Monarchie parlementaire
Grâce à l’institution de cette monarchie, les citoyens espagnols vécurent le passage de la dictature à la démocratie sans la moindre effusion de sang, sans le moindre drame.
La monarchie parlementaire met le roi au-dessus des partis politiques. Le suffrage universel décide tous les quatre ans de porter au pouvoir l’assemblée législative qui a recueilli la majorité électorale. Après consultation, le roi propose le candidat au poste de président du gouvernement qui doit ensuite recueillir la confiance du parlement espagnol, les « Cortes ». Par là même, un gouvernement décidera du destin du pays pour le meilleur du peuple espagnol.
L’Espagne a réussi sa décentralisation, le roi en est le fédérateur. Il incarne les traditions et la culture de son pays et est le garant des institutions espagnoles. Il est un ambassadeur du savoir-faire ibérique à travers le monde, notamment en Amérique latine.
En monarchie parlementaire, le roi incarne une démocratie vivante, il est le parangon de l’unité du pays. Le président du gouvernement conduit les affaires de la nation. Contrairement à d'autres institutions démocratiques, le souverain s’interdit toute intervention qui pourrait entraver la conduite du pays. Ceci ne lui interdit pas pour autant dans la confidentialité, de conseiller, de mettre en garde ou d'encourager le gouvernement, exerçant ainsi son rôle d'arbitre et de modérateur, tel que la Constitution l'y autorise.
La désignation
Son grand-père Alphonse XIII fut roi d'Espagne jusqu'à l'avènement, en 1931, de la Seconde République espagnole. La Guerre d'Espagne met fin à la république et est suivie par la dictature du général Franco, qui exerce les fonctions de chef de l'État jusqu'à sa mort le 20 novembre 1975. Le 22 novembre, Juan Carlos devient le roi d'Espagne Jean-Charles I.
XDDD
Il naît le 5 janvier 1938 à Rome, en Italie, où sa famille vit en exil. Enfant, il est surnommé Juanito (« Jeannot »). Il quitte ses parents et vient en Espagne pour suivre une formation sous l'égide de Franco, qui avait posé cette condition à la restauration de la monarchie.
En 1956, son frère cadet Alfonso meurt d'un coup de fusil dans la résidence de ses parents à Estoril, Portugal. Officiellement, il s'agit d'un accident survenu pendant le nettoyage d'un fusil, mais Juan Carlos étant le seul témoin, des doutes subsistent sur l'identité de celui qui tenait cette arme.
Franco écarte du trône le père de Juan Carlos, Juan de Borbón, préférant prendre comme successeur Juan Carlos lui-même afin de maintenir le régime. Pendant la dictature, Franco crée le titre de prince d'Espagne (plutôt que prince des Asturies) pour Juan Carlos. Celui-ci commence à utiliser son deuxième prénom, Carlos, pour avancer ses prétentions à l'héritage du côté carliste de sa famille.
Le 22 juillet 1969, devant les Cortes réunies dans l'illustre édifice de la Carrera de San Jerónimo, gardé par deux lions de bronze la patte posée sur un boulet de canon, le général Franco, d'une voix ténue, présente Juan Carlos comme l'homme le plus digne de lui succéder le jour venu, à titre de roi, dans la continuité des Principes du Mouvement national (Movimiento).
Pendant un temps, on a prêté au général Franco une hypothétique intention de placer sur le trône le cousin germain de Juan Carlos,
Alfonso de Borbón (
1936-
1989), sans qu'aucun élément tangible vienne jamais étayer cette thèse (en dehors du mariage, le
8 mars 1972, de ce dernier avec la petite-fille de Franco, Carmen Martínez-Bordiú). Alfonso de Borbón avait d'ailleurs renoncé solennellement à toute prétention au trône d'Espagne, deux ans et demi auparavant, suivant en cela la démarche de son père, Jaime de Borbón,
duc de Ségovie).
Roi d'Espagne
Durant les périodes de maladie de Franco en
1974 et
1975, Juan Carlos est nommé chef de l'État par intérim. Proche de la mort, Franco avoua le
30 octobre 1975 qu'il était trop malade pour gouverner, mais ce ne sera que deux jours après la mort du dictateur, survenue le
20 novembre 1975, que Juan Carlos sera proclamé roi d'Espagne.
Or, Juan Carlos promulgue rapidement des réformes démocratiques, au grand dam des éléments conservateurs, notamment les forces armées, qui s'attendaient à ce qu'il maintînt l'État franquiste. Juan Carlos nomme Adolfo Suárez, ancien chef du Movimiento Nacional, au poste du président du gouvernement. La pièce maîtresse des réformes démocratiques est la loi pour la réforme politique (Ley para la Reforma Política) présentée par le gouvernement Suárez, adoptée par les Cortes le 18 novembre 1976 et par le peuple espagnol le 15 décembre 1976 (94.2% de oui). Cette loi, de rang constitutionnel ('loi fondamentale' selon la terminologie franquiste), crée les bases juridiques nécessaires à la réforme des institutions franquistes depuis l'intérieur et permet que se déroulent le 15 juin 1977 les premières élections démocratiques depuis l'instauration de la dictature. Le Congrès des députés (Congreso de los Diputados) et le Sénat (Senado) issus de ces élections seront chargés d'élaborer, notamment, la nouvelle constitution démocratique que le roi approuvera au cours d'une session conjointe des deux Chambres le 27 décembre 1978.
En 1977, le père du roi, Juan de Borbón, avait formellement renoncé à ses prétentions au trône ; Juan Carlos le remerciera en confirmant le titre de comte de Barcelone que Juan de Borbón s'était donné pendant son exil. La nouvelle constitution de 1978 stipulera que Juan Carlos est l'héritier légitime de la dynastie.
Une tentative de coup d'État militaire surprend le Congès des Députés le 23 février 1981. Des officiers, avec à leur tête le lieutenant-colonel Tejero, tirent des coups de feu dans la Chambre parlementaire durant une session retransmise en direct à la télévision. On craint alors la déroute du processus démocratique, jusqu'à ce que le roi étonne la nation par une allocution télévisée exigeant que l'armée apporte son soutien inconditionnel au gouvernement démocratique légitime. Le roi avait auparavant appelé plusieurs chefs de l'armée pour leur ordonner en tant que commandant en chef de défendre la démocratie.
à Paris.]]
Lors de sa prestation de serment devant les
Cortes Generales (le Parlement), un chef
communiste,
Santiago Carrillo, lui avait donné le sobriquet « Juan Carlos le Bref », prédisant qu'il se trouverait rapidement écarté avec les autres restes du fascisme. Après l'avortement du coup d'État de
1981, ce même homme politique, ému, dira aux médias,
Dieu protège le Roi ! Si les démocrates et les gauchistes s'étaient jusque là montrés réservés, après l'échec du coup d'État leur soutien deviendra inconditionnel, un ancien chef de la
II République déclarera : « Nous sommes tous des monarchistes maintenant ». Néanmoins, une expression courante dit que les Espagnols ne sont pas des monarchistes, mais des « juancarlistes ».
Plus tard, une tentative d'assassinat par des membres du groupe terroriste basque ETA avortera à Majorque, lieu de villégiature de la famille royale.
Aujourd'hui, le roi règne en tant que monarque constitutionnel, sans exercer de réel pouvoir sur la politique du pays. Il est considéré comme un symbole essentiel de l'unité du pays, et ses interventions et points de vue sont écoutés respectueusement par des politiciens de tous les côtés. Son discours annuel la veille de Noël est diffusé par la plupart des canaux télévisuels espagnols. Puisqu'il est le chef suprême des Forces armées espagnoles, son anniversaire est une fête militaire.
L'Espagne a été un pays sans Constitution dès 1936 à 1978.
Après la prise du pouvoir, le général Franco légiférait à coups de
Fuero de los españoles, de 'lois organiques' et de 'lois de succession'.
Point d'orgue de l'idéal consensuel de la transition, l'élaboration du texte constitutionnel repose sur un esprit de tolérance prôné conjointement par le parti au pouvoir et les formations de l'opposition. Celles-ci - PSOE et PCE notamment - acceptent la voie ouverte par la 'loi de réforme politique' et finissent par conserver le seul héritage qui leur paraît acceptable: le système monarchique, signe que le seul dilemme d'actualité se réduit désormais à l'alternative démocratie/dictature et non plus, comme en 1931, à l'alternative république/monarchie.
Le 25 juillet 1977, la nomination de la Commission des affaires constitutionnelles et les libertés publiques, présidée par le centriste Emilio Atard ouvre la période constituante. De cette première émane un groupe de sept personnalités qui constituent la Ponencia Costitucional: Manuel Fraga Iribarne, Gabriel Cisneros Laborda, Miguel Herrero, Gregorio Peces Barba, José Pedro Pérez Llorca, Miguel Roca et Jordi Solé Tura. Après quatre mois de travail, les 'pères de la Constitution' achèvent la rédaction de l'avant-projet qui sera modifié par près de 2000 amendements présentés par les députés et les sénateurs. Enfin, le 31 juillet 1978, le texte est adopté par les parlamentaires. Au Congreso (l'assemblée des députés), l'approbation et écrasante. 94,2% sont favorables au 'oui': UCD, PSOE, PCE et la plus part des députés de Alianza Popular - dont [Manuel Fraga Iribarne] et une partie du groupe mixte. Au Sénat, les résultats sont identiques: 94,5% de 'oui'. Comme il fallait le craindre, l'ensemble du corps électoral est moins motivé que ne l'est la classe politique: un tiers des électeurs ne prend pas part au référendum du 6 décembre. Néanmoins, sur l'ensemble des bulletins dépouillés, près de 88% se prononcent en faveur du texte.
Finalement le 27 décembre 1978, le roi d'Espagne se présente devant le Parlement - députés et sénateurs réunis - pour ratifier la Constitution
Ascendance
|n1=
Juan Carlos I (1938 - )|t1=roi d'Espagne (1975 - )
|n2=
Juan de Borbón (1913-1993)|t2=
comte de Barcelone
|n3=
María de las Mercedes de Borbón-Dos Sicilias|t3=comtesse de Barcelone
|n4=
Alphonse XIII (1886 † 1941)|t4=roi d'Espagne (1886-1931)
|n5=
Victoria Eugenia(1887 † 1969)|t5= princesse de Battenberg, reine d'Espagne (1906-1931)
|n6=
Carlos de Borbón-Dos Sicilias|t6= infant d'Espagne
|n7=
Louise d'Orléans (1882-1958)|t7=
|n8=
Alphonse XII (1857 † 1885)|t8=roi d'Espagne (1874-1885)
|n9=
María Cristina (1858 † 1929)|t9=reine, puis régente d'Espagne
|n10=
Heinrich von Battenberg (1858 - 1896 †)|t10=
|n11=
Beatrice (1857 † 1944)|t11=fille de la reine
Victoria du Royaume-Uni
|n12=
Alfonso de Borbón (1841-1934), « comte de Caserte »|t12=
|n13=Antonia de Borbón (1851 - 1938 †)|t13=
|n14=
Philippe d'Orléans (1838-1894), « comte de Paris »|t14=
|n15=Marie-Isabelle d'Orléans (l848 † 1919)|t15= fille d'
Antoine d'Orléans (1824-1890), duc de Montpensier et de l'infante Luisa Fernanda (sœur d'
Isabelle II d'Espagne)
}}
Descendance bourbonienne et victorienne
- Victoire Eugénie de Battenberg (1887-1969), la petite-fille de la reine Victoria I, épousa en 1906 Alphonse XIII (1886-1941), roi d’Espagne. Leur petit-fils, l’actuel roi d’Espagne don Juan Carlos I de Bourbon (1938) est donc l’arrière-arrière-petit-fils de la reine Victoria, dernier monarque de la Maison de Hanovre.
La famille royale
Son épouse, la reine
Sofía est membre de l'ancienne famille royale de
Grèce. Ils ont trois enfants : les infantes
Elena, duchesse de Lugo;
Cristina, duchesse de Palma-de-Majorque, et l'héritier,
Felipe, prince des Asturies, futur roi Felipe VI et époux de l'ancienne journaliste Letizia Ortiz Rocasolano.
Le roi est également grand-père de huit petits-enfants : Felipe et Victoria de Marichalar y de Borbón, Juan, Pablo, Miguel et Irene Urdangarin y de Borbón, les infantes
Leonor et Sofía de Borbón.
La résidence principale de la famille royale est le Palais de la Zarzuela.
Affiliations
Il est membre honoraire du
Club de Rome.
[ Liste des membres honoraires du Club de Rome ]
Voir aussi
Liens externes
Autres
L'effigie du roi apparaissait sur les pièces et billets en pesetas et apparaît toujours les timbres-poste d'usage courant espagnols et sur les pièces espagnoles de 1 et 2 euros.
Passionné de voile, il participe régulièrement à des régates.
L'indicatif radioamateur du roi est EA0JC.
En septembre 2007 lors du 17ème sommet ibéro-américain,son intervention sera rendue célèbre (par les médias et des sites de partage de vidéo) pour son fameux 'porque no te callas?!' à l'encontre du président du Vénézuela Hugo Chavez qui s'en prenait à la politique de l'ancien premier ministre espagnol Jose Maria Aznar.
Références