'histoire et de géographie en 1904. Membre de l'École française de Rome, il y séjourna quelque temps. Il fut ensuite nommé professeur d'histoire au lycée du Havre, où il enseigna de 1907 à 1911.
Après avoir été pendant un an secrétaire de Raymond Poincaré, il fut en 1912 chargé de cours à la faculté d'Alger. L'année suivante, il obtint le statut d'inspecteur adjoint et devint directeur du musée national des antiquités algériennes.
Pendant la Première Guerre mondiale, il servit dans l'armée d'Orient, et obtint deux citations et la Légion d'honneur à titre militaire.
En 1918, il soutint ses deux thèses (notamment une traitant des origines d'Ostie selon l'oeuvre de Virgile), enseigna l'histoire romaine à la Sorbonne, puis fut nommé en 1937 directeur de l'École française de Rome, écrivant ses souvenirs romains avec Mgr Louis Duchesne, célèbre historien, archéologue et ecclésiastique moderniste.
Sous l'Occupation, il dirigea l'École normale supérieure de 1940 à 1942, et assuma, sans en avoir le titre, les fonctions de recteur de l'Académie de Paris après la révocation de Gustave Roussy à la suite des manifestations étudiantes du 11 novembre 1940. En février 1941, il fut nommé secrétaire d'état à l'Éducation nationale et à la Jeunesse dans le gouvernement de l'amiral Darlan. Il a notamment attaché son nom à l'importante loi du 27 avril 1941 sur les fouilles archéologiques, dite « loi Carcopino », qui a donné pendant plus d'un demi-siècle son cadre juridique à l'archéologie française, ainsi qu'à la réorganisation de l'enseignement scolaire du 15 août 1941. Dans ces fonctions, il fit appliquer les lois du régime de Vichy, notamment les textes excluant juifs et francs-maçons des fonctions publiques.
Au retour de Pierre Laval aux affaires en avril 1942, Carcopino démissionna aussitôt et, retrouvant son poste de directeur de l'Ecole normale supérieure, s'efforça de faire échapper ses élèves au STO.
A la Libération, il fut épuré et révoqué de ses fonctions pour sa participation au gouvernement de Vichy. Emprisonné à Fresnes dès août 1944, dans la même cellule que Sacha Guitry, il obtint sa libération provisoire en février 1945. Le 11 janvier 1947, la Haute cour de justice rend un arrêt de non-lieu pour services rendus à la Résistance. En 1951, il fut réintégré dans ses fonctions.
Historien de la Rome antique, Jérôme Carcopino a publié de nombreux ouvrages parmi lesquels on doit citer : Ovide et le culte d'Isis, Sylla ou la monarchie manquée (1932), Aspects mystiques de la Rome païenne, De Pythagore aux apôtres, La Vie quotidienne à Rome à l'apogée de l'Empire (1939), etc. Son ouvrage le plus connu est son César (1936).
Membre de l'Académie pontificale d'archéologie romaine, docteur honoris causa de l'Université d'Oxford, membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, Jérôme Carcopino fut élu à l'Académie française le 24 novembre 1955 au fauteuil d'André Chaumeix.
En 1969, son nom fut donné au Musée archéologique d'Aléria, site dont il avait encouragé les fouilles.
Liens externes
Bibliographie
- Stéphanie Corcy-Debray, Jérôme Carcopino, un historien à Vichy, Editions L'Harmattan, 2001, ISBN 2747508315
- Pierre Grimal, Cl Carcopino et P. Oubliac, Jérôme Carcopino, un historien au service de l'humanisme, Les Belles Lettres, 1981