Le mélange des genres
Jacques Vingtras est né d'une sorte de fusion entre deux projets de romans :
- Un projet autobiographique, esquissé dans Le testament d'un blagueur, récit inachevé écrit en 1869, et qui ne concernait à l'origine que les quinze premières années de la vie de l'auteur.
- Un projet de grand roman social impersonnel, histoire d'une génération déçue par l'échec de juin 1848, affamée par le Second Empire, partageant l'expérience de la Commune de Paris.
Contournant la censure en s'inventant un double,
Vallès mélangera son
autobiographie et son roman social, créant un roman original et polémique.
Une œuvre à dimension autobiographique
Jacques Vingtras n'est pas à proprement parler une
autobiographie. En effet, l'auteur n'est pas exactement le personnage principal de la trilogie. De plus, il existe des différences entre
Vallès et le personnage principal : dans
L'Enfant, Jacques Vingtras est fils unique, alors que Jules Vallès avait quatre frères et soeurs. En effet après Jules vint Jean-Emile [1834] puis une fille en 1835: Marie-Louise-Julie, puis Thomas-Jean-Louis [que Jules appelait Louisou, ce qui rapelle l'enfant que Jules voit mourir] en 1836 et enfin en 1838 naquit Elsa-Josephine-Emma. Les deux derniers moururent très rapidement.Sa premiere sœur Marie-Louise-Julie fut persécutée par le père, elle mourrut à 24 ans en internat.
Néanmoins, Vallès s'inspire largement de son vécu et nous livre ses sentiments à travers le personnage principal. C'est pourquoi l'œuvre est souvent classée dans le genre autobiographique.
Un caractère social prédominant
Jules Vallès a milité toute sa vie pour l'instauration d'une république « sociale » et pour l'amélioration de la condition ouvrière au , particulièrement pendant le
Second Empire. De même, Jacques Vingtras lutte aux côtés des leaders socialistes comme
Blanqui pour l'établissement d'un ordre social nouveau, surtout dans
Le Bachelier et
dans
L'Insurgé.
Un style particulier
Emile de Girardin dira de
Vallèsss qu'il a une langue qui lui est propre. Son écriture est en effet rapide et enflammée, pleine de
métonymie et de métaphores inattendues, et à la syntaxe parfois déconcertante. Son style animé, parfois proche du lyrisme révolutionnaire, est très moderne. La satire et l’ironie sont présentes même dans les passages tragiques, Vallès se définissant lui-même comme un « blagueur », au sens où on l’entendait à l’époque, c’est-à-dire comme un personnage ironique et moqueur. Le réalisme violent de son écriture, associé à un humour permanent, crée une atmosphère originale dans laquelle baignent ses romans.
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