Développement et histoire
Les prémices de la conception
C'est après une rencontre avec
Eadweard Muybridge, l'un des pionniers de la
photographie, qui lui transmit quelques idées, et lui présenta ses premiers travaux, qu'
Edison imagina un système cinématographique. Le
25 février 1888, à
Orange, dans le
New Jersey, Muybridge donna une conférence accompagnée d'une démonstration de son
Zoopraxiscope, un dispositif projetant une séquence d'images dessinées en bordure d'un disque de verre, produisant l'illusion du mouvement. Cette conférence fut suivie par Edison, son associé
William K.L. Dickson, et la plupart des
photographes de sa compagnie. Deux jours plus tard,
Muybridge et
Edison se rencontrèrent dans son laboratoire de
West Orange. Après cette réunion, Muybridge lui proposa de se joindre à l'équipe du projet du
phonographe — un système cinématographique combinant
son et image[ Hendricks, page 11 à 12, Support of Muybridge's description, New York World, 3 juin 1888]. Cette collaboration n'apporta pas les résultats escomptés, mais, en
octobre 1888, Edison déposa une première demande au
bureau américain des brevets, annonçant son intention de créer un dispositif qui . Ainsi, dès le début, Edison imaginait bien un système
audiovisuel complet : . En
mars 1889, une deuxième demande est faite, dans laquelle Edison donne un nom à ce nouvel
appareil photographique, le Kinétoscope, dérivé du
grec Kineto et
Skopos qui signifient respectivement
mouvement, et
pour voir.
Edison charge Dickson de donner vie au projet du Kinétoscope. Alors qu'il s'attribue tous les crédits de cette invention, le consensus historiographique dit que le titre de créateur ne peut que difficilement revenir à un seul homme :
Library of Congress, « History of Edison Motion Pictures
», consulté le 11 novembre 2007.}}
La conception du Kinétoscope par Dickson et son assistant principal,
Charles Brown, passa par divers tâtonnements. L'idée originale d'Edison consistait en un enregistrement de photographies, d'une largeur de
pouce, directement sur un
cylindre (aussi appelé photographique) d'un matériau opaque pour les images positives, ou en verre pour les images négatives, enduit de
collodion comme couche photosensible
[Braun (1992), page 188 et 404 n° 44.]. Les images devaient être vues à travers un tube de type
microscope, tandis qu'un cylindre audio produisait un son synchrone. C'est lors de tests, effectués avec des images d'une largeur de pouce, que l'importance du grain, dû au
bromure d'argent, qui réagit avec la lumière sur une
pellicule photographique, montra ses limites.
Découverte des feuilles de celluloïd et exposition universelle
En juin 1889, le laboratoire choisit alors de travailler avec des feuilles celluloïdes fournies par John Carbutt, qui s'enroulaient autour du cylindre, fournissant une base de qualité supérieure pour l'enregistrement des images[Roossel (1998), page 63-64; Braun (1992), page 189 et 404, n° 47; Robinson (1997) écrit : , page 27; Spehr (2000) a dit : , page 23, n° 22]. Le premier film réalisé pour le Kinétoscope, et probablement le premier film de toute l'histoire des États-Unis réalisé sur une pellicule photographique, pourrait avoir été tourné durant cette période (il existe un débat, irrésolu de nos jours, sur la date exacte du tournage : juin 1889, ou novembre 1890); connu sous le nom de Monkeyshines, No. 1 qui décrit un employé de laboratoire parodiant dans une attitude pince-sans-rire une démonstration de capacités physiques. L'acteur n'est pas clairement identifié : si le film a été tourné en 1889, il s'agirait de John Ott ; en 1890, de G. Sacco Albanese[ Kino Video, « Edison : the invention of the Movies ]
», consulté le 14 novembre 2007[ Internet Movie Database, « Filmographie de G. Sacco Albanese ]
», consulté le 14 novembre 2007. Lors de la projection du film, Edison et Dickson ont tenté de synchroniser une bande son, mais le résultat ne fut pas satisfaisant, au même moment, William Dickson expérimentait un autre procédé sonore qui utilisait un disque[Dickson (1907), partie 2].
Malgré l'échec des tests de son, le projet devient plus concret, surtout après le voyage en
Europe d'
Edison, et sa visite de l'
Exposition universelle de 1889 à
Paris, lors de laquelle il présenta son procédé de Kinétoscope le
2 ou le
3 août[Robinson (1997) décrit l'exposition le 2 août (page 27), alors qu'Hendricks (1961) la décrit le 3 août (page 48)]. Son voyage durera un peu plus de deux mois durant lesquels il visitera plusieurs pays, avec le
photographe et
scientifique,
Étienne-Jules Marey (concepteur du
fusil photographique, en
chronophotographie, le premier
appareil portatif cinématographique qui capturait )
[Baldwin (2001), page 208 à 209 : il décrit la rencontre de ces deux hommes durant le mois de Septembre; Burns (1998), page 73, la décrit en Août. Voir aussi Braun (1992), page 189].
Retour aux États-Unis
De retour aux États-Unis, le 2 novembre, Edison déposa un autre brevet qui décrivait un Kinétoscope ne reposant pas seulement sur une pellicule souple, mais également munie de perforations latérales permettant son entraînement par des roues dentées, afin d'obtenir une avance plus fluide et plus plus fiable[Musser (1994), page 66; Spehr (2000), page 8]. Le premier projecteur de film à employer ce système fut apparemment le Théâtre optique, breveté par Émile Reynaud en 1888. Son théâtre n'utilisait pas de pellicule, mais des images peintes sur de la gélatine[Rossell (1998), page 21][ Stephen Herbert, « Biographie de Charles-Emile Reynaud ]
», Who's Who Victorian Cinema, consulté le 14 novembre 2007. C'est lors de l'Exposition Universelle, qu'Edison aurait apperçu ce Théâtre, mais aussi l'électrotachyscope de l'inventeur allemand, Ottomar Anschütz[Braun (1992), page 189]. Ce théâtre basé sur la projection d'images fut qualifié de pour l'élaboration du Kinétoscope. Le Kinétoscope était alors novateur : il se basait sur la persistance rétinienne, en utilisant une source de lumière intermittente pour momentanément la projection de chaque image; afin d'optimiser la persistance rétinienne du spectateur pour lui donner l'illusion d'un mouvement constant. C'est à la fin des années 1890 que ce procédé fut intégré au plans du Kinétoscope[Burns (1998) a dit : (page 73)].
Un sujet de débat constant et historique est de savoir quand le laboratoire de Thomas Edison a commencé à travailler sur ce système de pellicule photographique. Selon William K.L. Dickson, c'est durant l'été 1889 que les feuilles de celluloïd découpées, fournies par Carbutt, furent utilisées pour les différents prototypes du Kinétoscope. C'est en août, plus précisément, alors qu'il assistait à une démonstration de pellicule souple par George Eastman, qui lui en donna un échantillon, que Dickson expérimenta celles-ci avec le Kinétoscope[Spehr (2000), page 7 à 23 n° 21 à 22]. Comme l'écrivait l'historienne Marta Braun, le produit d'Eastman était suffisamment résistant, mince, et souple pour permettre son déplacement derrière la lentille de la caméra à une vitesse importante, sans que le tout ne se déchire[Braun (1992), page 155].
Dépôt du brevet et Kinétographe
tournant grâce au Kinétographe]]

Edison
]]
Certains chercheurs — et en particulier
Gordon Hendricks, dans paru en
1961 — ont avancé l'hypothèse que le laboratoire avait commencé à travailler sur une machine utilisant une
pellicule bien après les dates indiquées, mais, que, pour des raisons de
brevet et de
propriété intellectuelle,
Thomas Edison et
William Dickson avaient antidaté leur découverte pour établir leur priorité vis à vis du
Bureau américain des brevets. L'
historien du cinéma, David Robinson, a prétendu que les (c'est-à-dire jusqu'à fin
1890) — alors qu'
Edison était toujours en
Europe, mais correspondant régulièrement avec
Dickson — période où le laboratoire avait misé sur l'innovation de
George Eastman, et ses pellicules souples
[Robinson (1997), page 29; Spehr (2000), page 7, 8, et 23, n° 24]. Cependant, les travaux sur le Kinétoscope furent irréguliers et interrompus à plusieurs reprises durant cette même année, d'ailleurs, aucune dépense n'avait été engagée les concernant entre
mai et
novembre[Robinson (1997), page 28]. Au début de
1891, toutefois, Dickson, son nouvel chef adjoint,
William Heise, et
Charles Kayser, employé au laboratoire, conçurent un système basé sur une pellicule souple. Le dispositif, dont les mécanismes sont agencés dans un coffre en bois, est composé d'une boucle de film de 19 mm ( de pouce) passant dans un système de roues dentées. La pellicule n'était alors perforée que d'un seul côté, pour être entrainée par les
pignons, eux-mêmes mus par un mécanisme électrique. Le spectateur pouvait voir le film à travers une fenêtre
loupe[Robinson (1997), page 31]. Une lampe éclairait la
pellicule par dessous, et ainsi, la lumière arrivait au
peephole[Trou fait dans la parois supérieure du Kinétoscope pour permettre la visualisation des films], composé d'une
lentille optique, qui recevait les images. Comme le décrit David Robinson, un
obturateur rapide Le
laboratoire mit également au point une
caméra, le
kinétographe, capable d'enregistrer des films compatibles avec le Kinétoscope. Pour permettre le mouvement intermittent de la
pellicule dans la
caméra, lui permettant de s'arrêter assez longtemps devant l'objectif pour que chaque image soit suffisamment exposée tout en passant ensuite rapidement (environ de seconde) à l'enregistrement de l'image suivante, le
pignon entrainant la pellicule était entrainé par un mécanisme à
échappement. C'est ce mécanisme rapide, dit de
stop-and-go, permettant la prise d'images qui sera à la base du développement du
cinéma lors du siècle suivant.
[Gosser (1977), page 206 à 207; Dickson (1907), partie 3]
Première démonstration, et avènement du Kinétoscope

Morceau de la pellicule 35 mm du film [[Butterfly Dance
, une production des laboratoires Edison avec Annabelle Whitford Moore. Ce format qui serait le standard du cinéma de nos jours[Il est à noter qu'il semble que plusieurs références aux films d'Annabelle Moore ne lui en attribuent que deux : ]Serpentine Dance et Butterfly Dance. En fait, en 1984, à Londres, lors de la conception du Kinétoscope, Anabelle avait déjà tourné trois films pour Edison : Anna Belle Sun dance, Anna Belle Serpentine Dance, et Anna Belle Butterfly Dance''. Plusieurs auteurs ont apparemment oublié la dernière. Voir Hendricks (
1966), page 112, 135 et 136]]
C'est en présence de , le
20 mai 1891, que se déroula la première démonstration du Kinétoscope, dans le laboratoire d'
Edison. Le
New York Sun, un
journal américain, décrivit ce que ces femmes avaient pu voir dans cette :
''
Le film, qui ne durait que quelques secondes, s'intitulait
Dickson Greeting et l'homme n'était autre que
Dickson.
Le
24 août de la même année, trois demandes de
brevets furent déposées : la première pour le , la seconde pour une autre
caméra, et la dernière pour un appareil qui permettait d'exposer des photographies d'objets en mouvement
[Edison (1891), premier tome, page 1; Edison (1891), deuxième tome, page 1; Hendricks (1961), page 130]. C'est lors du tournage de
Dickson Greeting que fut remarquée la première utilisation du
Kinétographe, Edison a alors déclaré : . En effet, selon les archives de la
Bibliothèque du Congrès, basée sur les données d'une étude effectuée par l'historien Charles Musser,
Dickson Greeting et deux autres films réalisés par le
Kinétographe en
1891 ont été tournés avec une cadence de trente images par seconde
[ Library of Congress, « Voir Dickson Greeting ]
», consulté le 20 novembre 2007[ Library of Congress, « Voir la partie 1 de Newark Athlete ]
», consulté le 20 novembre 2007[ Library of Congress, « Voir la partie 2 de Newark Athlete ]
», consulté le 20 novembre 2007[ Library of Congress, « Voir Men Boxing ]
», consulté le 20 novembre 2007. L'application du Kinétocospe incluait le principe de
stéréoscopie pour faire ressortir les
reliefs de ces photos planes, mais ce dispositif fut vite abandonnée
[Edison (1891), tome 1, page 2 et 3, diagramme 4].
Au printemps suivant, un monnayeur fut ajouté au Kinétoscope[Spehr (2000), page 13]. Et, en automne, le Kinétoscope était pratiquement opérationnel. La pellicule, fournie initialement par George Eastman, et ensuite, dès avril 1893, par la New York's Blair Camera Co., au format 35 mm, composée d'images rectangulaires, et étant chacune munie de quatre perforations sur le côté[Spehr (2000), page 11 à 14. Les pellicules étaient alors perforées au laboratoire. Artech House (2001), page 88; Braun (1992), page 190]. En quelques années, ce format sera adopté par le cinéma du monde entier. La publication, en octobre 1892, dans la revue Phonogram de séquences cinématographiques, dans ce format, démontre que le Kinétographe avait déjà été reconfiguré pour pouvoir produire des films en [Musser (1994), page 72]. Quant au Kinétoscope, il existe une polémique concernant l'emplacement de son obturateur, élément crucial du dispositif. Selon un rapport de l'inventeur Herman Casler, décrit comme par Hendricks, qui examina lui-même cinq des six dispositifs de première génération toujours existant :
-
Robinson, par contre, indique que l'obturateur — auquel il n'attribue aussi qu'une simple fente — était placé plus bas,
La description de Casler et Hendricks, est confortée par les plans du Kinétoscope qui accompagnaient la demande de brevet effectuée auprès du bureau américain des brevets, en particulier la figure 2. Cette vue latérale ne montre pas l'obturateur, mais elle prouve l'impossibilité de le placer entre la lampe et le film sans une modification majeure, elle montre en outre un espace où il semble possible de le loger, entre le film et la lentille.[Edison (1891b), diagrams 1, 2 [pp. 342, 343 dans Light and Movement]. Figure 1, une vue d'ensemble qui montre le Kinétoscope vu de dessus, avec une pellicule à l'intérieur, montre également que l'obturateur est placé au-dessus du film—soit directement au-dessus soit au-dessus de la lentille, ce qui n'est pas vraiment clair. Un quatrième schéma [p. 345 dans Light and Movement] montre une épure d'Edison concernant un système de projection stéréoscopique: dans ce cas, l'obturateur était effectivement placé entre la lentille et l'écran; dans une configuration alternative, présentée dans une incrustation, l'obturateur semble passer à travers 'une fente dans le corps de la lentille' elle-même (p. 2 [p. 340 dans Light and Movement]).]
La description de Robinson est, elle, confortée par une photographie de l'intérieure du Kinétoscope qui fut publiée dans le livre de Hendricks[Hendricks (1966), illustration n° 2. L'historien Stephen van Dulken (2004) a décrit l'obturateur avec une fente qui se situait entre la lentille et l'ouverture de la boîte du Kinétoscope (page 64)].
Le , un nouveau brevet est déposé concernant le système d'avance intermittent de la pellicule dans le Kinétographe[Robinson (1997), a tort, écrit que en 1893 (page 38). Braun (1992) explique : ][ Who's Who in Victorian Cinema, « Diagramme du Kinétographe ]
», consulé le 21 novembre 2007. Mais, le mécanisme à échappement sera très vite dépassé par des systèmes concurrents, en particulier ceux basés sur l'utilisation de la Croix de Malte, qui deviendront bientôt la norme dans toutes les camérass et projecteur[Salt (1992), page 32. Salt décrit les modèles post-Kinétoscope incluant cette Croix de Malte] (en fait, le système à Croix de Malte se retrouve surtout dans les projecteurs, les caméras utilisant un mécanisme à came). Le modèle d'exposition lui-même — qui, malgré certaines assertions erronées, n'a jamais employé un système d'avancement intermittent, mais uniquement un éclairage intermittent— reçu finalement le brevet , le 14 mars 1893[Edison (1891), tome 2, page 1; Münsterberg (2004), page 7; Robinson (1997), page 38 et 39, 54 et 55; Musser (1994), page 93; Hendricks (1961), page 127 à 133]. Le Kinétoscope était ainsi prêt à être exploité et commercialisé.
Ouverture au public
Première représentation, premier copyright

La construction des imposants studios de la Black Maria qui ont commencé en [[décembre
1892. Pour profiter de la pleine lumière du soleil, le toit des studios a été conçu en charnière, et le batiment pouvant tourner sur lui-même. a déclaré Dickson, qui l'a comparé à un producteur de joie[cité dans Baldwin (2001), page 232 et 233]]]
La première présentation publique et officielle du Kinétoscope ne s'est pas déroulée à la World Columbian Exposition de Chicago, comme cela était prévu, mais au Brooklyn Institute of Arts and Sciences[ Institut des arts et des sciences de Brooklyn] de New York (de nos jours Brooklyn Museum), le 9 mai 1893. Le film présenté était la Scène des forgerons (Blacksmith Scene), réalisé par William K.L. Dickson, et photographiée par William Heise. Ce court métrage avait été produit par le nouveau studio de production de Edison, connu sous le nom de Black Maria (traduit littérallement Marie noire)[Un mystère perdure concernant la longueur du film. La fiche IMDb (voir référence ci-après) lui attribue 1 minute. Pourtant, Baldwin ne lui en donne que trente secondes (page 238). Cette durée sera aussi répertoriée par le Scientific American (voir Hendricks (1966), page 38). Musser (2004), de son côté ne lui donne que quinze secondes (page 16). la copie du film (voir référence ci-après) disponible sur le site internet historique et national d'Edison, n'est que de 34 secondes. Comme décrit dans le contenu de l'article, à ce point du développement du Kinétographe et du Kinétoscope, et selon la durée de la plupart des films réalisés avec ce système, les films ne duraient que 50 secondes au maximum (voir Hendricks (1966), page 6 à 8).]
Comme le rapporte Edison, les films comportaient environ 700 images (page 36). La durée du film, Blacksmith Scene, est une question qui n'a apparemment jamais été tranchée officiellement[ Internet Movie Database, « Fiche IMDb du film Blacksmith Scene ]
», consulté le 22 novembre 2007[ Movie-Edison NHS, « Blacksmith Scene ]
», consulté le 22 novembre 2007. Malgré un fort tumulte médiatique, une présentation du Kinétoscope, impliquant une vingtaine de machines, n'eut jamais lieu à l'exposition de Chicago. Suite à une dépression, Dickson s'absentera durant onze semaines, ce qui ralentira considérablement la production du Kinétoscope[Hendricks (1966), page 28 à 33. Il donne les dates de départ et de retour de Dickson : 80 jours environ les séparent. Hendricks décrit ceci comme des congés anticipés (page 28). Cette dépression fut peut-être due à l'alcool, ou à une prise de médicaments. Voir Hendricks (1966), page 34 et 35, 49 et 50]. Robinson soutient que publié, en 1894, pour le lancement de l'invention à Londres qui indique que . Hendricks, au contraire, se référant à des articles du Scientific American du 21 juillet et du 21 octobre 1893, constituent une preuve non moins concluante qu'un Kinétoscope aurait été présenté lors de la Foire[Hendricks (1966), page 41]. Les preuves accréditent la thèse de Hendricks; en tant qu'historien Stanley Appelbaum indique, (Appelbaum fait cependant erreur en affirmant que l'apparei fut )[Appelbaum (1980), page 47. Voir aussi Hendricks (1966), page 40 à 45, pour les autres allégations]. Quoi qu'il en soit, les travaux sur le projet du Kinétoscope avancèrent lentement. Le 6 octobre, un copyright fut accordé, concernant une publication reçue par la Library of Congress composée d'enregistrements kinetoscopiques. Il n'est toujours pas clairement établi pour quel œuvre fut accordée, le premier copyright pour un film en Amérique du Nord[Hendricks (1966), page 47 et 71]. Dès le début de l'année suivante, le projet va être sérieusement relancé.
Un brillant début
Fred Ott's Sneez]]
Au cours de la première semaine de janvier 1894, un court métrage de cinq secondes présentant un technicien d'Edison fut tourné à Black Maria : l´Éternuement de Fred Ott (en anglais : Fred Ott's Sneeze), titre sous lequel nous le connaissons aujourd'hui, fut produit expressément pour le magazine Harper's. N'ayant jamais été réalisé pour être présenté au public, il deviendra cependant l'un des films les plus célèbres d'Edison et le premier film ayant reçu, de manière avérée, un droit d'auteur. Trois mois plus tard, l'aire du Kinétoscope allait réellement débuter.
Le 14 avril 1894, une salle de Kinétoscope fut ouverte au public par la famille Holland Bros, à New York (Broadway) au coin de la 27 rue — le premier cinéma à vocation commerciale. On y trouvait dix machines, arrangées en deux lignes parallèles, chaque machine présentait un film différent. Pour , le spectateur pouvait voir tous les films de l'une des lignes, et pour 50, il avait accès à l'ensemble des machines[Les machines furent modifiées, et les monnayeurs mis hors service. Selon Hendricks (1966), dans chaque rangée (page 13). Pour en savoir plus sur la famille Holland, voir Peter morris, Embattled Shadows : A History of Canadian Cinema, 1895 - 1939 (montréam et Kingston, Canada, Londres, Buffalo, et New York : McGill - Queen's University Press, 1978), page 6 à 7. Morris déclara qu'Edison lui avait vendu les Kinétoscope pour pièce. Mais en fait, en général, le prix avoisinait les ]. Les machines furent achetées par la toute récente Kinetoscope Company, qui avait signé, avec Edison, un contrat de production; la société, dirigée par Norman C. Raff et Frank R. Gammon, comprenait parmi ses investisseurs, Andrew M. Holland, un entrepreneur et l'un des contremaîtres d'Edison, Alfred O. Tate. Les dix films composant le premier programme de cinéma commercial, tous tournés à Black Maria, s'intituaient : Barber Shop, Bertoldi (Mouth Support) (avec Ena Bertoldi, une contorsionniste anglaise), Bertoldi (Table Contortion), Blacksmiths, Roosters, Highland Dance, Horse Shoeing, Sandow (avec Eugen Sandow, un athlète allemand), Trapeze, et Wrestling[Hendricks (1966), pages 56 et 60; Musser (1994), page 81][ Who's Who of Victorian Cinema, « Ena Bertoldi (Beatrice Mary Clayton) ]
», barry Anthony et Luke McKernan, consulté le 23 novembre 2007[ Who's Who of Victorian Cinema, « Eugen Sandow (Frederick Muller) ]
», Richard brown, consulté le 23 novembre 2007. Comme l'écrivit l'historien Charles Musser, [Musser (2002), page 21].
Une commercialisation réussie
et 1895
25 cents, pour quelques minutes seulement, de divertissement n'était pas bon marché. Pour le même prix, il était alors possible d'acheter un billet d'entrée pour un grand théâtre de comédie (ou Vaudeville), ou lorsque dans le premier parc d'attractions américain qui ouvrit, sur Coney Island, ces mêmes 25 cents permettaient de faire trois tours de manège, d'assister à un spectacle d'otarie et d'entrer au dancing[Grieveson et Krämer (2004), page 34; Cross et Walton (2005), page 39]. Cependant le succès du Kinétoscope fut immédiat grâce à son aspect novateur, le , la famille Holland organisait des représentations à Chicago et San Francisco. Des entrepreneurs (dont Raff et Gammon, et leur société la International Novelty Co.) ouvrirent bientôt des salons de Kinétoscope, et des expositions temporaires dans tous les États-Unis. De nouvelles sociétés rejoignirent bientôt la Kinetoscope Company sur ce marché. La plupart des salles de Kinétoscope furent rentables, à un niveau ou à un autre. Après moins d'une année, le salon des Holland à New York avait généré un revenu de par mois, pour des coûts de quelque mensuels; les revenu à Chicago, une salle située dans un temple maçonnique, n'avait généré que par mois, même si les coûts étaient également inférieurs[Analyse financière basé sur le livre de Musser (1994), page 81]. Pour chaque machine, Edison facturait généralement à la Kinetoscope Company et aux autres distributeurs qui les utilisaient dans leurs salles ou les revendaient à des indépendants, chaque film était initialement facturé [Hendricks (1966), page 13, 56, et 59]. Au bout des onze premiers mois de commercialisation, les films, et autres produits dérivés avaient généré un bénéfice de plus de pour les Studios d'Edison[Pour les profits du 1894, jusqu'au 28 février 1895, voir Musser (1994), page 84].
]]
L'une des sociétés à se lancer sur ce nouveau marché fut la Kinetoscope Exhibition Company, parmi ses associés, on comptait les frères Otway et Latham Grey, Enoch Rector (un ami d'Otway), et leur employé, Samuel J. Tilden Junior, qui cherchaient à combiner la popularité du Kinétoscope avec celle de la boxe anglaise. Ce qui permit des perfectionnements importants dans le domaine du film : le Kinétographe pouvait alors enregistrer un court métrage sur une pellicule de cinquante pieds de long (même si certaines preuves suggèrent que la plus longue faisait alors 48 pieds)[Hendricks (1966), page 15]. À raison de 16 images par pied, la pellicule permettait d'enregistrer pendant 20 secondes à la vitesse de 40 images par seconde qui était la plus souvent utilisée sur la caméra. À la vitesse de 30 images par seconde, qui était utilisée depuis 1891, un film aurait pu durer 27 secondes. Hendricks mentionne que Sandow avait été tourné à la cadence de 16 images par seconde, comme le confirme la Bibliothèque du Congrès dans son catalogue, où la durée du film indiquée est de 40 secondes[Hendricks (1966), page 6 et 8; Musser (1994), page 78. Hendricks qui a évalué dix-huit films de sa production personelle, projetés grâce au Kinétoscope, a démontré qu'aucun , à l'inverse de ce que certains suggérèrent (page 6); il a ensuite comparé le (en mode, et non en moyenne) à (page 6 et 7). Des sources variées revendiqueront, tout en ayant tort, que ce taux, la norme durant cette période, pouvait pourtant être allégé; Burns (1998), par exemple, rajoute que de (page 74). Dickson, lui-même, a donné pluieurs taux d'enregistrement de la caméra — il a, un jour, dit qu', mais il dira une autre fois qu'elle n'en. Selon une réalisation de 1907, le taux était de 46 images par seconde — mais quoiqu'il en soit, il sera une nouvelle fois embarrassé par ce qui semble être une suggestion fortuite d'un taux de 42 images par seconde (partie 3). La Bibliothèque du Congrès / Inventing Entertainment (site internet ]
) ont réalisé des copies des différents films projetés avec le Kinétoscope, et les ont mit en ligne, y comprit quatre courts métrage en 35 mm tournés entre janvier et mars 1894. La Library of Congress fournit de même les decriptions des films (leur durée, et leurs taux d'images par seconde, ...) basées sur le livre de Musser de 1998 (Edison Motion Pictures) :
Il est à noter qu'Hendricks (1966) attribue un taux identique que celui du site pour Sandow, mais, il attribue aux autres films (Carmencita et Fred Ott's Sneeze) un taux de 40 images par secondes (il ne traite pas Athlete with Hand) (page 7). La Bibliothèque du Congrès soutient la thèse d'Hendricks selon laquelle aucun film tourné pour le Kinétoscope n'avait atteint les 46 images par seconde. Cependant, même au plus lent de ces taux, la durée du film n'aurait pas été assez longue pour pouvoir enregistrer un échange satisfaisant de coup de poing; un taux de 16 images par seconde, aussi, avait été pensé pour donner un effet d'herky-jerky[Action d'avoir un spasme irrégulier (source : )] dans l'esprit du sport. Le Kinétographe et le Kinétoscope ont alors été modifiés, probablement avec l'aide du Recteur du bureau américain des brevets, pour pouvoir gérer des pellicules plus longues que précedemment[Ramsaye (1986) a rapporté que le Recteur est au centre des demande de modification (chapitre 8), mais il n'existe aucune autre source confirmant ceci. Voir aussi Hendricks (1966), page 90, 99 et 100].
Boxe : renouveau du Kinétoscope et première censure
1894. Chacun des six rounds d'une durée d'une minute enregistré par le Kinétographe, a été projeté au prix de [ Library of Congress, « partie de Leonard-Cushing Fight ]
», consulté le 28 novembre 2007. Les personnes l'ayant vus, ont dit que Leonard gagnait par Knockout]]
Le 14 juin, un match, dont les rounds furent raccourcis, a été organisé entre les boxeurs Mike Leonard et Jack Cushing, à la Black Mariatographique. Ce sont sept-cent-cinquante images qui seront enregistrées, ou peut-être plus, avec un rythme de 30 images par seconde — de loin, la plus longue prise cinéma jusqu'alors[Vitesse de la caméra par Hendricks (1966), page 7; Musser (1994), page 82][ Library of Congress, « Leonard-Cushing Fight ]
», consulté le 28 novembre 2007[Hendricks a remarqué que deux journaux contemporains ont attribué à Leonard-Cushing Fight un rythme de 46 images par seconde (page 92 et 95); cela semble probablement faux en se basant sur le potentiel mécanique de la caméra, plutôt que dans son application. Vaguement, Hendricks lui-même se réfère dans sa description du film aux (page 96). Le journal a estimé que 150 images ont été enregistré par round, totalisant 900 prises. De son côté, Hendricks a fait un rapport détaillé qui décrivé 126 avait été prises lors du tournage d'un round (page 96). Le catalogue de film d'Edison, cependant, revendique les 150 images par round]. En août 1894, le film sera projeté pour la première fois au salon de la Kinetoscope Exhibition Company, au 83 Nassau Steet, à New York. Une demi-douzaine de Kinétoscopes étaient installés, montrant chacun un round du match, pour une dime ( de dollar). Pour voir le match en entier, il fallait donc payer soixante cents[Il existe un désaccord majeur sur le succès du film. Dans le livre de Ramsaye (1986), on peut lire : (chapitre 8). Selon Hendricks (1966), le salon Latham n' (page 98 et 99). Aucun auteur ne fait référence à cette source dans sa version]. Pour enregistrer une nouvelle série de combat (dont le contrat en mentionné un au minimum), le salon Latham signa alors avec le célèbre boxeur poid lourd Jim Corbett, et stipula qu'il ne devait tourner avec aucune autre compagnie de Kinétoscope — le premier contrat signé avec une célebrité[Ramsaye (1986), chapitre 8 et 9; Musser (1994), page 82 et 84][ Library of congress, « Leonard-Cushing Fight ]
», consulté le 29 novembre 2007.
Trois mois après les débuts de la commercialisation, est censuré le premier film au cinéma. Le métrage en question, Carmencita, montrait une performance de la danseuse espagnole, Carmencita, une étoile du music-hall de New York depuis les débuts des années 1890. Selon une description de son acte, Carmencita — d'après des articles publiés plus tard dans le catalogue des films d'Edison[Musser (2004), page 22]. Le film, Carmencita, de son show, tourné à la Black Maria, en mars 1894, fut joué dans le New Jersey, dans une ville estivale, nommée Asbury Park, en été. Le fondateur de la ville, James A. Bradley, également promoteur et membre de la communauté du Méthodismeeur, venait d'être élu sénat récemment[Karcher (1998), page 39, 82, 92 et 93] : . Le mois suivant, un exposant de San Francisco fut arrêté pour une opération . L'organisation mécontente, à l'origine de cet arrêt, n'était autre que la Pacific Society for the Suppression of Vice[Société pacifique pour la suppression des vices] dont le champ d'action inclué , et qui clamait fièrement ses soixante-dix arrestations et ses quarante-huit condamnations qu'elle avait provoqué en seulement deux mois[Musser (1994), page 78; Jenness (1894), page 47. Hendricks (1966) a déclaré que le secrétaire de l'organisation était lui-même à l'origine de l'arrêt de l'exposant de San Francisco (page 78)].
Les débuts d'un succès international
Bientôt, le Kinétoscope franchissait la frontière de l'océan Atlantique. En été 1894, Au n° 20 boulevard Poissonière, à Paris, fut démontré que ce dispositif nourrissait l'une des inspiration principales des frères Auguste et Louis Lumière, qui développeront plus tard le premier système de projection cinématographique qui fut d'ailleurs couronné par un succès colossal : le cinématographe[Schwartz (1999), page 183. Burns (1998) a dit qu'une exposition avait prit place en août (page 73); Grieveson et Krämer (2004) disent au contraire qu'elle se déroula en septembre (page 12)]. Le 17 octobre 1894, le premier salon, étranger aux États-Unis, ouvrit ses portes à Londres[Musser (1994), page 82]. Dès lors, il parcouru rapidement l'Europe puisqu'Edison n'avait pas apposé de brevet pour protéger son œuvre à l'étranger. La raison la plus probable à ceci serait la confiance qu'il avait en les innovations technologiques étrangères, et le peu de succès qu'avait ses demandes successives au Bureau américain des brevets. On remarque aussi une citation populaire extraite de l'édition 1971 de l'Encyclopædia Britannica qui prétend qu'Edison qui lui auraient accordé un droit d'auteur international[Griffith et Reed (1971), page 900]}}. De même, en 2004, Andrew Rausch déclara qu'Edison et . Étant donné que Thomas Edison, autant homme d'affaires qu'inventeur, avait déjà dépensé plus de pour le développement et l'amélioration de son système, pour qu'il améliore la réalisation, avant qu'on lui accorde son brevet d'invention américaine, l'interprêtation de Rausch n'est pas partagé de tous[Pour le coût du développement du Kinétoscope : Millard (1990), page 148; Spehr (2000), page 7. Pour la discussion sur la décision d'Edison d'accorder un brevet européen, ou non, voir Braun (1992), page 190 et 191]. Indépendamment de ceci, deux entrepreneurs grec, Georges Georgiades et George Tragides ont profité de l'inexistence du droit d'auteur. Déjà avec succès, plusieurs salons de Kinétoscopes ouvrirent à Londres, et ils donnèrent alors l'accord à l'inventeur et fabricant anglais, Robert W. Paul, à faire des copies d'eux. Après la réalisation du contrat Georgiades-Tragides, Paul décida d'entrer dans le commerce du cinéma à son tour, pour se faire, il entreprendra la reproduction de douzaines de Kinétoscope. Son travail aboutira ainsi à une série d'innovations importantes tant dans la manière d'exposer qu'en l'appareil lui-même[Rossell (1998), page 91 à 94]. En attendant, les plans avançaient à la Black Maria et réalisèrent le but initial d'Edison : la création d'un dispositif unissant image et son.
Kinétophone

La version de 1895 du Kinétophone en usage, montrant le casque qui mène le cylindre phonographique
au cabinet
Le Kinétophone (ou Phonokinetoscope, ) fut la première tentative de Thomas Edison et de William K.L. Dickson de créer un système permettant la projection d'un film sonore. Les différents rapports suggèrèrent qu'en juillet 1893 un Kinétoscope accompagné par un cylindre phonographique fut présenté à Chicago, lors de la World Columbian Exposition[Hendricks (1966), page 41]. Le premier film connu, réalisé pour tester le Kinétophone a été tourné aux Edison Manufacturing Studios, dans le New Jersey, vers la fin de 1894, ou 1895, et il est maintenant désigné comme Dickson Experimental Sound Film[ : Le Film expérimental du son de Dickson]. C'est le seul film réalisé pour le Kinétophone dont le son fut enregistré en même temps que l'image. En mars 1895, Edison a mit en vente son dispositif; n'impliquant aucune innovation technologique, c'était un Kinétoscope dont le cabinet fut modifié pour y inclure un cylindre phonographique. Les propriétaires du Kinétoscope obtinrent aussi plusieurs boîtes à outils pour moderniser leur nouvel équipement. Les premières expositions de Kinétophone purent alors se mettre en place en avril de la même année[Robinson (1997), page 51; Musser (1994), page 87].
Kinétographe
Projections avec le Kinétoscope
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
Notes et références
Bibliographie