Biographie
Il a été confié à son oncle chanoine de la cathédrale de Riez. Au collège de la ville, il entame ses études qu’il poursuit à Marseille. Suivant les voeux de son père, il se lance dans la banque, mais un échec le fait revenir à Riez. Pendant la guerre, il se retrouve à travailler dans un hôpital militaire alors qu’il ne connaît rien à la médecine, qui deviendra plus tard sa passion. En décembre 1800, alors qu’il est employé dans l’hôpital parisien, le directeur de l’Institution impériale des Sourd-Muets – successeur de l’Abbé de l'Épée - lui propose de devenir son médecin-chef. Malgré les techniques mises en œuvre jusqu’à ce jour, Itard veut apprendre le langage oral aux sourds-muets et refuse la technique des signes méthodique de l’Abbé de l’Epée ou l'utilisation de la langue des signes. Afin de comprendre l'origine de la surdité, Il se livra à de nombreuses expériences douloureuses, souvent cruelles et parfois mortelles sur les élèves de l’Institut Saint Jacques. Il passa des années à trifouiller les oreilles de ses élèves (par exemple en les percant ou en y faisant couler de la cire) et à tenter, avec peu de succès, à leur apprendre à prononcer quelques mots. Devant son échec, il se justifiait ainsi : Pour lui, ses élèves étaient contaminés par les habitudes gestuelles des autres classes. Ainsi il souhaitait supprimer complètement le recours à la langue des signes (méthode trop facile) et revenir à une éducation exclusive de la parole.En 1801, Victor, l’enfant sauvage de l’Aveyron, lui est confié. Personne ne croit à sa réinsertion sociale, mais Jean Itard s’attellera à la tâche. Il publiera un mémoire en la même année et un rapport en 1806 sur ses travaux avec Victor de l’Aveyron. Pendant cinq années, il a travaillé avec cet enfant à sa réinsertion sociale, mais a considéré comme un échec personnel son incapacité – ou son refus ? – à parler. En 1821, année où il est élu membre de l’Académie de Médecine, il publie un Traité des maladies de l’oreille et de l’audition, apogée de son travail sur les sourds-muets, auquel il s’est consacré toute sa vie, jusqu’à sa mort en 1838.
Itard est donc considéré comme un des plus grands médecins de la surdité au . Il peut être considéré comme un des fondateurs de l'éducation spécialisée.
Document
- texte téléchargeable de Jean Itard, Mémoire et Rapport sur Victor de l'Aveyron (1801 et 1806)

- présentation et commentaires du texte du Dr Jean Marc Gaspard Itard 'Mémoire et Rapport sur Victor de l’Aveyron'