Karma dans les religions orientales
Hindouïsme
Les hindous croient à la réincarnation. Ils accordent crédit à la croyance d'une continuation de l'existence après la mort et pensent que nos actions dans cette vie détermineront notre prochaine vie. Les actions de vies passées constituent le karma. La vie actuelle est à considérer, selon ce point de vue, comme le rayonnement des actions des vies passées. De même que l'on sème un champ, c'est la qualité des graines qui assure la capacité de la récolte à venir, selon un proverbe antique[d'après La Vache Sacrée et autres histoires indiennes de Tarun Chopra, éditions Prakash Books, ISBN 8172340419].
Pour l'hindouïsme, la mort est comme un changement de vêtements car l'âme change de corps d'une manière similaire après la mort. Le but suprême de l'hindou est l'union de l'âme individuelle ou atman, avec l'âme cosmique ou paratman[d'après La Vache Sacrée et autres histoires indiennes de Tarun Chopra, éditions Prakash Books, ISBN 8172340419].
Un incident important de la mythologie indienne est raconté dans le Mahabharata. A la veille de la grande bataille, Arjuna, le plus brave des cinq frères Pandava, se met à douter de la nécessité de se battre, car dans l'autre camp se tiennent ses propres cousins. Krishna est sur le champ de bataille comme l'aurige d'Arjurna et il lui tient un discours sublime qui constitue la Bhagavad-Gîtâ. L'essence de ce discours, familière à tous les indiens, est que le karma engendre le dharma: vos bonnes actions constituent votre religion, ou, en d'autres termes, vos devoirs, votre destin, votre existence[d'après La Vache Sacrée et autres histoires indiennes de Tarun Chopra, éditions Prakash Books, ISBN 8172340419].
Le
karma est le reflet de nos actions antérieures qui se manifeste dans notre vie actuelle. Il faut constamment chercher à améliorer son
karma, littéralement ses
actions, par de bonnes actions et en respectant le
dharma. Le but ultime est de s'élever au-dessus des cycles des morts et des renaissances et d'atteindre l'état de béatitude éternelle appelée
moksha[d'après La Vache Sacrée et autres histoires indiennes de Tarun Chopra, éditions Prakash Books, ISBN 8172340419].
Cette notion amène donc, pour l'hindou, à une profonde croyance dans le destin, que ce qui doit arriver arrivera. Toutefois, cela ne doit pas être confondu avec de la paresse ou du fatalisme, car ce sont nos vies précédentes qui portent leurs ombres sur la présente, et la façon dont nous réagirons influencera la prochaine[d'après La Vache Sacrée et autres histoires indiennes de Tarun Chopra, éditions Prakash Books, ISBN 8172340419].
Les hindous croient dans le cycle des morts et des renaissances ; il faut cinquante-deux millions de naissances avant de renaître comme un humain. Uns fois la naissance humaine acquise, il ne faut pas la gaspiller en se faisant du mauvais karma, car cela engendrerait une réincarnation rétrograde : lépreux ou animal par exemple. Vous récoltez ce que vous semez est donc l'essence de la loi du karma. Le karma de chacun est de bien faire son devoir sans en chercher les fruits, dit la Bhagavat Gita. La vie humaine, dans l'hindouïsme, donne l'opportunité de se libérer du cycle des morts et des renaissances. Cet état de libération est appelé nirvāna ou moksha[d'après La Vache Sacrée et autres histoires indiennes de Tarun Chopra, éditions Prakash Books, ISBN 8172340419].
La réalisation de cette vérité éternelle est extrêmement difficile car le matérialisme illusoire du monde nous voile la vraie connaissance. Cette illusion est appelée mâyâ: un monde où la richesse, la prospérité, l'égoïsme, la jalousie et les relations sont sources de tentations. L'hindouisme dit que rien n'est permanent dans ce monde. Ce qui a un début a nécessairement une fin. Tout comme la fleur de lotus qui s'élève au-dessus des eaux stagnantes qui l'entourent, l'individu doit s'élever au-dessus du monde des désirs de mâyâ. La reconnaissance de cette aspiration et les efforts pour s'en écarter forment la base des philosophies orientales dont celle de l'hindouisme, du jaïnisme et du bouddhisme[d'après La Vache Sacrée et autres histoires indiennes de Tarun Chopra, éditions Prakash Books, ISBN 8172340419].
Il n'y a donc pas de tension, de stress, dans le mode de vie proposé par l'hindouisme. Car si quelque chose n'a pu être terminé durant cette vie, la prochaine vie donnera l'occasion de compléter cette tâche. C'est un aspect qui est inconnu des philosophies occidentales[d'après La Vache Sacrée et autres histoires indiennes de Tarun Chopra, éditions Prakash Books, ISBN 8172340419].
Bouddhisme
Pour les bouddhistes, le karma que l'on crée en agissant, que ce soit avec le corps, la parole ou l'esprit, est essentiellement favorable ou défavorable, positif ou négatif (kusala ou akusala en sanskrit ; ces termes n'ont pas de traduction exacte en français : sens global pour kuçala : juste, approprié, convenable, bon, bienveillant, et pour akuçala: leur contraire), en fonction de l'état d'esprit qui sous-tend l'action.
Ainsi, si l'on donne quelque chose à quelqu'un de manière désintéressée, on crée du karma positif. Ce n'est pas le cas, en revanche, si l'on donne parce que l'on attend quelque chose en retour. Enfin, le karma créé peut donner ses fruits dans cette vie ou dans une vie future.
Dans le bouddhisme ancien, pour produire un karma, il faut réunir l'intention d'agir, l'acte lui-même et la satisfaction d'avoir agi. En dehors de ces conditions, l'acte ne produit pas de karma.
Jainisme
Pour les jaïnistes, l'action n'est pas le seul critère, et l'état d'esprit la sous-tendant peut entrer aussi en compte, surtout s'il s'agit d'un laïque jaïn, car contairement aux moines et nonnes auxquels il est interdit de commettre toutes les violences (accidentelles, professionnelles, défensives et intentionnelles), les laïques sont obligés d'éviter au minimum la violence intentionnelle, par la pensée, la parole et le corps. C'est pour cela, par exemple, que certains jaïna (moines et nonnes de certaines sectes, laïques lors d'une cérémonie...) portent souvent des tissus sur la bouche; faisant cela, ils évitent de tuer des insectes en les avalant par inadvertance.
Voir à « Doctrines fondamentales du jaïnisme » : La théorie du « karma ».
Karma dans les conceptions occidentales
Kabbale
Pour les kabbalistes modernes, le karma n'est pas un fardeau que l'on porte en provenance de ses vies antérieures, mais une série d'épreuves que l'on s'est choisies juste avant sa naissance; le but de la vie étant de réussir ces épreuves. Ainsi, chacun se choisit les grandes épreuves de sa vie, le reste faisant partie du libre arbitre et pouvant être vécu comme l'individu le souhaite. Ceci est résumé par l'histoire des trois voyageurs.
Référence(s)
Voir aussi
Sources
- article Karma
sur la Wikipédia anglophone, version du 6 mars 2005.
Bibliographie
- Sri Aurobindo,Renaissance et Karma, Éditions du Rocher, 1983
- Steiner Rudolf, Réincarnation et karma, Éditions Anthroposophiques Romandes
- Steiner Rudolf, Les manifestations du karma, Éditions Triades
- Steiner Rudolf, Le Karma - Considérations ésotériques, 6 tomes, Éditions Anthroposophiques Romandes
Sujets connexes
Liens externes