La méthode au cinéma
La méthode a été popularisée par le
cinéma américain, avec de grands acteurs qui revendiquent directement l'affiliation au système Stanislavski, tels que
Marlon Brando,
Paul Newman,
Al Pacino,
James Dean,
Dustin Hoffman,
Robert De Niro.
Techniques en opposition à la Méthode
D'autres acteurs et cinéastes préconisent cependant des théories différentes sur la façon de jouer un personnage au cinéma. Le
cinéma soviétique, par exemple, est, dans ses principes, en totale opposition avec la
méthode (même si son auteur est lui-même
russe), puisque l'acteur y est considéré comme une sorte de machine à la disposition du metteur en scène, il doit pouvoir contrôler son corps de manière mécanique pour obtenir les mouvements et l'attitude prévus par le scénario ou par la volonté du metteur en scène. Avec cette façon de travailler, parfois appelée
biomécanique, il n'y a donc pas de place pour les émotions de l'acteur.
Alfred Hitchcock, parmi d'autres, se rapproche lui-aussi de cette autre façon de travailler, puisque là-aussi, ses acteurs n'ont pas à exprimer d'émotion mais à jouer de manière relativement neutre. C'est lors du montage que l'émotion est créée (et on sait qu'Hitch est passé maître dans l'art de créer cette émotion), suivant les principes démontrés lors de l'expérience de Lev Koulechov, russe lui-aussi : en prenant le même gros plan d'un acteur ayant un regard neutre, et en y accolant à la suite tantôt un plan d'un bol de soupe, tantôt un plan d'un cadavre, tantôt un plan d'une femme nue, Koulechov a réussi à faire lire aux spectateurs sur le visage de l'acteur la première fois la faim, la seconde fois la tristesse et la troisième fois l'excitation. Le plan de l'acteur étant le même, il prouve ici que l'émotion est née du montage de deux plans ensemble, et non de l'interprétation de l'acteur.
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